Leçonf cliniques, etc., II, p
ment pour la psychologie. Une malade de son service, très bonne somnambule, ayait sur la lèvre supérieure beaucoup de petits points noirs ; et, sans qu'il fût nécessaire d'y regarder de près, chacun s'apercevait bien vite que, sans une coupe fréquente, elle eût bientôt porté l'ornement dont se glorifient nos vaillants sapeurs. M. Pitres, souvent, après l'avoir endormie, la plaisantait sur cette lèvre trop plantureuse; et, à maintes reprises, il lui commanda impérieusement de lui dire par quel moyen elle la maintenait toujours dans l'état voulu et consacré par l'usage. «: Jamais elle n'a répondu à cette question, jamais elle n'a consenti à dire si elle se servait de ciseaux ou de rasoirs, jamais elle n'a avoué qu'elle taillait de temps en temps les poils de sa moustache ^ » Il faut donc admettre que certains hypnotisés opposent une résistance à la suggestion quand le sommeil n'est pas assez profond ; quand on leur commande des actes trop contraires à leur inclination, à leurs goûts, à leurs habitudes. « Quelquefois on se heurte à des résistances inébranlables, absolues ; la malade refuse d'obéir, et si on insiste, elle a une crise convulsive et tombe en léthargie -. » Mais il n'est pas moins vrai que d'autres hypnotisés ne résistent pas : « Qu'en général il suffit d'ordonner énergiquement ou de répéter l'ordre avec fermeté pour vaincre toutes les répugnances ^ » ; qu'avec du temps, de la patience, et de l'habileté, tout porte à croire qu'il serait possible de réduire la volonté la plus rebelle. C'est