ETATS MIXTES OU ERUSTES
a. État léthargoïde les yeux ouverts.
b. État léthargoïde les yeux fermés.
c. Léthargie lucide.
a. État cataleptoïde les yeux ouverts.
b. Etat cataleptoïde les yeux fermés.
c. État cataleptoïde avec hyperexcitabilité musculaire.
cl. État d’extase.
I a. État de fascination.
b. Etat de charme.
c. État paraphronique.
d. État onéirique.
e. État de veille somnambulique.
Dans l’état léthargoïde, il n’y a pas, comme dans la grande léthargie, hyperexcitabilité neuro-musculaire ; de plus, le malade a l’air de ne pas entendre, mais si on lui suggère un acte à exécuter après le réveil, il l’exécute; la surdité n’était donc qu’apparente. Cet état léthargoïde peut exister les yeux étant fermés ou ouverts, d’où deux formes distinctes. L’état léthargoïde lucide est caractérisé par une stupeur générale avec conservation de la conscience et souvenir au réveil.
Les états cataleptoïdes clitrèrent de la catalepsie véritable en ce que les sujets répondent aux questions et ils obéissent aux ordres qu’on leur donne ; malgré cela, les membres conservent les attitudes. Cet état cataleptoïde peut se produire les yeux étant ouverts ou fermés, d’où les deux premières variétés mentionnées dans le tableau de Pitres.
Le troisième ne diffère des deux précédents que par la présence de l’hyperexcitabilité musculaire au lieu de l’hyperexcitabilité neuro-musculaire ; c’est-à-dire que la pression des muscles provoque seule des contractures, la pression des nerfs ne produisant rien. Enfin l’état d’extase, que l’auteur considère encore comme appartenant à la catalepsie, se produit facilement en faisant de la musique devant les sujets en état cataleptique.
Les états hypnotiques dérivés du somnambulisme sont plus nombreux encore que ceux qui appartiennent aux deux états précédents. Dans l’état de fascination, le sujet imite servilement et automatiquement tous les gestes de l’hypnotiseur; l’état paraphronique est caractérisé par une sorte de délire accompagné de mouvements, d’attitudes, de paroles en rapport avec les conceptions délirantes du sujet; l’état onéirique diffère du précédent parce que le délire est purement et simplement un délire de paroles ; enfin l’état de veille somnambulique est celui dans lequel les sujets, paraissant éveillés, accomplissent les suggestions qu’on leur donne.
Les états frustes de l’hypnotisme diffèrent à peine de l’état normal, le sujet est engourdi, somnolent, mais non complètement endormi.
Le grand mérite des travaux de Pitres est d’avoir montré que les phénomènes hypnotiques, loin de présenter une constance absolue, sont, au contraire, fort variables. Les formes dérivées qu il indique peuvent servir de point de repère, mais on ne peut, avec son tableau, caractériser tous les états qui peuvent se présenter.
Le professeur Grasset, de Montpellier, a consacré quelques leçons cliniques à l’étude des phénomènes somatiques de l’hypnose, voici ses conclusions :
f’.IIAlMTllE II.
« De l’analyse minutieuse des docuinenis publiés, de l’inlerpiélalion rigoureuse des faits personnels (pie je vous ai cilé.s, je suis en droit de conclure :
« 1“ Avec Nancy et contre la Salpétrière, (pi’il y a de nombreux hypnotisés (non simulateurs) dépourvus de caractères somatiques fixes ;
« 2" Avec la Salpétrière et contre Nancy, qu’il y a des hypnotisés possédant des caraefères somatiques fixes indépendants de toute suggestion. »
Eu terminant. Grasset dit :
« 1° L’hypnotisme est un état nerveux un à manifestations variées; le grand hypnotisme (ou hypnotisme de la Salpétrière) et le petit hypnotisme (ou hypnotisme de Nancy) en sont des formes symptomatiques ;
« 2“ Parmi les hypnotisés, les uns présentent des phénomènes somatiques fixes, antérieurs et supérieurs à toute suggestion; les autres ont toutes leurs manifestations sous la dépendance de la suggestion. Le grand hypnotisme représente une partie du premier groupe, qui ne comprend que des hystériques, mais ne comprend pas tous les hystériques hypnotisables. Le petit hypnotisme représente le deuxième groupe. »
Grasset ajoute que le grand hypnotisme a précédé chronologiquement le petit, que ce dernier est beaucoup plus frequent, que c’est le véritable hypnotisme thérapeutique.
Procédés d’hypnotisation et de réveil.
Comme le dit fort bien P. Richer, tous les moyens d’hypnotisation sont bons lorsqu’ils s’adressent à un organisme prédisposé. A la Salpétrière on a recours à tous les procédés connus pour produire le sommeil hypnotique ; telle méthode qui ne réussit pas chez run roussit souvent chez 1 autre.
DOCTIUNES DE l’ÉCOLE DE PARIS.
Le plus souvent cependant les procédas d’hypnotisation dont se servent les partisans de l’Lcole de Paris reposent sur des iulluences physiques; ils sont constitués par des excitations sensorielles ; on peut les résumer dans le tableau suivant ;
a. Procédé par excitation du sens de la vue. a. Excitations brusques et fortes.
S. Excitations faibles et prolongées.
b. Procédés par excitation du sens de l’ouïe, a. E.xcitations brusques et fortes.
p. Excitations faibles et prolongées.
c. Procédés par excitation du sens du goût et de l’odorat.
d. Procédés par excitation du sens du toucher, a. Excitations brusques et fortes.
S. Excitations faibles et prolongées.
C’est Charcot qui a attiré l’attention sur la production du sommeil hypnotique par des excitations brusques : l’apparition brusque de la lumière solaire ou de celle d’une lampe au magnésium, dans une chambre obscure; l’action de regarder le soleil, une lampe électrique, etc, sont autant d’impressions qui peuvent développer subitement le sommeil. L’excitation violente du sens de l’ouïe amène les mêmes phénomènes; le bruit d’un tamtam, d’un gong, un coup de sifflet, la vibration d un diapason, produisent quelquefois une hypnotisation instantanée.
L excitation brusque du sens du toucher peut aussi provoquer le sommeil : lorsque nous parlerons des zones hypnogènes, nous verrons que la compression brusque de certaines régions du corps peut, chez certains sujets, produire un état hypnotique subit.
On peut encore rattacher aux excitations brusques des organes des sens la compression des globes oculaires : en pratiquant cette manœuvre, on irrite le fond de l’œil, d’où résulte une sensation lumineuse subite.
Si 1 e.xcitation est faible et prolongée, on obtient des résultats semblables; on peut ainsi endormir un sujet, suivant le