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inconstants do rexpérienco : si l’on a, en effet, affaire' lY un sujet peu intelligent, de inôine <pie si le sujet est intelligent, mais qu’il ne peut prendre aucun point de repère, ces expériences échouent.
Quant aux expériences du mélange des couleurs et de contraste chromatique, elles ne réussissent que lorsque le sujet sait ce (jui doit se produire. (Vest encore de la suggestion.
L’hallucination pimt être non seulement positive, mais encore négative; on peut supprimer l’activité d’un sens, rendre le sujet aveugle, sourd, pour toutes les sensations ou pour une seule. Mais, ainsi que l’indiquent Féré et Richer, cette hallucination négative s’accompagne d’hallucination positive. Si l’on place un écran devenu invisible, devant une personne, le sujet ne pourra dire ce que fait cette personne ; c’est donc bien que l’écran remplit son rôle habituel, le sujet le voit, mais il crée le vide à sa place.
Inversement l’hallucination positive s’accompagne d’hallucination négative ; le sujet devra effacer les images réelles pour y substituer les images fictives.
On peut encore produire ce que Bernheim a appelé des hallucinations rétroactives, grâce auxquelles on peut créer de toutes pièces des souvenirs ne correspondant â aucune réalité ; en affirmant à certains sujets qu’à telle époque de leur vie, ils ont fait ou vu telle chose, ils sont persuadés de la réalité de ces affirmations, ils décrivent les faits suggérés en y ajoutant même une foule de détails; ils croient réellement ce qu’ils disent.
Enfin on peut réaliser par suggestion l’hallucination que Richer a désignée sous le nom objectivation des types , c està-dire que l’on peut chauger la personnalité d’un sujet. En lui suggérant qu’il est paysau, général, religieuse, avocat, etc., l’ensemble de ses mouvements s’adapte à sa nouvelle personnalité, il joue le rôle du personnage suggéré. Si on lui suggère une personnalité animale, celle du singe, du chien, il reproduit immédiatement les allures de ces animaux.
Les figures 72 et 73 (PL XXV) représentent Léon T. en somnambulisme; on lui suggère la personnalité d’un chien (fig. 75,
DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES
pl. XXVI), il court lécher un chien réel qui se trouve quelques pas de lui (fig. 70, pl. XXVIl); si ou lui suggère la personualité d’un singe, il se gratte la tôle, fait mine d’attrapper une puce et la mange (lig. 77, pl. XXVII).
Les hallucinations négatives, rétroactives et l’ohjectivation des types ne se montrent pas chez tous les sujets, elles réussissent surtout chez les somnambules intelligents ; la condition nécessaire à leur réussite est, comme pour tous les genres de suggestions, que le sujet comprenne ce qu’on veut obtenir de lui.
Quant à la netteté des hallucinations, je crois, avec Beaunis, quelle peut être plus ou moins grande suivant les sujets, et que certains d’entre eux peuvent voir riiallucination dans tous ses détails, la dessiner, la décrire avec toute la précision qu’ils mettraient s’ils avaient un objet réel devant eux.
é. Les phénomènes d’amnésie provoquée peuvent être obtenus assez facilement par la suggestion verbale; ou peut faire oublier à un sujet son nom, la date, un événement quelconque, simplement en le lui affirmant. J’ai suffisamment insisté sur ce point à propos des modifications suggestives de la mémoire des hypnotisés.
c. On peut créer aussi, par suggestion verbale, des paralysies psychiques et des idées fixes; il suffit de dire à un sujet : « Votre bras, votre jambe, est paralysée ou contracturée » pour qu’aussitôt ces phénomènes se manifestent. Ce sont là des expériences trop élémentaires et trop connues pour que je m’y arrête.
d. Enfin on peut suggérer des impulsions irrésistibles, des actes quelconques plus ou moins compliqués et môme des crimes.
Toutes ces suggestions peuvent être réalisées, non seulement pendant le sommeil hypnotique, mais elles peuvent encore être produites au réveil, c’est ce qui diflérencie la suggestion intra-hypnotique, de la suggestion post-hypnotique.
Quant à la suggestion à échéance, son existence est indiscutable : Un sujet étant endormi, on lui suggère un acte ou une hallucination devant se réaliser dans huit jours, dans un mois; à l’heure dite le fait se produit et le sujet se croit absolument
CIIAMTUE V).
indépendant de tonte inllnence; il commet l’acte suggéré parce tpie l’idée en naît spontanément dans son cerveau, il assiste à l’hallncination comme si elle était réelle.
Le 15 juillet je dis A. Marie X..., en état de somnambulisme : « Ecoiitez-moi bien, le 15 se|)tembre, vous reviendrez me voir à 2 heures et demie de l’après-midi, je veux (pie vous reveniez le 15 septembre. » Je réveille la malade (jui me demande, ainsi ([u’elle en a l’iiabitude, cpiand elle doit revenir ; (( Mais, lui dis-je, vous êtes guérie, il ne faut plus revenir, à moins ({ue vos attaques ne vous reprennent, ce qui est peu probable. » Elle s’en va.
Le 15 septembre, à 2 heures 35, Marie arrive chez moi tonte essoufflée.
« Pourquoi êtes-vous aussi essoufflée? lui dis-je.
— A 2 heures, répond-elle, j’ai été prise d’un besoin irrésistible d’aller vous consulter, je voulais arriver A 2 heures et demie et je me suis dépôchée. »
Voilà un bel exemple de suggestion d’aete à échéance; le même sujet m’a fourni un exemple de suggestion sensorielle à échéance.
Un jour je lui dis, pendant son sommeil : u La fois prochaine, quand vous viendrez me consulter, je serai avec mon confrère
Quinze jours après, la malade revient, elle regarde curieusement vers un angle de la chambre :
« Que regardez-vous? lui dis-je.
— Le docteur X . . .
— Il n’est pas là, il n’y a personne à l’endroit où vous regardez.
— Je vois bien qu’il y est, il me regarde. »
On peut reproduire à échéance, toutes les suggestions que l’on veut. Ces suggestions persistent-elles indéfiniment, pourrait-on par exemple suggérer un acte à exécuter au bout de plusieurs années? L’expérimentation peut seule répondre à cette question.
Les faits de suggestions à huit jours, à un mois d’intervalle sont communs; je viens de prouver qu’elles peuvent encore se
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réaliser à soixante jours; faut-il, avec Gilles de la Tourette et Pitres, hésiter i\ dire si l’échéauce peut être reculée plus loin encore? Non, les expériences faites i\ Nancy prouvent que la suggestion peut se faire à cent soixante-douze jours et même à trois cent soixante-cinq jours d’intervalle.
Abordons maintenant l’étude de la résistance aux suggestions. Tous les sujets sont-ils suggestibles au point de présenter ces différentes espèces de suggestions; en d’autres termes, le sujet somnambule est-il toujours un automate? Question qui a soulevé des discussions entre l’Ecole de Paris et celle de Nancy.
« Le somnambule hypnotique, dit Gilles de la Tourette, n’est pas un pur automate, une simple machine que l’on peut faire tourner au gré de tous les vents de l’esprit. Il possède une personnalité, réduite, il est vrai, dans ses termes généraux, mais qui, dans certains cas, persiste entière et s’affirme nettement par la résistance qu’il oppose aux idées suggestives. L’hypnotisé reste toujours quelqu’un, et il peut manifester sa volonté en résistant aux suggestions. »
Richer émet la même opinion : « Une somnambule, dit-il, peut se refuser complètement à accomplir certains actes pendant que, pour tout le reste, elle n’oppose aucune résistance. La somnambule oppose souvent une certaine résistance à la suggestion. Elle discute, elle demande le motif, elle dit non. Le plus souvent ce pouvoir de résistance est faible. L’expérimentatenr en a facilement raison; mais quelquefois cette résistance ne peut être vaincue. »
Au contraire, pour LiébaulL le fondateur de l’École de Nancy, « les sujets exécutent les suggestions intra-hypnotiques irrésistiblement et par conséquent sans aucune responsabilité : ils vont à leur but comme la pierre qui tombe. »
Liégeois émet un avis analogue.
Certains partisans de l’École de Nancy sont cependant moins affirmatifs que Liébault et Liégeois; Beauuis admet la résistance du sujet à exécuter certains actes, il a été témoin de combats intérieurs chez ses sujets, lorsqu’il leur ordonnait des actes contraires à leur sens moral, mais, ne pouvant
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abandonner les docti-ines de son école, il croit celte résistance facile à vainci*e : « en tons cas, dit-il, inènie ([iiand le sujet résiste, il est toujours possible, en insistant, en accentuant la suggestion, de lui faire exécuter l’acte voulu. Au fond, l’autonialisnie est absolu et le sujet ne conserve de spontanéité et de volonté t[ue ce que veut lui eu laisser son hypnotiseur ; il réalise dans le sens strict du mot l’idéal célèbre : il est comme le bâton dans la main du voyageur. «
Bernheim admet également la possibilité d’une résistance aux suggestious iutra-bypnotiques.
1“ Le somnambule hypnotique obéit-il aveuylérnent , est-il un automate parfait ?
2" Ou bien n’obéit-il qu’à ce qui lui est ayréablel
A ces deux questions, les auteurs m’ont répondu comme suit' ‘.
A. Voisin (de Paris). « Le somnambule hypnotique obéit aveuglément, il n’obéit pas seulement à ce qui lui est agréable. »
Sanchez IlEnnEno (de Madrid). « Le somnambule parlait, oui ; il obéit plutôt à ce qui lui est agréable. «
Luys (de Paris). « V Oui; 2“ Cela dépend de l’hypnotisé et de l’hypnotiseur. »
David (de Narbonne). 1° Le plus souvent; 2° C’est l’ahaire de l’opérateur et une question d’entrainement chez le sujet.
Le Menant des Chesnais (de Vi'lle-d’Avray).' « Pour moi, l’automatisme n’est jamais complet, le sujet garde toujours une certaine conscience, qui l’empêche d’obéir dune façon réellement aveugle, mais suffisante pour résister et ne pas exécuter, au moins jusqu’à un certain point, des choses qui lui sont désagréables. »
Marot (de Paris). « Non, l’hypnotique n est pas un automate parfait, il résiste souvent, en particnlier aux choses désagréables. La résistance peut, semble-t-il, être, en général, vaincue. »
Brémaud (de Brest). « Il y a somnambule et somnambule, les uns dressés, les autres frustes. A un somnambule dressé, entraîné, on peut tout demander, 1 automate est pailait.