CHAPITRE ni
La inoi’phinomanio peut quelquefois être guérie par suggestion ; d autres lois, au eoutraire, Bernheim n’est arrivé à aucun résultat. L’alcoolisme est plus facile à réprimer, bien que certains alcooliques invétérés ne soient pas sensibles à l’hypnose.
Comme je l’ai dit précédemment, Bernheim n’applique pas seulement la suggestion au traitement des maladies i fonctionnelles, il traite aussi les maladies organiques par la , psychothérapie : il dit avoir fait disparaître des hémichorées,
des hémiathétoses et même des contractures consécutives à , des hémorrhagies cérébrales ; les vertiges, la titubation, la j céphalalgie liées aux maladies intracrâniennes peuvent être supprimées ; il en est de môme de l’incoordination, du trem-î ) blement, etc., accompagnant les maladies de la moelle.
Dans les maladies des voies digestives, les crampes, les' douleurs, les hoquets, les vomissements peuvent être corn-] battus par suggestion.
Dans les atTections des voies respiratoires et du cœur, la suggestion peut calmer la toux, l’oppression, rendre le som-j nieil, l’appétit.
Pour ce qui concerne la matrice, on peut diminuer le flu.x menstruel trop abondant, et l’on peut ramener les règles absentes.
Dans les lièvres cycliques, la suggestion peut diminuer l’angoisse, les douleurs et tonifier l’organisme.
Bernheim rapporte de nombreuses observations pour prouver' 1a puissance de la psychothérapie dans ces diverses maladies Van Bentergliem^ et Van Eeden sont aussi très enthousiastes ^ Sur 178 malades, ils n’en eurent que 7 non hypnotisables et 9 seulement n’auraient éprouvé qu’une légère somnolence ; sur les 162 autres malades, il y aurait eu 91 guérisons, 46 amé-' liorations et 25 états stationnaires.
Otto et Wetterstrand sur 718 cas de céphalalgie, névral gies, afîections de la moelle, épilepsie, chorée, contractures
1. Van Rbnterghem, Com. sur l'hypnotisme et la suggestion appliquée à /<y pratique medicale (Revue de l’hypnotisme, t. II, p. 185).
2. Otto et Wetterstrand, Der Hypnotismus und seine anwendung in def^ praktischen Mediçin. Rerlim 1891.
DOCTUIIMES DE l’ÉCOLE DE NANCY.
, spasmodiques, Légaicmeiits , neui-asÜiénic , anémie, goutte, rhumatisme, liémoiTliagies, phtisie pulmonaire, maladies du cœur, aü’ections d’estomac, diarrhées, incontinence d’urme, hystérie, amblyopie, surdité, alcoolisme, etc., n’ont eu que 19 malades réfractaires ; la plupart des autres ont été guéiâs ou améliorés.
Luys S en 1890, sur 128 malades, a obtenu 07 guérisons, 51 améliorations et 10 états stationnaires. Cet auteur, après avoir appliqué l’bypnotbérapie aux hystériques et aux épileptiques, en vint à iaire l’application de cette méthode aux tabeti(jues, aux hémiplégiques, aux paraplégiques, aux choréiques, aux saturnins, à la paralysie agitante ; ses résultats lurent très satisfaisants.
De Jong, de La Haye, recommande la suggestion dans un grand nombre d’affections psychiques, telles que la mélancolie ; il la conseille encore chez les alcooliques, chez les enfants vicieux, dans les névroses, excepté dans l’épilepsie, où il n’a obtenu aucun résultat.
Mentionnons encore parmi les partisans de l’extension de l’hypnothérapie à une foule de maladies ; Tokarsky^ Bourdon®, Lloyd Tuckey^, etc.
Voisin a guéri 3 cas d’aménorrhée par la suggestion et Liébault a obtenu 36 guérisons sur 77 cas d’incontinence d’urine. Voisin, reconnaissant que les aliénés sont difficiles à endormir, eut recours au procédé suivant : les deux yeux furent maintenus ouverts par des écarteurs palpébraux et la lumière d’une lampe au magnésium fut dirigée sur eux pendant 10 minutes; l’bypnose se produisit et la guérison eut lieu; il s’agissait d’un début de manie.
Bérillon, secrétaire delà Société d’hypnologie , s’est surtout occupé du traitement hypnothérapique chez les enfants. Voici ses principales conclusions :
Lorsqu’on aura affaire à des enfants paresseux, indociles ou médiocres, on se bornera à faire des suggestions à l’état de