IhuL, Traduction Morcau
t-on ? L'opérateur donne au sujet une suggestion : il est obéi. Il le sera à peu près toutes les fois qu'il intimera un ordre. Mais là sont présents mille spectateurs. Ils peuvent s'évertuer, l'un après l'autre, adonner des suggestions à l'hypnotisé : pas une ne sera entendue, ni ne se réalisera. « Comment expliquer ce mystère d'une cause physique qui, posée par l'un, opère, posée par l'autre, n'opère pas ' ? » Avouez qu'une pareille observation vous rend soupçonneux.
Mais nous touchons à quelque chose de plus frappant encore. Interrogeons les médecins les plus expérimentés, qui ont fourni la plus longue carrière ; et qu'ils nous disent s'ils ont jamais vu qu'avec une seule parole, un simple commandement, on pût donner ou enlever une migraine ou une forte fièvre ? faire naître ou apaiser à volonté le plus violent délire ? Eh bien ! l'hypnotisme, à toute heure, opère ces prodiges. L'hypnotiseur dit à un sujet : <i Vous ressentez un grand mal de tête » : effeckivement, il accuse une vive souifrance. Une minute après il lui dit : « Vous ne souffrez plus » : aussitôt, la douleur s'en va. L'expérience se poursuit : a Vous êtes dans un jardin, au milieu d'un parterre rempli de fleurs... Vous êtes entouré de serpents... Yoici un lion qui marche contre vous. .. Une musique militaire... un régiment qui passe... )j Voilà les sens, l'imagination, l'émotivité, tout l'être humain en plein désordre, bouleversé. — « Il n'y a plus rien ; vous ne voyez plus rien. » Tout rentre dans le calme, la crise est finie.
i. L' Ijmotismo, p. 131.
Et qu'on ne revienne pas nous parler de suggestion. Est-ce donc qu'il suffit de dire à quelqu'un : « Tous êtes fou, vous délirez, vous êtes malade, vous êtes bien portant, y> pour qu'il soit frappé de folie ou de délire, tombe malade ou cesse de l'être ? Puis, encore un coup, si la suggestion, par elle-même, comme cause physique, opérait vraiment toutes ces merveilles, elle les produirait employée par n'importe qui ; et cela, nous l'avons vu, ne se réalise pas.
Elle les produirait, quel que soit l'état du sujet. Or la suggestion n'obtient de résultat que si le sujet est placé en état hypnotique. L'on avait dit à une personne endormie qu'après son réveil, elle resterait paralysée. Elle le demeura en effet. Les médecins eurent beau employer tous les remèdes et toutes les exhortations, rien ne put lui rendre le mouvement. Il fallut l'endormir de nouveau pour la guérir.
Et dans l'exécution des ordi'es à longue échéance, comment la suggestion agirait-elle, puisqu'elle n'existe plus ? Un jour, le D' SeppilU dit à un homme qu'il avait endormi : « Ce soir, à huit heures, le sommeil vous prendra, et vous dormirez jusqu'à demain matin, cinq heures. )j A huit heures notre homme dormait profondément. Le docteur, s'approchant alors, lui dit : a: Un quart d'heure après que vous serez éveillé, la lettre Y apparaîtra sur votre bras, formée de deux lignes sanglantes. )^ Le malade dormit, puis eut une crise violente, à la fin de laquelle deux traits de sang formèrent sur son bras la lettre V ' . — Donato, ayant endormi un officier