CONCLUSION
Nous voici arrivé à la fin de noire Étude sur l'hystérie ; nous avons exposé la nature de celte triste affection, sa fréquence, ses causes et ses effets, et nous avons montré par de nombreux exemples qu'elle était souvent, pour les familles comme pour les communautés, une source de soucis, de peines et d'embarras. Sur la demande qui nous en a été faite, nous sommes entré dans d'assez longs détails sur la conduite à tenir avec les enfants du premier âge, puisque, d'après tous les médecins, c'est à cet âge qu'il est le plus facile d'enrayer la maladie, si l'on ne peut parvenir à en détruire complètement le germe. Nous avons beaucoup insisté sur l'éducation physique, dont on ne se préoccupe pas assez; sur l'éducation morale, aujourd'hui si négligée, et sur l'éducation intellectuelle si mal comprise depuis une cinquantaine d'années. Il est probable que la mollesse et la vanité de la plupart des mères trouveront nos règles de conduite trop sévères et impraticables. Cependant les excès et les dérèglements d'une jeunesse sans frein, sans foi et sans mœurs, les scandales dont elles sont témoins à chaque instant devraient bien leur ouvrir les yeux. Mais, comme, le dit le proverbe : il n'y a pas de pires aveugles que ceux qui ne veulent pas voir, ni de
pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. Nous ne nous dissimulons pas, comme nous l'avons déjà dit, combien notre travail est imparfait, et combien il aurait eu besoin d'être revu d'un bout à l'autre : notre âge, quatre-vingt-trois ans, et nos forces ne l'ont pas permis. Néanmoins, la rapidité avec laquelle la première édition s'est écoulée, quoique, exclusivement destinée aux communautés religieuses, elle ne fût pas dans le commerce, les nombreuses lettres que nous avons reçues, les demandes qu'on ne cesse de nous adresser, nous prouvent que notre Étude sur l'hystérie a été et peut encore être utile à une foule de personnes qui n'ont qu'une idée superficielle de cette fâcheuse affection. Gomme l'écrivait S. Ém. le cardinal Bourret : ce livre me semble venir à propos et combler une lacune. Nous publions donc cette troisième édition dans l'espoir que, telle qu'elle est, elle pourra rendre encore quelques services aux confesseurs, aux supérieures et aux maîtresses de classes, en attendant qu'un écrivain plus jeune, plus actif, plus capable que nous, reprenne notre travail, corrige nos défauts, supprime nos longueurs, comble nos lacunes, répare nos omissions, éclaircisse les points obscurs, en un mot, comme nous disait un bon religieux, parachève ce que nous n'avons fait qu'ébaucher.