Mesnet, loc. cU., p
DOCTRINES DE l’ÉCOLE DE PARIS.
Et de fait cette femme avait volé avec lieaucoiip d’adresse ; en trois mois elle avait pu entasser une telle quantité d’objets qu’il fallut prés de deux voitures de déménagement pour les transporter. Cette femme était arrivée <Y être d’une sug-gestibilité si prononcée qu’on lui faisait croire et faire ce que l’on voulait, môme à l’état de veille.
M. Voisin déclara l’inculpée non responsable des actes qu’elle avait commis, le jug’e rendit une ordonnance de nonlieu et ordonna l’internement de la jeune femme.
Les antécédents de cette personne étaient excellents; jamais, avant d’avoir fait la connaissance de ses complices, elle n’avait commis le moindre délit; elle resta en traitement à la Salpêtrière, et au bout de six mois M. Voisin put la rendre à sa famille, complètement remise, g-râce au traitement hypnothérapique qu’il lui avait fait subir.
L’expertise médico-légale en matière d’hypnotisme.
Les véritables crimes inhérents à l’hypnotisme sont, d’après Gilles de la Tourette, le viol et l’attentat à la pudeur; ces crimes peuvent se perpétrer quelquefois pendant le somnambulisme, ils s’accompag-nent alors g’énéralement de violence; i le plus souvent ils ne peuvent être accomplis que pendant la i léthargie.
11 faudra tout d’abord écarter la simulation ; on devra ; rechercher si la plaignante est hystérique, si elle est hypno- I tisahle et surtout si elle présente facilement un état léthari gique vrai, avec tous ses caractères, ou l’état de léthargie lucide, intermédiaire entre le somnambulisme et la léthargie. Le plus souvent la simulatrice se plaindra d’avoir été violée sans avoir pu résister, elle aura assisté à tout et se rappellera de tout.
CIIAI'lTIllC 11.
Le médecin peut-il interroger un criminel en somnambulisme? Non, car le sonmambule peut mentir; « toutefois, dit BrouardeP, en un seul cas son silence serait coupable, c’est lorsqu’au cours de son examen il apprend que la justice fait fausse route et qu’on va condamner un innocent. »
Des variations de la personnalité dans le somnambulisme
provoqué.
Qu’est-ce que la personnalité?
« Dans le langage philosophique, dit Littré, on appelle personnalité ce qui fait qu’un individu est lui et non pas un autre. »
« L’homme sain de corps et d’esprit, dit Pitres^, a la notion très exacte de sa personnalité. 11 sait qui il est et qui il a été; il a des idées, des penchants, des sentiments qui lui sont propres, il se sent lui et non un autre; il ne se méprend pas sur son identité. »
Pour Ribot®, la personnalité résulte de deux facteurs : la constitution du corps avec les tendances et les sentiments qui la traduisent, et la mémoire.
D’après Richer'*, le moi et la personnalité sont deux choses distinctes; la notion du moi résulte d’excitations extérieures, de ce cpi’on voit, de ce qu’on entend; la notion de personnalité dépend au contraire uniquement des souvenirs : « Le moi, dit-il, est un phénomène de sensibilité et d’innervation motrice, la personnalité est un phénomène de mémoire. »