‹ L'hypnotisme francChapitre 40 sur 240 · Morselli, Il magndlsmo animale, p · texte numérisé non relu

Morselli, Il magndlsmo animale, p

dorment, en fait, indistinctement les yeux ouverts ou les paupières closes, les globes oculaires conservant leur position normale ou convulsés en haut avec les pupilles cachées sous la paupière supérieure, assis ou debout, flasques, affaissés, ou d'attitude ferme, avec accélération du pouls et de la respiration, congestion du visage et sueurs, ou sans rien de tout cela, tranquilles ou agités.

L'on attribue ces différences à la diversité de temps, de lieu, de caractère et de tempérament, et une telle explication est plausible : mais une cause certaine qu'il ne faut pas non plus oublier, c'est la variété des procédés que l'on met en œuvre pour amener le sommeil. Employez la fixation du regard, vous obtiendrez la série des phénomènes que Braid nous décrivait tout à l'heure ; fascinez comme Donato, ou imprimez la violente secousse de Hansen, et les sujets vous présenteront une autre physionomie. Une hypnotisation habilement et délicatement conduite peut même ne provoquer aucun changement appréciable dans la personne endormie, et ne modifier en rien les fonctions de la vie.

(( Chez les sujets que j'endors par la méthode suggestive douce, qui conservent leur esprit calme, chez tous ceux qui, ayant déjà été plusieurs fois hypnotisés, s'endorment en toute confiance, sans émotion, sans agitation, aucun de ces symptômes (congestion de la face, secousse musculaire, etc.) ne se manifeste. Dans ces conditions, je n'ai constaté ni accélération ni ralentissement du pouls, ni accélération ni ralentissement des mouvements respiratoires : j'ai pris le pouls au sphygmographe avant et pendant l'hypnotisation, je l'ai

trouvé identique. Je n'ai pas constaté non plus l'accélération considérable que produirait, d'après Braid, la rigidité cataleptiforme en extension des membres; aucune différence sensible ne m'a paru exister, sous ce rapport, entre l'état de veille et l'état hypnotique '. :>>

Les observateurs les plus sérieux parlent comme nous venons d'entendre M. Bernheim : ils affirment comme lui que l'hypnose, par elle-même, n'est cause d'aucun phénomène spécial , et que ceux qui se manifestent dans les sujets endormis, viennent des procédés employés pour l'hypnotisation et des conditions morales où elle est obtenue-.

S'il en est ainsi, l'hypnose, par elle-même, ne présente rien de bien remarquable : tout au plus si les moyens qui la déterminent méritent quelque attention : l'on ne voit pas en quoi l'homme hypnotisé serait plus intéressant que l'homme qui dort.

Il y a pourtant une grande différence entre l'un et l'autre. M. le D'" Albert Moll va nous en convaincre, en nous faisant assister à une expérience qui sera une révélation :

« Voici un homme de quarante et un ans. Il prend place sur un fauteuil. Je lui dis qu'il doit essayer de dormir un peu : « Xe pensez qu'à une chose, c'est que vous devez dormir. » Et je continue pendant quelques instants à entretenir en lui la pensée du sommeil

et à l'y exhorter Bientôt je vois ses yeux qui se

ferment. Je lui demande alors s'il peut les ouvrir : il

Page 1