‹ L'Hypotension Artérielle permanente d'allure idiopathiqueChapitre 18 sur 57 · OBSERVATION XXII (PERSONNELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXII (PERSONNELLE

Elle est peut-être la plus typique de toutes celles concernant les formes syncopales qu’il nous ait été donné d'observer. En effet, chez ce sujet, facilement asthénique, acrocyanotique, comme nous le xétronS plus bas, un symptôme domine et l’a même amené à consulter divers neurologistes éminents : c'est la syncope. Celle-ci est tout à fait typique. Nous sommes loin ici des lipothymies passagères, transioes ; la syncope chez ce sujet est complète, durant 15 à 20 minutes. Elle à maintes fois impressionné son père médecin, qui ne savail quelle ori-

gine lui attribuer. Aussi allons-nous raconter en détails l’histoire de ce malade.

M. René B..., âgé de 24 ans, a présenté, au cours de son enfance, queiques pertes légères de connaissance, qui n'ont pas autrement inquiété le malade et ses parents. Mais vers l’âge de 17 ans, une syncope survient. Elle dure près de vingt minutes. Sa brusquerie, son intensité ont terriblement impressionné le malade et cet incident l'a tellement frappé qu’il évite d'en causer. Elle s’est produite dans les circonstances suivantes : assistant à une représentation d'« OŒEdipe roi », au moment le plus tragique, c’est-à-dire au moment où OEdipe revient sur la scène, les yeux crevés et ensanglantés, notre sujet éprouve brusquement une syncope. Celle-ci est complète. De par son intensité et par sa persistance, elle nécessite son évacuation hors la salle. Elle a duré près de vingt minutes.

Vers l’âge de 19 ans, alors que ce sujet était stagiaire à l'hôpital, il fut pris également d’une syncope en voyant faire une ponction lombaire. C'était là, selon lui, un incident survenu le premier jour de son stage hospitalier, aussi voulut-il persévérer. Ce fut en vain.

Devant la persistance de ces malaises lipothymiques, de leur répétition, il est obligé d'abandonner ses études de médecine, et de choisir une carrière, où l’émotivité lui fut épargnée.

Cependant, les incidents habituels de la vie courante le guettent : et pas un ne se produit, sans déclancher chez notre malade, une répercussion passagère, mais profonde.

Les syncopes se produisent assez fréquentes, deux, trois tous les deux mois, ou même tous les mois. Ces syncopes surviennent à l'occasion de faits banaux. Nous ne saurions toutes les rapporter. Deux ont retenu notre attention : la première s’est manifestée à l’occasion d’un accident, que le malade n'avail pas vu ; mais en entendant parler d’une personne qui se serait faite écraser dans le métropolitain, et voyant les pompiers descendre l'escalier souterrain, M. R. B... est pris d’une syncope de plus d’un quart d'heure. Pendant longtemps encore, et même à l'heure actuelle, il ne peut passer devant cette station de métro, sans avoir quelques tendances lipothymiques qui le forcent à s'appuyer contre un arbre ou une maison.

La seconde est survenue chez le dentiste : alors qu’en procédant à un simple nettoyage des dents (il ne s'agissait nullement d’avulsion dentaire), le malade en voyant les instruments est pris d’une syncope qui a duré plus de vingt minutes, effrayant les personnes qui l’entourent et nécessitant des soins très énergiques.

Telle est l’histoire de notre malade, en proie à de fréquentes syncopes de longue durée et à des lipothymies incessantes, Nous devons ajou-

ter, en outre, qu'il est facilement fatigable, éprouvant également un besoin de sommeil impérieux et prolongé. Chez lui, l'acrocyanose est manifeste. Il éprouve constamment une sensation de fraîcheur, de froid, au niveau de ses extrémités, en quelque saison que se soit. L'hiver, tout particulièrement, l'intensité des troubles vaso-moteurs de ses mains est telle que ses camarades l'avaient remarquée.

Sa tension artérielle, prise à plusieurs reprises depuis 4 à 5 ans, s’est montrée toujours basse, au-dessous de 12, sans que le malade puisse en préciser le chiffre exact. Nous l'avons trouvée à Mx 10 & Mn 5, sans rien remarquer d’anormal au niveau des autres organes.

OBSERVATION XXIV (D' Lran)

Mme I... est une hypotendue de longue date. Sa lipothymie s’accompagne de fatigabilité et surtout d’une impression de tristesse, d’angoisse parfois. Tous ces phénomènes existent depuis 4 à 5 ans. Cette malade, à l’occasion de piqüres d’émétine, a présenté trois pertes de connaissance, consécutives aux injections de ce médicament. On sait en effet que celui-ci est hypotenseur ; injecté, chez un sujet déjà hypotendu, il est normal, en quelque sorte, qu'il ait provoqué de tels accidents, dont l'apparition vient confirmer notre hypothèse en montrant les rapports de l’hypotension et des syncopes.

Tension artérielle : Mx 10 & Mn 6. I. O. = 2 5. Pouls 80, bruits sourds. Rien au autres organes.

OBSERVATION XXV (D' Lran)

Cette observation est intéressante parce qu'elle soulève l’hypothèse probable de l’origine acquise d’une hypotension artérielle permanente : À savoir une maladie infectieuse. En effet, Mme P:.., âgée de 30 ans, a présenté, après une grippe sévère, il y a 4 ans (alors que toute fièvre et tout symptôme pulmonaire avaient disparu), une série d'évanouissements dans son lit, allant jusqu’à 6 à 8 par jour.

Ceux-ci étaient de véritables syncopes, avec perte complète de connaissance. Plus tard, et actuellement, celles-ci se sont atténuées, remplacées par des lipothymies. La tension artérielle, déjà trouvée basse à ce moment, l’est encore aujourd’hui : 11/7. I. O. : 3. Malheureusement,

— 4o — la tension antérieure à l'affection grippale ést inconnue, ce qui ne permet que de supposer l’origine infectieuse d’une telle hypotension qui

dure depuis 4 ans.

OBSERVATION XXVI (D' Lran)

Mme D.…., âgée de 22 ans, vient consulter pour des syncopes. Outre une fatigabilité intense, des céphalées fréquentes, la malade se plaint de pertes de connaissance imprévues, qui surviennent brusquement. Ces phénomènes sont survenus après un accouchement qui s’est d’ailleurs bien passé. Les syncopes, en particulier, sont surtout fréquentes au moment des règles, qui sont irrégulières, mais d’abondance normale.

La tension artérielle est de 11/7 avec un pouls à 72. :

OBSERVATION XXVII (D' Lran)

l en est de même de Mme L... dont les syncopes semblent avoir pour point de départ une auto-intoxication gravidique. C'est immédiatement à la suite de son cinquième accouchement, que se produit une syncope d'une durée considérable. La malade incrimine une grande peur qu'elle aurait eue en ce moment. Mais depuis un\an, à la moindre contrariélé et même spontanément se produisent des syncopes, ou des tendances lipothymiques. Elle se plaint, en outre, de palpitations, de dyspnée d'effort. Au moment où elle entre à l'hôpital on lui trouve une tension de 9/5, de 10 &/5 À quelques jours après ; sous l'influence de l’oxygénothérapie, elle semble avoir éprouvé un certain degré de soulagement. Sa lension artérielle est remontée une quinzaine de jours après son entrée à lhôpital, momentanément à 12/6. L O. = 5.

OBSERVATION XXVIIT (D' Law)

M À..., âgé de 57 ans, se plaint de phénomènes intestinaux, constipation et débâcle’ diarrhéiques, qui-s’accompagnent alors d'état vertigineux, el de tendances lipothymiques. Ces phénomènes s’accompa-

ee x LE

gnent également d'une acrocyanose extrêmement marquée, prédominant au niveau des mains. Des engelures apparaissent fréquemment en hiver.

L'examen des organes n'a rien montré de spécial : la tension artérielle est de Mx 10, Mn 7 avec un indice oscillométrique de 5 et un pouls à 52.

OBSERVATION XXIX (D' Lran)

M, D.. se plaint d’une sensation fréquente de malaise général accom-

pagné d'une angoisse légère sans qu'il y ait pourtant perte complète de conriaissance. Ces malaises durent quelques secondes et disparaissent, contrairement à l’habitude, lorsque le sujet se lève. Ils surviennent, en effet, lorsque le malade est en décubitus. Les semaines précédentes, il s'était fatigué, surmené au bord de la mer où il avait pris de nombreux bains.

Le cœur est normal. Le pouls est lent à 50. La T. A. est à 11/7. L'I. O.'= 9.

OBSERVATION XXX (D' Lran)

M. F..., âgé de 26 ans, n'a eu dans son enfance qu’une maladie : la scarlatine qui lui a laissé une albuminurie légère. C'est à l’âge de 20 ans que sont apparus les incidents qui l'ont amené à consulter. Ce sont * des syncopes. D’abord très nettes, au nombre de 1 à 2 par an, elles ont fait place ensuite à des lipothymies légères disparaissant dans le décubitus. Le malade est alors frappé de lenteur de son pouls (50).

Peu à peu, les malaises disparaîssent mais sont remplacés par une fatigabilité de plus en plus marquée.

À l'examen, le cœur est normal. Le pouls est aux environs de Lo-5o.

Page 1