‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 107 sur 208 · Delbœuf, Le magnétisme animal, 1889, p. 87. H · texte numérisé non relu

Delbœuf, Le magnétisme animal, 1889, p. 87. H

doctrines de l’école de NANCY.

revolver armé. Une nuit, un rôdeur essaya d’entrer dans la maison; les chiens aboyèrent, J... réveillée, prit le revolver et descendit, déterminée à se défendre; le voleur s’éloigna et la fille remonta.

Quelque temps après, Delbœuf, ayant déchargé le revolver, endormit J... et lui dit en montrant deux personnes qui rangeaient des journaux :

« Des malfaiteurs ont forcé le secrétaire et volent mes papiers!

— Non, Monsieur, ils jouent avec. »

Elle leur arrache les journaux et avec un geste impérieux :

« N’y touchez plus!

— Vous n’allez pas laisser ces canailles dans la maison, dit Delbœuf; courez prendre votre revolver et envoyez-leur une balle. »

Elle court à sa chambre, prend le revolver et revient.

« Tirez !

— Non, je ne tire pas ! »

M. Delbœuf s’approcha d’elle en insistant de la voix, du regard et du geste ; elle se recula, et finit par se sauver après avoir déposé avec précaution l’arme à terre.

« Je ne voudrais pas, dit l’auteur, que le lecteur généralisât plus que je ne fais moi-mème. J’ai dit plus haut qu’il y a des personnes prédisposées au vol. Dans mes lettres à M. Thiriar, je prévois le cas où l’hypnotisé serait un Troppmann en herbe.

(c On peut même simplement avoir affaire à. des bouchers ou à des vivisecteurs. Qu’on obtienne d’un boucher qu’il frappe un homme en lui faisant accroire que c’est un veau, ou en lui suggérant que c’est un cadavre, c’est théoriquement possible. Mais l’expérience n’a pas été faite, et est malaisée, sinon impossible à faire. Car si l’on met un mannequin à la place de l’homme, reste à savoir si le somnambule ne joue pas son rôle à la façon d’un acteur. »

Delbœuf déclare qu’il se défie des expériences de Nancy, le somnambule n’est pas aussi dupe de ses rêves qu’on le croit communément, les sujets savent que leur impression est imaginaire « c’est-à-dire que je professe le scepticisme le plus

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décidé A l’eiidi-oit, de.s expériences de M. Liégeois, diUJelbœuL; je reconnais sans la moindre peine (pi’il est absoluinent impossible de mieux l'aii-c ces ex[)éri(!iices — mais elles ont, le tort irrémédiable d’étre lorcémont simulées. « On ne peut pourtant j)as, me disait-il,' (piand je suis allé A Nancy, on ne peut pourtant pas faire commettre A un somnambule nn empoisonnement ou un assassinat. » Non, on ne le peut pas, et c’est pourquoi les expériences perdent leur force probante. »

On a souvent proposé A Delbœuf de faire commettre nn crime en sa présence, il s’y est toujours refusé : Pourquoi ? parce que, dans tous les cas, on ne pourrait rien conclure : si, eu effet, l’expérience réussissait, Delbœuf soutiendrait que le sujet fait par complaisance une action qu’il sait ne pas être répréhensible; si, au contraire, l’expérience ne réussissait pas, Liég-eois rejeterait le sujet comme mauvais somnambule.

Quand il dit complaisance ou comédie, l’auteur veut parler d’une complaisance inconsciente, le sujet n’étant nullement un comédien.

Delbœuf a voulu répéter les expériences de Liégeois sur la possibilité du viol, le sujet étant actif : Il suggère A une jeune fille qu’elle est dans sa chambrette et qu’il est l’heure du coucher. Elle jette partout des regards incrédules, puis elle veut arranger son lit; il n’y a sur le lit qu’une courte-pointe, pas d’édredon ni de coussin. Elle est embarrassée, elle fait le geste de placer l’édredon et d’arranger le coussin; elle défait ses cheveux et dégraffe sa taille ; A ce moment, M. Delbœuf l’arrête, il cherche A lui persuader qu’il vient de l’épouser, elle refuse la suggestion et menace de se fâcher et de crier.

Cette scène se passe en présence de M. le professeur Nuel, de Liège, et d’autres personnes; M. Delbœuf endort une seconde jeune fille, un des assistants prétend être son fiancé, il revient du Congo après deux ans d’absence, il a fait fortune, il est heureux de retrouver sa future en bonne santé et toujours fidèle, etc. « Je n’ai jamais eu de fiancé. Vous êtes fou, mon ami. Vous avez rêvé du Congo et de vos pierres précieuses comme vous rêvez de moi pour fiancée. »

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