IA RS ET LA
OBSERVATION XXXI (D' Lran)
Mlle F. de F... vient consulter pour des palpitations et des signes d’aéro-gastro-colie se manifestant par une sensation d’étouffement,
d'angoisse survenant après les repas. Ces malaises allant parfois jusqu’à la syncope sont soulagés subitement par l'émission de nombreux renvois. Cette malade se plaint en outre de constipation opiniâtre que seuls les laxatifs et les lavements peuvent enraÿer.
A l'examen : cœur normal. Pouls à 80. T. A. : 10/7.
OBSERVATION XXAII (D' Lra)
Mile G..., âgée de 35 ans, a présenté, sans raison apparente, 2 syncopes. Elle est extrêmement constipée et présente des signes nets d’aéro-gastro-colie, Elle est en outre atteinte de ptose rénale et viscérale.
La T: A: = 11-7: L'I. O0. .est de.5. Le cœur est normal.
Bon effet du traitement par la belladone qui améliore son état général en même temps que la tension remonte à 12 3/7. 4
OBSERVATION XXXIII (D' Lraw)
M. D... âgé de 28 ans, a fait toute la guerre et n’a jamais été malade . jusqu'en 1922. À partir de cette époque, il présente des syncopes fréquentes, survenant sans cause manifeste. L’ue d’entre elles a été particulièremént sévère et a nécessité l’immobilisation au lit pendant plusieurs jours. Lorsque le malade essayait de se lever, il était pris de vertiges et se sentait complètement épuisé. Depuis lors, il se sent fatigué, las, déprimé, En même temps sont apparus des signes d’aérogastro-colie, de nombreux gaz gastriques et intestinaux survenant après les repas.
Le pouls est à 70. La T. À. est 1/0 70e" 0,
A la radio : l'estomac, l'intestin sont ptosés et spasmés ; l'évacuation gastrique est lente. Le cœur est petit et allongé.
8° - L’Acrocyanose
Le nom d'acrocyanose a été proposé par Croéq, en 1896, pour désigner une cyanose des extrémités, indépendante de toute affection cardiaque-ou vasculaire comme de toute lésion pulmonaire chronique, ne retentissant pas sur la santé générale et constituant ainsi à peine une maladie (Et. May) (1). Cette acrocyanose est à rapprocher cliniquement d'un type morbide individualisé par Martinet sous le nom d'hyposphyxie fonctionnelle protopathique, mais elle s’en éloigne pathogéniquement si lon accepte la conception émise par cet auteur. Nous avons été frappés de l'extrême fréquence de ce syndrome chez nos hypotendus permanents. Cette acrocyanose se rencontre d’ailleurs au cours d'états extrêmement variés. Mais nous n'avons pu nous empêcher, vu sa constance presque absolue au cours de l'hypotension artérielle permanente, de soulever l'hypothèse d’un rapport entre les deux syndromes. Sans vouloir d’ailleurs empiéter ici dans le domaine de la pathogénie, nous dirons tout de suite qu'une perturbation endocrino-sympathique semble être à la base de l’acrocyanose et de lhypotension artérielle permanente d’allure idiopathique. Nous ajouterons aussi que l’acrocyanose est sous la dépendance d’un trouble de la circulation locale que l’on peut mettre en évidence par la capillaroscopie. Celle-ci a montré à Guillaume et à Boas une dilatation de l’anse veineuse marchant de pair avec une réduction plus ou moins importante de l’ap-
“port sanguin artériel: ceci nous fait ressortir le fac-
teur prédisposant que détermine une tension artérielle basse, dans la production de l’acrocyanose.
(r) Er. May : Pathol: des gl. endocrines, dons le nouveau traité de Pathol.
int., p. 783, Doin, 1957 Paris.
sde
Nous distinguerons deux formes d'acrocyanose : — L'une intense.
— L'autre légère.
A) La forme intense :
C'est la plus typique mais loin d’ailleurs d’être la plus fréquente. ;
Il s'agit alors, le plus souvent, de jeunes filles entre quinze et trente ans. Elles sont atteintes d’une congestion chronique des extrémités qui apparaissent d’un rouge violacé et sont habituellement froides, souvent mortes et engourdies. Les lèvres, les extrémités des doigts, les orteils sont cyanosés. La température locale abaissée au niveau de ces placards cyanotiques, diminue encore sous l’action du froid. L'hiver, chez de tels sujets, entraîne fréquemment la production d’engelures. Très souvent du livedo est associé à l’acrocyanose, dessinant sur la face externe des cuisses, des bras, un réseau à travées plus ou moins larges, de couleur rouge violacée. La position horizontale entraîne souvent une amélioration de ces troubles cutanés et vaso-moteurs,
Cette forme intense est souvent familiale, constitutionnelle, parfois même héréditaire. Il n’est pas rare de la rencontrer chez plusieurs membres d’une même famille, ou quelquefois au cours de plusieurs générations.
B) Formes légères :
C'est certainement la plus commune des deux. Les sujets ne présentent alors que des extrémités fraîches, froides, un
peu rosées, Mais très souvent, chez de:tels sujets, à l’occa-.
sion d’un changement de température — en hiver surtout — les mains sont plus rouges, parfois violacées. Enfin, des engelures peuvent apparaître mais elles n’ont, ni l’'intensité, ni la fréquence de la forme précédente. La position déclive des membres exagère tous ces troubles.
DE
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Entre ces deux formes, tous les intermédiaires peuvent .Se rencontrer.
Enfin, de l’acrocyanose, nous pouvons rapprocher d'autres états qui, moins fréquemment rencontrés, peuvent cependant être constatés chez les hypotendus. Ce sont des placards cyanotiques, qui sont localisés au-dessus de la malléole externe le plus souvent. De la dimension de la paume de la main, ce placard est érythémateux, violacé, et parfois infiltré d’une manière diffuse. Ils présentent une diminution nette de la température locale. Gette forme a été. décrite sous des noms variés : Erythro-cyanose-symétriquesus-malléolaire par Pautrier, infiltration érythémato-cyanotique des neuro-endocriniens par Juster, cyanose sus-malléolaire de Delater et Hugel, et bien auparavant par Thibierge et Stiassnie qui l'avaient dénommée : œdème strumeut.
Accessoirement, on a pu décrire de la kératose pilaire violacée et un état sclérodermique ou ichtyosiforme de Ir peau. À
Outre ces phénomènes acrocyanotiques, rarement intenses, le plus souvent légers, associés ou non à des placards cyanotiques sus- lé ins ces malades se plaignent” fréquemment d'un autre trouble qui consiste en une, frilosité exagérée. Gelle-ci nous semble devoir être signalée dans ce chapitre, vu la coexistence presque constante de la 'sensibilité au froid, que possèdent les sujets atteints de tels troubles vaso-moteurs. .
Cette frilosité est extrêmement variable, tantôt légère, comme chez ce 1médecin qui, hypotendu de longue date, nous racontait qu’il recherchait instinctivement, au collège, les endroits chauffés par le soleil pour s'y cantonner pendant les récréations, tantôt intense : tel est le cas de Mme C... qui, atteinte d’une acrocyanose assez marquée, se plaint me frilosité véritablement pathologique ; en effet, cette frilosité est telle, à certains moments, que la malade est obligée alors de se plonger dans un bain chaud, seule manière de se réchauffer momentanément.
Tels sont les troubles circulatoires que l’on peut observer chez les hypotendus permanents. Ils sont le fait, de même que l’abaissement de la tension artérielle, d’un déséquilibre endocrino-végétatif, dont nous étudierons ultérieurement la pathogénie.
Comme nous le disions, au début de ce paragraphe, l'acrocyanose, dans sa forme légère, est extrêmement fréquente au cours de l’hypotension artérielle permanente. Cependant, ce serait un tort de croire qu’elle se rencontre seulement chez les hypotendus : en effet, l’acrocyanose n’est qu'un syndrome, c’est dire les causes variables qui peuvent en déterminer l’apparition. D'autre part, ses limites sont vagues et l’on sait qu'entre elles, et la maladie de Raynaud, tous les intermédiaires peuvent exister.
Mais ce que nous affirmons, c’est que l’acrocyanose surtout dans sa forme légère, vu sa fréquence, sa constance pourrait-on dire, chez les hypotendus permanents, ne doit pas être considérée, chez ceux-ci, comme une coïncidence banale et fortuite. Elle est, au contraire, un symptôme important d'hypotension artérielle permanente et représente, de ce fait, un des éléments de la tétrade caractéristique de ce grand syndrome cardio-vasculaire.
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Observations