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doit être un privilège de leur corporation ! Ils se plaignent surtout des séances publiques (en attendant qu’ils se plaignent qu’on guérisse Sans leur secours) des Donato, Hansen, etc., mais que ne protestent-ils contre, certaines représentations drama-
tiques qui énervent les jolies dames ; que ne se plaignent-ils
des spectacles où coule le sang des animaux, des spectacles
forains où l'on voit si souvent des dompteurs déchirés et même
dévorés, etc., etc. ? On peut leur appliquer les paroles de l’'Évangile, qu'ils voient la paille dans l’œil des hypnotiseurs, mais pas la poutre qui est dans le leur et dans celui de tous autres que ces derniers. »
De son côté, Bernheim écrivait à Delbœuf : « L’ignorance est le plus grand danger, et le meilleur remède contre les suggestions malfaisantes est de savoir qu’elles sont possibles. Les expériences publiques, à côté de quelques inconvénients légers et grossis à dessein par la rumeur publique, ont le grand avantage d'appeler l'attention sur des phénomènes dont la méconnaissance est un danger réel pour l'humanité ({). »
« Le dernier chapitre de mon livre sur le magnétisme, dit Morselli (?}, est entièrement destiné à démontrer combien l'interdiction de l'hypnotisme est étrange et opposée à tous les principes de liberté morale et politique. »
Delbœæuï a soutenu l’innocuité des séances publiques d’hypnotisme lors de la discussion qui eut lieu à l’Académie de médecine de Belgique, sur la réglementation de l’hypnotisme.
« Quant à moi, dit-il (?)}, après une enquête minutieuse et absolument sincère, je ne suis pas parvenu à trouver un seul cas authentique d’une indisposition tant soit peu digne de mention, à mettre à la charge des magnétiseurs publics. C’est qu’il ne s’agit pas de venir me dire qu'un M. X.., qu’on ne nomme pas, après une séance de Donato, est devenu ipresque fou (façon de parler inventée par M. Lombroso), il faudrait s'assurer d'abord si M. X... existe, et s’il a assisté à une séance de magnétisme ; ensuite, s’il est vraiment presque fou ou s'il ne l'était pas avant
(1) Berxuerm. in DELBOEUF, lOC. cit, p. 24.
(2) MorsecLi. In DELBOEUF, /OC. Cit., p. 26.
(3) DELBOŒUF. Loc. cit., p. 35.
16 à TRE CHAPITTE XVII
la séance ; enfin, s’il ne le devenait pas pour avoir lu un roman passionné ou le récit d’un drame émouvant. Il n’y a pas de procédé plus commode pour la calomnie ou la bêtise que de rapporter ce qui est arrivé à M. X..., sur la foi de M. On. » (?) Delbœuf soutient,
à l'exemple, du reste, de Liébault, Bernheim, etc., que l’hypno-.
tisme ne peut être pratiqué que par ceux-là seuls qui le possè-
dent ; Qil y a peut-être en Belgique une douzaine de médecins . qui connaissent l'hypnotisme et c'est pour le corps médical tout. entier que l’on requiert le monopole d’une science qui lui est
inconnue ! » |
L'hypnose permet de commettre des attentats sur des personnes endormies, mais (les médecins ont-ils donc le monopole de la moralité? Les médecins Castain et Lapommeraye
n’ont-ils pas été des empoisonneurs ? Par contre, tandis qu'il.
sera interdit aux savants non diplomés d’hypnotiser des per-
sonnes de moins de 21 ans, il sera loisible aux médecins de
faire servir leurs malades à des expériences de pure curio- Sité. » (°)
Après une longue discussion, Delbœuf conclut comme suit : « Qu'on laisse liberté entière d’organiser, sous l’empire des
mesures qui règlent les spectacles publics, les représentations
d'hypnotisme, qui ont fait la lumière et qui la font, et qui la feront encore ; » Que l’on puisse se faire hypnotiseur comme on se fait mas:
seur ou bandagiste;
» Que l’hypnotiseur qui donne des remèdes soit punissable,:
puisque, en vertu d’une loi que je n’approuve pas, c'est celui qui exerce sans diplôme l’art de guérir ;
» Qu'il ne puisse hypnotiser les enfants qu'avec 1e) consentement de la famille;
» Que peut-être même on lui défende de traiter un malade,
si ce n’est avec l'autorisation écrite d’un médecin, et sous sa direction, quitte à voir comment on pourrait formuler cette
défense ;
(1) DezBœur. Loc. cit. p. 35.
(2) DecBœur. Loc. cit. pp. 48 et 53.
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