‹ L'hypnotisme scientifique (volume 2)Chapitre 81 sur 208 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

« Usant inconsciemment (le la suggestion, il les aura transformés en signes habituels ; il se sera attaché, toujours sans le savoir, à les obtenir des autres sujets qui les auront reproduits par imitation et ainsi le maître et les élèves s’iidluençant récipro- ({uement, n’auront pas cessé d’alimenter leur erreur. . . Je suis revenu de Paris absolument convaincu. Il est heureux pourmoi que, contre mon attente, mon premier sujet n’ait pas obéi à mes manœuvres, corroborées pourtant — j’en suis sûr — d’injonctions verbales, sans quoi je verserais peut-être encore dans le salpêtriérisme. »

L’auteur a résumé sa pensée dans une phrase bien caractéristique ; (( Il n’y a pas d’hypnotisme, il n’y a que des degrés et des modes divers de suggestibilité b »

On le voit, Delbœuf est partisan de l’École de Nancy pour ce qui concerne la nature suggestive des phénomènes hypno- ‘ tiques.

Le D'' SemaP, de Mons, se déclare de l’avis de l’École de Nancy pour ce qui concerne la nature suggestive de l’hypnose, mais il ne peut admettre l’identité de nature du sommeil normal et du sommeil hypnotique ; (c Le sommeil, qui n’est du reste pas indispensable à la production des phénomènes hypnotiques, constitue seulement l’état favorable à l’établissement d’une aptitude qui domine entièrement la situation, la suggestibilité du sujet. . . En dehors de cette condition, il n’y a pas d’hypnose, y eût-il même sommeil, et celui-ci doit, en somme, être considéré comme le résultat primordial de la suggestion. C’est pourquoi il est inexact de comparer le sommeil normal au sommeil hypnotique ; ils n’ont de commun que le fait même de dormir, ce qui n’a même pas toujours lieu. » Semai ajoute que l’analogie n’est pas grande entre le rêve ordinaire et le rêve hypnotique ; l’hypnose n’est pas une névrose puisqu’elle est, la plupart du temps, dépourvue de phénomènes somatiques, mais elle constitue un état mental

1. Dblbceuf, Comme quoi il n’y a pas d’hypnotisme (Revue de l hypnotisme^

2^^ÈMAL/S^psyc/iose hypnotique (Bul. Acad, de Belgique, 1838, et Revue de Vhypnot., 1888, p. 72).

DOCTRINES DE l/ÉCOLE DE NANCY.

particulier, voisin des psychoses, ([ui est la sug'geslihilité. L’hypnose est donc, pour Semai, une psychose e.\périinentale.

Puisque nous en sommes aux auteurs belges, mentionnons encore parmi les partisans de l’Ecole de Nancy l’avocat IJonjeair, de Verviers, et Henri Nizet‘, de Hruxelles : tous deux ont expérimenté sans parti pris, ils n’ont jamais réussi à reproduire les trois états de Charcot. « No7is avons vainemenl cherché à obtenir les résultats annoncés par l’honorable écrivain, dit Bonjean. Mais eu les supposant exacts, ces métamorphoses nous intéresseraient à un autre titre. La suggestion n’y avaitelle pas sou petit mot A dire ? Apparemment, et notre insuccès nous a permis de conclure que nos sujets ne passaient pas de la catalepsie à la léthargie et de la léthargie au somnambulisme, tout simplement parce que leur éducation n’avait jamais porté sur ces troubles fonctionnels. »

De son côté Heniâ Nizet, dans un ouvrage fort bien fait, dit ; « Nos expériences personnelles, souvent répétées, relatives à la théorie des trois états, nous ont invariablement donné des résultats négatifs, si bien que nous en sommes venu à penser que les manœuvres employées à la Salpétrière pour provoquer la léthargie, la catalepsie et le somnambulisme, ne sont que le véhicule d'une suggestion inconsciente des opérateurs, suggestion facilitée par l’habitude clinique. »

Le D*' Van Velsen se rallie aussi aux idées émises par l’Ecole de Nancy : « Retenons, dit-iC, d’ailleurs qu’au fond de toutes, absolument toutes les manœuvres des hypnotiseurs, on

trouve la suggestion c’est hia conviction la plus profonde,

conviction ([ue je base sur les hypnotisations que j’ai faites ou vu faire et que j’estime à environ dix mille. »

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