‹ L'hysterie de Sainte Therese. --Chapitre 19 sur 29 · ANNEXES · texte numérisé non relu

ANNEXES

Voici les renseig'iiements sur les Ecoles d'Infirmières (le province auxquels nous avons fait allusion dans notre discours à l'Ecole de la 8alpè trière.

Ecole d'Infirmières de Lille.

« ALille^ si la laïcisation ncst pas rualiscc, cela tient à ce que, dans la Commission administrative, la majorité reste attachée aux vieux usa^'es, aux vieilles traditions et aussi à ce que nous ne disposons pas dun personnel d'infirmières laïques.

« Cependant, ajoute notre correspondant, grâce à mes efforts aux hospices depuis deux ans, on a créé un cours d'infirmiers et d infirmières à l'hôpital St-Sauveur ; on a laïcisé les écoles des hospices où lenseig-nement était encore donné par des congréganistes et on a décidé de supprimer les aumôneries des hôpitaux et hospices il y a un mois. »

Ecole d'Infirmières de Reims.

Juillet 1902.

« Mon cher ami, « Sur la (luestion que vous me posez, je ne puis \ous dire

— ;j(jo —

(fu'uiic cliosc c'est <|iie Vliôpilal (jciiéral c'csl-ù-diie un hospice de vieillards [hommes, femmes et enfanls est actuellement laïcis('' ainsi qu'un étalilissenent ai)pelc ))iui.'<0}i de ivi)Eiite où sont des personnes payant juMision soit isolément, soit en ménage, sont actuellemenl laïcisés. t^uel est le personnel "i* Je n'ai pas eu l'occasion de le \oir et do l'apprécier. Je n'ai pas entendu dire que cela marchait mal. Ce personnel n'a point passé par noire Ecole d'inlirmières qui n'a. jus(ju'à ce jour, guère fait (jue des gardemalades [lour la ville. Peut-être y a-t-il une ou deux exceptions que je ne connais pas. Il y a eu certaines diilicultés de recrutement et le ])ersonnel nouveau un peu surchargé ou inexpérimenté a eu du mal ; mais \e crois que cela se fait i)eu à peu. Dans ces services, il n'y a d'ailleurs presque pas de malades. (^)uant à l'IIôtel-Dieu, qui est le véritaljlc hôpital où sont les malades, il n'y a rien actuellement.

«Je vous serre la main.

«Votre dévoué,

Langlet.

Depuis la distriltuLion des prix nous avons reçu lesrenseignements suivants :

15 janvier 1903.

Mon cher ami,

La laïcisation de l'I lopital-Militairc est la conséquence de l'application de la loi sur les congrégations qui aura amené le départ des religieuses de quatre de nos hôpitaux ou hospices :

1° Maison de convalescence.

2" Hôpital Saint-:\Iarcoul.

3" Annexe de Saint-Marcoul.

4" Hôpital Militaire (120 lits, je crois:. Le deuxième de ces établissements ne sera laïcisé que dans quelques jour.s. A l'hôpital Militaire, ce sont des infirmiers militaires qui font le service en partie ; on leur adjoint trois infirmiers civils. Ces quatre établissements étaient desservis par la même communauté.

Une autre communauté desservait l'Hospice Général (vieillards et enfants) et une maison de retraite ; la laïcisation est satisfaisante pour ces deux établissements. Reste riIôtel-Dieu qui vient de prendre le nom d'Hôpital Civil et un petit hospice de vieillards pour lesquels il y a des dillicultés particulières. .Te vous ai dit ce que je pensais au point de vue du choix du personnel, je n'ai pas eu encore à changer d'opinion, mais je crois qu'avec un peu de temps cela s'améliorera.

Bien à vous, amitiés,

LaMjLET.

Ecole d'Infirmières de Rouen.

Depuis lyuO, il existe une Ecole d Inlirmières et d'Infirmiers à Houen. Elle fonctionne toute l'année scolaire, c'est-à-dire du commencement de novembre jusqu'au mois d'octobre de l'année suivante. Elle a été créée en août 190U et fonctionne depuis le mois de novembre de la même année.

Le programme des cours consiste en généralités sur l'anatomie, la médecine, la chirurgie pratique (notions contenues dans le Manuel de M. Bourneville, à l'usage des infirmiers .

Les professeurs sont : pour la [)artie médicale. M. Salles, médecin-adjoint des hôpitaux ; pour la partie chirurgicale, M. Cauchois, chirurgien honoraire des hôpitaux. Quant aux exercices pratiques, ils n'existent pas. Les laïques et les sœurs puisent dans le service où elles sont attachées (souvent depuis plusieurs années) les notions nécessaires pour ])asscr l'examen. Si par hasard, comme cela s'est produit l'année dernière, une personne étrangère aux hôpitaux désire suivre les cours de l'Ecole d'Infirmières, la Commission administrative des hospices l'affecte à un service qu'elle est obligée de suivre régulièrement.

Le nombre des auditeurs et auditrices est le suivant : pour 19U0-1901 : hommes, 2 ; — laïque femme. 1 ; — reli-

gieuscs, 31. — Pour 19Ul-l'.)(ci : hommes. 3 ; — laïque femme. 1 ; — religieuses, 13.

15ien ;i vous,

1)'' LONdUKT.

École d'Infirmières de Saint-Étienne.

« Depuis le mois de mars liJOl. il est fait aux infirmiers et infirmières de l'hôpilal de Bellcvue. à St-Etienne, un cours par semaine, tantôt par un médecin, tantôt par un chirurgien. Ce cours est o^Z/rya/oï/x^pour les infirmiers el infirmières. faciiUnlif Y)Ouv les religieuses iqiii ont dans les salles le rôle de surveillantes).

« Tous les ans, à la suite d'un examen, il est déliArc des certificats d'aptitude. La possession du certificat donne droit au traitement de la l'*^ classe (600 fr. par an pour les infirmiers. 500 fr. par an pour les infirmières, en plus de la nourriture, du logement, blanchissage, mcdicamentsi.

« Le cours est aussi professionnel et pratique que possible. Les conférenciers s'inspirent surtout du 3/a/u<e/ dos. Jiûpilaux de Paris (Bourneville , en y apportant quelques modifications; par exemple donnant un développement relativement plus important aux questions de maladies contagieuses, régimes des malades, électrisation, surveillance médicale des malades symptômes), premiers soins aux entrants, en supprimant tout ce ({ui a traita l'hygiène générale et en traitant, lorsque l'occasion s'en présente, les questions d'hygiène intéressant les malades idésinfection, isolement, alimentation, etc.i.

« Le cours est complet en un an ; toutefois, en médecine surtout, une partie du programme variant d'année en année est traitée avec plus de détails.

« A St-Etienne, le recrutement des ini'irmiers et des infirmières est fort défectueux. Beaucoup sont des domestiques sans place et quittent l'hôpital dès qu'ils ont trouvé un emploi. La plupart n'ont qu'une ébauche d'instruction primaire. Malgré tout, le cours a été suivi avec zèle par un grand nombre d entre eux; le seul examen annuel qui

ait eu lieu jusqu'à présent, u montré que presque tous les auditeurs avaient compris le cours, et qu'un certain nombre avait sérieusement travaillé. En somme, résultats plus satisfaisants qu'on ne pouvait l'espérer.

« Les religieuses (surveillantes), pour qui le cours est facultatif, y sont venues en assez grand nombre au début, puis l'ont déserté à peu près complètement au bout de quelques semaines, s'efforçant en outre d'empêcher les infirmiers de le suivre.

« Après une polémique locale sur la laïcisation des hôpitaux, elles ont sans doute réfléchi que leur prestige pourrait souffrir de la présence, sous leurs ordres, d'un infirmier ou d'une infirmière munis d'un diplôme qu'elles ne posséderaient pas. Le jury ne paraissant pas disposé à leur faire subir un examen de pure forme, inspiré de la loi Falloux, elles ne se sont pas présentées un mois de juillet dernier: mais, depuis la reprise des cours en octobre, une dizaine de religieuses sur 30 environ, affectées aux salles de malades, suivent les cours régulièrement.

« Du côté des auditeurs externes, un seul résultat satisfaisant concernant un amateur licencié en droit .

« On peut ajouter qu'un Institut de gardes-malades lyonnais tend à envoyer ses recrues compléter leur apprentissage à rilôpital de Bellevuc...

D"- Cé.nas.

École d'Infirmières de Toulon.

Monsieur et très honoré confrère,

L'Ecole d'infirmières de la Bourse du travail (infirmiers, infirmières, garde-malades et d'accouchées) fonctionne admirablement depuis novembre 19UI.

L'instruction des Elèves est à la fois pvaliquc (assistance des élèves le dimanche matin aux visites hospitalières, avec répartition par groupes dans les divers services d'abord ; ensuite exercices pratiques de petite chirurgie, thermométrie, balnèation, sérumthérapie, etc.) ; — théorique (conférences, aux Hospices civils, le soir à 8 h. 1/2, trois fois par semaine la première année, une fois, le mercredi cette année : hygiène,

Ecoles cV Infirmières, 1901-1902. 21

anatoniic, physiologie, petite chirurgie; soins à donner au nouveau-né, aux. lenimes accouchées fîiofio7i.? élémentaires}.

Les noms des professeurs et des élèves figurent sur le diplôme d'honneur qui vous a été adressé, en votre qualité de fondateur et de président diionneur en même temps que la copie de ma Conférence inaugurale, dans la grande salle de la Mairie, le 4 novembre 1901.

Je prie Monsieur Doria, Secrétaire général de laBourse du travail, de vouloir bien compléter mes renseignements en vous envoyant tous les documents qu^il a en sa possession. Cordialement à vous,

D"- Daspres.

École d'infirmières de Toulouse.

Nous avons reçu sur cette Ecole une lettre très intéressante qui, malheureusement, a été égarée à l'imprimerie.

École libre de garde-malades de Bordeaux.

« Bordeaux, le 2-2 juillet 190-2.

« Monsieur le D'" Bourxeville,

« Je vous remercie d'avoir bien voulu vous souvenir de notre Ecole libre et gratuite de Gardes-Malades et d'en signaler les résultats dans votre discours à la distribution des prix de La Salpélrière. Je me fais un véritable plaisir de vous donner les renseignements que vous me demandez.

« Notre Ecole est de plus en plus prospère, 20 conférences publiques vont été faites du 7 janvier au 10 juin ])ar Messieurs les Docteurs professeurs de l'Ecole et par Monsieur le 1)'' Ferré, professeur à la Faculté de médecine, directeur du Service antidiplitéri((ue et de l'Institut antirabique de la ville de Bordeaux, monsieur le D'' Le Dantec, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Bordeaux ; monsieur le I)"" Barthe', professeur agrégé à la Faculté de médecine et de pharmacie, membre du Conseil central d'hygiène, pharmacien en chef des hôpitaux et hospices de Bordeaux, et monsieur le DT Béii'ouin. chirurgien des

hôpitaux et professeur agrégé à la Faculté de notre ville. Elles ont été écoutées avec intérêt par un public nombreux et fidèle.

«Les cours ont commencé le 7 novembre. Nous avons eu 28 élèves inscrites en première année. Elles ont fourni 1051 présences aux .52 leçons que je leur ai données, et ont eu, en outre, de nombreuses leçons de Madame Berthemet et de Mademoiselle Brisson, anciennes élèves diplômées. 21 élèves de prcmièi'e année ont été admises à passer en 2'"^ année après trois examens dont le dernier avait lieu le 14 juin.

« Seize élèves de 2""^ année ont suivi nos cours ; elles ont fourni 784 présences à mes 63 leçons et 3 12 présences aux 28 leçons que leur a données Madame Donel. Mademoiselle Modespacher leur a montré le massage et Mademoiselle Falangon les exercices pratiques. Madame Donet et Mesdemoiselles Modespacher et Falangon sont d'anciennes élèves diplômées qui veulent bien m aider.

« Les élèves de 2'"*^ année ont subi trois examens préparatoires, à la suite desquels douze ont été admises à l'examen final le 30 juin dernier. Toutes les douze ont obtenu le diplôme de garde-malade. Le maximum des points étant 80, elles en ont eu de 56 à 73.

« La commission formant le jury dexamen se composait de quatre membres :

« 1" Anatomie et physiologie : Monsieur le D'' Co/ne, professeur d'anatomie pathologique à la Faculté de Médecine de Bordeaux.

« 2° Pathologie médicale, soins aux enfants, hygiène, prophylaxie des maladies contagieuses, etc. : Monsieur le D"" Classe, professeur de médecine opératoire à la Faculté de Bordeaux.

« 3° Pathologie chirurgicale et pratique, comprenant les bandages, les pansements, le massage, le maniement des instruments, les applications de ventouses, sangsues, vésicatoires, sinapismes, etc. : Monsieur le D' Monod. chirurgien des hôpitaux.

« 4° Matière médicale et administration des médicaments : Monsieur Ch. Fosse, pharmacien de première classe.

Notre matériel s'est accru de l'œil, de loreille et du larynx d'Auzoux. dont Monsieur le Ministre de l'Instruction Publique a ])ien voulu nous faire don. Nous avons augmenté notre collection de verres à projections, et nous en possédons maintenant plus de 300 com})lètement inédits qui, avec les pièces d'Auzoux, les squelettes, planches, instruments, mannequins, etc., nous permettent de donner de nombreuses leçons de choses, si nécessaires pour que nos cours soient compris.

Nos infirmières sont très recherchées, et nous nous voyons souvent obligées d'en refuser aux médecins ou aux familles ({ui nous en demandent, faute d'en avoir à leur offrir.

Je vous suis bien reconnaissante, Monsieur, de l'intérêt que vous nous avez toujours témoigné.

« Croyez-moi votre l^ien dévouée.

M. Ghuss-Droz.

École d'infirmières de FAssociation pour le développement de l'Assistance aux malades.

Nous avons déjà parlé de cette école dans l'un de nos discours de 1901 et signalé les grandes lignes de son organisation. Elle a été fondée et est présidée par M"»" Alphen Salvador. D'après le dernier rapport de M. le D"" G. Maurange, le nombre des élèves de seconde année était de 3 et celui des élèves de première année de 6. Plusieurs ont fait des gardes en ville. Toutes soignent les malades du petit hôpital annexé à l'école. M. le Directeur de l'Assistance publique les a autorisées à suivre les services des hôpitaux, ce dont on ne saurait trop le féliciter en lui demandant de montrer la même obligeance envers les nombreuses élèves libres des écoles de son administration.

Les Écoles d'Infirmières des Hôpitaux de Paris.

On sait qu'il existe actuellement dans les hôpitaux de Paris plusieurs écoles d'infirmières dont les plus connues sont celles de Bicétre, de la Pitié, de la Salpétrière et de Lariboisière, sans parler de celles qui dépendent des asiles d'aliénés de la Seine.

M. le Directeur de l'Assistance publique a, paraît-il, l'intention de fondre en une seule école ces quatre centres d'enseignement, qui aujourd'hui fonctionnent cependant très bien. Il est d'avis d'améliorer l'instruction technique des infirmières et il pense que c'est ainsi qu'il y parviendra!

11 n'est pas absolument démontré qu'il ait raison, car l'œuvre de M. Bourneville, telle qu'elle existe aujourd'hui, donne des résultats très palpables, qui ne seront peut-être pas les mêmes, quand toute cette instruction professionnelle sera centralisée en une seule école.

Ce que, dès 1893, M. le D*" Marcel Baudouin a vu aux Etats- Unis, — pays classique, comme on le sait, des nurses spécialement et intelliiïemment éduquées — plaide assez en faveur du programme nouveau de M. Slouricr, ainsi qu'il l'a écrit dès cette époque.

Mais, en France, nous devons tenir compte des mœurs et des habitudes. Aussi, si une école unique sera très favorable au développement de la valeur professionnelle des élèves libres de la Ville, il est à craindre que les infirmières, actuellement dans les hôpitaux et non encore diplômées, ne puissent pas en suivre les cours avec autant de fruit que maintenant.

Ce qu'il importe surtout, c'est de ne pas bouleverser l'enseignement tel qu'il est fait depuis de longues années à Paris. Les écoles actuelles ont des professeurs remarquables, très au courant de leur rôle éducateur. Il serait vraiment regrettable que, sans tenir compte des services rendus, et sous prétexte de réorganisation, on les remplace par un corps absolument neuf et peu au courant des traditions des écoles fondées par le Conseil municipal (1).

Debaut-Manoir.

La Laïcisation à l'Hôpital de Saint-Pons (Hérault).

Saint-Pons, le 29 mai 1902.

Monsieur Bourneville,

Je vous ai rendu compte, il y a bientôt deux ans du résultat de notre première expérience de laïcisation à l'hôpital-

(l; Extrait de la Gazette médicale de Paris (28 juin 1902j.

hospice de notre ville et je vous ai déjà indiqué, combien après une année de fonctionnement du nouveau service, nous étions satisfaits de notre réforme et quels avantages considérables nous en avions retirés au point de vue des intérêts de la maison.

Je suis heureux de pouvoir, après Irais ans de la même expérience, alors qu'elle a complètement réussi, que le service est entièrement réor<xanisé et fonctionne régulièrement, vous donner des détails plus complets, vous redire combien nous nous réjouissons tous les jours de notre œuvre et vous réitérer nos remerciements très sincères pour le bienveillant appui que vous nous avez prêté.

Il y aura 'S ans au 27 juillr-t prochain, que les services de rhôpital-hospice de St Pons ont été complètement laïcisés. Nous attendions, vous le savez, beaucoup de cette réforme; elle a satisfait et au-delà nos espérances. Les résultats sont palpables et il est impossible même aux esprits les plus prévenus de les nier.

J'ai fait le relevé des comptes et budgets de la maison dans les cinq dernières années, le voici :

L'exercice 1897, service du personnel religieux, accuse un déficit de 377 fr. 4G. L'exercice 1898. même personnel, un excédent de recettes de 984 fr. 94.

L'exercice 1899, six mois de service du personnel religieux, six mois du personnel laïque, un excédent de recettes de 2.922 fr. 71. L'exercice 19U0, personnel laïqup. un excédent de recettes de 3.285 fr. 53. L'exercice 1901, personnel laïque, un excédent de recettes de 3-335 fr. 05. Voilà les chiffres, ils constituent la meilleure réponse à faire à ceux qui prétendent que les laïcisations sont trop cuîiteuses et entrahient de trop considérables dépenses.

J'ai cherché s'il était possible de prétendre que ce chiffre d'économies, provenait de ce que la maison manquait do malades. Voici le relevé des journées de malades en 1901. Il s'élève à 6.761 contre 4.435 en 1900, différence en plus pour 1901 de 2.326journées.

Veuillez en outre remarquer que, loin de restreindre ses dépenses, l'administration les a au conti-aire augmentées dans des proportions considérables. Alors que depuis longtemps, il n'était fait que des réparations insignifiantes aux immeubles, le-quels, à part la chap(>lle, se trouvaient dans un état de délabrement pitoj-able ; alors que le mobilier depuis fort longtemps n'éiait plus renouvelé et que notamment aucun

appareil do chirurgie n'avait été acheté depuis plus de 50 ans, l'Administration dans ces trois dernières années, a fait IDrocéder à des aménagements intérieurs et à des achats considérables :

Peinture de toutes les salles des malades ; installation d'un réfectoire pour lés hommes ; installation d'un réfectoire pour les femmes (les uns et les autres mangeaient autrefois dans les dortoirs); aménagement de salles de contagieux (hommes et femmes) ; aménagement d'une maternité (à l'époque des sœurs on ne recevait pas ies/'emme.s enceintes); construction de loges pour les animaux de basse-cour, aménagement de la dépense ; réfection de la cuisine (installation d'un 2'^ fourneau, placage des murs en briques blanches). L'Administration a trouvé même quelque argent pou)' re)7ipiacer les chaises enlevées par les sœurs, à la chipelle, et faire récrépir les murs, dégradés par le brutal enlèvement des socles des statues qui s'y trouvaient, scellées.

Spécialement dans le courant de l'année dernière, la Commission administrative a fait repeindre la salle des femmes, aménager le réfectoire des femme'^, procéder à la réfection de la cuisine et construire un lavoir dans le jardin. Elle a remplacé tous les vieux poêles démolis, qui chauffaient les salles, par des phares magnifiques d'un prix assez élevé. Elle a acquis une partie importante de mobilier. Elle a enfin, installé dans le cabinet dos docteurs, deuxsplendides vitrines garnies d'objets et d'appareils de chirurgie, qui s'enrichissent tous les jours et forment déjà un lot très-important de son inventaire.

Résultat : pour l'exercice 1901, 3.335 fr. 05 d'excédent de recettes.

D'où vient cela ? Uniquement de ce fait, qu'avec un personnel laïque plus exercé aux méthodes nouvelles^ plus simple, comprenant plus facilement les ordres de l'Administration et leur obéissant avec plus d'entrain et de volonté, il n'existe plus aujourd'hui la moindre divergence de vues entre les divers services de la maison. Chacun, conscient de son l'Ole et de sa fonction, les remplit avec dévouement, uniquement préoccupé du bien-être des malades et de la prospérité de l'établissement, et les efforts de tous convergent désormais vers ce même but.

Avant la laïcisation, les membres de la Commission administrative ne se réunissaient, à l'hôpital qu'à de rares intervalles, et comme à regret; ils se heurtaient à un tel

mauvais vouloir, à une indifft'ronce, pour ne pas dire hostilité si manifeste, qu'ils étaient découragés et hésitaient à rien entreprendre. Aujourd'hui, la Commission se réunit tous les mois. L'Administrateur de service rend compte de sa gestion- Toutes les pièces, toutes les affaires sont scrupuleusement vérifiées et discutées, toutes les réclamations sont écoutées. Un contrôle sévère est exercé sur toutes les recettes et les dépenses. Il n'entre, ni ne sort un objet de si minime valeur, il ne s'encaisse ni ne se dépense un centime que l'Administration n'en soit avisée.

Le résultat est au point de vue do la fortune de la maison celui que je vous ai fait connaitre, c'est-à-dire des excédents de recettes considérables et croissants. Au point de vue du bien-être des malades, il est tel que nous sommes obligés de rejeter de nombreuses demandes d'admission de malheureux relevant des hôpitaux voisins, tels que la Salvetat et St Chinian, qui insistent pour être reçus chez nous, préférant les soins de la maison à ceux de leurs hôpitaux. Il est tel encore, qu'il y a quelques semaines^ le curé de la ville ayant eu l'occasion de pénétrer dans les salles des malades, un vieillard, le nommé Guiraud (Philippe), de St-Pons, s'imaginant qu'on allait ramener les sœurs, lui déclara spontanément et très-nettement que ses camarades et lui n'en voulaient pas et désiraient conserver avant tout le personnel actuel. Voilà notre œuvre et veuillez croire que nous n'en sommes pas médiocrement fiers.

Je dois vous l'avouer, ce n'est pas sans une appréhension très vive que je me rangeai, en juin 1899, à l'opinion de la Commission en faveur de la laïcisation, et je comprends parfaitement les hésitations de mes honorables collègues de Cette, d'Alais, de Lunel. de Béziers et de Montpellier qui craignent de compromettre par une réforme trop hardie un service aussi précieux que celui d'un hôpital. J'ai mui-mémo éprouvé leurs inquiétudes.

Une mesure de ce genre qui modifie de fond en comble un service important, qui ne va pas évidemment au début, sans quelques heurts, sans quelques difficultés, qui nécessite de la part de tous beaucoup de bonne volonté et de persévérance, est de nature à faire réfléchir celui qui, en fin do compte, doit en assumer la responsabilité principale.

En outre, il se peut fort bien qu'on n'ait pas toujours la chance de rencontrer, comme nous, un personnel d'élite ; qu'on soit obligé de faire ce que je me permets d'appeler

quelques « écoles ». Cela se peut, cela doit mùme fatalement arriver, mais les résultats sont si frappants, la différence entre les deux services est telle, soit au point de vue du bienêtre des malades, soit en ce qui concerne leur fortune, qu'il ne me semble plus possible que d'autres hésitent encore, et pour ma part je n'ai qu'un regret, c'est d'avoir moi-même hésité si longtemps.

Je reconnais volontiers que pour les grands hôpitaux, tels que Béziers ou Montpellier, par exemple, la question se complique de celle des fondations. Il y a des legs, des donations importantes, faits à l'établissement sous condition de garder les sœurs. Si les religieuses sont congédiées, il faudra rendre. La fortune sera d'autant diminuée et personne ne veut assumer cette responsabilité de diminuer, par son fait, un patrimoine sacré que tant d'autres avant vous se sont eiïorcés d'agrandir.

L'objection est évidemment sérieuse, mais il ne faut pas en exagérer la portée. Certes le patrimoine des pauvres est sacré, et tous ceux qui en ont la charge doivent s'efforcer de le défendre et de l'augmenter si possible ; nous ne devons jamais prendre à la légère une mesure qui pourrait le compromettre. Mais encore faut-il que ce patrimoine si respectable, serve bien réellement au but pour lequel il est créé, c'est-àdire le bien-être des malheureux. Si cette fortune, abandonnée sous condition de conserver et d'entretenir des religieuses affectées aux soins des malades, a pour résultat de livrer ces derniers à des personnes dépourvues de toutes connaissances techniques les plus élémentaires, sans expérience, la plupart du temps hostiles aux procédés et aux méthodes de la science moderne, souvent imbues en matière médicale de préjugés et de croyances d'un autre âge, sourdement réfractaires à toute obéissance à l'égard des véritables tuteurs des pauvres, c'està-dire des administrateurs et n'écoutant au contraire que les ordres de leurs directeurs rt-ligieux, il faut bien avouer que l'avantage en est considérablement diminué. Si elle a pour conséquence de priver les malheureux de ce dont ils ont le plus besoin, c'est-à-dire des secours et des soins d'un personnel instruit, intelligent, capable, élevé dans le but de leur assurer efficacement les bienfaits de la science et des traitements rationnels; si le résultat se traduit pour eux, comme nous l'avons vu ici, par une chapelle, il est vrai très riche et très dorée, mais par des salles, des dortoirs, un établissement en désordre et mal tenu, il me semble qu'il vaut encore mieux

des ressources plus modestes et des soins plus efficaces et mieux assurés.

Il est bon d'ailleurs de remarquer que si l'on apprécie, par les économies réalisées à St Pons, ce c[uc seraient celles d'un établissement de plus grande importance, il est facile de comprendre combien rapidement, par le seul jeu des économies, seraient réalisées les compensations des sommes perdues par suite des restitutions.

Des restitutions de même nature ont été opérées par les communes à suite de la loi de 188G sur la laïcisation des écoles primaires. Elles n'ont nullement empêché ces dernière.s de prospérer et d'en arriver au merveilleux résultat qu'elles ont atteint aujourd'hui. J'ai pour ma part la conviction profonde, basée sur l'expérience que j'ai sous les yeux et que j'ai pu suivre dans tous ses détails, que si les grands hôpitaux entraient dans cette voie, après les quelques dilTicultés inévitables du début, les avantages compenseraient largement toutes les pertes.

On ne songe pas assez à ce que peut l'activité féconde de toutes les bonnes volontés unies vers un même but et dégagées de toute préoccupation autre que celle des soins à donner aux malheureux.

C'est là, pour moi, qu'est le grand avantage de la laïcisation.'

Je suis heureux de cette nouvelle occasion qui m'est olTerte, de vous montrer combien nous nous sommes ralliés à vos idées en matière d'assistance, et de vous en exprimer encore une fois notre vive gratitude pour les services que vous avezrendus à notre établissement.

\'euillez croire. Monsieur, à, mes sentiments respectueux et dévoués .

Le Maire de St Pons, E. Arc^ngel.

Les réHexions de M. Arcangel au sujet des Fundntions méritent d'attirer très sérieusement ratlention de M. Combes. 11 y aurait lieu pour lui. s'il veut réaliser complètement la grande réforme ré|)ublicaine ({u'il a entreprise, de proposer une loi limitant la durée des conditions imposées par les fondateurs. L'article de Diderot sur les Fondations \Œav. compL, t. XVi que nous avons si souvent cité fournira les arg-umenls de rEx[)osé des motifs de ce projet de loi.

La laïcisation à THôpital de Beaucaire.

Voici lo texte de la lettre de M. Fabregas, maire de Beaucaire, à laquelle nous avons fait allusion à la paii-e 56.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous donner ci-après les renseignements que vous me demandez par votre lettre du 5 juin courant, sur la laïcisation des établissements charitables de Beaucaire.

Par délibùpdtion du 2'i juin 1807, la Commission administrative des hospices a décidé la laïcisation du personnel de l'hôpital et de l'hospice de la Charité.

Le service de ces deux étalilissements était assuré par douze religieuses. Il était alloué annuellement à chacune d'elles une somme de 150 francs et en plus, bien entendu, le logement, nourriture, blanchissage, chauffage et éclairage, et le gros linge.

Ces religieuses ont été remplacées le l.j octobre 1897 par 4 hospitalières laïques pourvues du diplôme professionnel, savoir : 2 directrices au traitement annuel de 1.201) francs et 2 adjointes à 600 francs par an. 11 est alloué en nature les mômes avantages qu'aux sœurs.

La Commission des hospices est très satisfaite des services rendus par les hospitalières laïques, lesquelles font preuve de réelle compétence dans Taccomplissement de leurs délicates fonctions.

Ainsi que vous le verrez par le tableau ci-après, la dépense d'entretien du personnel laïque est moindre que celle pour l'entretien des religieuses qui nous coûtaient, savoir :

12 religieuses à 150 fr 1.800

Nourriture 12 X 500 6.000 7.800 fr.

tandis que les laïques coûtent :

2 directrices (à 1 .200 francs par an.. . 2.400

2 adjointes à 600 fr. par an 1 .200

Nourriture 4 X 500 2 . 000 5 . 600 fr .

soit une économie annuelle de 2.200 fr.

Je vous remercie, Monsieur, pour la brochure que vous avez bien veulu m'envover. Vos discours renferment des

renseignements précieux sur la laïcisation des hôpitaux et sont bien de nature à faire ressortir les avantages considérables à tous les points de vue, que présente la réalisation de cette réforme.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'assurance de mes sentiments distingués.

Le Maire de Benucaire, Fabreg.\S.

Page 1