ÉTRANGES PHÉNOMÈNES QUI ACCOMPAGNENT
Sainfc Thomas nous a dit qu'il existe une double voie pour arriver à la connaissance des choses : l'étude des causes qui les produisent, l'étude des effets qui suivent de leur nature '. Nous avons vu, dans les chapitres précédents , comment se produit l'hypnose : il reste donc maintenant, pour nous mettre en possession de tous les moyens et de toutes les chances de découvrir sa nature, à rechercher les phénomènes qui l'accompagnent.
Ces phénomènes parurent si étranges, quand on commença de les observer, que beaucoup n'y voulurent point croire, et pensèrent simplement que les hypnotiseurs de profession étaient des charlatans, et que les savants hypnotistes se laissaient mystifier par leurs sujets. Aussi, pendant longtemps, nul ne commençait l'exposé des phénomènes de l'hypnose, sans établir cette thèse préalable : que les sujets endormis n'avaient pu trompei'; et que les opérateurs étaient incapables de
ï. Sum. lù.oL, I, q. 85, a. 3, ad. 4.
s'être laissé tromper; on rappelait que Braid hypnotisait sa femme, la plus sincère des femmes, son domestique, le plus fidèle des domestiques, ses meilleurs amis, — Heidenhain, son frère et ses élèves les plus attachés ; que même M. le D'^ Morselli, M. le B' Obersteiner, M. le D'" Forel, etc., pour écarter toute possibilité de tromperie, s'étaient fait endormir par quelques-uns de leurs collègues.
Aujourd'hui, nous ne sommes plus obligés à de telles précautions. Les phénomènes de l'hypnose, qu'on en pense ce qu'on voudra, sont entrés dans le domaine public ; et, pris en général, ne peuvent plus être contestés, puisque chacun de nous, pour les voir et les contrôler à son aise, trouvera, quand il voudra et à son choix, un café, un salon, ou une clinique d'hôpital. Bientôt l'on pourra dire que les seuls incrédules qui restent sont, comme à l'ordinaire, les naïfs qui se croient malins.
Cette démonstration, désormais superflue, écartée, la tâche qu'il nous faut remplir est encore assez rude. En effet l'hypnose, comme on l'a dit fort justement, « exerce son action sur tous les phénomènes subjectifs connus de l'âme humaine, et influence une grande partie des fonctions objectivement définies du système nerveux ï> '.
Le champ des phénomènes que nous avons à explorer n'a donc guère d'autres limites qae celles de l'activité de l'homme, et il nous faudra passer en revue toutes ses puissances, puisqu'en toutes se retrouvent les effets du sommeil provoqué. Si bref, si attentif que nous soyons à