Dblbœuf, loc. cit., p
DOCTRINES DE e’ÉCOLE DE NANCY.
L'auteur conclut de cos e.vpériences qu’il y a des illusions que les somnambules acceptent, mais qu’il y en a aussi qu’elles n’acceptent pas, et, parmi ees dernières, Delbœuf croit pouvoir rang'er celles qui ont trait au viol, la somnambule étant active, à condition que cette dernière soit innocente et cbaste. Certes, si une jeune lîlle se représente l’état d’épouse, si elle a souvent songé au mariage, elle acceptera la sug-g-estion ; à plus forte raison une femme mariée l’acceptera-t-elle. « Si maintenant j’osais résumer d’un mot ma pensée, dit Delbœuf \ et conelure, je dirais que pour chaque hypnotisé, la clef des suggestions qu’il est apte à recevoir nous est fournie par ses rêves, c’està-dire qu’on pourra obtenir de lui ces actes-là qui, découlant de son caractère, de son éducation et de ses habitudes, sont de nature à se présenter spontanément pendant son sommeil.
« Tous les crimes ne sont pas de même sorte. Autre chose est de rendre une femme infidèle, autre chose de lui faire tuer son mari. Il y a des crimes de nature, si je puis ainsi m’exprimer : ce sont ceux qui révoltent les sentiments de pitié ou de propriété sur lesquels repose l’existence de notre société. Il y a aussi des crimes que, faute d’un autre mot, j’appellerai de définition. Ce sont des actes, en soi naturels et légitimes, que la loi civile ou religieuse dépeint comme étant criminels en certains cas, par exemple le mariage du frère avec la sœur.
« Il est clair qu’un somnambule en général pourra se prêter à ceux-ci, mais non à ceux-là.
« C’est pourquoi l’hypnotisme facilitera toujours les attentats à la pudeur. Chambige, s’il a hypnotisé G. . ., ce que je suis porté à croire — n’a eu qu’à se substituer à son mari qu’elle aimait. De là le sourire qui était resté empreint sur sa figure de morte. Son malheureux époux a bien raison, selon moi, d’avoir foi dans son innocence. Si ees lignes tombent sous ses yeux, elles lui apporteront quelque douceur.
« On comprendra aussi sans peine que la profession peut avoir une certaine influence sur la suggestibilité par rapport à certains actes. C’est ainsi que je signalais particulièrement les
■1. Delbœuf, loc. cit., p. H2.
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bouchers et les vivisecteui's. Cependant, j’ai interrogé des vivisecteurs, aucun n’avait jamais en rôve expérimenté sur l’homme. Je ne veux pas dire non plus qu’on ne pourrait pas suggérer le vol à un contrebandier ou un meurtre à un spadassin. Et puis, comme le dit quelque part M. Beaunis, dans une âme humaine, il y a des recoins inconnus. Un de mes collègues — mort depuis — m’a avoué avoir rêvé une nuit qu’il ramassait un bijou de valeur dans la rue et que tout son souci était de ne pas arriver â connaître son propriétaire. »
Bonjean, avocat à Yerviers, s’est spéeialement occupé de l’hypnotisme dans ses rapports avec le droit ; il se range à l’avis de Liégeois pour ce qui coneerne le péril hypnotique ;
<( Non, dit-il ‘, les dangers de l’hypnotisme ne résident pas seulement dans les attentats directs sur les personnes plongées dans le sommeil nerveux et mises en léthargie ou catalepsie non, il n’y a pas que les viols et les attentats à la pudeur donU, il faille s’effrayer à juste titre dans le magnétisme ; il y a plus/ que cela, il y a les crimes possibles par suggestion, par cette, suggestion dont nous avons constaté précédemment le terrifiant. • pouvoir 5 il y a des innocents et, chose plus grave encore, des^ innocents convaincus eux-mêmes d’une faute non commise quU pourraient être frappés par une justice maladroite et en tous^ cas perfectible ; il y a des coupables doublement coupables, par leur eynisme et la faiblesse de leurs victimes, et qui avec^ 1 un peu d’adresse, jouiraient d’une sécurité d’autant plus éten-j due que la science officielle est moins aecessible aux sollicitations :
du progrès. » . >
Bonjean divise le sujet en deux chapitres, suivant qu il 1 envisage le magnétisme dans le droit civil, administratif, etc.,^
ou dans le droit pénal. ^
Le chapitre traitant du magnétisme dans le droit civil, ,
administratif, etc, est divisé en trois paragraphes :
1“ Les obligations contractuelles.
2“ Les donations à cause de mort.