PRÉFACE XI
tais sur la nécessité que sentaient les étudiants d’assister à un tel enseignement. Mes prévisions se réalisèrent et je fus bientôt forcé de changer la disposition de ma salle de conférences, afin de permettre à tous d'y trouver place. Ces cliniques, auxquelles j'ai
du reste fait de nombreux emprunts pour la confection de mon Rapport, attirèrent l'attention de M. le profesfesseur Spehl, de Bruxelles, qui, remarquant, avec beaucoup de raison, une lacune dans notre enseignement médical, résolut de donner cet hiver, à l'hôpital Saint-Pierre, des leçons cliniques de psychothérapie. . SiJ'ai été le premier, en Belgique, à donner une clinique d'hypnologie dans un hôpital, je dois cependant faire remarquer que, depuis longtemps déjà, un enseignement analogue à été entrepris dans d’autres pays.
Depuis 1878, Charcot parlait de l’hypnotisme dans ses lecons à la Salpêtrière ; à partir de 1884, Bernheim et Pitres, professeurs aux Facultés de médecine de Nancy et de Bordeaux, consacraient un certain nombre de lecons cliniques à l’étude de l’hypnologie; dès 1886, Luys entreprenait de donner hebdomadairement une leçon clinique sur l’hypnotisme à l’hôpital de la Charité ;
la même année, A: Voisin faisait, à la Salpêtrière, la dé- monstration des efïets thérapeutiques de l’hypnotisme dans l’aliénation mentale ; en 1887, Bérillon était autorisé à professer, à la Faculté de médecine de Paris, un cours sur les applications thérapeutiques de l’hypnotisme ; en 1888, Preyer inaugurait son cours à la Faculté de médecine de Berlin, par une conférence sur Phypnotisme et'les états analogues ; en 1889, Grasset, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier,
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donnait plusieurs lecons cliniques sur le grand et le petit hypnotisme ; en 1890, Dumontpallier, dans ses lecons cliniques à l’Hôtel-Dieu, exposait ses idées sur les applications thérapeutiques de l’hypnotisme ; la même année, Déjerine consacrait sa dernière leçon sur les maladies du système nerveux, à la Faculté de mé-
decine de Paris, à l'étude de lhypnotisme et de la sug-
gestion, et Morselli, professeur à l’Université de Gênes, faisait une série de lecons sur le même sujet; en 1892, Forel, professeur à l’Université de Zurich, consacrait une partie de son enseignement à l'étude de lhypnotisme et Lugatto, professeur à l’Université de Palerme, donnait une leçon sur les applications de l’hypnotisme.
Indépendamment de ces leçons officielles, de nombreuses cliniques privées d'hypnothérapie se créèrent dans les principales villes de l’Europe.
Qu’arrive-t-1il lorsqu'un étudiant veut se mettre au courant de la science hypnologique ? Ou bien il est obligé de s’instruire par lui-même, de lire les nombreux ouvrages ayant trait à l'hypnotisme et de tâtonner très longtemps avant de parvenir à l'appliquer convenablement aux malades, ou bien il doit aller à l'étranger, principalement en France, à Paris ou à Nancy, pour y chercher l’enseignement qui n'existe pas dans son pays. |
Il n’aura pas toujours l’occasion de trouver des sujets se prêtant à ses recherches ; s’il est interne dans un hôpital, son chef de service ne lui permettra peut-être pas d’endormir ses malades ! Il en sera donc presque toujours réduit à voyagér pour acquérir les connaïissances pratiques nécessaires à son instruction hypnologi-
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