‹ L'hysterie de Sainte Therese. --Chapitre 16 sur 29 · BOURNE VILLE · texte numérisé non relu

BOURNE VILLE

Mesdames, Messieurs,

La Vingt-cinquième année scolaire de l'Ecole dlnfir" miers et d'Infirmières de Bicêtre se termine aujourd'hui. Nous allons retracer brièvement, comme tous les ans, ce qui a été fait ici depuis le mois d'octobre 1901 jusqu'à la fin du mois de juin.

L"E\SEiG\i:.\iR\T PiihMAmE a conlinuc à vous être donné sans la direction de M. Mesxaud, le premier de nos instituteurs, aidé de MM. Massing et Bruas, pour les infirmiers, et par M.Landosse, instituteur, aidé de M*^"^ Agnus pour les infirmières. A la fin de juin, l'école des infirmiers comprenait 59 élèves répartis comme suit: 1'"'' division, 28 élèves ; 2"= division, IG élèves, 3^ division, 15 élèves. — L'école des infirmières, à la même date, comprenait 24 élèves répartis ainsi : I"^ diAdsion, 18 élèves, 2'= division, 6 élèves. Le maintien, dans cet établissement, à tort selon nous, d'un trop grand nombre d'infirmiers et d'infirmières diplômés des années précédentes, fait que le nombre des élèves des écoles primaires, et aussi de Vécole professionnelle, va en diminuant.

Relativement au fonctionnement de ces écoles, nous estimons utile de reproduire des renseignements que nous avons déjà donnés ])ien des fois parce qu'ils mettent en relief le lien intime qui doit exister entre l'école iirimai)'e et l'école professionnelle.

« Afin de montrer le souci que nous avons de perfectionner par tous les moyens l'instruction du personnel secondaire, nous rappellerons que, ici, de même qu'à la Salpêtriêre et à Lariboisière, nous introduisons à l'école primaire même V enselQ nement professionnel, comme préparation aux cours théoriques et pratiques. Nos instituteurs, nos institutrices vous font lire, à l'école primaire, en les commentant, les discours qui ont été prononcésaux distributions des prix et au fur et à mesure les parties des cinq volumes du Manuel de Vinfirmière qui correspondent aux leçons orales de vos professeurs, et, comme lectures manuscrites, la traduction, copiée par les enfants de notre service, du Manuel de l'infirmière de Domville, ainsi que les copies du Ma)iuel sur les soins à donner aux aliénés, élaboré par VAssociat'ioii médico-psijchologique d Angleterre, qu'avec l'assentiment de l'Administration, nous avons l'intention de faire imprimer bientôt par l'atelier des enfants de la 4'' section.

Cette année, de même (j[ue les années précédentes, nous

avons donné comme dictées, au lieu de sujets banals, des sujets relatifs à votre profession. En voici d'ailleurs le titre : 1° Conditions à remplir pour Vobtention du diplôme ; — 2" Vaccination et recaccination (circulaire de l'Administration) ; — S'* Discours de M. Mouriei^ directeur général de l'Administration de l'Assistance publique, à la distribution des prix de la Salpêtrière ; — 4" De la loyauté clans les compositions ; — 5" De la prO' prêté des infirmiers et des infirmières et du lavage des mains ; — 0" Suicide à Vhospice de Bicêtre (D"" Bourneville) ; — 7° Rapport de M. le D' Briand sur un cas de suicide à l'Asile de Villejuif ; — 8" Précautions à jjreniredans l'emploi du thermo-cautère dans les opérations au voisinage de l'anus (Extrait du Journal de médecine de Paris du G octobre 1901 -, — O"" Hygiène de l'oreille (D' Gérard) ; — W Nécessité absolue d'une surveillance très rigoureuse dans V administration des médicaments, avec commentaires par M. Bourneville (Extrait de Vhidicatour de Cognac du 2 janvier 1902 ; — 11" De la distribution des médicaments [Bonhomme Normand du 3 janvier 1902) ; — 12*' Conduite à tenir dans un cas de pendaison [Rappel de VEure du 27 janvier 1902) ; — 13° Le lavage des mains [Journal de médecine de Paris du 23 février 1902) ; — 14° Accusations contre les infirmiers et infirmières la'ic[ues (Loire médicale du 15 mars 1902) ;

— Infirmières anglaises comparées aux infirmières françaises (Extrait du Rapport de M. Brouardel à l'Académie de médecine) ; — 16° Du massage ; conseils pratiques (D'de Frumerie) ; — M" L'Infirmier (Extrait de l'E/icyc/opédie de Diderot) ; — 18° Une fillette empoisonnée par du sublimé corrosif (Extrait du Temps du 19 juin 1902) ;

— 19* Un accident à l'hôpital Saint- Antoine, malade brûlée aux bains de vapeur (Extrait du Temps avec commentaires par M. Bourneville).

A l'exemple de vos professeurs des cours professionnels, vos instituteurs, vos institutrices saisissent toutes les occasions, s'inspirent des moindres incidents de la vie hospitalière pour rappeler constamment votre attention sur vos devoirs : soins de propreté de vous-mêmes, des

malades et des salles, liontr, dévouement envers les malades, serviabilité, bon emploi des matières confiées à vos soins, etc.

14 élèves ont obtenu le certificat d'études au cours de l'année scolaire ^1), ce qui porte à 196 le nombre de ces certificats acquis par l'école de Bicêtre depuis 1885, dont 124 pour les infirmiers et 72 pour les infirmières.

Actuellement, 48 élèves de cette annnée possèdent ce certificat (2),

Les COURS PROFESSIONNELS Ont été faits régulièrement, selon le programm"e adopté par l'Administration et revisé cliaque année par ceux de vos maîtres qui le jugent nécessaire. C'est, en effet, eux, en contact direct avec vous, qui corrigent vos compositions, se rendant ainsi compte de vos qualités et de vos défauts, qui senties plus compétents pour nous signaler les perfectionnements qu'il convient d'introduire dans votre enseignement.

M. PiNON, qui vous faisait le cours d'Administration et de comptabilité liospitalières, admis à la retraite comme directeur de cette maison, a été remplacé par son successeur, M. MuLHEi.M. Nous devons adresser nos remerciements les plus sincères à M. Pi non pour son concours dévoué pendant 16 années, dont 3 à l'école de la Pitié et 13 à l'école de Bicêtre. Nous devons rappeler aussi que M. Pinon a été l'un des collaborateurs de votre Manuel, qu'il n'a pas hésité à défendre, avec la conviction d'un républicain et d'un libre-penseur, la réforme de la la'ici^

(1) M"" Frapié, Trémcl, Scliirniium, Rigand, Chariot, Bernard, Biétrix, Lepetit. —MM. Bordon, Chappat, Combet J., Moulin, Masson, Falguière.

(■2) M"'=' Bernard, I^iétrix, Bigand, Bassery, Chariot, Charpentier, Chavanne, Fauquet, Frapié, Gillet, Pichon, Pradié, Schirniann, Soricul, Leriche, Trémcl. — MM. Bordon, Combet .T., Chappat, Carasol, Doisy, Fourquct, Faret, Falguièro, Hulot, Leriche, Lcvcquc, Masson, Pctitjcan, Boy, Vauthclcrct, Lahaye, Devillers, Chappat, Moulin, Bellamy, Bourbon, Borcl. Curtil, Doisy, Flamand, Fressange, Gross, Griot, MouUimard, Petit Georges, Pascal, Roy.

sation et à reconnaître \a nécessité, contestée par certains directeurs, do l'enseignement professionnel pour les infirmiers et infirmières. A ce double titre, vous le voyez, M. Pinon mérite nos remerciements et a droit à votre reconnaissance à tous.

L'an dernier, notre ancien interne, M. le D'^Sollier, votre professeur d'hygiène depuis 1887, qui a prononcé le discours ha])iluel à notre place, vous a annoncé que ses occupations de plus en plus absorbantes, l'oliligeaient à se retirer, A lui aussi nous devons, au nom de l'Administration, de vos prédécesseurs et au nôtre, lui adresser de vifs remerciements pour son actif et dévoué concours. M. Mouriera bien voulu, sur notre proposition, confier le cours d'hygiène à l'un de nos internes les plus dévoués, partisan convaincu à de la laïcisation, M. Laurens, interne des hôpitaux (1).

Les autres professeurs ont été les mêmes que par le passé. M. le D"" de Frumerie, en dehors du programme quant à présent, vous a fait des leçons théoriques sur le massage, complétées par plusieurs séances pratiques qui ont été très goûtées par tous ceux qui y ont assisté.

h'enseAgnement professionnel a été suivi en octobre par 123 élèves sur lesquels 98 étaient encore présents en juin. Il a été fait avec la régularité habituelle par tous vos professeurs.

Les exercices ■pratiques ont continué à être dirigés par M*""" LoRCET, surveillante diplômée ; M"'*' Chevalet, surveillante diplômée; M. Péju, panseur diplômé. A ces exercices, en quelque sorte réglementaires, nous avons continué d'ajouter des exercices sur la vaccination, lépilation, le rasement, les bains et les douches.

Les leçons pratiques sur la vaccination ont été données

(1) M. Laurens, durant les années précédentes, nous avait déjà prêté un concours sérieux, en vous faisant des conférences, en participant aux examens pratiques, en remplaçant dans ses cours l'un de vos maîtres, notre ami M. le D-- Bonnaire, malade.

■par nous dans notre service à Bicêtre et h la Fondation Vallée, avec l'aide de nos internes, de M'"'^ A. Bohain et de M''"'^ Berthe Laxglet. l'ne centaine de vaccinations ont été pratiquées par séries d'une quinzaine sur des enfants et sur quelques infirmiers et infirmières. Il est àsouliaiter que vous mettiez plus d'empressement à profiter de l'invitation que nous vous adressons à chaque séance de vaccination. Vous ne ferez d'ailleurs que vous conformer aux instructions formelles de l'Administration. La variole ne devrait être qu'un fait exceptionnel parmi le personnel secondaire, car c'est une maladie qu'on peut et qu'on doit éviter. Après une campagne de presse qui a duré plusieurs années, nous avons été assez heureux d'obtenir que la Faculté exigeât un certificat de revaccination, au lieu d'un certificat de vaccination, pour les étudiants en médecine; de l'Administration de l'Assistance publique un certificat de revaccination pour les candidats à l'externat et pour qu'elle exige de vous ({ue vous vous fassiez revacciner. Grâce à ces mesures, les cas de variole sont devenus très rares parmi les externes, les internes, les sous-employés, les infirmiers et infirmières des hôpitaux. Les cas de décès ont à peu près disparu.

Comme malheureusement nous avons toujours un certain nombre d'enfants teigneux dans notre section, cas qui s'entretiennent par les entrants, nous avons demandé à M"'^ GniSARD, suppléante chargée du pavillon des maladies contagieuses, d'enseigner Vépilation à toutes les infirmières de bonne volonté et nous faisons appel aux infirmières et aux infirmiers diplômés qui ne s'y sont pas encore rendus pour que, avant leur départ pour les autres hôpitaux, ils apprennent cette petite opération.

Estimant que les infirmiers et les infirmières sont appelés à poser des topiques, à appliquer des emplâtres, des ventouses, des vésicatoires, à faire des frictions, etc., sur des régions plus ou moins velues, nous avons essayé de leur apprendre le rasement. Cet enseignement, pendant plusieurs années, a été limité au personnel de notre service. L'an dernier nous l'avons étendu au personnel de

l'hospice. Il a fonctionné d'une façon presque parfaite en 19Û1-19Û'2. Le chef ]Dar])ier, M. Alayoine, s'est mis avec empressement à notre disposition, ainsi que ses quatre aides de la division des aliénés [\). Durant Tannée scolaire, 23 infirmières et 53 infirmiers ont suivi ces cours avec un réel succès, car presque tous et toutes sont aptes à se servir du rasoir. A M. MouniEn de bien vouloir les en récompenser.

Depuis longtemps, nous avons pris l'habitude de dresser tout le personnel de notre service à donner des douches d'une façon convenable, avec la collaboration de notre doucheur, ^I, Chérel. Dans les trois autres établissements-écoles les doucheurs et les doucheuses sont chargés de donner des leçons de douches aux élèves. Comme, d'une part, le nombre des douches est assez limité et que, d'autre part, nous ne devons pas nous immiscer dans les affaires de nos collègues, nousnousbornionsàdonneràces agents des conseils théoriques et à les engager à se conformer aux instructions de leur Manuel. Des renseignements que nous avons recueillis, il est résulté que l'enseignement des douches est fait d'une façon tout à fait défectueuse. Pour y remédier, nous avons demandé à M. Mourier l'autorisation de donner, à Bicétre, des leçons de douches aux doucheurs et doucheuses des autres sections d'aliénés et des établissements-écoles. Là, nous sommes, en effet, maître du terrain et tous les jours il est donné dans notre service plus de 400 douches. Nous avons fait un premier essai l'an dernier et nous avons constaté que les doucheurs administraient les douches sans se conformer à aucune règle et qu'une telle hydrothérapie, désagréable pour les malades, ne pouvait pas fournir de sérieux résultats thérapeutiques. Nous avons multiplié les leçons de douches cette année avec l'aide de notre doucheur, M. Chérel, aux doucheurs et doucheuses de la Salpêtrière et de la Pitié qui sont venus plusieurs fois, ainsi que la plupart des

(1) MM. Kraëmer, Lacroix, Roux et Galmiche.

infirmiers et infirmières de Bicôtrc qui vont être diplômds tout h l'heure. Malgré l'orclrc de ^1. Mourier cl nos demandes réitérées, le doucheur et la doucheuse de Laripoisiôrc ne nous ont pas été envoyés régulièrement.

Le choix d'un doucheur est une chose beaucoup plus délicate qu'on ne le pense: il faut une habileté spéciale, posséder au moins les notions d'anatomie enseignées dans le ManueL d'où la nécessité pour ces agents d'être tous pourvus du di[)lônîe professionnel. Lkîs médecins prescrivent des douches hé[)aliques ou sur le foie, des douches spléniques ou sur la rate, nous avons vu des doucheurs qui n'avaient aucune notion de ces régions. Que se passe-t-il en face du malade? Cette constatation, disons-le en passant, justifie une fois de plus l'enseignement des notions d'anatomie.

A V enseignement officiel, dans le but de perfectionner vos connaissances, nous avons l'haliitude d'ajouter des conférences par nos internes. Cette année vous avez été favorisés. L'un d'eux, M. Morel, s'est mis à notre disposition avec un zèle digne des plus grands éloges. Il vous a fait, dans un langage clair, élégant et captivant des conférences sur le Péril de la tuberculose, sur les Parasites de Vhormne, sur le Péril vénérien (une conférence pour les hommes et une pour les femmes); sur le Péril alcoolique, sur Jenner, la vaccine et la variole. Toutes ces conférences, accompagnées de projections, ont paru vous être très agréalilcs. Enfin M. Mesnard, suivant une tradition ancienne, vous a fait une conférence accompagnée également de nombreuses projections, sur l'incinération et sur les nombreux avantages ({u'elle présente sur l'inhumation.

Les examens pratiques qui ont duré près de 7 heures ont été subis par 58 infirmiers et 26 infirmières. Dans ce nombre figurent 8 infirmiers d'ivr}- et 5 infirmières du môme éta])lissement.

Parmi ces élèves, il y en a 'i (jui possèdent le brevet

élémentaire (1) ; un le baccalauréat ès-scicnces !'2) ; un le baccalauréat complet (3 ; et 48 le certificat d'études primaires (4).

Le nombre des diplômes obtenus cette année s'élève à 48, ainsi répartis :

i Iiifiniiiers

Bicctro

( Infirmières

exte T

rnes .

o(al .,

Infirmiers

Ivry..

Infirmières

Elèves

Les diplômes n'ont été autorisés qu'à la fin de l'année scolaire 188'2-83, cinq ans après la création des écoles. Après cette cérémonie, le total g-énéral des diplômes, décernés à liicôtre, est de 1.023, 592 aux infirmiers et 431 aux infirmières.

Pour terminer l'historique de cette annéed'études, il me reste à vous renseigner sur \es promotions dans le personnel secondaire pendant l'année 1901-1902 :

2 sous-surveillants ont été nommés surveillants.

1 sous-surveillante a été nommée surveillante.

2 suppléants ont été nommés sous-surveillants.

3 suppléantes ont été nommées sous-surveillantes. 6 1'=''** infirmiers ont été nommés suppléants.

4 l»''*^* infirmières ont été nommées suppléantes.

3 infirmiers ont été nommés l^ra infirmiers.

4 infirmières ont été nommées I^'-cs infirmières.

Toutes ces promotions ont été faites en faveur d'agents diplômés. Il en a été de même dans les trois autres établissements-écoles, et, croycms-nous, dans tous les hôpitaux. Ces faitsmettent anéanties assertions de publicistes mal rensei-

(1) Mlle Castel, MM. Cauvin, Barreau, Lepoytre. — (2) M. Bruas. - (3) M. Labby. — (i) Voir page i9.

gnés, pour emjiloyoruno expression jiarlcnienl aire, qui prétendent quel' Administration central eue lient aucun com])te ni de votre assiduiléauxcours,nid('Scffortsquevousraites pour obtenir le diplônii*, ou du diplôme même.

Nous aurons roceasion. à la distributon des diplômes à la Salpêtrière de revenir sur quel([ues-unes des réformes hospitalières qui vous concernent. Toutefois nous devons signaler de nouveau à l'attention de M. Mourier la nécessité d'une transformsition complète de vos liabitations, l'amélioration de votre nourriture et la modification de votre habillement d'été. Déjà une amélioration partielle a été accordée aux infirmierset infirmières mariées qui sont autorisés à loger au -dehors et reçoivent une indemnité de logement (1).

Quant à lliabillement, nous demandons de nouveau qu'on remplace vos vêtements de drap, lourds et antihygiéniques, par des costumes de toile analogues à ceux que portent vos collègues des asiles d'aliénés de la Seine, les facteurs et sergents de ville de plusieurs villes de province, entre autres Reims et les Sables d'Olonnes : il s'agit là d'une petite réforme peu dispendieuse que nous espérons bientôt voir réalisée.

Tout ce que vo^ maîtres et nous, tout ce que M. INIourier voudrait, a pour but votre amélioration matérielle, intellectuelle et morale. Avons, par votre bonne conduite, par votre dé vouement aux malades, par votre attachement aux institutions républicaines, à nous faciliter laréalisation de toutes les réformes. La lutte est toujours engagée entre la société laïque, républicaine dont vous faites partie, et la société cléricale, anti-républicaine, monarchique, qui vous supprimerait. Soyez laïques et réimblicains.

(1) Jusqu'à rarrivéc tic M. Mourier à l'Administration quelques -infirmiers et inlirmières seulement, par tolérance, étaient autorisés à loger au dcliors, ;') leurs frais.

Discours prononcé à la distribution des prix de l'École de la Pitié.

(30 juillet 1901.)

Mesdames, Messieurs,

Grâce à M. Mourier, directeur de l'Assistance publique, cette école a repris ses travaux, comme autrefois, au commencement d'octobre et, comme autrefois, l'année scolaire, la 12", se termine par une distribution solennelle des récompenses. Il en a été de même à l'école de Bicétre et il en sera de môme dans quelques jours aux écoles de Lariboisière et de la Salpctrière. Aussi, en votre nom et au nôtre, croyons-nous devoir adresser à M. Mourier nos plus vifs remerciements.

Vous savez qu'une école primaire est annexée officiellement aux écoles professionnelles de Bicétre, la Salpêtrière et Lariboisière. Ici, les cours primaires, organisés par M. JoLV en 1898, n'existent, en quelque sorte, qu'à l'état officieux. Ils n'en méritent pas moins d'être signalés. Ils ont été faits du H octobre au 15 juin par M'"" Clément pour les femmes, par M. Gallix pour les hommes, tous deux pourvus du brevet de capacité. La plupart des dictées professionnelles que nous avons envoyées et dont nous avons donné l'énumération dans notre discours de Bicétre ont été faites par les élèves de la Pitié. Au début, il y avait 25 infirmières et 10 infirmiers. En fin d'année, ce nombre était

réduit à 8 infirmières et 8 infirmiers. Trois des premières et un des seconds ont eu le certificat d'études (1). « Ces élèves ont un grand mérite, nous écrit votre directeur, M. JoLY, si l'on song-e qu'ils sont fort surmenés dans les salles et sont de garde tous les deux jours de 6 à 8 lieures du soir. Je nai pas besoin de rappeler la patience et le zèle exceptionnels de ^I'"'' Clément et de M. Gallix qui ne se contentent pas de préparer des élèves au certificat d'études, mais instruisent les illettrés pendant toute Tannée scolaire, les préparant pour le certificat et l'enseignement professionnel pour l'année suivante et prenant à domicile même, de 8 à 10 heures du soir, les élèves qui montrent le plus de bonne volonté et d'intelligence. « Il conviendrait de régulariser l'organisation de cette école primaire et de l'assimiler à celles de Bicôtre, la Salpêtrière et Lariboisièrc, au moins tant que tout le personnel ne sera point pourvu du certificat détudes.

Nous sommes heureux de joindre nos félicitations aux siennes, mais il nous permettra de le remercier, lui aussi, de tout ce qu'il fait pour assurer le bon fonctionnement et. de ces cours primaires qu'il a créés tt de l'école professionnelle.

Laissant de côté ce qui a trait aux écoles primaires, annexées aux trois autres écoles professionnelles, nous croyons utile de donner quelques brefs renseignements sur les cours primaires organisés dans quelques-uns des hôpitaux.

Aux Enfants-Malades, les cours primaires ont lieu quatre fois par semaine de 8à 9 heures du soir. «Notre but principal, dit M^'^^Edé, est de mettre les infirmières en état de suivre les cours professionnels. La plupart d'entrés elles ont besoin de deux années au moins de fréquentation des cours primaires avant de pouvoir le faire avec fruit. A cause de leur service, très charge, elles ne peuvent étudier ni faire aucun devoir en dehors de la classe, ce qui fait que

(1; Mlles Bouillot, Claussc, Labrouchc et M. Héry.

nous n'avons pas présenté d'élèves à l'examen du certificat d'études. »

Aux Enfiints-Assistés, l'Ecole primaire continue à fonctionner sous la direction de M"® Glais. Les cours sont suivis par les infirmières de l'hospice et des hôpitaux du voisinage. Cette année quatre élèves ont obtenu le certificat d'études (1). Nous signalons de nouveau à l'Administration les services rendus par M""^ Glais.

A VJiôpitalTenon, les cours primaires ont commencé le l"octol)re pour iînir le 15 juin. Ils ont eu lieu trois fois par semaine de 8 à 9 heures du soir. Dix élèves ont suivi régulièrement les cours. Parmi elles, quatre se sont présentés au certificat d'études et trois ont été reçues (2). Les cours ont été professés par M""^ DubourCt et M'"* Eyret, sous-employées de l'hôpital.

A l'hôpital maritime de Berck. les cours ont été faits par M'"" GuiLLAUMiN et Landrieux. Quatre infirmières ont passé avec succès le certificat d'études.

Puisque les besoins des hôpitaux ne permettent pas d'exiger à l'entrée le certificat d'études ou une instruction primaire suffisante, il y aurait un grand avantage à astreindre les infirmiers et les infirmières à suivre les cours primaires. Dès qu'un veilleur ou une veilleuse passent de jour, ils devraient être envoyés à l'école, ce qui les préparerait immédiatement à suivre les cours professionnels au début de l'année scolaire suivante. Ceci dit nous allons tracer sommairement l'histoire de VÉcole professionnelle de la Pitié.

Le nombre des inscriptions en 1901-1902 a été. à la reprise des cours, de 130 au lieu de 169 en 1900-1901. Sur

(1) Mlle Dugouingeot et Mlle Diry, des Enfants-Assistés; Mme Royen et Mlle Lephaye, de la Maternité.

(2) Allain (Marie), Gano (Marcelle) et Joubet (Angéle).

ee nombre, il y avait 27 élèves libres au lieu de 22 en 1900-1901. Dans le courant de l'année, 129 autres élèves sont venus se faire inscrire, dont 15 élèves libres. L'examen passé avant l'inscription a éliminé 66 personnes qui n'ont pu suivre les cours professionnels pour instruction primaire insuffisante (hommes 22, femmes 44). Aux dernières leçons, il restait 108 élèves. 22 hommes, 86 femmes, se répartissant ainsi :

Élèves libres 31 i

Personnel de la Pitié 19 11

Personnel des autres établissements 36 7

L'Enseignement professionnel a été fait régulièrement, suivant le programme, par tous vos maîtres qui sont les mêmes que durant l'année précédente. Il a été complété, comme en 1899, 1900 et 1901 parle cours de massage de M. le D'' DE Frumerie, par les exercices de gynécologie, faits comme les années précédentes dans le service de notre ami M. le professeur Pozzi, à l'hôpital Broca, par M. le ïy Beaussénat qui a fait trois séries de chacune deux leçons aux élèves de bonne volonté des quatre Ecoles. Nous ne saurions trop remercier MM. Pozzi et Beaussénat du précieux concours qu'ils ont bien voulu donner à votre instruction pratique. Nous souhaitons vivement qu'ils trouvent des imitateurs.

Mentionnons enfin les deux conférences de l'un de nos anciens internes, M. ^Iorel (li, sur le Péril alcoolique et sur le Péril de la tuberculose, et la conférence de notre ami le D'" J. V. Larorde sur le Traitement de l'asphyxie par les tractions rythmées de la langue. Quelques jours après sa conférence, i\L Larorde a pulilié dans son journal la Tribune Médicale une note très intéressante, accompagnée de figures sur son Tracteur mécanique ou automati' que pour les tractions rythmées de la langue, que nous

(1) M. Morcl avait déjà fait une coiil'éreacc à cette école à la lin de ranncc scolaire 1U06-1901.

avons repi'oduiles dans le Pi'ogrès Médical, dont nous vous avons distriljué des exemplaires. A eux aussi, en votre nom et au nom de l'Administration, nous devons adresser nos plus sincères remerciements.

Les exercices i)ratiques ont été faits pour la médecine, par M'^"'' JouExxETAUD, surveillante, qui a succédé à W" BoissiÈRE, chargée des cours pratiques à la Salpêtriore ; pour la chirurgie, par M'^"'-' Laudix, sous - surveillante ; pour l'emmaillotement et les soins à donner aux femmes en couches, à titre gracieux, par M'"''Chixeau, sage-femme de la Pitié ; pour les ventouses, par M. Thévexot, suppléant et M™'' GoDEAU, l*^'" infirmière; pour les bains et les douches par M. Yves et M'"^ Poujol.

Les cours pratiques de médecine et de chirurgie ont débuté les 8 et 9 octobre et ont continué à raison de 3 leçons par semaine pour chacune des deux parties jusqu'au 1 1 juillet; ils ont été complétés par des interrogations répétées. De plus, M*"^'^ Laudix a appris le rasementh ses élèves (1).

Sur. son enseignemement pratique M"'* Chineau nous a remis la note suivante : «J'ai pu cette année, dit-elle, avoir toutes les élèves à la fois. J'ai fait quatre cours à la totalité des élèves. Ces cours comprenaient : les soins aux femmes' avant, pendant, après l'accouchement ; les suites de couches ; les soins aux enfants nouveau-nés, etc. « De plus, dit M"''' Chinot, pendant un mois, le matin et l'aprèsmidi, les élèves sont venues par groupes de trois ou quatre dans notre service, voir donner, et donner elles-mêmes, les soins aux femmes et aux enfants, et apprendre ta connaître les instruments servant en obstétrique. »

(i) Le rasement se fait depuis longtemps pai- un perruquier du dehors. La coupe de la barbe coûte 15 cent., la taille des cheveux, 25 cent. Les malades payent quand ils peuvent ou veulent. Dans la majorité des cas, c'est l'Administration qui paie. La dépense est d'environ 00 fr. par trimestre. L'Administration pourrait, tout en laissant les malades qui paient libres de recourir au perruquier, charger des infirmiers et infirmières de ces petites opérations pour les autres malades en leur allouant une gratification.

Ecoles cV Infirmières, 1901-1902. 18

Les cours sur la pose des ventouses ont commencé en janvier et se sont terminés en juillet, Les élèves ont appris à les poser elles-mêmes. En outre, M. Thévexot leur a enseigné l'application des sangsues et l'administration des bains de vapeur aux lits des malades (1). Les leçons ont eu lieu les lundis et vendredis de 2 à 5 heures pour les élèves libres, hommes et femmes ; les mardis et samedis à la même heure pour le personnel de la maison.

Tous nos collaborateurs des cours pratiques se sont acquittés de leur tâche avec un véritable dévouement.

Dans le but d'épargner aux infirmiers et infirmières des autres maisons qui suivent les cours de nos écoles, nous avons demandé à l'Administration, il y a des années, d'organiser des cours pratiques auxiliaires à la Charité, à Tenon, à Necker et à Cochin. Voici quelques renseignements sommaires sur ces cours :

Sur le cours qu'elle (ait à l'/iop/Zai Coclii)i, M'"*^ Boisson nous a fourni des renseignements intéressants : « Ceat cinquante huit cours pratiques, éciit-clle, ont été faits du

7 octobre au 10 juillet. Ils ont eu lieu quatre fois par semaine : de 2 h. à 3 Ji. pour les infirmières et de 7 h. à

8 h. du soir pour les infirmiers. Trente leçons supplémentaires ont été données aux infirmiers et infirmières se préparant au diplôme, afin de compléter leur enseignement pratique. Soixante-dix-sept élèves, dont 27 se préparant au diplôme, ont régulièrement suivi ces leçons :

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