Pitres, Leçons cliniques, t. II, p
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la conclusion que formulait naguère un des vétérans de l'hypnotisme, qui, après quarante ans de travaux et d'expérience, n'a pas craint d'écrire ces lignes :
« La volonté de Thijimotisè est plus cqrparente que réelle; elle ?i'esl qu'une volonté fruste, incapable de se maintenir en face d'un exjièrimentateur qui sait vouloir et commander^. »
Mais jusqu'ici nous n'avons parlé que des jDhénomènes ordinaires de l'état hypnotique. Il en est d'autres, comme nous l'avons dit, plus frappants encore, qui ne se produisent qu'exceptionnellement, en des sujets doués d'une complexion toute particulière, ou que l'on a soumis à une sorte d'entraînement spécial. Ces phénomènes sont au nombre de trois.
Le premier consiste en ce que l'on a appelé les suggestions à longue écJiéance, L'expérience typique en cette matière est celle de IM. Liégeois. MM. Bernheim et Beaunis avaient déjà donné des suggestions à soixantetrois, cent, cent soixante-douze jours de date, qui avaient parfaitement réussi. Mais le 12 octobre 1885, à dix heures dix minutes du matin, M. Liégeois intime une suggestion à réaliser seulement le 12 octobre 1880, à la même heure, c'est-à-dire après trois cent soixante-cinq
1. M. le docteur Mesnet. dans son récent ouvrage, le Somnambulisme prvvoqui} et lafascinaitou, p. 253.
jours. Le sujet sur lequel opérait M. Liégeois était un jeune homme, excellent somnambule, qui se trouvait à la clinique de M. Liéljeault. Yoici du reste l'histoire authentique du phénomène, telle que je la trouve racontée dans le livre de M. Beaunis sur le Somnamlulisme jwovoquè '.
(( Après avoir endormi le jeune Paul M..., l'expérimentateur lui dit :
(( Dans un an, à pareil jour, voici ce que vous aurez ridée de faire. Tous viendrez chez M. Liébeault dans la matinée. Vous direz que vos yeux ont été si bien depuis un an que vous devez le remercier, lui et M. Liégeois. Vous exprimerez votre gratitude à l'un et à l'autre et vous leur demanderez la permission de les embrasser, ce qu'ils vous accorderont volontiers. Cela fait, vous verrez entrer dans le cabinet du docteur un chien et un singe savants, l'un portant l'autre. Ils se mettront à faire mille gambades et mille grimaces et cela vous amusera beaucoup. Cinq minutes plus tard vous verrez arriver un bohémien suivi d'un ours apprivoisé. Cet homme sera heureux de retrouver son chien et son singe qu'il craignait d'avoir perdus; et pour amuser la société, il fera aussi danser son ours, un ours gris d'Amérique, de grande taille, mais très doux et qui ne vous fera pas peur. Quand il sera sur le point de partir, vous prierez M. Liégeois de vous donner dix centimes comme aumône au chien qui quêtera, et vous les lui remettrez vous-même. »