PÉNÉTRATION DE LA LARVE DANS LA CAVITÉ CRANIENNE
Quelle que soit la voie de Pénétration, comment la larve peutelle arriver dans la cavité crâänienne ?
Faisant abstraction des Premiers temps de la migration, nous:la retrouvons dans la Sous-Muqueuse œsophagienne : Jàdessus, tout le monde est d'accord.
Mais à quelle hauteur par rapport à la tête ?
Chez les bovins cela est indifférent, puisque sa migration l'amène dans le canal rachidien par l'intermédiaire d’un trou de conjugaison : chez le cheval, c’est autre chose, car il n’est pas indifférent pour Sagner le crâne de partir de la gorge, de l'entrée de la poitrine ou du cardia.
Suivant toute apparence, dans les cas qui nous occupent, cest par voie buccale. La larve introduite par le léchage est cerlainement déglutie : d'ailleurs, un essai de pénétration dans la région buccale ou pharyngienne, dont les tissus sont doués d'être extrême sensibilité. Causerait une assez vive douleur avec réaction du sujet.
La larve dès son entrée doit sentir qu’elle est dans un milieu qui ne lui est pas favorable, et chercher à accélérer sa migration. Mais le péristaltisme est une bien grande force, 20 cm. à la seconde pour la partie rouge cervicale, 4 cm 7 Pour la partie blanche thoracique. Que peut contre lui ce petit animal de quelques millimètres ?
S'il a la chance de Passer avec très peu de salive, il peut accrocher rapidement, perforer l’œsophage et passer dans la sousmuqueuse. Sinon, il est entraîné dans l'estomac et doit suivre les mêmes trajets de Migration que ses semblables chez le bœuf. Mais il ne le suit pas sans trouble, il doit chercher à quitter cet hôte défavorable au plus vite. C’est ce qui explique
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la rareté de son passage dans le canal rachidien et ses localisations, aussi bizarres qu'inattendues.
Une fois dans la sous-muqueuse œsophagienne, son instinct la pousse à remonter. Sa reptation commence : le tissu conjonctif lui est un soutien nécessaire, elle doit donc quitter la voie œsophagienne, c’est peut-être au niveau du pharynx qu'elle le fait. Là, elle trouve les grands troncs vasculaires et nerveux qui gagnent la tête en passant sur les poches gutturales (et non dans les poches gutturales, venant du pharynx par
la trompe d’Eustache, comme le supposent Drieckernorr et SIEDAMGROTZKY).
Si cet abandon de la voie œsophagienne ne se fait pas au pharynx, en quelque endroit qu’elle se fasse la larve trouve toujours des faisceaux vasculo-nerveux : artère carotide, veine jugulaire, cordon vaguo-sympathique, nerfs récurrents, entourés de l’atmosphère conjonctive nécessaire à sa propulsion. A moins que ne remontant directement entre les muscles de l’encolure, elle ne suive les plans conjonctifs qui les séparent et retrouvent là des vaisseaux et nerfs l’amenant vers la base du crâne : artère, veine, ‘nerf vertébraux.
L'hypothèse la plus plausible est certainement celle qui arrête la larve au niveau du pharynx. Il est alors très intéressant de chercher quelle voie, quels vaisseaux ou nerfs elle peut suivre pour arriver à la base du crâne, puis traverser la boîte crânienne pour aboutir aux organes nerveux centraux. Pour cela il nous faut jeter un coup d'œil rapide sur l'anatomie de cette région.
Pour la commodité et la clarté de l'exposé, il nous faut suivre un trajet inverse de celui de la larve ; c’est-à-dire des centres nerveux vers l'extérieur, par les trous du crâne.
Voyons d’abord quels sont les rapports des centres nerveux avec la boîte crânienne et les différents trous qui permettent le passage des nerfs crâniens et des veines et artères nourricières.
Nous savons que les centres nerveux sont enveloppés dans
les méninges, qui sont au nombre de trois, de dehors en dedans : Ja dure-mère, l’arachnoïde et Ja pie-mère,
Chacune présente une section crânienne et une section rachidienne, en Continuité directe l’une’avec l’autre.
Pour nous, ou plutôt pour la larve, la plus importante de toutes est la dure-mère. C’est une membrane fibreuse, peu vas- Culaire, relativement épaisse, qui protège les centres nerveux. Sa face externe répond aux parois osseuses Crâniennes ou rachidiennes : sa face interne est intimement unie au feuillet pariélal de l’arachnoïde.
La partie qui nous intéresse est la dure-mère crânienne dont la face interne présente trois replis Principaux qui cloisonnent complètement la cavité crânienne : la faux du cerveau, la tente du cervelet et Je repli pituitaire. La seule solution de continuité qui existe entre Je Cerveau antérieur et Je cerveau moyen se trouve au bord inférieur ou interne de la tente du cervelet qui circonscrit un orifice elliptique ou trou de Pacchioni, qui constitue un Passage vers les organes du CEr Veau moyen (pédoncules cérébraux et tubercules quadri jumeaux).
La tente du cervelet sépare incomplètement la Cavilé cérébrale de la cavité cérébelleuse, mais celte séparation suffit tout de même à expliquer la rareté de l’intrusion de Ja larve dans les hémisphères cérébraux (un seul Cas rapporté par Rose).
Mais à partir du Cerveau moyen, les centres nerveux se trou- Yent en communication directe avec l'extérieur (c’est-à-dire les organes qui entourent Ja boîte crânienne) par les nerfs qui en sont issus et les Vaisseaux nourriciers qui ÿ arrivent.
Les pédoncules cérébraux et les tubercules quadri jumeaux Correspondent à l’apophyse basilaire de l'occipital, qui se continue par la fosse mésocéphalique ou Protubérantielle, qui loge la partie moyenne de Ja protubérance annulaire et se prolonge Postérieurement Jusqu'au trou OCCipital par la gouttière basilaire sur laquelle repose le bulbe raChidien.
De chaque Côté, le plancher de la cavité crânienne présente En avant l'ouverture irrégulière dite trou déchiré ou hiatus
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occipito-sphéno-temporal qui est percé à la limite des régions sphénoïdales et occipitales du plancher de la cavité crânienne. Le trou condylien situé en avant du condyle occipital correspondant, est beaucoup plus petit, circulaire : il aboutit dans la fossette condylienne.
Le trou déchiré est de loin le plus important, c’est même le seul qui, à notre avis, puisse permettre le passage de la larve.
Aussi mérite-t-il une description toute spéciale (BOURDELLE).
Les autres trous de la cavité crânienne ne peuvent servir de rien, ne correspondant à aucune voie en provenance de la région pharyngienne.
Le trou déchiré est formé de deux ouvertures allongées de haut en bas, à contours très irréguliers, qui perforent le plancher de la cavité crânienne de chaque côté de l’apophyse basilaire, entre les régions occipitale, sphénoïdale et temporale.
Leur circonférence peut être décomposée en trois parties, appartenant aux trois régions limitantes.
La partie interne ou basilaire, formée par les bords latéraux minces et tranchants de l’apophyse basilaire, est légèrement concave ; elle présente à la base de l’apophyse styloïde une échancrure arrondie dite stylo-condylienne, formant le contour du trou déchiré.
La partie inférieure, ou sphénoïdale, répond au bord supérieur des ailes du sphénoïde supérieur. Elle est mince, tranchante en dedans, taillée de trois échancrures converties en trous à l’état frais. En allant de dedans en dehors, ces trous sont : 1° le trou carotidien, pour le passage de l'artère carotide interne : 2° le trou ovale où passe le nerf maxillaire inférieur ; 3° le trou petit rond, plus petit que les deux autres, destiné à l'artère méningée moyenne.
La partie externe, tympanique ou auriculaire, appartient au côté interne de la base du rocher ; elle est fortement convexe, taillée en arête vive, et divise complètement l’hiatus en trou déchiré antérieur et trou déchiré postérieur. Ces trous sont fermés à l’état frais par une lame fibro-cartilagineuse ; l'anté-
rieur est principalement veineux et comprend en outre les trous carotidien, ovale et pelit rond ; le postérieur livre passage aux nerfs des 1x°, x° et x1° paires crâniennes, soient : les nerfs glosso-pharyngien, pneumogastrique et spinal.
Le trou condylien livre passage au nerf grand hypoglosse de la xr1° paire.
L'artère carotide interne, qui passe par le trou carotidien, provient de la trifurcation de l'artère carotide primitive au niveau des poches gutturales, en artère occipitale qui par une de ses branches terminales : l’artère cérébro-spinale, pénètre dans le canal vertébral par le trou antérieur de l’atlas : en artère carotide externe, et en cette artère carotide interne qui apporte le sang aux centres nerveux encéphaliques. On la voit se diriger de bas en haut vers la base du crâne, par un trajet légèrement fléxueux, comprise dans un repli de la poche gutturale, en rapport plus ou moins direct avec les nombreux nerfs du plexus guttural.
Arrivée au niveau du trou déchiré antérieur, la carotide interne décrit une double courbure en forme d’S et pénètre dans le crâne par le trou carotidien. Elle se place immédiatement après dans la gouttière carotidienne du sphénoïde, où elle se trouve baignée par le sang du sinus caverneux, prend un trajet d’arrière en avant, de chaque côté de la glande pituitaire, croise la bandelette optique et gagne la scissure de Sylvius au niveau de laquelle elle se termine par l'artère cérébrale moyenne et l'artère cérébrale antérieure. Avant de croiser la bandelette Optique, elle émet une branche rétrograde, l'artère communiquante postérieure qui se réunit à l'artère cérébro-spinale par l'intermédiaire du tronc basilaire formé par les rameaux antérieurs de cette cérébro-spinale. Dans tout son trajet ce système artériel émet des branches qui pénètrent dans les différents organes nerveux centraux : artères protubérantielles, cérébelleuses, des tubercules quadrijumeaux... formant ainsi une voie de pénétration vers ces organes qui, on l’a vu, sont les plus souvent atteints.
La circulation veineuse se fait par les veines cérébrales (superficielles et profondes), le tronc cérébral (veines cérébelleuses, bulbaires et protubérantielles, nous intéressant le plus) qui alimentent directement les sinus, tandis que les veines des tubercules quadrijumeaux aboutissent aux veines cérébrales. Et par les sinus veineux de,la dure-mère (médian supérieur, caverneux, occipito-atloïdien) vers les confluents veineux intermédiaires, entre les veines issues des centres nerveux et les veines de la grande circulation qui donnent naissance aux veines ptérygoïdiennes et temporales et à la veine occipitale (veine antérieure) qui sont les racines des grands troncs veineux : veine maxillaire interne, puis jugulaire.
Les voies lymphatiques sont des plus importantes ; on les divise en trois sortes
Les espaces lymphatiques adventitiels ou intra-adventitiels qui forment autour des vaisseaux sanguins des espaces enroulés en manchons, qui commencent et finissent dans l’espace sousarachnoïdien. Les espaces lymphatiques péri-adventitiels ou périvasculaires. Ces espaces représentent à notre avis la voie empruntée par la larve, pour alier du conjonctif périvasculaire, nécessairement très raréfié lors du passage dans les trous cràniens, dans la substance nerveuse.
En troisième lieu on a les vaisseaux Iymphatiques qui, on le présume, passent par les orifices vasculaires de la base du crâne pour aboutir aux ganglions cervicaux.
Voies nerveuses : le plexus guttural est formé surtout par le pneumogastrique et le spinal qui, à leur passage sur la poche gutturale anastomosent leurs branches, qui elles aussi s’anastomosent avec des divisions sympathiques. Le nerf glosso-pharyngien en fait également partie par le rameau carotidien qu'il émet postérieurement et qui vient s'anaslomoser au plexus cures tidien (sympathique). Le nerf grand hypoglosse (xrr° pare qui traverse le plexus, n'offre, nous l'avons vu, aucun nest : et le nerf maxillaire inférieur, branche du trijumeau (v° paire),
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passant par le trou ovale du trou déchiré antérieur, n’en offre pas non plus.
Restent done le pneumogastrique, le spinal et le grand sym-
pathique, que nous allons suivre avec un peu plus de détail.
Le pneumogastrique prend naissance sur le bulbe, sa portion extérieure au crâne fait suite au ganglion jugulaire ou d’Ehrennitter, situé au niveau du trou déchiré postérieur. Il est intimement accolé au nerf spinal sur une longueur de 2 cm. environ ; en s’en séparant, ils forment un angle dans lequel passe l’hypoglosse. Il descend contre la poche gutturale, se met en contact avec l'artère carotide interne et le ganglion cervical supérieur, croise l'artère occipitale en dedans, et gaone la région cervicale. Là, il s'accole au connectif cervical du grand sympathique, avec lequel il forme un cordon commun ou cordon vaguo-sympathique, placé le long du bord supérieur de la carotide primitive.
Le spinal est compris entre la poche gutturale et l'articulation atloïdo-occipitale, il échange des rameaux avec les autres nerfs du plexus guttural et envoie des filets au ganglion cervical supérieur. Il descend ensuite sous la glande sous-maxillaire, contourne l'aile de l'atlas et se place sous le muscle omotrachélien qu'il suit jusqu'à la partie antérieure de l’épaule. Le système nerveux sympathique est représenté par le ganglion cervical supérieur. Il se présente sous l'aspect d’un renflement allongé, placé sur le trajet de l'artère carotide interne, dans un repli de la poche gutturale au milieu des branches du plexus guttural,
Il possède des rameaux afférents qui proviennent des nerfs qui concourent à former le plexus : glosso-pharyngien, pneumogastrique, spinal et hypoglosse, Ses rameaux efférents s'échappent : de l'extrémité supérieure, formant le plexus caverneux dans le sinus cayerneux ; de l’extrémité inférieure, formant le plexus carotidien, plus le filet formant le cordon
Yaguo-sympathique ; du bord antérieur, formant le plexus pharyngien.
Ces vaisseaux, le plexus nerveux, par la gangue conjonctive qui les enserre, sont un chemin tout indiqué pour la larve qui cherche à émigrer le plus rapidement possible.
Connaissant la voie d'introduction possible, en présence des symptômes présentés par l'animal, peut-être peut-on, en s’aidant de la physiologie des centres nerveux, localiser la larve, peut-être même établir un pronostic, bien que dans la presque totalité, voire la totalité des cas, il soit fatal.
La larve peut ou produire une excitation ou, au contraire, une inhibition, suivant qu'elle irrite simplement ou qu’elle lèse un faisceau ou un centre nerveux. :
Nous allons revoir rapidement les quelques données de physiologie des centres nerveux, qui peuvent nous intéresser, en les illustrant des exemples que fournissent celles des observations qui sont bien explicites.
Les hémisphères cérébraux, très rarement atteints, puisque nous n’en possédons qu’une seule observation, renferment en même temps que les centres psycho-sensitifs, les centres psycho-moteurs. Leur excitation ou leur ablation agissent sur des groupes définis de muscles, toujours les mêmes. Les effets soni croisés, sauf lorsque sont intéressés les muscles de l'œil ou de la face dont les mouvements sont toujours associés ou bilatéraux.
Dans l'observation de Roc les effets ne sont pas étroitement localisés par suite de l° étendue de la lésion : trois caillots sanguins et une extravation considérable de sang.
C’est parce que les grandes larves, telles celles qui arrivent au cerveau, deuxième stade, à l'inverse des jeunes larves œsophagiennes, provoquent une forte réaction des tissus voisins ; ces phénomènes inflammatoires vont jusqu'à de fortes extravasations sanguines qui, Comme dans le cas présent, provoquant de fortes compressions des tissus nerveux.
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Cela pourrait expliquer les mots de M. Muizer : « J'ai souvent trouvé de simples hémorragies ou ramollissements ». Mais lui-même émet des considérations restrictives, fort Justes d’ailleurs : « Ces lésions ont souvent été trouvées à l’autopsie de vieux chevaux, et s’il fallait à chaque fois incriminer l'HYpoderme, cela deviendrait assez effrayant. »
Le cervelet, qui occupe la partie postérieure ou cérébelleuse de la cavité crânienne , est le centre l’automotisme locomoteur et de coordination. Les lésions qui l’intéressent sont donc cause des désordres locomoteurs que l’on observe dans presque tous les cas. Il est presque toujours intéressé puisque les pédoncules cérébelleux le relient : les postérieurs au bulbe et à la moëlle ; lés antérieurs aux pédoncules cérébraux, aux couches optiques et au cerveau : et les moyens à la protubérance annulaire, régions les plus exposées et presque toujours atteintes lors des migrations des larves d’Hypoderma bovis.
Les accidents causés par des lésions de la moëlle épinière sont très anormaux puisque les larves d'Hypoderme chez le bœuf traversent le canal rachidien sans causer aucun accident.
Mais, chez le cheval, hôte anormal, la larve semble avoir perdu conscience de ce qu’elle fait, ou plutôt le bel instinct, qui est pour elle le plus sûr des guides. Ici, elle traverse la dure-mère au lieu de la contourner par le tissu adipeux qui l'entoure.
La symptômatologie permet de poser immédiatement un diagnostic précis en ce qui concerne la moëlle.
Le bulbe rachidien, où moëlle allongée, par fragmentation de sa substance grise, constitue l’origine des dix dernières paires de nerfs crâniens.
Il renferme également un grand nombre de centres réflexes ou automatiques, en particulier celui de la respiration, au voisinage du noyau d’origine du pneumogastrique (x° p.) formant le nœud vital.
Il présente naturellement le système des voies senhsitives et
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des voies motrices : c’est à son niveau que se fait la décussation des pyramides. À sa face inférieure, il présente de chaque côté du plan médian, deux reliefs longitudinaux : les pyramides antérieures du bulbe dont la base dirigée en avant s'engage sous le relief protubérantiel (elles contiennent les fibres des faisceaux pyramidaux, direct et croisé (motrices) de la moëlle). Ces fibres traversent la protubérance d’arrière en avant pour former ensuite l’étage inférieur des pédoncules cérébraux, et gagner l'hémisphère correspondant, Cette face présente l'origine des 1x°, x° et x1° paires, c’est-à-dire celles qui passent par le trou déchiré postérieur, elle se trouve directement en regard de ce trou déchiré : c’est ce qui explique les lésions si fréquentes du bulbe par la larve.” | Sa face supérieure présente une large dépression triangulaire à base antérieure : le calamus scriptorius qui fait partie du 1v° ventricule ; il est limité de chaque cûté par deux faisceaux : interne et externe. L’externe, qui porte le nom de pyramide postérieure, semble continuer le faiscau de Goll. L’interne semble continuer le faisceau de Burdach, porte le nom de corps restiforme, formant à son origine le tubercule cunéiforme ; se réunissant à la pyramide postérieure, il forme en avant le pédoncule cérébelleux postérieur. Nous avons ainsi une idée très rudimentaire de la disposition du bulbe. Expérimentalement, une hémi-section au-dessus du collet du bulbe entraîne une hémianesthésie et une hémiplégie croisée. Si elle est faite au niveau du collet du bulbe, dans l’étroite zone où s'opère la décussation, les effets paralytiques sont bilatéraux. Une section longitudinale pratiquée au-dessus de la décussation ne produit aucun effet. Au niveau de la décussation, elle provoque une anesthésie partielle et une paralysie motrice à peu près totale des membres et du tronc. . Dans son cheminement, la larve ne produit pas de lésions franches, bien délimitées comme celles qui sont faites expérimentalement par le physiologiste. Elle irrite un faisceau, en sectionne un autre, fait un trajet plus ou moins considérable.
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C'est ce qui explique la complexité des symptômes que l’on observe.
Par exemple, dans le cas rapporté par Sigpaménorzky, le cheval se met à vaciller et ne peut se relever. L'on pourrait diagnostiquer : lésion grave à la hauteur de la décussation (paralysie à peu près totale) ; il n’en est rien, la lésion se trouve è 2 cm., en arrière du pédoncule cérébelleux, mais elle va jusqu'à l’origine de la moëlle allongée. C’est l’étendue de la lésion qui explique les autres symptômes : signes d’excitation, contracture des muscles de l’encolure. Cependant, la persistance de la conscience permet d'éliminer une lésion des hémisphères.
On ne peut donc faire de localisation précise, mais le diagnostic d'organe peut quand mème être posé et celui du Professeur Siropor, lésion de la moëlle allongée, est des plus judicieux.
L'observation du Professeur Sironor nous offre encore un cas délicat. En effet, les membres antérieurs droit et posté. rieur gauche sont immobiles, en contracture tétanique, l’encolure fléchie à gauche. La larve fut trouvée en arrière du calamus scriptorius, à gauche, c’est-à-dire à peu près à la hauteur de la décussation. Tout porte à croire qu'elle exerce ses ravages avant et après la décussation irritant et lésant quelques fibres seulement des différents faisceaux conducteurs.
Dans lobservation de Dieckernorr, le diagnostic facile à poser : paralysie musculaire généralisée — lésion de la décus-. sation, n'est pourtant pas complet puisque la larve est allée Jusqu'au Pont de Varole, où protubérance annuiaire. Les premiers symptômes ont masqué ceux qui auraient pu suivre, ou plus exactement les ont prévenus, la lésion ayant le maximum de gravité possible.
Le Docteur Ducasse avait cru à une lésion irritative du pédoncule droit à cause du mouvement en manège et du recul. persistant de l'animal. Cependant l'animal tournait à gauche,
avait la tête déviée à gauche, donc c’étaient Jes muscles du côté droit qui fonctionnaient pour les membres.
L'irritation devenant lésion à donné la paralysie : cependant, il s'est abattu sur le côté gauche.
La larve fut trouvée dans la pyramide antérieure gauche ; or, celle-ci est formée des faisceaux pyramidal direct et pyramidal croisé. Cette constitution peut sans doute permettre d’expliquer l’alternance.
Voilà qui représente encore un diagnostic délicat.
Par contre, une lésion qui doit être facile à diagnostiquer est celle du cheval mort d'apoplexie de M. Lourper. M. Mé- GNIN, qui rapporte l'observation, ne précise pas la localisation sur le bulbe, mais tout porte à croire qu'il y à eu lésion du nœud vital, c’est-à-dire à proximité du noyau d’origine pneuümogastrique.
La prolubérance annulaire, où Pont de Varole, se montre sur la face inférieure de l’encéphale, en avant du bulbe rachidien, sous la forme d’un relief transversal très accusé, logé dans une dépression de l’apophyse basilaire de l’occipital. Elle se continue en épaisseur jusqu'au plancher du iv° ventricule, dont. il forme la partie antérieure. Ses deux extrémités pénètrent dans le cervelet en constituant les pédoncules cérébelleux moyens.
Une excitation portant sur la face antérieure, c’est-à-dire inférieure, sur le pédoncule cérébelleux moyen, fait exécuter à l'animal des mouvements en tonneati sur son axe longitudinal. F
Les noyaux moteurs correspondent aux centres dé mouvements” réflexes suivants : de la mimique et de lexpression (vrr° paire), de la mastication (v° paire), et le centre des mouvements conjugués des yeux (vi paire). Les hémisections entraïnent une hémianesthésie et une hémiplégie croisées. Si la lésion atteint en même temps les noyaux moteurs ou les fibres
motrices qui en émanent, l'hémiplégie est croisée pour le
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tronc et directe pour la face : ce sont les paralysies alternées ou syndrômes de GÜBLER. j
Nous n'avons pas d'observation se rapportant à la protubérance, si ce n'est celle, déjà vue, de Dieckernorr, qui intéresse en même temps le bulbe.
Les pédoncules cérébraux sont deux gros faisceaux longitudinaux qui renferment des agents conducteurs essentiels. tels que les faisceaux pyramidaux et géniculé de la voie motrice, el le ruban de Reil de la voie sensitive. IIS forment un bloc trapézoïde, aplati de dessus en dessous, donc la face inférieure est pour nous très intéressante. Limitée en arrière par la protubérance, en avant par la chiasma optique, elle présente l’origine de la 11° paire et la bandelette pédonculaire transverse. Elle présente aussi le tubercule cendré, sur lequel s'attache la glande pituitaire el le tubercule mamillaire.
La face supérieure se trouve recouverte par les tubercules quadrijumeaux et tout à fait en avant par les couches optiques auxquelles elle est intimement unie.
Hs comprennent une étage inférieur, au pied du pédoncule, comprenant les voies motrices. Un étage moyen, sensitif, séparé du précédent par le locus niger, qui embrasse le pédoncule cérébelleux antérieur et le faisceau fondamental. L’étage supérieur est formé par les tubercules quadrijumeaux.
Une irritation du faisceau moteur produit des mouvements en manège par fonctionnement des muscles du côté opposé. Pour le faisceau sensitif, on a une sensibilité très vive.
Une hémiseétion produit un hémiplégie et une hémianesthésie croisées. On peut avoir des paralysies alternées ou syndrômes de Gübler ; elles intéressent les régions innervées par l’oculo-moteur commun.
Exemple nous en est donné dans la première observation de M. Murrer. La larve fut trouvée dans le pédoncule gauche, au-dessus du locus niger : la lésion intéresse tout au moins, en son point d'aboutissement, les voies sensitives, elle est
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marquée par l’état d’inconcience du sujet, les sensations extérieures n'arrivent plus au cerveau.
Une lésion du pédoncule cérébelleux explique fort bien les désordres locomoteurs qui sont observés. La fermeture légère de l’œil gauche est sans doute due à une lésion des fibres du nerf trijumeau (v° paire), qui a là son origine, qui donne la branche ophtalmique ou de Willis, innervant les paupières.
Les tubercules quadrijumeaux sont placés au-dessus des pédoncules cérébraux. Au nombre de quatre, ils sont divisés en antérieurs et en postérieurs.
Les antérieurs sont séparés des couches optiques par une dépression semi-circulaire dont la partie médiane, creusée en fossette, reçoit la glande pinéale.
Ils comprennent le centre réflexe de l’accommodation visuelle (irienne et cristallinienne) et le centre réflexe de la déviation des-yeux et de la tête. Par leur destruction, on a la suppression de ces réflexes et la cécité.
Dans l’observation de M. Murrer se rapportant à une larve trouvée à la base des tubercules quadrijumeaux, c’est certainement une irritation, une excitation du second centre qui à produit cette déviation complète de la tête.
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