B. — ÉTAT DE LA SENSIBILITÉ MODIFIÉE PAR SUGGESTION
Les sensibilités générales et spéciales étant, sous l'influence du sommeil provoqué, dans l’état que nous venons de décrire, on peut, par suggestion, les modifier comme on veut : on peut les amoindrir, les abolir, les exalter au gré de l’hypnotiseur. C’est ainsi qu’on peut provoquer une finesse excessive de la sensibilité douloureuse, thermique, tactile, visuelle, olfactive, gustative, musculaire ou viscérale. Ce sont là des états artificiels suggérés, nullement inhérents au sommeil hypnotique même.
Il serait tout aussi absurde d'admettre l’exaltation des sensibilités chez l’hypnotisé comme un caractère de l'hypnose, que de considérer la criminalité comme inhérente à cet état. On peut, par suggestion, provoquer cette exaltation comme on peut, par suggestion, produire des actes criminels.
Pour résumer ma pensée, je dirai que les sensibilités de l’hypnotisé peuvent être amoindries, abolies, exaltées, perverties au gré de l’hypnotiseur, mais que ces modifications suggestives n’altèrent
en rien la réalité des modifications spontanées que subissent ces sensibilités sous l'influence spéciale de l'hypnose.