‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 202 sur 208 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

est frauduleux, elle doit protéger le public, car ce public peut compter dans ses rangs nombre de gens dont le système nerveux sera facilement exalté; laissons les imbéciles aller de parti pris consulter des somnambules dites extra-lucides. Et n’oublions pas le grand nombre d’aliénés que les tables tournantes et l’électricité ont envoyé dans les asiles ; inutile d’accroltre ce nombre. »

Brémaud (de Brest). « Interdiction absolue. »

Pitres (de Bordeaux). « Oui. »

Luys (de Paris). « Oui. »

Lajoie (de Nashiia-New-Hamspire). « Oui. »

Le Menant des Chesnais (de Ville-d’Avray). « Oui. »

De Jong (de la Haye). « Les séances publiques d’hypnotisme doivent être interdites comme dangereuses à divers points de vue. »

David (de Narbonne). « Oui. »

Burot (de Rochefort). « Les réglementer. »

Henrik Petersen (de Boston). « Oui, mais le public devrait recevoir une instruction intelligente à ce sujet par des hommes accrédités par le Gouvernement comme des investigateurs sérieux et hors de reproche et ainsi dissiper les idees vulgaiies et opposées des masses. «

G. Ballet (de Paris). « Oui, oui.

Masoin (de Louvain). « J’estime qu’il faut interdire les séances publiques d’hypnotisipe, »

Persac (de Paris). « Je suis convaincu que les séances publiques d’hypnotisme sont fort dangereuses et que l’hypnotisme mis ailleurs qu’entre les mains des médecins est un danger public et social. »

De Baets (abbé de Gand). « Il me semble incontestable qu’il faut interdire les séances publiques d hypnotisme : on a \u quelles épidémies de manie hypnotique ont envahi les villes et les pays qui avaient été le théâtre des exploits de quelque charlatan hypnotiseur. On a vu encore, en ces occasions se déclarer bien des troubles nerveux et psychiques, bieu des folies causées par les séances d’hypnotiseur imprudemment

conduites. »

DISCUSSIONS ET OPINIONS PERSONNELLES

JoiRE (de Lille). Je crois qu’il faut interdire toutes les séances dans lesquelles l’hypnotiseur prend des sujets parmi le public. Pour les autres, elles me paraissent indifférentes. » Baron von Schrenk Notzing (de Munich). « Toute exhibition à des profanes, tout jeu de salon avec l’hypnose, toute exhibition publique de ces phénomènes, doivent être interdites par les lois. »

OcHOROWicz (de Varsovie). « La liberté vaut mieux que toutes les lois de répression. »

Tous ces auteurs, sauf Ochorowicz, sont donc partisans de l’interdiction des séances publiques d’hypnotisme. H y a d’ailleurs unanimité presque absolue à ce sujet : notre Académie de médecine vota la proposition de loi d’interdiction, à l'unanimité moins deux voix, et le Cong’rès d’hypnotisme, réuni à Paris en 1889, vota, à l’unanimité moins une voix, l’interdiction des séances publiques d’hypnotisme, il émit le vœu que l’hypnotisme ne soit pratiqué que par des médecins et qu’il soit enseigné dans les facultés de médecine.

Je ne puis que me rallier à ces conclusions, je crois aux accidents possibles à la suite de manœuvres hypnotiques mal ou inconsidérément faites, je crois au danger des représentations publiques, enfin je pense qu’un médecin seul, au courant de l’hypnologie, est capable de discerner les indications et les contre-indications de l’hypnose : lui seul peut connaître le tempérament des malades, lui seul peut hypnotiser avec la certitude de n’éveiller aucune prédisposition névropathique.

Je crois aussi que l hypnologie devrait être enseig’née dans toutes les Ecoles de médecine, il faut que tout médecin connaisse au moins la question, qu’il soit à même de répondre aux nombreuses demandes de ses clients relativement aux faits merveilleux qui préoccupent tant les esprits, il faut enfin qu’il sache tout le bénéfice qu’il peut retirer de l’hypnothérapie : libre à lui de ne pas y recourir, s’il a un esprit fermé à tout progrès; tôt ou tard il aura l’occasion de changer d’avis et de se convertir. L’hypnologie est une seience dont les bases sont suffisamment solides pour qu’elle soit enseignée à tous les étudiants en médecine.

CIIAP1THE VI.

Il ne faudrait pas craindre d’opposition de la part de ces derniers, ils ne demandent pas mieux que de s’initier ili ces phénomènes dont ils entendent parler partout excepté dans leurs cours.

J’ai pu constater tout récemment combien les étudiants comprennent bien l’utilité d’un cours d’hypnologie : j’ai donné, à l’hôpital de Molenbeck, (pielques conférences cliniques d’hypnologie, et, inalg;ré l’éloignement de cet établissement, les élèves étaient très nombreux.

C’était pure curiosité, dira-t-on peut-être ; non, car je donnais une heure et demie de théorie et tous arrivaient au début de la conférence, pas un ne songeait à ne venir que pour la partie expérimentale.

L’hypnotisme en thérapeutique.

Faut-il réserver la suggestion comme moijen de traitement aux névropathes et aux hystériques, ou faut-il l etendre au traitement de nombreuses affections?

Voici ce que m’ont répondu quelques auteursb

Pitres (de Bordeaux). Il faut la réserver aux névropathes

et aux hystériques. »

Marot (Paris). « Je crois que c’est un mode de traitement qu’il ne faut pas. généraliser comme certains ont trop de tendance à le faire, car il n’est pas, me semble-t-il, indifférent à l’état intellectuel et surtout moral. Les hystériques sont certainement les sujets qui en sont le plus justiciables et toutes leurs affections (en particulier l’anorexie hystérique, ou ce serait un traitement autrement plus rapide et moins coûteux

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