B) AFFECTIONS DU TUBE DIGESTIF
À côté des maladies chroniques, il faut faire une place aux affections du tube digestif, Celles-ci peuvent être latentes et en imposeraient pour une hypotension d’allure idiopathique, si elles n'étaient révélées par la radiologie. Tel est en particulier le cas des ptoses viscérales. À vrai dire, ici, et il en est de même de l’aérc-gastro-colie et de la constipation, toutes ces manifestations doivent être envisagées, non pas comme des causes de l’hypotension artérielle permanente, mais bien comme les manifestations d’une perturbation neuro-musculaire identique, qui entraînerait à la fois l’abaissement de la tension artérielle et les troubles digestifs énoncés ci-dessus. Nous verrons à la pathogénie l’étude des liens qui unissent entre eux ces diverses affections.
C) AFFECTIONS ENDOCRINIENNES
Avant de déclarer qu'une hypotension artérielle permanente puisse être dite idiopathique, il faut examiner avec soin le fonctionnement des glandes endocrines. C’est 1à un problème des plus délicats et, d’ailleurs, si une perturbation (à moins qu’elle ne soit des plus manifestes) vient à être constatée, il faut se demander encore, si elle peut enfraîner un abaïssement de la tension artérielle.
C’est qu’en effet, hormis quelques grands syndromes en-
docriniens, dont la pathologie est bien connue, il existe
toute une série de cas légers, ou mixtes, qu'il faut interpréter et discuter, d’où la difficulté de poser un diagnostic étiologique certain.
Pour cette raison, le fait de passer en revue les glandes endocrines qui peuvent jouer un rôle dans l’abaissement permanent de la tension artérielle soulève, un double problème : celui de l’étiologie et de la pathogénie. Or lon connaît la complexité des résultats fournis par l'examen des glandes endocrines et du système neuro-végétatif. Il-en résulte que bien souvent la cause de l’hypotension artérielle permanente demeure difficile à établir.
Toutes ces glandes sont loin de jouer un rôle identique dans la production du syndrome qui nous intéresse. Elles revêtent une importance étiologique, extrêmement variable. Parmi elles, ïl en est une qui doit avant toutes les autres, retenir notre attention : tant son importance nous semble considérable dans la régularisation de la tension artérielle ; ce sont les capsules surrénales.
Avant de nous étendre sur son étude, nous passerons rapidement en revue les autres facteurs endocriniens :
Martini et Pierach incriminent surtout l’hypophyse, ayant remarqué que le volume de Ja selle turcique était souvent anormalement réduit sur les clichés radiographiques.
Hoxie pense, au contraire, que les glandes génitales et la thyroïde jouent le rôle principal dans la production d’un tel syndrome.
Pour nous autres, en restant sur le terrain clinique pour linstant, nous avons maintes fois noté l'insuffisance 0varienne ; en effet, fréquemment chez les femmes où l’acro- Cyanose est marquée, nous avons été frappés par ce fait que, chez de tels sujets, l'apparition de la puberté — toujours très tardive — amène cependant une amélioration de ces troubles. C’est ce qui nous a fait songer au rôle possible des ovaires dans la production d’un tel syndrome.
Dans d’autres cas, notre attention a été attirée par la présence de signes légers d'insuffisance thyroïdienne.
C'est en nous basant, d'une part sur l'hypotension ‘atiérielle au cours du myxœædème, d'autre part sur l'hypertension légère au cours de la maladie de Basedow que nous supposons que le corps thyroïde joue un rôle dans le mécanisme régulateur de la pression artérielle, et qu’une insuffisance légère de cette glande peut entrainer un ‘abaissement de la pression artérielle.
Mais ce sont là des hypothèses, basées sur des constatations cliniques qui peuvent être dés coïncidences.
Avec l'insuffisance surrénale, nous touchons au vif de la question. En effet, on connaît le rôle capital des capsules surrénales dans la maladie d’Addison. Il n’est plus à discuter et nous n'y insisterons pas. Mais à côté de cette affection typique, et dans laquelle la mélanodermie permet avec les autres symptômes d'affirmer le diagnostic de la maladie d'Addison, il existe toute une série de formes d'insuffisance surrénale, sur lesquelles a bien insisté M. Sergent et qui ne s’accompagnent pas de mélanodermie.
Ce sont les formes pures de l'insuffisance surrénale caractérisées par de l’asthénie, de l'hypotension artérielle permanente et par la ligne blanche, qui a été décrite par le Professeur Sergent et qui, jointe à ces symptômes, revêt alors une grande valeur séméiologique.
Entre ces formes pures de l'insuffisance surrénale et le
syndrome d’hypotension artérielle permanente d'allure
idiopathique, que nous avons décrit, il existe donc des ressemblances que l’on ne peut s'empêcher de signaler, et qui nous ont fait soulever l'hypothèse de l'origine surrénalienne de notre syndrome.
En effet, entre certaines formes de débilité surrénale de Sergent, d'hypoépinéphrie scléreuse de Sezary et notre syndrome, tous les intermédiaires peuvent exister.
Cependant, chez nos malades, nous n'avons pas rencontré la ligne blanche surrénale, Leur fatigabilité, certes, rappelle l’asthénie surrénalienne : mais elle ne revêt pas les caractères sur lesquels insiste M. Sezary : à l’aide du dyna-