INDICATIONS ET CHOIX DES PROCÉDÉS
Et maintenant il me reste à étudier, dans Thystérectomle abdominale, le point que je considère comme le plus important de toute la technique gynécologique, celui qui est en somme le but suprême de ce livre, je veux dire l'adaptation des procédés aux lésions que Ton doit combattre, et pouL* tout dire en un mot, cette Invlique opératoire dont j*ai longuement parlé pins haut.
Je Tai dit et j€ Je répète, dans une hystérectomie abdominale, tout Tart du chirurgien ne consiste pas à enlever t'utérus, il consiste a le bien enlever, j'entends par la à reulever le plus simplement possible et dans les conditions les meilleures d'aisance et de facilité, car, je ne me lasserai pas de le répéter, toutes choses égales d'ailleurs, !a bénignité d'ono opération comme celle-ci est proportionnelle
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à la simplicité des manœuvres qui permettent de la mener à bien.
J'ajoute que je ne crois pas devoir tenir pour négligeable Télégance avec laquelle une opération peut être conduite, et si tous les efforts du chirurgien doivent tendre à la sécurité et à la bénignité de l'opération, il faut se souvenir que cette sécurité et cette bénignité dépendent, jusqu'à un certain point, de Télégance avec laquelle elle est faite, puisque celle-ci est elle-même subordonnée à la facilité des manœuvres opératoires, et au choix judicieux des procédés les mieux adaptés aux lésions pour lesquelles on est appelé à intervenir.
Si Ton veut se rapprocher autant que possible des conditions idéales d'élégance et de rapidité qui contribuent à la perfection d'une hystérectomie, il faut interrompre le moins possible la continuité de l'acte opératoire. Le ventre ouvert, toutes les manœuvres doivent, avant tout, tendre à enlever l'utérus. 11 ne faut pas, dès le début, hacher son intervention par des manœuvres multipliées, et tendant à des buts différents, et s'interrompre par exemple au milieu de son exérèse pour poser quelques ligatures. Il y a là une rupture dans l'homogénéité des manœuvres qui fait perdre du temps et qui nuit à l'ensemble de l'opération. Cette façon de procéder
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présente, en outre, un inconvénient plus grave encore et qui, s*il est négligeable dans les fibromes, est loin de l'être dans les annexites. Il y a, dans ce dernier cas, un grand intérêt à se débarrasser le plus vite possible d'annexés suppurées, parfois encore infectées, et dont les longues manipulations sont autant de causes de souillures et d'infection. Il vaut, mieux, dès qu'on a commencé à extirper l'utérus et les annexes infectées, s'en débarrasser le plus vite possible, en deux ou trois minutes par exemple, que les conserver beaucoup plus longtemps, pendant qu'on fait des ligatures, pendant dix minutes ou un quart d'heure, alors que les mains et les instruments qui les meurtrissent peuvent les déchirer, et que ces déchirures risquent d'entraîner la contamination du bassin. En un mot il est évident qu'il vaut mieux que des annexes suppurées et suintantes soient enlevées de suite que manipulées dans le ventre.
C'est pourquoi je répète qu'il y a un grand avantage, et pour la rapidité de l'opération et pour sa sécurité, à ne pas interrompre par des ligatures et par d'^autres détails, qui peuvent être rejétés à la fin de l'opération, les manœuvres d'extirpation de l'utérus. L'opération commencée, tous les actes du chirurgien tendront à enlever le bloc utéro-annexiel. Ce n'est que lorsque l'utérus et les annexes seront
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enlevés qu'il exécutera méthodiquement, et sans autre interruption que celle qui pourrait être imposée par une circonstance fortuite, la deuxième phase de l'opération, les ligatures et la réparation du bassin.
Je vais maintenant décrire les règles qui doivent présider au choix des procédés les meilleurs, mais tout ce que j'ai dit j usqu'ici me permettra d'être très bref dans l'exposition de cette tactique opératoire, qui est la conclusion et la raison d'être de ce travail :
Je m'occuperai successivement de la conduite à tenir.
1^ Dans le cancer du col de l'utérus ;
2° Dans les fibromes et, d'une façon générale dans les maladies qui, en dehors des affections annexielles, entraînent le sacrifice de l'utérus [tumeurs et cancer du corps de Vutérus^ métrite invétérée^ métrorragies incoercibles) ;
3^ Dans les lésions bilatérales desamieûces^ im/lammationSj kystes et tumeurs, qui constituent en réalité les indications les plus fréquentes de l'hystérectomie.