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térielle permanente, justifiant ainsi son individualité clinique. | *
Nous passerons rapidement — en les citant — sur les formes cardiaques où la dyspnée domine, les formes digestives dans lesquelles les troubles digestifs demeurent au premier plan et amènent le malade à consulter. |
Il en est de même des formes où les troubles psychiques dominant vont créer une véritable forme psychasthénique. L'abaissement de la tension artérielle semble jouer ici un rôle primordial : car sa constatation permet ainsi de pouvoir apporter un appui manifeste, indiscutable, dans le diagnostic souvent délicat de ces manifestations psychiques vraies et de la simulation. |
C) Forme latente
A côté des formes cliniques que nous venons de décrire, et dans lesquelles les symptômes sont au grand complet ou revêtent une intensité particulière, en totalité ou isolément, il existe une forme qui ne se manifeste que par l’abaissement permanent de la tension artérielle. C’est elle que nous désignerons sous le nom de forme latente. Elle est loin d’être rare. Elle peut se rencontrer, même chez des sujets bien portants, vigoureux, parfois même sportifs. Sa constatation ne nous surprend nullement. Par contre, certains auteurs américains (M. John Garvin, entre autres) hypnotisés en quelque sorte, par cette hypotension artérielle permanente, sans manifestations morbides, lui refusent toute signification pathologique et ne voient en elle, qu’un état purement physiologique. Nous ne saurions souscrire à semblable opinion que les exemples: cliniques viennent chaque jour contredire de la façon la plus formelle. D'ailleurs le tableau de l'hypertension artérielle est là pour nous en donner un exemple des plus nets et des plus frappants. On sait avec quelle fréquence, on est amené à constater, chez des sujets examinés pour des phénomènes épisodiques banaux, ou pour une visite médicale administrative, par exemple, une
hypertension artérielle complètement ignorée de par sa latence absolue. Malgré celle-ci, et l'absence de ses manifestations morbides, il ne viéndra à l'heure actuelle, à l'esprit d'aucun médecin l'idée de nier que l'hypertension n'est pas un syndrome pathologique. C’est qu'aujourd'hui, nous savons tous que cette latence de l'hypertension ne dure pas toujours et que tôt ou tard, elle entraînera des accidents plus ou moins redoutables.
Il en est de même de l'hypotension artérielle permanente. Elle est capable, comme nous le verrons plus. bas, d'abandonner, dans certains cas, cette latence pour se manifester momentanément par des troubles impressionnants, ou même pour évoluer lentement vers l’insuffisance cardiaque.
Personne aujourd'hui n'oserait taxer d'état physiologique, une modification quelconque de l’organisme, objectivée par le seul examen clinique, sous prétexte qu'elle n'entraîne alors aucuñe perturbation. En effet, on sait que dans un même état pathologique, on peut rencontrer toute une gamme de formes cliniques depuis les formes les plus typiques jusqu'aux formes les plus frustes. L'observation attentive de nos sujets atteints d'hypotension artérielle permanente est venue confirmer cette manière de voir. Pour nous, l’hypotension artérielle permanente est un syndrome pathologique, constitué par une longue chaîne dont les deux mailles extrêmes représentent ses deux aspects les plus nettement opposés : l'une la forme complète, l’autre la forme latente, et dont les mailles intermédiaires sont
autant de formes cliniques de transition auxquelles elles donnent lieu.
2° D'APRÈS L'ÉVOLUTION Chez des sujets hypotendus permanents, ou aux confins
, Q x Q . r de l’hypotension (c'est-à-dire chez ceux qui présentent normalement une tension artérielle dont la maxima est aux
environs de 12, 12,5) peuvent se produire de véritables poussées d'hypotension. Ces faits sont importants à connattre, car ils soulignent bien l'étroitesse des rapports qui existent entre les divers troubles morbides déjà étudiés, et l’abaissement de la tension artérielle. En outre, ces formes, comme nous le verrons tout à l'heure, sont la preuve patente du bien fondé des hypothèses cliniques qui ont suggéré à notre maître, le docteur Lian, et à nous-même, l’idée d’individualiser le syndrome de l’hypotension artérielle permanente.
Ces poussées aiguës ou paroxystiques ne surviennent pas spontanément. Dans l’immense majorité des cas, elles sont déclanchées par une émotion assez forte, par du surmenage, une fatigue exagérée, et bien souvent aussi par une maladie intercurrente : la grippe ou une maladie infectieuse quelconque.
Ces formes par poussées se résument en deux groupes Les premières étant le fait des hypotendus permanents, les secondes, le fait des sujets aux confins de l’hypotension artérielle permanente : |
a) Par poussées aiguës :
Une hypotendue permanente, à l’occasion d'une des causes énumérées ci-dessus, présente progressivement une exacerbation de tous les troubles dont elle se plaignait déjà. La fatigabilité devient extrême : c'est une asthénie intense, une lassitude complète, la malade se traîne péniblement de son fauteuil à son lit, elle est triste, découragée, n'ayant de goût à rien, en proie à des besoins de sommeil impérieux: Elle se plaint de refroidissement marqué des extrémités. Sur ce fond d'anéantissement complet, apparaissent comme à l’acmé de cette poussée aiguë, des sensations de vertiges, des éblouissements, des syncopes au moindre effort : celles-ci se produisent 4, 5 ou 6 fois par jour st ajoutent une note impressionnante à ce tableau clinique. La tension artérielle est à &. Telle est l'histoire bien caractéris-
tique d’une hypotendue, observée par le docteur Lian ; ce n'est qu'au bout de quelques jours, plus rarement d'une semaine ou deux, que ces phénomènes disparaissent. Spontanément, ils rétrocèderont peu à peu, pour revenir à l’état préalable dans lequel on constatait une tension maxima de LOT 2 à JT
b) Par poussées parorystiques :
ll s’agit de sujets aux confins de l'hypotension artérielle. Leur maxima est à 12 ou 12,9. Brusquement, en quelques moments, se produisent des manifestations paroxystiques, accompagnées d’un effondrement brutal de la tension artérielle.
En voici, entre autres, un exemple typique : il s'agit d’une jeune femme de 24 ans, dont la maxima est aux environs de 12 en temps normal. Etudiante en médecine, elle rentre, un jour, des travaux pratiques, complètement brisée. Elle est extrêmement lasse, harassée de fatigue. Elle est obligée de s’allonger immédiatement, en proie à de la céphalée très vive, et à quelques vertiges, tandis qu'elle est en proie à une frilosité généralisée. Son mari, médecin, lui prend sa tension artérielle, les bruits sont faibles, assourdis, la maxima est à $, la minima difficilement perceptible.
La malade en proie à un besoin impérieux de sommeil s'assoupit au bout de quelques minutes et demeure ainsi pendant une heure ou deux. À son réveil, elle se sent encore déprimée, ce n’est que le lendemain que tous ces troubles s’amendent, tandis que parallèlement à leur disparition la tension artérielle remonte à son point de départ.
Cette forme est à rapprocher de certains états de collapsus que l'on peut rencontrer au cours des maladies infec-. lieuses, la fièvre typhoïde tout particulièrement. Certes, de telles infections sont capables de créer d'emblée et de toutes pièces de pareils accidents. Maïs vu les symptômes impressionnants observés chez nos hypotendus permanents, on est en droit de se demander si ces phénomènes de collapsus, de
mort subile ne surviendraient pas de préférence chez les sujets atteints d'hypotension permanente. L'action hypotensive des maladies infectieuses, de la dothiénentérie entre autres, est un fait trop classique et trop banal pour que nous y insistions. Mais si cette action déjà si nette vient se déclancher chez un sujet hypotendu en permanence, il est tout naturel de penser que celui-ci est plus apte à être - l'objet d'une crise hypotensive brutale. De là, notre hypothèse à considérer l'hypotension artérielle permanente comme un terrain propice, électif, aux manifestations du collapsus, au cours d’affections déjà hypotensives par elles! mêmes. Venant encore renforcer notre hypothèse, c’est l’absence fréquente des lésions cardiaques à l’autopsie, fait important, parce qu'il permet d’écarter dans ces cas la myocardite, et force à incriminer alors un déséquilibre cardiovasculaire, à l'origine de ces troubles. Or, celui-ci se trouve être naturellement à son maximum si le sujet est déjà un hypotendu permanent ; il nous semble donc justifié de considérer l'hypotension artérielle permanente, comme un facteur prédisposant au collapsus cardiaque.
Telles sont les diverses formes cliniques sous lesquelles peut se manifester l’hypotension artérielle permanente. Nous ne saurions trop insister sur tout l'intérêt que présentent, celles que nous avons décrites sous le nom de formes par poussées. Par leur répétition, par la netteté, l'intensité, l'exagération des troubles qui les accompagnaient, elles nous ont conduits à considérer ceux-ci comme les manifestations éclatantes et caractéristiques du syndrome d'hypotension artérielle permanente. Elles nous ont permis de saisir sur le vif les accidents de ce grand syndrome, en nous faisant constater les chutes brusques de la tension artérielle, au cours de la recrudescence ou du déclanchement de ces troubles morbides. L'observation attentive et longtemps
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poursuivie de ces formes, nous a fait écarter toute possibilité de coexistence fortuite. Elle nous a permis, au contraire, d'affirmer à coup sûr le parallélisme étroit, entre la fluctuation de ces troubles et les modifications de la tension artérielle. Elle nous a conduits, non plus à soulever de sim-. ples hypothèses, mais bien à isoler, à édifier, à faire émerger de l'obscurité ce syndrome d’hypotension artérielle permanente. ; |
Nous pouvons ainsi affirmer que cet abaissement de la tension artérielle justifie l'appellation de ce grand syndrome cardio-vasculaire, que nous avons entrepris de décrire, car C’est cette hypotension artérielle qui constitue le pivot autour duquel gravitent, à des degrés variables, la fatigabilité les lipothymies et les syncopes, l’acrocyanose, {roubles morbides qui nous apparaissent ainsi comme de véritables symptômes satellites de l'hypotension artérielle permanente.
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