MIS
plutôt un élément de prédisposition, un phénomène en rapport avec un défaut de résistance à cette infection ».
. Pour cet auteur, cependant, si l'hypotension artérielle nie jointe à d’autres signes d’imprégnation tuberculeuse, est un bon signe en faveur de la tuberculose «en diminuant les hésitations », elle « ne saurait à elle seule permettre le diagnostic. »
.. C'est pour mettre en garde contre cette opinion encore
trop répandue, « que l’hypotension artérielle permanente constitue un élément de prédisposition à un phénomène en rapport avec un défaut de résistance à cette infection » que nous insistons sur le diagnostic de notre syndrome et cer de la tuberculose.
Certes, nous ne nions pas, que dans PER formes de tuberculose latente, s’accompagnant d’hypotension permanente, le diagnostic puisse être délicat. Maïs un examen complet radiologique et clinique, des examens de crachats répétés, permettront à coup sür le diagnostic.
Ce que nous voulons faire ressortir, c'est que, un hypotendu permanent est trop souvent considéré comme un tu: berculeux, simplement sur la constatation d’une tension artérielle basse, parce qu’on méconnaît le syndrome que nous étudions,
Il ne saurait aujourd’hui en être de même, puisque nous avons montré par de nombreuses observations, que l'hyÿpotension artérielle permanente d’allure idiopathique méritait d’être élevée à la dignité d’un grand syndrome pathologique tout comme l'hypertension.
Cependant le syndrome que nous étudions se rapproche fort du syndrome d'insuffisance surrénale, dans ses formes légères et pures, décrit par le professeur Sergent.
On conçoit aisément qu'il est difficile de faire une discrimination entre ces deux syndromes, tant ils ont de point commun. Cependant, chez nos hypotendus nous n'avons trouvé, ni ligne blanche, ni épuisement musculaire rapide
LE pre
au dynamomètre. D'autre part, l'extrait surrénal n’entraine guère d'amélioration.
L'absenc: de ces symptômes, l'allure clinique rendue différente par les syncopes, l’acrocyanose permettront néan-
moins d’en faire cliniquement le diagnostic.
ais il est possible que pathogéniquement, ces deux syndromes soient proches l'un de l’autre. Ce sont des problèmes trop complexes pour que nous puissions les trancher, et force nous est de rester sur le terrain clinique.
Ainsi donc, le diagnostic peut être erroné, pour une double raison, d’abord parce qu'on néglige de prendre la tension artérielle, ensuite parce qu’on ne rapporte pas à l’abaissement de la tension artérielle les troubles morbides qui amènent le malade à consulter.
Il existe enfin d’autres causes d'erreur, que nous allons : envisager maintenant.
Celles-ci dépendent de causes locales, rares d’ailleurs, mais qui peuvent en imposer pour une hypotension artérielle qui n'existe pas. Mieux que toute description, nous emprunterons à notre maître Lian (1) le résumé de deux observations qui sont des plus intéressantes et des plus instructives à cet égard.
Il s’agit de deux malades, considérées comme atteintes d’hypotension artérielle permanente, parce que la tension artérielle aux deux membres supérieurs avait montré chez l’une 9,5-5 avec un I. O. de 2 à 3 et chez l’autre Mx 5.
Or, un jour, pour compléter l'observation, la pression artérielle fut mesurée aux deux chevilles. Elle montra alors chez la première dk ces malades 17,5-7, avec: [. O. 5 et chez la seconde Mx 15.
Ces constatations furent répétées dans plusieurs examens et furent toujours les mêmes. Dès lors, un examen minutieux fut fait des deux sous-clavières et des deux carotides. Il permit de découvrir un souffle
sySlolique intense sur le trajet de l'artère sous-clavière, dans le creux sus-claviculaire,
1) LAN, GILBERT, DREYFUS ET PuEcx. Bull. Soc: Méd. Hôp., 21 Juillet 1927.
: DATI es
Vu le siège de ce souffle, dans le creux sus-claviculaire, le diagnostic d’artérite incomplètement oblitérante de la sous-clavière fut porté. :
D'autres causes peuvent également déterminer une diminution de la pression ‘artérielle humorale du même côté, avec souffle systolique, telles que compression de la sus-clavière par une néoformation quelconque, par exemple. |
Mais l’inférêt de ces deux observations est que, aux deux membres supérieurs, la tension était abaïissée, ce qui conduisait tout naturellement à faire porter le diagnostic d’hypotension artérielle.
Il faut donc se méfier de cette cause d'erreur, et pour cela ausculter systématiquement les creux sus-claviculaires, car la recherche d’un souffle systolique dans cette région est un moyen facile pour éviter des erreurs dans le diagnostic de l’hypotension artérielle.
Dans certains cas, en effet, elle invitera le médecin à mesurer la pression artérielle dans les deux humérales et l’aidera à ne pas prendre pour un hypotendu un sujet qui a une pression artérielle générale normale élevée et une artérite d’une sous-clavière. Enfin, la constatation de ce souffle empêchera de tomber dans l'erreur suivante, qui paraît presque inévitable et qui consiste à croire atteint d’hypotension artérielle permanente un malade, ayant, comme dans ces 2 observations, une artérite incomplètement oblitérante du tronc artériel brachiocéphalique et de la sous-clavière gauche, Dans des cas de ce genre, la recherche et la découverte d’un souffle systolique du creux susclaviculaire met le médecin sur la voie du diagnostic. Elle le conduit à mesurer la pression artérielle aux deux chevilles où ïil trouve une pression normale ou élevée et découvre ainsi l'atteinte bilatérale des
artères sous-clavières.
Il est enfin une dernière cause d'erreur ; chez certains malades, ce sont les modifications de la pression artérrelle variant avec la position du corps. Normalement, on sait l'influence des changements de situation du corps sur la pression artérielle ; cependant, si l’on a soin de pratiquer toutes les mensurations à la hauteur du cœur, afin d'éliminer toute perturbation due à la pesanteur, cette influence nous apparaît bien minime (Gallavardin).
Néanmoins, M. Bradbury et M. Eggleston ont rapporté chez quelques hypotendus des modifications de pression qu’il est intéressant de signaler ici à cause des erreurs qu’elles peuvent entraîner : un de leurs malades, couché,
avait une pression de 16/10, debout elle était de 5/3 ; un autre, en position horizontale, présentait une tension de 14-10, en position verticale il avait une pression de 9/7.
Bien que ces cas soient rares, il faut, comme nous le disions au chapitre des généralités, prendre la tension couchée et debout pour éviter toute cause d'erreur.