‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 89 sur 140 · LuécEois. Loc. cûl., p · texte numérisé non relu

LuécEois. Loc. cûl., p

ger le témoin, sans peser sur lui, sans chercher à le mettre . sur la voie, sans lui faire pressentir son opinion. Les témoins peuvent se suggestionner réciproquement... Aussi, chaque té ; moin devra-t-il d’abord être interrogé séparément... Le magistrat, eclairé par un interrogatoire habilement dirigé, peut LE À surer la suggestibilité du témoin suspect. Il aura l'air d'accep- | | ter son dire, insistera sur les incidents, y ajoutera du sien, sugeérant des QE qui CARRE la CUÉRQUREIS du témoir

bien au courant de la question, permettra, je crois, dans majorité des cas, d'établir qu'on a affaire à un suggestible, ». e

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DISCUSSION ET OPINIONS PERSONNELLES

Comment doit-on conduire une enquête médico-légale, dans le cas où l’hypnotisme semble être intervenu dans la perpé-

tration d'un délit ou d’un crime? Sans vouloir atténuer plus

qu'il ne convient les difficultés que présente une telle expertise, je ne puis, avec certains auteurs, en exagérer l'importance au point de considérer la recherche de la vérité comme impossible.

Tout d’abord, il faut que l’on cherche à écarter toute simulation ; il est arrivé plus d’une fois qu’une hystérique vienne se plaindre à la justice d’avoir été violée pendant son sommeil hypnotique, alors qu’il fut parfaitement démontré que la suggestion n’était pour rien dans le rapprochement sexuel. C'est là une des conséquences du surchauffage produit chez ces esprits faibles par les publications, les conversations dont le thème habituel est l’hypnotisme.

Le mensonge et la simulation sont, en effet, des phénomènes caractéristiques de l’hystérie, non pas que les hystériques mentent et simulent pour le plaisir de le faire, mais parce que ces dégénérés croient avoir vu ou fait des choses imaginaires, ils sont le jouet d'illusions et d’hallucinations positives et rétroactives.

Je ne puis mieux dépeindre les illusions hystériques qu’en narrant un procès célèbre qui fit condamner un honnête homme ; je veux parler de l'affaire La Roncière, qui a eu non seulement en France, mais encore dans toute l’Europe, un retentissement considérable. Ce drame se passa en 14834, dans la haute société de Saumur. Les avocats, intervenant dans le débat, por-

ai din ont

taient de grands noms, c'était Odilon Barrot, Berryer et Chaix d’Est-Ange.

Le général de M. commandait à Saumur l’École de cavalerie ; Mr: de M., qui habitait ordinairement Paris, vint rejoindre son mari avec son fils Robert, âgé de douze ans, sa fille Marie, âgée de seize ans, et une gouvernante anglaise, Miss Allen.

Dès son arrivée, Mlle de M. fut assaillie de lettres signées E. de R., ce qui fut interprété Émile de la Roncière; ce nom était porté par un brillant officier de l’armée française, fils de général, et frère de l’amiral qui a laissé un nom SE dans l’histoire de la marine française.

Une nuit, la jeune fille s’éveille au bruit d’un bris de vi: tres; écartant ses rideaux, elle voit, à la clarté de la lune,

5 À È un bras passer par Île carreau cassé et lever la poignée de

l’espagnolette de la fenêtre ; un homme pénètre dans la chambre et se dirige rapidement vers la porte communiquant avec

la chambre de sa gouvernante. La jeune fille saute à bas de =

son lit, saisit une chaise et cherche à s'en faire un rempart;

l’homme lui dit: «Je vais me venger; » il se jette sur elle,

lui arrache la chaise, la terrasse, lui arrache sa camisole de nuit, passe un mouchoir autour du cou de manière à empêé-

cher sa victime de crier, il la garotte et lui porte des coups

violents sur la poitrine, à la mord au poignet droit; il veut se

venger, dit-il, de ce qui lui est arrivé deux jours auparavant chez M. de M. « Depuis que je vous connais, dit-il, il y a

quelque chose en vous qui m'a donné le désir-de vous faire du mal. » Il saisit un instrument que la jeune fille croit être

un couteau et lui en porte deux coups entre les jambes.

L’excès de la douleur rend des forces à Mike de M., eile pousse des cris qui sont entendus de Miss Allen ; celle-ci se lève. L'homme, entendant du bruit, dépose une lettre sur la com-

mode et se retire par la fenêtre. (Tiens ferme! » dit-il, s'adres-

sant peut-être à un complice. Et il disparait.

- Miss Allen arrive et trouve sa jeune maîtresse presque inanimée ; elle n'avait d’autres vêtements que sa chemise, un mouchoir serré par un nœud coulant entourait son cou, une corde entourait sa taille. A côté d'elle, sur le carreau, se trou-

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