‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 88 sur 140 · RER LE · texte numérisé non relu

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pensée, jusqu'alors inconnue de lui, germe dans son cerveau. il doit tuer M. G... Il s’arme d’un poignard et, sans hésitation, l’assassine n'importe où il se trouve. 11 ne connaît que l'ordre qui lui a été donné,

» Naturellement, on l’arrête ; car il ne faut pas parler ici de précautions suggérées ou prises par l’hypnotisé lui-même. Il en prendra peut-être, mais lesquelles ! Avant tout, si la suggestion a été acceptée, il faut qu'il poignarde l'individu qu’on lui a désigné, füt-il en pleine rue, entouré de gendarmes ou de soldats. On ne lui sert plus son crime tout préparé, comme dans un laboratoire, où tout est convenu d’avance et où l’on cherche, pour l'étude psychologique, à développer toute la spontanéité dont les hypnotisés sont susceptibles.

» Une fois arrêté, on l’interroge et que répond-il ? Rien, ou plutôt il cherche bien à se disculper ; mais de quelle façon °? Il faut qu’il invente une fable de toutes pièces, et sans exalter la perspicacité des magistrats, nous croyons qu'ils ne s’en laisseront pas longtemps imposer dans ces circonstances.

» Naturellement, on commence une enquête ; on fouille dans le passé de l’assassin, on recherche ses relations, et, en vertu d'un vieil axiome, ts fecit cui prodest, celui qui a armé la main du criminel ne tardera pas à être découvert. Et quel criminel ? Un névropathe, un hystérique, dans l'immense majorité des

Cas, hypnotisé déjà un grand nombre de fois ; car nous ne sau-

rions trop le répéter, ce n’est pas, comme semble le croire M. Liégeois, « en regardant fixement quelqu'un à table, dans un

- salon, au théâtre, dans un compartiment de chemin de fer »,

qu'on lui suggérera de se faire l’exécuteur fidèle des rancunes d'autrui. Croit-on qu'il soit si facile de faire commettre un assas-

sinat ? Tout cela paraît simple dans un laboratoire, où les

poignards sont en carton, et où iles pistolets ne partent que

- dans l'imagination du sujet.

«Ce n’est donc pas de but en blanc que le magnétiseur ourdira son crime ; il devra soigneusement prendre ses précautions et s'arranger de telle sorte qu’un fil de sa trame ne soit pas rompu. » |

» On a fait commettre à des somnambules, dit Émile Laurent,

une foule de crimes expérimentaux et personne ne doute qu’on puisse les amener à commettre des crimes.véritables, à tuer ou à voler. Mais faut-il admettre aussi que l’auteur de la suggestion, par conséquent l’auteur véritable et responsable du crime, s'assurerait ainsi l'impunité ? Oh ! çà, c’est une tout autre question. Je crois au contraire que, dans l’immense ma-

jorité des cas, ce serait un excellent moyen pour le faire

pincer. »

Je ne puis qu approuver la manière de voir de Gilles de IE

Tourette et de Laurent ; je pense que l’Ypnotiseur qui voudrait’se servir d’un somnambule pour accomplir un assassinat, serait presque certain d’être découvert.

Le sujet, en effet, agissant automatiquement, ne prendra.

jamais assez de précautions pour ne pas être arrêté; il tâchera peut-être qu'on ne l’aperçoive pas, il choisira le moment propice, si on le lui a suggéré, mais, en concentrant son attention sur la suggestion . à accomplir, il commettra toujours quelque imprudence capitale. Les expériences de crimes à

échéance montrent bien l’imprudence et l’impulsivité des sujets

que l’on veut transformer en criminels. Lorsque Voisin sug-.

géra à un sujet de mettre le feu à la cabane construite à cet eflet à la Salpêtrière, le somnambule se leva comme mü par un ressort et accomplit l’acte sans s'inquiéter de ceux qui le regardaient. l

Le sujet qui tua le roi d'Angleterre, rue Bosquet, agit dé même : à l’heure dite, il courut accomplir l'acte suggéré sans s'inquiéter de ceux qui l'observaient; ‘il frappa le mannequin, puis il se réveilla sans savoir ce qu’il avait fait.

Le juge d’instruction ne manquerait pas d’être frappé d’un crime commis dans ces conditions, par une personne qui na

jamais manifesté d’accès de folie. Pourquoi a-t-il commis Ce

crime? Il n’en sait rien ; tout à coup, l'idée de tuer M. X:."

s'est présentée À son esprit, :il' lui aurait été impossible de résister à cette idée insensée. On fouillera dans le passée du criminel, on apprendra qu'il n’a jamais dévié de la ligne droite, on connaîtra ses relations et l’on finira bien par: mettre la main sur celui qui avait intérêt à faire commettre le crime.

' DES SUGGESTIONS HYPNOTIQUES RE rS000

% Voilà pourquoi l'assassinat, l'empoisonnement suggérés sont

de théoriques.

Ces. crimes, quoique sans exemple jusqu'à ce jour dans les

# inales judiciaires, doivent être connus parce qu'ils sont pos- Sibles, seb que, pAr cela même, Al est DICO qu'ils trouve:

crimes de laboratoires , voilà pourquoi on a pu les taxer

EN CEE

Er Es ete D

ÉCOLE DE PARIS

Les véritables crimes inhérents à l’hypnotisme sont, d'après Gilles de la Tourette, le viol et l'attentat à la pudeur. Ces crimes peuvent se perpétrer quelquefois pendant le somnambulisme, ils s’accompagnent alors généralement de violence ; le plus souvent ils ne peuvent être gecomplis que pendant la

léthargie.

- Pour déméler la vérité dans les affaires de ce genre, il faudra tout d’abord écarter la simulation : on devra rechercher si la plaignante est hystérique, si elle est hypnotisable et surtout si elle présente facilement un état léthargique vrai, avec tous ses caractêres, ou l’état de léthargie lucide,

ti

Creer

souvent, la PR se plaindra d'avoir été ol ee + avoir pu résislere eue aura assisté à à tou sk se rappellera !

lisme ? Non, car le tion peut mentir ; « en.

Brouardel', en un seul cas son silence ht coupable, lorsqu'au cours de. son examen, il apprend que la de fausse route et qu "on va condamner un innocent. ‘

(1) BrouarpeL. Cours du semestre d'élé, 1886.

ÉCOLE DE NANCY

Liégeois se pose la question suivante : Ua crime a été commis, le coupable prétend avoir agi par suggestion; que va faire la justice ? Ordonner un examen médico-légal; mais à quelles règles devront s’assujettir les experts? Doivent-ils déterminer si le sujet criminel est un sujet hypnotique, s’il est possible de le mettre en somnambulisme, s’il est anesthésique, s’il réalise les suggestions positives, négatives, rétroactives, ampnésiques, etc. « Bien habile sera le simulateur, dit Liégeois",

… s'il en est qui puisse déjouer tous les pièges que les experts - auront le droit et le devoir de tendre à sa mauvaise foi. »

Il est donc toujours possible, d’après cet auteur, de savoir si l'accusé est ou non hypnotisable. Lorsqu'on est parvenu à établir que l’accusé est hypnotisable, il faut encore trouver l’auteur de la suggestion: si l’hypnotiseur n'a pas suggéré l’amnésie, ce sera facile; s’il la suggérée, on agira par suggestion indirecte, comme il a été dit précédemment.

Pour ce qui concerne les faux témoignages, Bernheim croit que les témoins ou accusateurs, poussés par suggestion, ne se comportent pas absolument comme des témoins ou accusateurs vrais: « Le souvenir de l’évènement suggéré, dit-il, ne semble pas persister avec la même intensité; l'impression n’est pas aussi continue, le souvenir redevient latent et obs-

cur tant qu’on ne l’évoque pas... Le magistrat devra interro-

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