C. — État des facultés intellectuelles
En opérant sur des sujets neufs, il m’a semblé que l’opinion de Beaunis au sujet de l’état mental des hypnotisés est exacte : il y a repos de la pensée, tant (jue des suggestions ne viennent pas réveiller les facultés intellectuelles. Je ne diraf pas repos absolu, parce qu’une foule d’états intermédiaires existent depuis 1 état de veille jusqu’au somiuimbulisme profond : en
ciiAmiuî VI.
général le repos inlellecliiel s’ucceulue à mesui'e (jue le soinnieil (levielit plus profond, il suit une inarclie analogue celle de l’anesthésie. Gomme le fait remanpier Beaunis, cette inertie n’est ([ue canxlilionnelle , il suffit de la moindre suggestion pour que le cerveau fonctionne et s’exalte môme : ainsi .s’expliipie le cas du malade deBrémaud, qui résolvait en somnambulisme des problèmes qu’il ne pouvait démêler à l’état de veille.
Les hypnotisés peuvent-ils mentir, selon l’opinion de l’itres, ou ne le peuvent-ils pas, selon l’avis de Beaunis?
11 est certain que tous les sujets ne mentent pas, mais quel(]ues-uns d’entre eux cependant, pour cacher des choses qu’à l’état de veille ils ne voudraient divulguer, nient, étant endormis, des faits parfaitement exacts; en voici un exemple :
La mère d’une somnambule m’apprit un jour que sa fdle était la maîtresse de M. X., elle ue le lui avait jamais avoué, mais des preuves irrécusables existaient, paraît-il. J’endors la jeune fille en présence de sa mère et je lui demande ;
« Avez-vous un amant?
— Non.
— Vous n’avez jamais eu d’amant?
— Non.
— Cependant on m’a dit que M. X. est votre amant.
— Cela n’est pas vrai, je n’ai jamais eu d’amant. »
Cette jeune fille était enceinte de M. X. ; elle niait, endormie, comme elle avait coutume de nier éveillée. Je pourrais citer d’autres exemples encore, se rapportant tous à des questions que le sujet est habitué à nier ou qu’il tient fort à ne pas avouer.
Je conclus cjue certains sujets hypnotises peuvent mentir, ils ne constituent peut-être pas la majorité, mais ils existent, c’est là le fait important au point de vue médico-légal.
— Sensibilité élective.
Nous avons vu Binet, Féré, Liébault, Beaunis admettre l’existence d’un certain rapport entre l’hypnotiseur et le sujet.
DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES
rapport grâce auquel cerlaius somnambules n’entendraient et n’obéiraient tpi’à leur hypnotiseur, ne conserveraient môme que les attitudes (jue ce dernier seul leur communique ; bernlieim n'admet pas ce rapport. Il est incontestable cependant <pie, lorsiiu’on ne suggère pas, ni volontairement, ni inconsciemment, au sujet de se mettre en rapport avec les personnes présentes, l’hypnotisé n’est, le plus souvent, eu rapport qu’avec l’hypnotiseur. J’ai vu bien souvent de ces sujets au.\quels je pouvais seul suggérer un acte ou imprimer une attitude ; il suffisait alors du moindre indice pouvant faire deviner au sujet qu’il pouvait se mettre en rapport avec les personnes présentes pour qu’aussitôt il obéit à tout le monde.
Le phénomène ne s’observe certes pas chez tous les somnambules, mais on le rencontre cependant chez beaucoup d’entre eux ; il s’explique facilement lorsqu’on songe que le sujet s’endort, concentre son attention, devient de plus en plus étranger au monde extérieur et ne reste le plus souvent attentif qu’aux faits et gestes de son hypnotiseur.
Cause du sommeil hypnotique.
Quelle est la cause du sommeil hypnotique ?
Voici les réponses des auteurs'.
Dumontpallier (de Paris). « Cause première ignorée, eauses secondes ou déterminantes : attention et volonté. »
Sanchez Herrero (de Madrid). « La cause du sommeil hypnotique est une inhibition ou interférence psychique. »
Marot (de Paris). « ? ? ? »
A. Voisin (de Paris). « Le sommeil hypnotique est de cause inhibitoire. »