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DES UGGESTIONS HYP NOTIQUES 255
A l’état de veille, le contrôle existe; pour que la suggestion se fasse, il faut accroître la crédivité. La foi religieuse agit dans ce sens, elle exalte la crédivité d’une manière extraordinaire ; la foi médicamenteuse produit des miracles; que de guérisons obtenues par les pilules de mie de pain ! C’est encore en grande partie par suggestion qu’agissent la métallothérapie, l’électrothérapie. la balnéothérapie, l’hydrothérapie, le massage, l’homéopathie, la suspension, etc. |
Plus récemment encore, ainsi que nous l’avons vu en parlant des suggestibilités, Bernheim élargit encore le cadre de la suggestion à l’état de veille, en affirmant qu'il n’y a pas d’hynotisme, et que des suggestibilités diverses existent seules.
Bernheim considère donc actuellement la suggestion à l’état de veille comme se réalisant chez un grand nombre de sujets, en dehors de toute hypnotisation. Au contraire, dans l'ouvrage paru en 1884, cét auteur avait moins élargi la signification de la suggestion à l'état de veille : Beaucoup de sujets, avait-il dit (‘}, qui ont été hypnotisés antérieurement peuvent, sans être hypnotisés de nouveau, pour peu qu'ils aïent été dressés par un petit nombre dhypnotisations antérieures (une, deux ou trois suffisent chez quelques-uns), présenter à l’état de veille l’aptitude à manifester les mêmes phénomènes suggestifs. »
Beaunis considère la suggestion à l'état de veille comme due à un état spécial du sujet : « Cet état n'est ni le sommeil, ni la veille, il se distingue du sommeil parce que le sujet est parfaitement éveillé, qu'il a les yeux ouverts, qu'il est en rapport
- avec le monde extérieur, qu’il se rappelle parfaitement ce qui
se dit ou se fait autour de lui, ainsi que ce qu'il a dit ou fait lui-même. Le souvenir n’est perdu que sur un point particulier, la suggestion qui vient de lui être faite; c’est par la docilité aux suggestions que cet état se rapproche du somnambulisme. Ces deux caractères sont du reste les seuls qui le distinguent de l’état de veille ordinaire (?). »
Beaunis appelle cet état du nom de veille somnambulique. En
(4) BerNaeim. Loc. cil., 1884, p. 57.
(2) Beaunis. Loc. cit., p. 166.
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quoi consiste-t-il ? Il l’ignore; ce qui lui paraît certain, c’est
qu'il constitue un état à part, qui ne peut être confondu ni
avec le sommeil hypnotique, ni avec l’état de veille. Il y a certes des degrés de transition insensibles entre la veille somnambulique, le somnambulisme et l’état de veille, mais il est cependant utile de caractériser les extrêmes. |
Liégeois, comme Beaunis et Bernheim (édition de 1884), croit que la suggestion à l’état de veille ne se produit que grâce à
un état particulier du sujet. « Il m’a semblé, dit-il (‘)}, déjà à
la fin de 1883, que pour faire réussir une suggestion à l'état
de veille, il y avait un certain changement d’état physiologique à produire chez les sujets, d'ailleurs très sensibles et anté-
rieurement hypnotisés qui seuls peuvent réaliser ce curieux phéno-
mène. Ce changement me semble dû à la concentration ide la pensée sur l’idée suggérée et je l’ai toujours, pour ma part, obtenu assez rapidement, en appuyant mes paroles d’une fixation du regard très énergique. »
Si l’on échoue, c’est, d’après Liégeois, qu’on n’a pas produit une concentration suffisante de la pensée du sujet sur les résultats à réaliser; pour arriver à cette concentration, le meilleur moyen est de fixer énergiquement les yeux de la personne à qui l’on fait une suggestion. L'auteur appelle cet état condition seconde provoquée.