‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 178 sur 208 · CII\P1TRE VI · texte numérisé non relu

CII\P1TRE VI

décrits paraissent siiflisauts et typiques : M”“ X. . . et Léon obéissent aveuglément, ils donnent raison à Liébault et Liégeois, ils vont à leur but comme la pierre qui tombe; Joséphine D... refuse d’exécuter tout ordre qui lui déplaît, elle semble prouver l’exactitude des vues de Gilles de la Tourette et de Brouardel; enfin Adrienne est intermédiaire entre les deux sujets précédents, le contrôle est chez elle très peu marqué, elle ne comprend que la signification des mots suggérés, elle ne conçoit pas l’importance des actes qu’on lui fait exécuter.

On peut rencontrer des sujets absolument automates, d auties présentant une résistance relative aux suggestions, d’autres encore n’exécutant que les suggestions qui leur sont agréables.

Quel est celui de ces trois types que l’on rencontre le plus fréquemment ; d’après mes recherches personnelles, c’est le second type qui est le plus commun, celui représenté par Adrienne G. . . ; la plupart des somnambules ne comprennent pas l’importance de leurs actes, ils obéissent aux suggestions intra-hypnotiques, à condition que rien ne choque leurs sentiments instinctifs dans l’ordre qu’on leur donne.

Je reviendrai sur ce sujet à propos des suggestions criminelles dont je n’ai à dessein pas parlé ici, réservant pour ce sujet un chapitre spécial. Qu’il me suffise de faire remarquer (lue Liébault, Liégeois et Brouardel ont raison et tort tout à la fois, ils ont raison en ce sens que leurs types existent réellement, ils ont tort parce qu’ils sont tous trois trop absolus.

b Suggestions post-hypnotiques. Si je suggère à Ar” X, eu somnambulisme, qu’après son réveil elle doit mettre „mn chapeau sur la tète de M. X. elle (ibéit sans savoir pourquoi elle agit ainsi; si je hu ordonne qu à sou "

doit me faire un bon de 1 000 francs, elle va vers la table, prend la plume, mais aussitôt elle la rejette brusquement. Je

lui dis ;

K Que faites-vous? . „ .

- Figurez-vous, me dit-elle, que j’avais envie de vous fane

„r, bon de 1 000 francs, c'est stnpide. »

DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES

Il Y a eu combat entre son sens moral et la suggestion, le sens moral l’a emporté. M“° X..., n’a pas non plus obéi à, l’ordre de se déshabiller.

Adrienne C. . . est endormie, je lui suggère qu’à son réveil elle devra mettre mon chapeau sur la tète de M. X. . ., elle obéit; je lui suggère qu’elle écrira : « Bon pour 1 000 francs,. » elle obéit encore; je lui dis alors : « A votre réveil, vous écrirez un billet par lequel vous reconnaîtrez me devoir 1 000 francs, » elle ne réalise pas la suggestion; de même elle ne se déshabille pas à son réveil quoique je le lui aie suggéré.

Voici enfin Joséphine D..., je lui suggère qu’après son réveil elle mettra mon chapeau sur la tête de M; X..., elle n’en fait rien, elle se souvient que je lui ai ordonné de mettre mon chapeau sur la tête de M. X. . ., mais elle trouve l’acte ridicule et ne l’exécute pas. A plus forte raison elle ne fait pas un bon de 1 000 francs. Si je lui dis ; a A votre réveil vous aurez une attaque de nerfs, » l’acte suggéré se produit ; si je lui dis qu'à son réveil elle aura un chatouillement à la joue, elle ressent l’impression suggérée, c’est que ces suggestions ne blessent ni son amour-propre ni son sens moral.

Il est un mode de résistance aux suggestions sur lequel Pitres attire l’attention : certains sujets, auxquels on suggère d’exécuter au réveil un acte qui révolte leur conscience, déclarent formellement qu’ils ne veulent pas obéir et qu’ils ne se laisseront pas réveiller tant qu’on ne leur aura pas assuré qu’ils ne doivent pas exécuter l’acte en question. L’auteur a montré à sa clinique une malade à laquelle il avait suggéré de devenir aphasique à son réveil; celle-ci, ayant eu à différentes reprises des périodes d’aphasie hystérique et connaissant par conséquent les ennuis de cette situation, déclara qu’elle ne voulait pas redevenir aphasique et que si M. Pitres persistait à le lui ordonner, elle ne se laisserait pas réveiller. Le clinicien essaya en vain d’éveiller sa somnambule, il dut transiger et déclarer à la malade qu’elle ne serait pas aphasique à son réveil, il put alors facilement la faire revenir à l’état de, veille.

Ces quelques faits montrent que Gilles de la Tourette a raison de dire que les somnambules peuvent offrir une résis-

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