‹ L'hypnotisme francChapitre 39 sur 240 · I. D'' Forel, Der Hypnotlsmus, p. ôl · texte numérisé non relu

I. D'' Forel, Der Hypnotlsmus, p. ôl

ne nous arrêter qu'aux phénomènes caractéristiques, le travail sera grand.

Pour y mettre de l'ordre, nous diviserons les phénomènes en deux catégories : la première comprendra les faits qui se produisent, ou que Ton pourrait aisément provoquer, dans un grand nombre des personnes que l'on endort ; la seconde ne renfermera que les phénomènes extraordinaires qui se présentent dans des sujets exceptionnellement disposés, faits aussi rares que surprenants, et qui méritent, pour ce motif, une attention spéciale et une étude à part ^ .

« Dans l'état de sommeil provoqué pour obtenir ce que j'appelle les phénomènes hypnotiques, la vue de-

1 . Je me serais conformé volontiers, en arrêtant le plan de cet exposé, à la division scientifique des états d'hypnose, sila science m'avait fourni sur ce point une base ferme. Mais jusqu'à présent les savants n'ont pu encore s'entendre pour graduer, d'après sa profondeur, le sommeil provoqué. S'inspirant de principes ou de points de vue différents, M. Charcot admet trois états. Bernheim neuf. Liébeault cinq, Gurney deux, Forel trois, Delbœuf, Max Dessoir et MoU, deux. Je ne fais que mentionner ces diverses graduations du sommeil, parce qu'elles importent fort peu au but que nous poursuivons ; et que, du reste, il nous faudra y revenir plus tard, à l'occasion d'une grave question de théologie que nous devrons résoudre. Qu'on veuille bien seulement se souvenir que tous les sujets endormis n'arrivent pas à la même profondeur de sommeil ; et que depuis le sommeil le plus léger, ou la simple somnolence (1*' degré de M. Bernheim), jusqu'au somnambulisme parfait, la distance est immense, et pourrait se mesurer par des degrés innombrables.

vient de plus en plus imparfaite, les paupières sont fermées, mais conservent pendant une période de temps considérable un mouvemeiit vibratoire (chez quelques personnes les paupières sont fermées avec force comme par un spasme des muscles orbiculaires) ; les organes des sens et surtout l'odorat, le toucher, l'ouïe, la chaleur et le froid; et la résistance, sont fortement exaltés, puis s'émoussent, à un degré dépassant de beaucoup la torpeur du sommeil naturel ; les pupilles sont dirigées en haut et en dedans; mais, au contraire de ce qui arrive dans le sommeil naturel, elles sont fortement dilat^}es et très insensibles à la lumière; ensuite, elles se contractent, tandis que les yeux restent encore insensibles à la lumière. Le pouls et la respiration sont d'abord plus lents qu'à l'ordinaire, mais aussitôt que l'on met les muscles en activité, il se développe une tendance à la rigidité cataleptiforme, avec accélération du pouls et avec une respiration rapide et oppressée *. »

Tels seraient, selon Braid, les phénomènes qui mar quent l'entrée d'un sujet en hypnose. D'autres auteurs nous offrent des descriptions analogues. Mais il n'en valait guère la peine : car ces descriptions , si elles sont vraies pour un cas en particulier, cessent d'être exactes si on les donne comme l'expression d'une loi générale. En réalité, chacun, dans le sommeil provoqué, se comporte à sa manière. « Tout change d'un individu à un autre, et parfois, pour le même individu, d'une séance d'hypnotisation à une autre -. » Les sujets peuvent dormir, et

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