‹ L'Hypotension Artérielle permanente d'allure idiopathiqueChapitre 52 sur 57 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le diagnostic

L'abaissement permanent de la tension artérielle; allant

constituer le pivot autour duquel gravitent tous les autres symptômes morbides, est, pour cette raison, le seul signe de certitude absolue, qui permette d'imposer le diagnostic de ce grand syndrome cardio-vasculaire.

… Pour éviter toute erreur de diagnostic, il suffit donc de mesurer systématiquement la tension artérielle chez tous les sujets atteints de ces manifestations morbides déjà rendues si caractéristiques par leur réunion (fatigabilité, lipothymies, acrocyanose), ou de’ces troubles accessoires : comme la céphalée, la dyspnée d'effort, la psychasthénie,

Nous ne saurions passer en revue ici, toutes les causes d'erreur que peuvent entraîner de tels symptômes — si on négligeait d'appliquer le sphygmomanomètre au bras du malade.

Tel est le cas de cette malade (obs. 43) qui se plaignait d’une céphalée vespérale et nocturne, si intense, qu’on pose le diagnostic de syphilis nerveuse ; tel est également le cas de ce jeun? homme (obs. 4) qui, à cause de sa fatigabilité,

est soupçonné de tuberculose et versé dans l’auxiliaire, £t dont les maux de tête le font suspecter de syphailis.

Un autre de nos malades (obs. 44) est soupçonné, à cause de sa céphalée, d'une affection du système nerveux puisqu'on lui a fait une ponction lombaire, qui d’ailleurs, a entraîné une violente recrudescence de ses malaises.

Un médecin même amène sa femme parce qu'à cause des syncopes et de l’acrocyanose qu'elle présente, il la croit atteinte de cardiopathie. :

Il serait fastidieux de prolonger ainsi les exemples si frappants de ces erreurs de diagnostic : icardiopathie, syphilis, tuberculose, affection du système nerveux, etc., que permettrait d'éviter, après un examen complet du malade, la mensuration sphygmomanométrique.

Dans d’autres cas, il n’en est plus de même, l'hypotension artérielle permanente est bien reconnue, mais sa présence n’est considérée que comme une coexistence fortuite, sans valeur aucune. C’est un symptôme banal que l'on né- . glige, On ne voit pas que les autres troubles qui amènent le malade à consulter, sont ses symptômes satellites. On méconnaîl alors le syndrome d'hypotension permanente d'allure idiopathique. C’est dans ces cas que le sujet hypotendu, atteint de fatigabilité, de tendances lipothymiques, de dyspnée légère, par exemple, est taxé de tuberculeux et que son hypotension est considérée — la cause ayant échappé — comme une hypotension révélatrice d'une forme latente de tuberculose.

Trop d'auteurs ont encore, à l'esprit, cette phrase de Polain « tout sujet d'âge moyen chez lequel sans maladie aiguë, ni raison apparente de cachexie ou d’épuisement nerveux, la pression radiale est inférieure à 14, doit être considéré comme suspect de tuberculose ».

Plus récemment, M. Marfan est revenu sur ce point il se demande si l’abaissement de la tension artérielle est bien un effet de l'infection bacillaire, s’il ne constitue pas

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