EDITEUR
14, rue des Carmes, 14. | lOS, Boulevard St-Germaia, 101
TABLE DES MATIERES
Introduction 1
Allocution à l'Ecole de Bicêtre 3
Discours à l'Ecole de Larlboisière 8
— à TEcole de la Pitié 19
— à l'Ecole de la Salpôtrière 35
Allocution à l'Ecole de Larlboisière 63
— à l'Ecole de Bicêtre 68
Discours à l'Ecole de la Pitié • .' 72
— à l'Ecole de la Salpêtrière 84
L'enseignement pratique dans les Ecoles d'infirmières de Paris^ discours au Conseil supérieur
de l'Assistance Publique 109
Question de M. Ed. Lepelletier au Conseil municipal sur les Ecoles professionnelles d'infirmiers et d'infirmières ; réponse et discussion ' 125
Liste des livres donnés en prix 150
Discours prononcés à la distribution des prix et des diplômes à l'Ecole de la Salpêtrière 153
Conseil municipal. Les Ecoles d'infirmières. Annulation de la délibération relative aux Ecoles 180
Les Ecoles d'infirmiers et d'infirmières au Conseil municipal 182
Les logements des infirmières 191
Allocution à l'Ecole de Bicêtre 190
Discours à l'Ecole de la Pitié 199
Allt)cutii)n à ri'À'ole de Lariboisièrc 2lU
Discours à la distribution des prix à la Salpôtriôre
fit à la distri]:)ulion des diplômes îlf)
1 liscdurs à riOcole de HiciHre '341
— à l'Ecole de 1,1 i'itié 251
— H ri'icole de Larihoisière 2Ci't
— à l'Ecole de la Salpctrièie 2G9
xViiuexes.
Ecole d'inlirmières de Lille 299
— de Montpellier 329
— de Reims 299
— de Rouen ^. 301
— de St-Etienne '. 302
— de Toulon 303
— de Toulouse 304
— de Bordeaux 305
— de l'Association pour le développement de l'Assistance aux malades 306.
Les Ecoles d'infirmières des hôpitaux de Paris,
par Debaut-Manoir 300
La laïcisation de l'hôpital de St-Pons 307
La laïcisation de l'hôpital de Bcaucaire 313
Réllexions 314
Les Ecoles d'infirmières et la circulaire de M.
Combes 316
La circulaire Combes et les Ecoles d'infirmières. 325 Les Commissions hospitalières et les surveillantes
laïques 327
Discours à l'Ecole de Bicêtre 332
— à l'Ecole de la Pitié 338
— à l'Ecole de Lariboisièrc; 350
— à l'Ecole de la Salpètriôre 354
Annexes
Ecole d'infirmières do Lyon 374
La laïcisation des hôpitaux de Blois 376
Cours d'infirmièi'es à Alais 382
Ecole de Montpellier, 384
Ecole de Limoges 384
Dévouement des infirmières laïques à la Ligue
française des mères de famille 385
Ecole d'infirmières du Havre 386
La laïcisation des hôpitaux et l'enseignement professionnel des infirmiers en France 391
La laïcisation des hôpitaux de la marine 392
La laïcisation des hôpitaux militaires 400
La laïcisation des hôpitaux civils 403
Enseignement professionnel 407
Création d'une école pour le personnel secondaire des établissements hospitaliers de Nancy 407
Ecole d'élèves infirmières de Caen 409
Ecole d'infirmières à Bordeaux 409
Laïcisation des asiles publics d'aliénés 412
Discours à l'Ecole de Bicêtrc 417
— à l'Ecole de Lariboisièrc 433
— à l'Ecole de la Pitié 441
— à l'Ecole de la Salpêtrière 461
Annexes
Ecole d'infirmières de Lyon 483
— du Hcàvre 487
— d'Angers 489
— de St-Etienne 490
— de Grenoble 491
— de Limoges 492
— de Nantes 493
— de Toulon 493
Ecole des gardes-malades de Bordeaux 495
Ecole d'infirmières de Bourges 500
Cours professionnels d'Alais 501
Ecole d'infirmières de Marseille 502
— de Nancy 502
— de Nîmes , 503
— de Rouen 504
— de Toulouse 505
La laïcisation à Dijon 507
La laïcisatiou à Narbonne 508
Ligue franç,'aise dos mères de iamille 509
Hospice de la Salpêtrière 510
Pour renseignement professionnel 516
Pour le personnel secondaire, infirmiers et infirmières 517
Pour la laïcisation 517
Imp. des Enfants de Bicêtre.
Année scolaire 1903-1904.
Écoles d'Infirmières, 1903-1904.
Discours prononcé à la distribution des prix de l'École de Bicêtre.
{■U juillet 190 L)
Monsieur le Président, Mesdames, Messieuus,
Cette cérémonie clôture la vingt-septième année scolaire de l'École cV infirmiers et d'infirmières de Dicêtre, ouverte le 20 mai 1878, dont nous allons résumer les travaux.
L'enseignement primaire, a continué à être donné aux élèves sous la direction de M, Mesnard, \wemier instituteur, aidé par MM. Massing et Bureau pour les infirmiers, et par M. Landosse, instituteur, et M"*" Blanche Agnus, monitrice, pour les infirmières.
A la fin de juin l'école des infirmiers ne comptait plus que 15 élèves suivant les cours au lieu de 91 au mois d'octobre sur 132 infirmiers que compte la maison. C'est la première fois depuis l'ouverture de l'école que l'on enregistre si peu d'élèves en fin d'année. Les défections à l'école d'infirmières sont moins nombreuses. Il y avait 32 élèves en octobre sur 42 infirmières et 12 en juin. Si les premiers ont des raisons plus apparentes que réelles, sur lesquelles nous reviendrons, de s'éloigner de l'école, les infirmières, elles, n'ont aucune raison valable.
Au cours (le raiiiire, nous avons sig-nalé ces défections à M. Mesureur (jui a doiuié des instructions pour les arrêter, mais sans succès. Nous indiquerons les mesures que nous estimons nécessaires pour la fréquentation assidue des cours primaires et professionnels en 1904-1905.
De même que les années précédentes, les maitres et maîtresses de l'École se conformant à nos conseils, ont donné en dictées, au lieu de sujets ordinaires qiudconques, des sujets relatifs à la profession d'hosj)italières. Voici les titres de celles qui ont été faites cette année :
|o Conditions à remplir pour l'oblenlion du diplôme ; — 2° UAssistance publique; — 3° Drame dans un asile d'aliénés (i) ; — 4° Récompenses accordées aux infirmiers et infirmières ; — 5° Morale Laïque, Vérité, Justice, Travail, Humanité ; — 6° De la loyauté dans les compositions ; — 7° De la politesse (Tribune médicale) ; — 8° Technique de la désinfection du vagin ; — 9° Maladies des yeux : Constitution de l'œil ; — ■lO" Importance de la connaissance du traitement des affections oculaires ; — 11° L'ophtalmie. (Ces 3 dernières dictées ont été extra'tes d'une conférence faite l'année dernière par l'un de nos anciens internes, M. le D"" Foulard, professeur à l'Ecole de la Fitié) ; — 12° Le Personnel secondaire des asiles d'Aliénés. (Progrès médical): — \3° Les surveillants des services généraux doireut être infirmiers; — 14" Premiers secours en cas d'accident par le pharmacien. (I^épertoire de pharmacie, novembre 1903). 15" Les dangers de l'Ether (Semeur de l'Oise, mai 1904); — 16° La lumière et l'alcool camphré [Petit Var, mai 190i).
Douze élèves (7 iniîrmiers et 5 inlirmières; ont oljtenu le Certificat d'Études primaires au cours de l'année scolaire (2), ce qui porte à 218 le nombre de ces certi-
(1) Il s'agit de ]';iliéné de l'asilo de Tours, mort sous l'infiucnce de coui)s.
(2^ MM. nrug-èrc,13ouquain, lùigon,. Jaques. Motliu, Oudar,^'él)cr. M""" Carasol, Le Coz, Lejcune, Merlet. Quéric.
ficats obtenus par l'école de Bicêtre depuis sa fondation : 138 pour les infirmiers et 80 pour les infimières. A ce jour, le nombre des ag-ents des deux sexes qui sont en possession de ce certificat est de 128 sur 304 infirmiers et infirmières, 79 surveillants et surveillantes il).
Les Cou/'spro/e.«s/o^ine/.s ont été faits régulièrement parles mêmes professeurs que l'année dernière, suivant le programme ado^Tté par l'Administration et révisé chaque année par les professeurs qui le jugent nécessaire pour le tenir toujours au courant des progrès de la science et des nécessités médicales et chirurgicales.
Les exercices ^^rafiqites ont été dirigés par M™" Chevallet et Beaumont (2), surveillantes diplômées à l'infirmeriegénérale, etparM. Péju panseur diplômé.
A ces exercices réguliers et réglementaires, il en a été ajouté d'autres suivant une tradition déjà ancienne sur la vaccination, Véi^ilation, le rasement, les bains et les douches.
Les leçons pratiques de vaccination ont été données par nous, nos internes, M^''' Jamouille, surveillante diplômée à l'infirmerie des enfants, M'^^Bo- HAix, surveillante diplômée à la Fondation Vallée. Les leçons d'épilation ont été faites par M'"''Grisard. Les leçons de douches ont été faites par nous et répétées par M. Chérel, doucheur et Jjaigneur diplômé et par W^° Armandine Bohaix.
Les exercices de rasement ont été enseignés surtout
(\j — 11 Surveillants ; — 8 Surveillantes ; — 83 Garçons de service ; — 21 Filles de service ; — 1 Garçon d'amphitécàtre ; — Personnel professionnel fixe: 4. En plus un surveillant et une surveillante ont le brevet élémentaire et une surveillante le certificat detudes supérieures.
(i) M""' Beaumont a remplacé, au cours de Tannée, M""" Lorcet, décédée.
par M. Kraemer, barbier diplômé de la section des enfants.
L'enseignement des notions élémentaires d'anatomie, qui nous a été si souvent reproché et qui devrait être fait dans toutes les écoles, collèg-es et lycées et dont on com^mence à reconnaître l'utilité, est facilité par des planches murales, des dessins au tableau, des projections. Ici, nous le complétons par des leçons à V amphithéâtre. Chaque fois que nous avons une autopsie, nous faisons venir un groupe d'infirmiers et d'infirmières. Nous, M. le D"" Noir, nos internes, nous leur montrons on quoi consiste Vouverture des corps, cherchant par là à dissiper les préjugés qui existent au sujet des autopsies qu'il ne faut pas confondre avec des dissections.
Nous montrons les protections du cerveau : cuir chevelu, os du crâne, dure-mère, pie-mère; — la composition de l'encéphale : hémisphères cérébraux, nerfs qui en émanent, artères et veines, les pédoncules qui unissent le cerveau à la protubérance, les pédoncules qui l'unissent au cervelet, le cervelet, ses hémisphères, le bulbe qui rattache l'encéphale à la moelle, enfin la base du crâne; ensuite, la topographie des viscères du thorax, de l'abdomen et du bassin, afin qu'ils se rendent un compte exact du siège des organes.
Nous profitons de cette séance pour leur faire voir en quoi consistent les injections sous-cutanées (peau, tissu conjonctif ccllulo-cutané, qui unit la peau aux muscles et dans lequel le liquide injecté doit pénétrer), et la manière de pratiquer la vaccination.
Ces petites opérations sur le cadavre, leur donnent plus d'assurance quand il s'agit de pratiquer sur les malades les injections sous-cutanées et la vaccination. Ils se rendent ainsi un compte exact de ce qu'ils
font, ir y aurait un gran et avantagé pour lés "mâlacfes à introduire cet enseignement expérimental dans les trois autres écoles.
Les vaccinations sont faites régulièrement dans notre service pour les entrants et pour les enfants qui sont là depuis six ou sept ans. Nous les faisons par séries de 12 à 15. Nous y appelons successivement tous nos infirmiers, toutes nos infirmières et nôiis y convoquons les infirmiers et infirmières de l'hospice quf n'en profitent pas sulTisamment. Pourquoi? La faute ne nous en incomlic pas. Dans tous les établissementsécoles, à chaque séance de vaccination, les infirmiers et infirmières devraient être convoqués par séries, et mis au courant de cette petite opération et la pratiquer. Comme cela se fait dans notre service. A M. Mesureur de donner des instructions dans ce sens.
A l'enseignement officiel il est de pratique courante d'ajouter chaque année un certain nombre de conférences pour lesquelles nous avons recours à nos internes. Chaque année nous en avons donné l'énumération. Voici les titres de celles qui ont été faites en 1903-
M. Laurens, votre professeur d'hygiène à l'école d'infirmiers, a traité d'une façon toute spéciale des Soins à donner dans les maladies du nez, de labouche, de l'oreille et du larynx. M. Morel, interne en chirurgie, professeur à l'école de la Salpètrière, vousa fait une conférence, sur le péril de la Tuberculose, M. le D'" Foulard, comme les deux précédents, ancien interne du service des enfants, professeur à l'école de la Pitié, vous a fait, comme l'an dernier, une conférence sur le rôle de l'infirmière dan s les soiiis à donner dans les maladies des yeux. Sa conférence vous a été donnée en dictées, ainsi que nous l'avons dit tout
à riiourc et M. Mesureur en ayant autorisé l'imprespar l'imprimerie des enfants, vous êtes à même de seconder efficacement le médecin dans le traitement des maladies des yeux et de prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter la propagalion des affections oculaires et vous en préserver vous-mêmes, double résultat pour les malades et pour l'administration, puisqu'une connaissance sérieuse des précautions à prendre, des soins à donner, vous permet de diminuer le nombre des aveugles et parmi les malades et parmi les infirmiers et les infirmières.
M. Mesnard, instituteur, vous a parlé des signes de la mort, du rôle de l'infirmière en cas de décès, de l'ensevelissement et dos avantages que présente l'Incinération sur l'inhumation.
A toutes ces conférences, M. Mesnard a collaboré efTicacement en faisant défiler devant vos yeux un grand nombre de projections qui ont rendu intéressants, et même attrayants, les sujets les plus arides.
Les exaynens pratiques, qui ont eu lieu le 30 juin de 9 h. à 1 h. et le 2 juillet de 2 h. à 4 h. ont été passés par 38 élèves : 14 infirmiers et 24 infirmières.
Le nombre des diplômes décernés cette année s'élève à 34. Ils ont été obtenus })ar : 8 infirmiers do Bicêtre, 17 infirmières de Bicêtre, 2 infirmiers d'Ivry, 3 infirmières d'Ivry, 4 élèves externes femmes. 11 faut remonter à l'année 1887 pour constater un aussi petit nombre de diplômes.
Il convient de citer particulièrement M'"" Frémery, femme du chef du personnel, qui a suivi très régulièrement les cours et tous les autres exercices, montrant ainsi le bon exemple.
Le nombre total obtenu depuis la création de cette
école est de 470 pour les infirmières et de 634 pour les infirmiers, au total: 1104.
Tel est le bilan de l'école de Bicêtre pour l'année scolaire 1903-1904. Il n'est pas très brillant, comparé à celui des années passées. Tout le monde a sa part de responsalulité dans cet insuccès. L'Administration qui n'a pas été sulïisamment énergique; les surveillants et surveillantes qui n'ont pas engagé assez fortement leurs subordonnés à suivre régulièrement les cours. La maison do Bicêtre, qui est si connue et si souvent visitée, devrait être une maison modèle dans toutes ses parties et à tous les points de vue.
Tous et toutes, vous êtes solidaires les uns des autres et si un service laisse à désirer, le visiteur est porté à considérer que les autres sont de même. Cela ne doit pas être, surtout dans un établissement école. En ce qui concerne l'éloignement des infirmiers de l'école les causes en sont multiples. Vous avez mal interprété les intentions de l'Administration. Vous avez supposé qu'en établissant une nouvelle classification, elle supprimaitvotrc rôle d'infirmiers et voulait vous réduire à celui d'hommes de peine. L'essai en cours n'est pas définitif. 11 y aura toujours ici des infirmiers, ne serait-ce que dans les services d'aliénés.
Vous avez cru aussi, sans motif, que l'Administration voulait supprimer l'École d'infirmiers et infirmières de Bicêtre. C'est là une erreur. Il y a quelques jours, M. Mesureur, qui tient tant à l'instruction professionnelle de tout son personnel, nous a donné l'assurance que l'École de Bicêtre serait maintenue et qu'il n'avait jamais été dans ses intentions de la supprimer. Aussi sommes- nous persuadé qu'au mois d'octobre prochain, à la réouverture des cours, il exigera l'ena-agement de tous les infirmiers de cette
maison, de suivre obligatoirement et l'école primaire pour ceux qui n'auront pas le certificat d'études et l'école professionnelle pour tous. Il y va de l'intérêt de tous ceux qui veulent exercer la profession d'infirmiers. En effet, en supposant que l'Administration diminue le nombre de ses infirmiers, vous avez devant vous, si vous obtenez votre diplôme, la possibilité d'exorcor sérieusement la profession de g-arde-maladc en ville et de pouvoir trouver en province, particulièrement dans les asiles d'aliénés, des postes convenables, à la condition d'être diplômés. Vous en trouverez aussi dans les bôpitaux des colonies. C'est ainsi qu'il est question de laïciser l'hôpital de Libreville dans le Cong-o et de remplacer les religieuses par des infirmiers.
La distinction établie dans le personnel, nous le redisons, est sujette à revision. On a eu trop en vue les hôpitaux. Et encore on a ouljlié que pas un ne se ressemble. Les hospices, les quartiers consacrés aux aliénés diffèrent considérablement les uns des autres.
Tous ceux qui sont en contact avec les malades sont à un moment donné des infirmiers, car ils sont appelés à leur porter secours. Dans les services d'aliénés, tous vous êtes des soignants. Ne devez-vous pas, en effet, intervenir auprès de vos malades au point de vue de la surveillance, des crises nerveuses, des impulsions, du traitement moral, etc. Tous vous êtes ap])elés à renseigner le médei-in, par conséquent l'Administration doit ^■ous mettre en état de le faire utilement. Comment? En vous poussant, en vous obligeant à suivre les cours au lieu de vous en éloigner. Et cet éloignementsepait d'autantplusétrangequepartout, en dehors des hôpitaux, on organise des cours pour le public (Secouristes, Croix Rouge, Union des
femmes de France, Dames françaises, Ecole de la rue Amyot, etc.).
Alors qu'à l'étranger, particulièrement en Angleterre, aux États-Unis, etc., l'enseignement professionnel est soigneusement organise, il n'est pas possible qu'on ne s'en préoccupe pas sérieusement en France. Le procès des infirmiers de Tours — dont nous avons donné la relation en dictées, a mis en relief la nécessité de cet enseignement. Magistrats et avocats l'ont récalmé en termes énergiques.
Nous venons de dire que vous devez renseigner le médecÀn. Pour cela, il vous faut un dressage de chaque instant. Dans notre service vous savez que nos infirmier.s et nos infirmières sont instruits à prendre des notes aussi complètes que possible sur les enfants, les accidents qui se produisent, la description des accès, des impulsions. Elles doivent les surveiller d'autant plus attentivement qu'ils sont incapables do déceler les maladies intercurrentes — et il en est de même pour les aliénés adultes, pour les vieillards.
Encore quelques renseignement et quelques conseils et nous aurons fini.
Depuis 1893, chaque année, à l'une ou à l'autre des distributions des prix des Écoles d'infirmières et d'infirmiers, nous avons demandé à l'Administration de remplacer, en été, les vêtements de drap lourds, épais, incommodes et malsains, que portent constamment, du P'' janvier au 31 décembre, les infirmiers et qui constituent pour eux, pendant la saison chaude, un vérita])le supplice par des vêtements légers, commodes et sains, en toile ou en coutil.
L'an dernier nous annoncions que cette petite réforme avait été réalisée dans les asiles de la Seine, à la suite d'un rapport que nous avons présenté à la Commission de surveillance des asiles.
Tous les médecins des asiles, consultés par l'Administration préfectorale sur cette modification, comme ils le sont sur tout ce qui concerne leurs services, môme sur le cliangement du personnel secondaire, avaient émis un avis favorable
« Nous espérons, disions-nous, que l'expérience heureuse faite dans les établissements départementaux, décidera M. Mesureur, dont l'esprit est ouvert à toutes les réformes, à donner à ses infirmiers une tenue d'été en harmonie avec les exigences de riiygiène. »
Cet espoir s'est réalisé et depuis quelques semaines vous portez un costume approprié à la saison. Vous voyez qu'il ne faut désespérer de rien et que, en persistant, on finit par obtenir ce qu'on a antérieurement réclamé.
Cette réforme, enfin réalisée, s'ajoute à celles dont nous avons été le promoteur et que nous avons défendues jusqu'à leur réalisation au moins partielle : l'augmentation de vos salaires, des pensions de repos, devenues de véritables pensions de retraite, le logement au dehors, ou des chambres individuelles confortaiDles. Mais il en est d'autres, qui, comme la précédente, appelleront l'attention de l'Administration.
L'une est d'ordre matériel, c'est l'amélioration de xotrc nourriture^ une meilleure disposition des réfectoires. On devrait vous donner des serviettes, changer la vaisselle, etc. C'est à l'Administration qu'il appartient de vous donner des réfectoires dans de bonnes conditions matérielles. Et, à ce propos, laissez-moi vous conseiller de ne ])as imiter certains de vos camarades des deux sexes qui, à leurs repas, ont une tenue et une conversation qui laissent à désirer. \^os défenseurs — et nous avons le droit de nous placer au pre-
mier rang* — voudraient vous voir infirmiers et infirmières parfaits. Aidez-nous.
D'autres réformes à réclamer sont d'ordre intellectuel et moral : organisation d'une salle de réunion, d'une bibliothèque et d'un musée. Une tentative a été faite par notre ami le D"" Blin à la colonie de Vaucluse, où existe une petite salle de réunion pour les infirmiers. A la Pitié, l'un des professeurs des Ecoles a commencé, il y a déjà quelques années, un musée où il a rassemblé des appareils, des objets de tout genre relatifs à l'enseignement professionnel. Enfin, avec l'économe de Villejuif, M. Gorin, nous avons constitué dans cetétalilissement le noyau d'une petite bibliothèque professionnelle. Nous signalons ces modestes essais à la bienveillanteattentionde M. Mesureur, convaincu qu'il en reconnaîtra l'utilité, qu'il saura créer d'abord dans les hôpitaux-écoles, puis progressivement dans les autres hôpitaux, salles de réunion, bibliothèques et musées.
Les modifications apportées dans votre horaire quotidien, à titre d'essai, car il conviendra de tenir compte de la nature différente des établissements et dans chacun des établissements des exigences spéciales des services, n'ont rien d'absolu.
Dans un atelier, à l'heure dite, la cloche sonne, tout le monde s'en va, sans que rien n'en souffre.
Dans une salle de malades, il n'en est pas do même. Alors que sonne la cloche, on amène des malades ou des blessés, une opération est à faire — il n'y a pas de règlement qui tienne, surveillants, infirmiers et infirmières vous devez rester, vous devez aider le médecin qui n'a ni repos, ni trêve, soigne et opère nuit et jour. Ce qui domine tout dans Vhôpital, c'est lintérêtdu malade. Votre première qualité c'est d'être
humain et coûte que coûte, y compris la violation du liég-lement — vous devez demeurer tant que votre collaboration peut être utile au malade. Si vous' n'êtes pas décidés à d^ tels sacrilices, cherchez une autre profession.
Autre conseil, bien des fois donné. Vous vous désintéressez trop des irrégularités que vous constatez dans vos allées et venues à travers votre section ouïes divisions de l'hospice. Vous croyez que ce qui se passe en dehors de votre salle, de votre section, de vos malades, doit vous être indifférent. Cela peut répondre à des traditions administratives aussi vieilles que détestables, mais doit disparaitre.
Pour préciser" notre pensée, nous allons })rendre un exemple. Vous sortez de votre dortoir pour aller déjeuner ou faire une corvée. Vous rencontrez sur votre passage un enfant qui s'est échappé de sa cour ou de l'École, un vieillard avevigle ou inconscient, qui s'est égaré. Quefaitesvous? vous passez indifférent àcôtéde lui, sans vous préoccuper de savoir où il va, du désordre qu'il peut occasionner, des accidents qui pourraient lui arriver. Que dcvriez-vous faire? Le prendre, le reconduire là où il doit être, en d'autres termes le "remettre à son maitre ou à la surveillante. En toutes circonstances vous devez contribuer au maintien de l'ordre partout, prévenir la possibilité de dégâts matériels, rendre service aux malades, aux vieillards, aux infirmes et, ici, vous en avez un grand nombre qui sont inconscients et auxquelles vous devez plus particulièrement vous intéresser. Enfin vous rendez services à vos camarades en remédiant à des irrégularités qu'on pourrait légitimement Icurroprocher.
Avant de terminer, nous croyons répondre à une critique un peu violente qui nous a été adressée à
propos des leçons de douches, dans la Revue desDeux Mondes, par une élève libre, fille d'un ancien républicain mort dans un bénitier. Voici comment cette élève, que nous avions accueillie avec la plus grande bienveillance, raconte la leçon de douches à laquelle elle a assisté :
26 juin au soir. — « Dure journée. Bicêtre à neuf heures et demie. Présence à deux heures à la Pitié, six heures trois quarts, cours pratiques ; huit heures composition de prix.
« L'excursion de ce matin me hxisse par dessus tout un souvenir pénible . En route pour Bicètre à huit heures par un temps radieux, j'y suis arrivée me hâtant, en retard sur l'heure dite, grâce aux difficultés de communication. Mais comme j'entrais, la voiture du chef m'a dépassée ; je ne suis pas en faute
« Dans la cour fermée où nous sommes, je suis étonnée de voir de grands garçons. C'est donc un service mixte ? Mais non, seulement ma surprise devient de la consternation. On a choisi le quartier des jeunes gens pour enseigner la dou- -che aux infirmières ....
« Plus exactes que moi, une vingtaine d'élèves de la Pitié sont déjà rassemblées. Je les rejoins. Nous suivons le chef dans une salle munie d^appareils à douche. Une infirmière et un maître doucheur y sont déjà. On entend des cris, des grognements à peine humains. Des pas bondissent, d'autres se -traînent. Par la porte opposée, une troupe de jeunes gens fait irruption. . . . Oh ! les expressions de ces figures ! Mâchoires d'idiots, aux muscles lâches, les lèvres tombantes. Faces bestiales d'épileptique, masques sournois, aux yeux méchants. Une emprinte de vice les stigmatise déjà. C'est presque une terreur qui mo prend, une envie de fuir avant ce qui va nous -être infligé.
Sur un signal, les premiers en rang se déshabillent et M. Bourneville choisit un grand garçon, qui parait âgé de dixsept ans^ et commence sa leçon. Mes compagnes se pressent .pour entendre. Volontiers je leur cède le pas.
« Sur la chair nue du jeune homme, qu'il palpe, le chef ^démontre le processus à suivre. Puis désignant une élève il lui met en main la lance de l'appareil. Un peu hésitante, elle douchece garçon, puis unautre. Ils sont là une centaine, nudi-
té grouillante qui nous enserre, avec des hurlements et des gestes de brute (1), les plus petits font pitié.— il en est qui paraissent trois ans — tremblant un peu, avec un reste de pudeur
instinctive. Les autres
« Un à un, sous le jet rude, ils passent. Et, l'une après l'autre, timides apprenties, s'essaieni les élèves, médusées parle regard du professeur. A mesure que mon tour approche, une résolution s'accentue : je ne doucherai pas, La plaisanterie va vraiment trop loin. Non, il n'est pas nécessaire, pour une
femme, de prendre une telle leçon Il passe la lance au
maître doucheur et nous invite à le suivre pour une séance de vaccin.»
Une fcmme^ uu mieux une vieille lillc, qui parle clans les termes que vous venez d'entendre, de malheureux enfants malades n'est pas et ne sera jamais aux bonne infirmière. Il lui manque les sentiments d'humanité qui doivent toujours guider une véritable inlirmière, une vraie femme.
Pourquoi nous sommes-nous imposé la tâche fatigante de vous apprendre à tous et à toutes la manière de donner convenablement une douche ? C'est que nous avons souvent constaté que la plupart des doucheurs, aussi bien en ville que dans les hôpitaux, sauf dans les établissements dirigés par des médecins, administrent fort mal les douches et que dans leurs mains, mal éduquées, l'hydrothérapie, cet agent thérapeutique de premier ordre, ne procurait pas les résultats que le médecin est en droit d'en attendre. De là l'idée de faire donner aux infirmiers, aux infirmières, aux élèves libres^ des leçons de douches dans les établissements-écoles, comme nous en donnons
(1) Tout cehv est absolument faux. Les enfants prennent leur douche quotidienne très tranquillement et presque tous, seuls. Elle a rimaginatiou vive la demoiselle et l'amour de la vérité ne l'étouffc pas.
depuis une vingtaine d'années dans notre service. Ayant appris que les maîtres douolieurs et les maîtresses douclieuses s'acquittaient médiocrement de cette partie de l'enseignement pratique, nous avons cherché le moyen d'y remédier. Nous avons demandé à l'Administration l'autorisation de faire venir dans notre service les doucheurs et douclieuses de la Salpêtrière, de la Pitié et de Lariboisière. Nous les avons mis à l'épreuve, après leur avoir fourni des explications détaillées sur les diverses espèces de douches. Nous avons^ vu qu'ils ne savaient pas donner une douche. Nous les avons dressés et, pour nous assurer qu'ils n'ont rien perdu de ce que nous leur avions appris, nous les avons fait revenir, chaque année, à Bicêtre.
Ne pouvant y faire venir les élèves infirmières des établissements-écoles, nous nous sommes mis à la disposition des élèves libres de bonne volonté. Il ne s'agissait pas dun ordre, mais d'une simple invitation à laquelle elles pouvaient ou non réjjondre. Un grand nombre sont venus, hommes et femmes, delà Pitié, de la Salpêtrière et de Lariboisière. Toutes nous ont vivement remercié, sauf la rédactrice de la Revue des Deux Mondes qui n'a pas compris les mutifs qui nous guidaient et que nous allons rappeler.
Toutes les élèves des Écoles ne sont pas appelées à donner des douches. Les infirmiers et les infirmières peuvent être désignés pour cette fonction : elles sauront ce qu'est une douche, comment il faut s'y prendre pour la bien administrer. L'Administration comprendra qu'elle ne doit pas nommer, au hasard, la première personne venue, un garçon de chantier, un veilleur, etc., qu'il y a un choix judicieux à faire et dans ce choix, les médecins devraient intervenir et s'assurer
par eux-mcmcs do ra)j'i(u(le du candidat. Tout le monde n'a pas la main ([ui convient.
En ce ({ui concerne les élèves libres, les gardesmalades, il en est qui peuvent être api)elées dans les maisons particulières, à la campayne, à donner des douches ou à assister des parents ou des malades à la douche. Mais, et c'est le point important. ai)rès avoir vu avec ({ucUc facilité nos enfants prennent leur douche, elles pourront rassurer ou leurs parents ou leurs malades, conseiller leurs doucheur^, en un mot elles contribueront à aider le médecin qui a prescrit l'hydrothérapie, et rendront services aux malades.
Nous avons iini et, })our conclure, nous faisons de nouveau appel à tous les infirmiers de cette maison pour que l'an prochain ils profitent de l'enseia'nement de cette école. p]n sui\ant notre conseil, ils acquéreront les connaissances professionnelles indis-pensables pour bien soigner les malades, ils relèveront le niveau de leur profession et se montreront reconnaissants des sacrifices faits pour eux par la Ville de Paris, par l'Administration et par la République.
Discours prononcé à la distribution des prix de l'École de Lariboisière.
(Î5 juillet rjO-i.)
Mesdames, Messieurs,
Mon ami, le D'" Cornet, vous a exposé l'histoire des travaux de votre Ecole durant l'année scolaire 1903-1904. Il y a ajouté des renseignements très intéressants, des conseils très utiles que vous ne manquerez pas de suivre.
Permettez -moi, à mon tour, de relever certains points de votre enseignement et de votre situation administrative.
Les exercices pi'aticpœs ont été faits avec le plus grand dévouement par M'"" Duguet, M^'° Laurent et leurs collaboratrices. Dans ces exercices, au cours desquels vos maîtresses vous posent de nom])reuses questions, vous font participer vous-même à l'enseignement, nous veillons à l'éducation de vos sens, l'ius il y a de sens qui entrent en jeu dans l'acquisition d'une notion, plus il y a de chances que cette notion se fixe dans votre esprit et pour que vous ne commettiez pas d'erreurs.
Les examens ])rnti(iues nous permettent de nous assurer ([ue cette méthode d'enseignement est bien suivie. En i>laeant à côté l'un de l'autre les flacons d'éther et de chloroforme, nous faisons appel à votre oilornt. En })la(;ant à côté l'un de l'autre la teinture d'iode, le laudanum, le pcrchlorure de fer qui ne se différencient (|ue ])ar des nuances, nous mettons en activité votre œil et votre goàt. Dans la reconnaissance des poudres (sulfate de ([uinine, bicarbonate de soude, acide borique), le goût, le toucher, la vue sont mis à contribution. Nous cherchons, par ces procédés, à vous mettre en mesure de bien distinguer les médicaments en usage courant dans les salles. Nous complétons ainsi l'enseignement du Manuel — que vous devez lire et relire sans cesse; nous complétons l'enseignement de vos professeurs, si net, si précis et si pratique, quoi ([u'en disent des critiques qui, dédaignant nos invitations réitérées, ne sont jamais venus entendre les leçons qui vous sont données, ni voir ce que vous faites.
11 est im autre de vos organes ([uc nous cherchons aussi à pcrfe.-tionncr, c'est hv in:iiii. Dans ce but nous avons maintenu l'application des bandages les plus variés avec les Ijandes de toile, les bandages pleins, réchar})e, sur le mannequin. Votre main devient plus habile eî vous êtes rendus ainsi plus experts dans ra})plication, plus fac-ile, des bandes de tarlatane.
Bien faire un lit, lùen l'anujnager selon les cas, est un exercice que nous demandons toujour.'^ aux examens et qui a été demandé encore aux onze séances d'examen de cette année. La première chose que réclame le malade, c'est d'être bien couché, d'avoir un l)on lit.
La nomination des instruments, la désignation de
leuriisTg-G, leur g-roiipement pour telle opération, la lecture et la notation de la température, le montage des appareils les plus usités (thermo-cautère, pulvérisateur, aspirateurs, etc.) sont autant d'exercices qui vous sont enseignés et sur lesquels vous êtes interrogés. Ces examens dans lesquels vous sont posées un grand nombre de questions et qui durent pour chacune de vous de 20 à 30 minutes, ne laissent aucun doute sur la valeur de l'enseignement qui vous est donné. Tous ceux qui y ont assisté l'ont hautement reconnue.
Si nous insistons, chaque f(us que l'occasion s'en présente, sur les exercices pratiques qui ont lieu tous les jours du commencement i\ la fm de l'année scolaire, et sur les examens pratiques, c'est parce qu'il y a un véritable parti pris de leur refuser un caractère pratique, même de les nier.
Le D'" Toulouse, dans son livre récent sur les Conflits interdexiœls et sociaux, apprécie de la sorte les examens que nous vous faisons subir : « Le défaut des épreuves théoriques est tellement répandu, écrit -il, qu'il s'observe dans les milieux où les fonctions toutes pratiques devraient par cela même échapper à cette tendance vicieuse. On demande, par exemple, à une gardienne d'hôpital, qui postule au concours du diplôme d'infirmière, des connaissances d'anatomie, de physiologie, d'hygiène et de pharmacie qui ne peuvent le plus souvent être que des acquisitions purement verbales, et l'on oblige des candidates à peu près illettrées à composer par écrit. Par contre, on ne leur demande pas à prouver qu'elles savent faire un lit, donner un bain, préparer certains médicaments d'urgence, administrer des remèdes. »
Nier l'utilité des connaissances élémentaires d'ana-
tuiiiie, (le physiologie, criiygiriic, de })etite ]jliarnuicie, c'est nier l'évidence même, nous l'avons démontré bien des fois. Quant à celte assertion qu'on ne vous demande pas à prouver que vous savez faire un lit, donner un bain, préparer certaius médicaments d'urgence, administrer <les remèdes, elle est tellement contraire à la vérité qu'il sulVit de la signaler pour que vous en fassiez justice. Parler, écrire surtout, afTirmer sans être renseigné, est contraire à l'esprit scientifK[ue.
Les Écoles d'infirmières, vous le savez, ont été créées non seulement pour les infirmiers et infirmières des hôpitaux, mais aussi ])our les [inriles-innlades de la ville, désireuses d'être plus habiles dans leur profession, d'offrir plus de garanties aux médecins qui les emploient dans leu.r clientèle et dont l)caucoup ne veulent plus que des diph''nnées^ pour les mères de famille qui veulent se rendre pius aptes à seconder le. médecin en cas de maladie d'un des leurs, enfin, pour toutes les personnes de bonne volonté. D'année en année, le nombre des élèves externes est allé en augmentant à mesure qu'on s'est mieux rendu compte de l'importance pratique de l'enseignement professionnel. Nous regrettons cpie })armi elles ne iîgurent pas un plus grand nombre de sages-femmes et surtout d'institutrices (1). En 1902-1903, il y avait à Lariboisière, 92 élèves libres, cette année il y en a eu 111.
Nous avons toujours pensé que l'enseignement qu'elles reçoivent à ranq)hilhéâtre et aux exercices pratiques devait être complété par un singe, dont la durée serait à examiner, dans les salles de malades, médecine, chirurgie, accouchements, crèches. Sachant
(I) Elles jjourraiont parer aux i)elils accidents qui se produisent et mieux ai)|)ré(ler l'étal de sanlé de leurs élèves.
que beaucoup de nos élèves libres ont des occupations qui les retiennent, nous n'en avons pas demandé l'obligation. Mais nous avons réclamé pour celles qui lepeuvent, la facu/^é d'assister à ces visites, de passer quelques heures dans les salles et d'y participer à fotifes les besognes des infirmiers et des infirniières.
Autrefois, l'Administration a imposé son veto d'une façon absolue. Ce refus était d'autant plus étrange qu'elle accordait cette faculté aux élèves de l'Union des Femmes de France. Plus tard, nos réclamations persistant, on a autorisé, par faveur, quelques-unes de nos élèves libres à venir le matin à l'hôpital. Notre intervention auprès d'un certain nomln'c de nos collègues des hôpitaux a fait que, peu à peu, ce qui était une exception est devenu la règle. Ici, à la Pitié, à la Salpé trière et aussi dans quelques autres hôpitaux, tout le personnel médical vous a fait bon accueil. Les portes de la Maternité, qui étaient restées fermées, vous sont maintenant entre ouvertes. Elles s'ouvriront un jour tout à fait si les élèves veulent bien se soumettre à toutes les précautions nécessaires, plus impérieuses encore dans une maternité que dans un service de chirurgie. Proiitezde l'autorisation qui vous est accordée et, même après votre diplôme, venez le plus régulièrement possible à l'hôpital. N'oubliez pas que dans ces visites vous devez collaborer aux soins à donner aux malades, de la tète aux pieds, même aux soins les plus répugnants. Ce n'est qu'à cette condition que vous serez de véritables hospitalières et que vous pourrez être fières de votre diplôme.
S'il était possible d'organiser un stage régulier, bien surveillé, avec un registre des présences et des absences, des notes des chefs de services sur chaque élève, comme cela se pratique entre autres à l'École d'infirmières de Lyon, il y aurait lieu, alors, de les
faire entrer en ligne de compte pour ro])tention du diplôme, malheureusement nous ne sommes pas encore arrivés à ce degré de perfection.
Encore quelques mots sur un sujet qui intéresse nos élèves de toutes les catégories.
Pour bien vous renseigner, infirmières et élèves libres, nous reproduisons chaque année en tête du Palmarès le programme de l'enseignement qui sera complété l'an prochain par celui des exercices pratiques, où nous indiquons le nombre des comjwsi lions, le chiffre minimum de points nécessaire pour l'obtention du diplôme. Ces renseignements figurent dans le premier volume de votre Manuel et enfin nous les donnons en dictées dans les cours primaires. Vous devez faire toutes les compositions et à l'avenir l'Administration exigera, non pas le minimum pour une des trois compositions de chaque cours, mais le minimum moyen des trois compositions
En fin d'année, nous recevons des réclamations d'un certain nombre d'entre vous auxquels manque le minimum réglementaire pour une ou plusieurs compositions. L'Administration nous autorise de faire faire les compositions manquantes aux élèves absents pour des rai!<ons vraiment valables : maladies, accidents, service militaire. Aller au-delà constituerait un abus. Et, l'occasion s'en présentant, nous recommandons aux élèves de l'année prochaine de nous adresser leur réclamation aussitôt que l'empêchement se sera produit et de ne pas attendre à la veille des examens. Puisque nous parlons des compositions, rappelons que les compositions qui ont eu des ])rol'esseurs le minimum voulu ou au-dessus, comptent pour l'année suivante, de même qu'à la
'Faculté de médecine, par exemple, un examen passé ■avec succès demeure acquis lors même qu'on échoue à l'examen suivant.
Rappelons aussi que les compositions constituent un exercice excellent, car il permet à voi; maîtres de s'assurer que vous avez profité de leurs leçons et qu'elles vous oblig-cnt à réfléchir et à formuler votre pensée. Elles vous préparent, en outre, à bien prendre des notes sur vos malades.
Plus une administration est équitable dans ses promotions, ses gratifications, ses r('compenses, plus elle acquiert de respect et d'autorité morale. Dans .l'Assistance départementale, i)ar exemple dans les asiles, on demande l'avis des médecins sur le ])ersonnel secondaire. Dans rAssistance publique les interventions extérieures comptent quelquefois trop. Elles ne devraient pas compter du tout. Jamais on ne réclame de notes aux médecins qui, eux, vous voyant quotidiennement à l'reuvre, peuvent à bon droit faire valoir vos services. Aussi y-a-t-il eu de singulières promotions, des récompenses attribuées à des personnes qui font mal leur devoir, s'acquittent le moins possil^le des oliligations de leurs fonctions.
M. Peyron avait introduit i)lus d'équité, plus de justice dans les promotions et les nominations du personnel secondaire. C'est lui qui a décidé t{ue l'avancement ne serait plus donné ({u'aux diplômés ; c[u'on exi-gcrait le diplôme de toutes les femmes qui solliciteraient des places de dames visiteuses, de surveillantes des Maisons de secours, des dispensaires, etc. Nous avions aussi insisté vivement auprès de lui pour que les postes les plus avantageux, par exemple ceux de sous-employés au chef-lieu, dans les Maisons de secours, les dispensaires fussent attribués aux
— 'l'iO —
siii'voillanls dU surveillantes, ayavil rendu déjà de ii()inl)reux serviees, eonuus jjoiir leur zèle, leur inlelligenee etlcur dévouement. Lejourest peut-être proche où celle niesui'e recevra son a])j)lieation.
l']n Ici'ininant. après avoir constaté avec plaisir les progrès r(''a]is('s dans celte (''cole, les efforts faits pour rendre l'enseigneincnl de plus en plus complet, remercié les m<klecins, chirurgiens et accoucheur de la liaison, du bienveillant accueil fait aux élèves libres, do leur ])articipalion, que nous désirerions encore plus active, à leur instruction professionnelle, nous invitons toutes nos diplômées, les infirmières aussi bien que les élèves libres, à aider à la laïcisation des hôpitaux de j)rovince et, dès maintenant, nous leur signalons licims, Salins, Dijon, Grenoble, Narbonne, Noliant et Carcassonne qui font appel à leur concours. En le faisant, elles nous aid(n'ont dans le lion combat pour la Laïcisation, })our la Hépubliipie.
Discours prononcé à la distribution des prix de l'École de la Pitié.
(•20 juillet 190 i.)
MESDA5IES, Messieurs,
Dans toutes les eércmoiiics de ce g-enre. nous avons la coutume de tracer aussi sommairement ([ue i)Ossiblc l'histoire des travaux de chacune des écoles. Dans cette tâche, nous suivons le même programme, ce qui a iDOur résultat de permettre des comparaisons entre chaque école et avec la même école pour les années passées.
Comme la loi sur l'ohlig-ation de l'instruction primaire n'est pas encore appliquée régulièrement partout, et que les conditions matérielles faites au personnel restent toujours très défectueuses, en d'autres termes qu'il n'a pas à sa disposition des chambras individuelles, hygiéniquement aménagées, il en résulte que le recrutement laisse toujours à désirer, queTAdministrationne peut exiger à l'entrée le certificat d'études et que beaucoup de jeunes femmes, qui nous viendraient volontiers s'y refusent à cause de la promiscuité des dortoirs insalubres, de l'absence du confort le plus élémentaire des rélectoires, de l'insufTisancede
cnnsidéralion ([u'oii leur h'inoig-iie trop Roiivcnt, il a donc fallu annexer des cours prunuires aux écoles jJVofessioiineUes. C'est ee (jui existe à Bicétre, à la Salpêtrière, à Lariboisière et ici.
hcH cours p)-!iii;iires. (•r('(''s i)ai*?^I. Joly. votre directeur, le 8 décembre J8'-8, oui eomniencé \c 8 octobre et se sont terminés après les examens du certincat d'c' Indes qui ont eu lieu le 27 mars, sauf pour quelques ('lèves qui ont tenu à se perfectionner et ont travaillé juscpTau oO juin. Sur 15 ('dèves présentés [S femmes el 7 bomnies , onze ont été reçus (5 femmes et 6 hommes!, ce qui porte à 50 le nombre des certificats d'(''tudes obtenus par r('"C(ile jirimairc de la Pitié depuis sa l'oudation. I^endant le ])remier trimestre de l'année les ('-lèves ont tr.i\ aillé' tous les jours de 8 b. à 9 b. 1/2 du soir, ({uelquefois mémo l'après-inidi, quand le service le i)ermettait pour arriver au meilleur résultat possible. Ces résultats, dus à T\I. ( ^alux et à M"" Clément, surveillante, jiourvus du brevet de capacit(', méritent d'attirer Tatlention de l'Administration. 11 conviendi'ait d'en récom])enser les auteurs et de leur attribuer la ménie indemnité qu'à leurs collègues d(^s cours primaires des autres Ecoles. Il conviendrait aussi d'ohliçier les infirmiers et les infirmières n'ayant pas une instruction primaire convenable à assister ri-ynlièrtunent à ces cours.
Nous avons l'habiiu le, iei, de condenser les renseigMiements sur tous les cours prim:iires annexés ou non aux é.-oles professionnelles. — A l'hôpital de Berck, (M"'' (luillauinin . 9 cerrilicats d'études(l). — A l'hos-
(1) M""' Daudet (Anna), EvarLstc (Simone), Gallier (Louise), Garnici- (Kulalie). Masse (Céline», Marcotte lAmécéci, Le Maire de la Neuville iMar.uuoritCj, Liaé i.Iuliai. Nayrat (Marie),
picc des Enfants assistes, M'^" Glais qni depuis des années s'occupait avec un g-rand dévouement de l'instruction primaire des infirmières a dû interiompre ses cours à cause du mauvais état de sa santé. Mais à l'annexe de Tliiais, l'institalrice, M'"" Wetzel, a eu cinq infirmières reçues au certificat d'études (1). ISouhaitons ({ue M"' Glais puisse reprendre ses leçons au dé])ut de la prochaine année scolaire. A l'hôpital des Enfants malades, il n'y a plus d'école primaire.
A l'hôpital Tenon iM""^ Dubourg-j, il y a eu 7 candidats dont 6 ont obtenu le certificat d'études. 11 y avait autrefois un cours primaire à l'ancien hôpital Trousseau ([ui a été supprimé, ce que nous regrettons, au nouvel hôpital. Rappelons Bicôtre 12. certificats d'études, la Salpêtrière 8, Lariboisière 14, la Pitié 11, soit au total 65 pour l'année 190i.
Uenselgnemcnt pi-ofessionnel a été donné régulièrement par les mêmes professeurs ([ui, la plupart, ont fait des leçons supplémentaires. M. le D"" de Frumerie a fait, ici, comme dans les autres écoles, son cours de massage qu'il a complété, dans la mesure du possible, par des exercices pratiques. Suivant la tradition des conférences ont été faites par M. Morel sur les Parasites du corps humain^ par M. le D"" Foulard sur le Rôle de V infirmière dans le traitement des maladies des yeux, par M. le D"" Laurens sur le Rôle de l'infirmière dans le traitement c'e.s maladies des oreilles, du ne: et du lan/nx, par M. le D"" Cornet sur les Signes de la mort, l'ensevelissement, les différents modes de ''épulture et les avantages de l'incinération sur V inhumation (avec projections faites par M. Mesnard).
(1) M'"" Ollivier (Marie), Réjas (Jeanne), Glaziou (Marie), Rèmond (Léa), Lavigne (Ezilda»,
Le )i())iii)re des insci'iptions en l'.IOo-1901 a été de
Femmes.
ElèvL's libres 88 i i
InCinuièrcs de la Pitié 50 | 268 1
Inlu-inières des ÉUibUsscinents l-?l' |
Hommes. ,
Elèves libres -l'i\ 1
Infirmiers de la Pitié 29 > 118 j
Inlirmiers des Établissements 0.")) ,
Les exercices pnitiques ont clé fails })Our la médecine par M"" JoiNET.vuD, surveillante ; pour la chirurgie ptxr W^" Clément, surveillante, qui, en outre, comme nous l'avons dit, est charg-ée du cours primaire des inlirmières: pour VemmaiJlolement et les soins à donner aux femmes en couches, à titre gracieux, par M""' Chineau, sag-e-femme en chef de la Maternité de la Pitié; pour les ventouses par M. Thévenot; pour les bnins et les douches par M. Godillot et ^P'^^Poujol.
Le programme des exercices pratiques a été exécuté complètement.
Les cours pratiques de médecine ont commencé dans les premiers jours d'octobre et ont fini le 8 juillet, soit 108 leçons. 3 récapitulations générales ont occupé 3 après-midi. I^armi les élèves libres, une vingtaine ont fait un stage de plusieurs mois dans les différents services (3 h. et 17 fem.) Elles aidaient Je personnel à donner les soins et à faire les pansements. Quelques-unes se sont astreintes à un véritable service d'infirmières, arrivant de bonne heure, lavant, coiffant les malades, changeant, nettoyant les gâteuses, donnant tous les soins exigés par l'hygiène, administrant les médicaments (lavage de l'estomac,
lavements, injections sous-cutanées, vag'inales, posant les ventouses, prenant la température, etc.), et cela, dit M"*^ Joinetaud, avec une })art"aite bonne grâce.
Les cours pratiques de petite chirurgie et bandages ont été faits au début de l'année scolaire par M"" Laudin qui, tombée malade, a été remplacée du 12 avril au 5 juillet par M"" Clément. Celle-ci, consciente de la tâche délicate qui lui était confiée, a voulu suivre pendant quelque temps les cours pratiques de la Salpêtrière. « Toutes les élèves qui ont assisté au cours, dit-elle, n'y ont pas apporté seulement de l'exactitude, mais encore une grande attention, un grand désir de s'instruire. » Là aussi le programme a été suivi : notions sur l'antisepsie et l'asepsie,' sur les pièces de pansements, les gouttières, les appareils, les instruments, la manière de stériliser et de nettoyer très minutieusement ces derniers, apprêt des divers objets nécessaires pour chaque opération, etc.
« L'application des dilïéi'onts bandages a été faite avec non moins de régularité, et tous ceux qui iigurentau programme ont été vus. La bande d'Esmarch a donné lieu cà une explication détaillée sur les différentes sortes d'hémorrhagies, et sur la façon de les atténuer, en attendant l'arrivée du médecin.
« Des appareils ])làtrés ont été confectionnés devant les élèves, ainsi que l'appareil de Scultet, afin do leur en donner une idée exacte.
« En somme, on ne peut que féliciter les élèves de leur assiduité, de leur attention et l'on pourrait dire même, de l'ardeur qu'elles ont apportée durant tout le temps du cours pratique. Plusieurs d'entre elles sont venues s'exercer même le dimanche: craignant toujours de ne pouvoir atteindre le but proposé, elles travaillaient deux et trois heures par séance. »
Les exercices pratiques d' accouche ï rien ts ont compris quatre leçons à l'amphithâtre où cette année M'"'' Chineau a pu réunir toutes les infirmières, leçons
•dans los({uollos elle a rappelé les cniirs de ?il. Dubrisay. Puis, par srries, les élèves se sont rendues dans son service pour apprendre à emmailloter les enfants, à soiu-ner les l'emmes dans les suites de couches, à connaître les instruments servant en obstétrique. (^)u('l([ues-unes sont venues faire des stages variant de 8 jours à un mois.
Les Jer-ons de />a/H.9, do douches, de pose des ventouses sèches ou scarifiées, d' application des sangsues ont continué comme parle pa«sé.
Les cours pratiiines ont eu lieu tous les jours quelquefois mémo le dimanche. Tous les maîtres, toutes les maîtresses ont apporté un grand zèle dans la partie respective de renseignement qui leur est confiée et méritent les félicitations de l'Administration.
Cette école est fréquentée non seulement par le personuel de la Pitié, mais aussi par des inlirmiera et infirmières d'autres établissements. En raison de leloignement, il est difïicile de les faire venir régulièrement aux exercices pratiques. 11 en résulte, d'ailleurs pour eux, fatigue et dépenses. Afin d'obvier à ces inconvénients, nous avons demandé à l'Administration d'instituer des cours praticpues auxiliaires à la Charité, à Tenon, à Nccker et à Cochin, en invitant toutefois les élèves de ces hôpitaux à assister ici, en juin, aux exercices de leur école, en vue d'être mieux préparés à subir l'examen final et de bien connaître les appareils, les instruments, les médicaments sur lesquels elles seront interrogées.
On trouvera dans le Palmarès des renseignements sur ces cours auxiliaires. Nous nous bornerons, pour le moment, à dire qu'ils sont faits.
A la Charité par M'^" Filet, surveillante.
A l'hôpital Tenon par M"" Bonnet. (Elle n'avait plus que sept élèves à la lin de juin.) A l'hôpital Necker par M'"" HuMBERT, M. Artreux et Desdoret.
A Cochin par M'"" Boisson. Voici son résumé.
«Cent treize leçons pratiques ont été faites du 11 novembre au 8 juillet. Elles ont eu lieu quatre fois par semaine de 2 h. à 3 h. pour les infirmières et de 7 h. à 8 h. pour les inlirmiers. Ving-t six leçons supplémentaires ont été faites de 2 h. à 3 h. 1/2 aux infirmiers et infirmières se préparant au diplôme pour compléter leur enseignement pratique. Soixante seize élèves ont suivi ces leçons.
Intînnières. Infirmiers.
Cochin 42 15
Enfants assistés 10 »
Maternité 4 »
Baudelocque 3 »
Broca 1 »
Élève libre 1 »
Vingt six d'entre eux se préparaient au diplôme. »
Ces cours auxiliaires pourraient donner des résultats considérables, ils n'en fournissent que de relatifs. Dans notre pensée, ils devraient être suivis par tous les infirmiers et infirmières de la maison et des maisons voisines, organisés en séries, môme par les diplômés qui perfectionneraient leur instruction professionnelle. Ces cours enfin devraient être faits sur le modèle de ceux des écoles. C'est à cette intention que nous avons fait à la Salpêtrière, au commencement des dernières années scolaires, une réunion de toutes les maîtresses des cours pratiques. Nous en reparlerons samedi à la distribution des diplômes. Nous comptons sur M. Mesureur pour assurer leur bon fonctionnement l'an prochain et pour récompenser les maîtresses de ces cours en proportion des services qu'elles rendent.
Écoles d'Infirmières, 1903-1?04. 31
Les examens 2:)ratiques ont été su])is par 183 élèves, soit 63 (le plus qu'en 1902-03.
Infirmières de la Pitié 32
Infirmiers — 12
Infirmières des établissements 77
Infirmiers — 18
Élèves libres (femmes) 38
Élèves libres (hommes) G
Total :. Ï83
' Nous assistons aux examens dans les quatre écoles et nous en profitons pour prendre desrenseignements sur toutes nos élèves: nom, lieu de naissance, professions antérieures, position actuelle, motifs de la fréquentation de l'école, diplômes, brevets ou certificats, etc. . Cette statistique que nous poursuivons depuis une vingtaine d'années contient des renseignementstrès intéressants ; nous les résumerons un jour. Elle a offusqué l'an dernier une de nos élèves libres qui, ne se rendant pas compte du but poursuivi, s'en est moquée... un peu lourdement dans un article de la Revue des Deux mondes. Nous eij retiendrons seulement, ici, ce qui a trait à l'indication des diplômes et certilicats concernant le degré d'instruction des élèves: un possède le di})lôme de bachelières-sciences, 5 le brevet supérieur, (3 le brevet élémentaire, 90 le certificat d'études primaires, soit au total 102, chiffre supérieur de 20 à celui de 1902-1903. D'où il suit que le niveau de l'instruction primaire de nos élèves s'élève d'année en année. Nous pouvons ajouter qu'il en est de même dans les autres écoles. Nous reviendrons sur ce fait à la distribution des diptô)nes à la Salpètrière.
De même que les années précédentes, nous croyons utile de donner des renseiu-nements sur le mouve-
ment des élèves au point de vue de l'enseignement professionnel.
Femmes.
Elèves ayant passé Nombre de diplôles examens prati- mes obtenus par qnes. catégories.
Élèves libres 38 ] 32 ]
Infirmières de la Pitié 3i > 147 26 > 121
Infirm'-es des Établissements. 77 ) 03 )
Hommes.
Élèves libres 6 ] 5 \
Infirmières de la Pitié 12 [ 3G ;. | 28
Infirmi-esdesÉtablissemenls. 18 ) 18 )
Au début de l'année scolaire, il y a eu 504 élèves inscrits; plus tard ce chiffre s'est élevé à 386 sur lesquels 183 ont subi l'examen pratique. 149 seulement ont obtenu le diplôme. Ces éliminations sucessives, démontrent péremptoirement, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, que n'a pas le diplôme qui veut, comme certains le prétendent, et qu'il n'est accordé, qu'aux élèves qui ont fait des efforts sérieux et prolongés.
Ces résultats font honneur à vous, à vos maîtres, à vos maîtresses, au directeur de la Maison, M. Joly, qui s'est toujours montré l'un de nos meilleurs collaborateurs. L'Administration lui a tenu compte de ses longs services en lui décernant la médaille d'honneur de l'Assistance publique. Nous espérons qu'elle saura encore mieux faire pour lui..
Le nombre des diploriiés de la Pitié, depuis l'établissement du diplôme (1883) s'élève à 2.037,
Les renseignements que nous venons de vous donner sur les cours j^rirnaireSj les cours jw a tiques ^ de
cetle école, les ronr.s' pnil /(jues aiixiJiah-es des aulreb hôpitaux, mettent en relief les efforts qui sont faits pour Y histrucUon priiiinire ot professionnelle du liersonnel secondaire des hôpitaux.
Désireux de voir ce personnel de plus en plus à la hauteur de se mission, aussi parfait que l'humanité le comporte, nous voudrions des résultats encore plus considéra])les. Tels qu'ils sont, ils méritent d'être enregistrés ; ils témoignent des services rendus aux infirmiers et infirmières et par conséquent aux malades.
Le programme des réformes que nous avons tracé il y a plus d'un quart de siècle en le mettant mieux au point d'année en année, si souvent rappelé se réalise peu à peu. Nous avons parlé l'autre jour à 'Bicêtre de Vaméliorntion du costume des infirmiers pendant la saison cliaude. La nouvelle tenue d'été leur procurera plus de confort. Les crédits manquant pour la transformation radicale de vos logements, la transformation générale de vos dortoirs insalubres, fabriques -de turl)crculose, en chambres individuelles bien aménagées, nous avons fait campagne pour qu'on accorde aux infirmiers et infirmières mariés la permission déloger dehors. L'Administration est entrée dans cette voie : A force de réclamer, on finit par obtenir.
Apres avoir toléré l'habitation au dehors à vos frais, elle a créé, avec juste raison les indemnités de logement. Ici, il y a 44 indemnités de cette nature de 180 francs chacune j)0ur 44 infirmiers et infirmières mariés.
\'otrc alimentation est en voie d'amélioration. A la Pitié, on a fait des essais dalimentation nouvelle, il n'y a plus qu'un seul réfectoire pour les gradés ou non, il n'y a plus de bouilli que deux fois par semaine au lieu d'une douzaine. Vous avez du café au lait tous les
matins et du dessert deux fois par jour, légumes matin et soir. Tout cela parfait, et très goûté du personnel, nous assure votre directeur.
Les années passées, on pouvait dire avec juste raison que, dans les hôpitaux, la nourriture était mauvaise et, comme triste consolation, les infirmiers et les infirmières pouvaient dire : elle est tous les jours la même chose, t^ormons le souhait que la réforme en train s'étende promptement à tous les établissements hospitaliers.
Rappelons l'élévation de vossnlaîres. en voie aussi de réalisation.
Nous continuons à réclamer l'organisation d'une Sci/ie deréunion^ d'une bibliothèque, le développement du musée professionnel, commencé dans cette maison par votre professeur, M. le D'" Petit-Vendol.
Nous continuons à réclamer fortement, pour perfectionner votre instruction pratique, le roulement de service en service. Il vous permettrait d'acquérir une plus grande expérience en vous mettant en contact avec les chirurgiens, les médecins, les accoucheurs, de voir les différences qui existent entre chaque service au point de vue des chefs, des procédés qu'ils emploient, et aussi au point de vue de vos surveillants.
Les réunions mensuelles du personnel médicochirugical, organisées par M. Mesureur, permettent aux directeurs de plaider en faveur de ce perfectionnement de votre instruction sur lequel M. Combes a appelé l'attention dans sa circulaire concernant la création des écoles d'infirmières.
Ici, comme dans les autres écoles, nous avons des élèves libres dont le nombre va progressivement en augmentant; la plupart n'hésitent pas à assister aux visi-
les (lu iiiatin ot à rcmi)lir intégralement les fonctions cVinfirniieres, même dans leurs j^arlies les moins agréables. Certains s'en émeuvent et prétendent que c'est les encourager à se substituer aux médecins. C'est là une erreur. Tous ceux qui partici[)ent à l'enseignement évitent avec le plus grand soin d'apprendre aux élèves à faire de la médecine et leur répètent sans cesse que ce qu'on cherche à faire d'elles ce sont des auxilaires des médecins. A chaque instant aussi, on leur signale les graves inconvénients qu'il y aurait pour les malades si elles s'immisçaient dans le domaine de la médecine et la lourde responsabilité qui leur incomberait en cas d'accident.
Aux élèves libres qui veulent exercer le métier de gardes-malades nous rappellerons qu'il existe ici, à la Pitié, un Registre sur lequel nous leur conseillons de s'inscrire. Aucune ne devrait y manquer. Il y va de leur intérêt, car ce registre permet à l'occasion de les recommander aux familles qui ont besoin de gardemalades.
Nous voudrions voir aussi les élèves diplômées former une Association et cr.éer un Bureau de renseifpiemenls où les municipalités, qui veulent laïciser leurs hôpitaux, pourraient trouver des surveillantes et des infirmières instruites, obéissantes et dévouées. Un mouvement sérieux on faveur de la laïcisation s'accuse de plus en plus. Ainsi à l'heure actuelle on demande un personnel laïque à lîeims. Salins, Dijon, Grenoble, Narbonne, Nohant et Carcassonne. Dès maintenant celles d'entre vous qui le désirent peuvent s'adresser aux maires de ces villes. Vous réaliserez l'un des buis pour lesquels ont été créées les Ecoles d'inlirmières : aider à hi laïcisation des hôpitaiix de province, des infi rmeries des établissements d'ensei-
gnement. (Lycées, collèges, écoles normales, etc.). Une élève libre de l'an dernier, Mlle C..., dans un article publié dans le n" du 15 janvier de la Revue des Deux Mondes intitulé : Une école d'infirmières en 1003, Journal d'une élève, article plein d'erreurs et d'exagérations, a découvert avec étonnement que, l'enseignement professionnel de l'Assistance publique était une œuvre politique, ^'oici son texte :
« 9 novombre. — Lu les six cours d'administration, — prose étrange ; on constate que la première préoccupation de l'auteur a été de repousser le spectre de la Congrégation. Je transcris: ces lignes sont à conserver .... « Il est certain que la question politique n'a pas été étrangère à l'événement ( la création des écoles municipales d'infirmiers et d'infirniiéres ). Le cléricalisme, voilà l'ennemi ! Ce cri de ralliement, si vibrant et si clair, nul groupe politique ne l'a mieux entendu, adoptéj suivi, que le Conseil municipal de Paris. Dans le discours qu'il a prononcé le 20 octobre 1885 à l'hospice de la Salpêtrière, M. Bcurneville traitait la question en ces termes:
K La société civile, si elle ne veut être sans ce?se en lutte contre les envhaissements perpétuels de lasociété religieuse, doit enlever aux congrégations tous les moyens d'action, toutes leurs ressourses officielles. Tout congréganiste, quelle que soit sa robe ou sa coiffé, est d'ores et déjà un ennemi irréconciliable de la société civile. En l'éliminant, en lui enlevant traitement et moyen de propagande,-on rendserviceà la société civile sans lui créer un ennemi déplus. Et, chaque fois au contraire qu'on remplace une sœur par une laïque, un frère par un laïque, on rend service à la société civile, sans lui causer de tort. Loin de là: c'est qu'en effet on attache à la société civile non seulement la personne c{ui remplace la religieuse, mais sa famille toute entière, solidaire dans ses intérêts. La religieuse, elle, a renié sa famille (1). » « Ainsi l'enseignement professionnel de l'assistance publique est d'abord une œuvre politique ! »
(1) Manuel fie l'infirmière et de la garde-mnladc. t. IIL p. 3.
Toutes les rc'-formcs ont un caraclrrc pfditique. Dans celle des Ecoles (Vinfirmièrcs dont nous avons eu l'initialive, la politique ne venait qu'en second. L'idée principale était de donnerrins'/r/(r^/o/? professionnelle à tout le personnel hospitalier. Les relit>"ieuses, non seulement ont fui les écoles professionnelles, œuvre diabolique à leurs yeux, mais encore ont tout fait pour en éloigner les infirmiers et infirmières sous leurs ordres. L'an passé seulement, une demi-douzaine de religieuses de l'hôpital de la rue de la Santé, cette année onze religieuses Augustines deriIôtel-Dieu ont suivi assidûment, avec un grand succès, les cours de la Salpêtrière. En revanche, depuis 1878, des milliers d'infirmiers et d'infirmières ont su profiter de cet enseignement, quoique en moins grand nomJDre que nous le désirons. Do ce fait même, naturellement, nécessairement, la laïcisation des hôpitaux s'imposait, car il était inadmissible que ceux qui s'instruisaient fussent condamnés à rester au second plan, en sousordre. C'est donc à ceux qui, après une pénible journée de labeur, consentaient à profiter de l'enseignement qui leur était offert, que devaient revenir les postes dégradés, au grand avantage des malades. Et c'était justice.
Elle s'imposait aussi pour d'autres raisons, très multiples. Nous les avons souvent exposées. Nous nous contenterons de rappeler deux des plus significatives : le défaut (Vabéissance des Religieuses, la violation par elles, obligatoire pourelles, delà liberté de conscience.
Un exemple seulement sur chacun de ces deux points. Ils sont tout récents.
Dans son rapport sur son service pour l'exercice 1903, M. le D'' Taguet, médecin en chef de l'asile de Maison Blanche, s'exprime ainsi :
« Tous les médecins d'asiles sont unaniiiles â se plaindre que les traites passés avec les communautés religieuses laissent à la supérieure générale de l'ordre, le droit de déplacer une sœur sans être tenue d'en faire connaître les motifs à qui que ce soit. Chargé de l'organisation do l'asile du Morl)ihan, je m'étais refusé à proposer un tel traité, j'ai dû m'exécuter, mais je ne l'ai pas fait sans protester. »
Citons maintenant un fait qui démontre le mépris absolu des Religieuses pour la liberté de conscience. Nous le résumons d'après l'un des numéros de janvier de \i\ Semnine religieuse du diocèse de Paris (Ij.
Un modeste employé, franc maçon, ayant s-a femme atteinte d'une grave maladie, eut recours pour la soigner à une religieuse. « Sans voir ce qu'il y avait de bas à poser des conditions à la religieuse qui se faisait généreusement la servante de sa femme pour l'amour du Sauveur, il lui déclara qu'il ne voulait pas qu'elle parlât de religion à la grabataire, La sœur ne releva point ces propos , dit le narrateur M. A. Germain, et se mit en devoir de remplir sa mission, fermement résolue à ne rien négliger pour rappeler à celle dont on lui confiait le corps que notre vie ne finit point avec la mort terrestre. Quel chrétien accepterait de taire les paroles qui peuvent contriljuer au salut d'une âme?
« Quelques jours se passèrent sans qu'une occasion favorable se présentât pour donner à la malade les soins spirituels dont elle avait grand besoin. Mais notre religieuse priait avec ferveur pour cette infor-
(1) On en trouvera le texte complet dans le n" 21. p. 3i8 du Progrès riK'dical (190'i).
tiinée. Bientôt, l'aclioii de la grâce détermina la malade elle-même à ])arler du Dieu consolateur. Ses forces s'épuisaient, elle sentait que sa dernière heure approchait et une force incoercible la poussait à s'y
])réi)arer La sœur lui prodigua les plus douces
consolations, lui rendit res})érance en ravivant sa foi de jadis..,, et elle fut assez heureuse pour la décider à se confesser et à recevoir l'extrême-onction.
« Toutefois... , la réalisation de ce pieux projet présentait (piclques dinicuUés. Si l'on mandait le prêtre dans la journée, dos locataires irréligieux ne manqueraient pas d'avertir le frère trois-points. .. D'autre part, l'état de la grabataire empirant, il fallait se hâter. Confiante en la Providence, la Sœur demanda donc à l'un des vicaires de la paroisse de venir dans la nuit même réconcilier la convertie avec le divin Maitre. On pouvait espérer que le farouche maçon, fatigué par son labeur, dormirai^, à poings fermés. Sa femme, qui n'avait j)his (|u'un souffle de vie, ne ferait certainement pas de bruit en confessant ses péchés... En effet tout alla bien. Le mari couché, la religieuse appela des voisins favorables au dessein de mourir chrétiennement et, i)Our cette raison, mis dans le secret.
« Tandis que la femme l'aidait à préparer la chambre pour y recevoir Notre-Seigneur, l'homme courait chercher le prêtre Ces braves gens s'étaient appliqués à marcher légèrement; néammoins, le maçon avait entendu un remuement insolite, et, comme il savait la malade très affaiblie, il demanda ce qui se passait et s'il devait se lever. Il y eut un moment de légère émotion. Mais la religieuse dissipa l'inquiétude du mari et, dès qu'Use fut rendormi, elle donna deux tours de clef à la porte du cabinet où il couchait. Peu après, le prêtre entrait avec le St-Viatique. La mori-
bonde se confessa, puis reçut pieusement le Sacrement ineffable
« Le lendemain, la cbambre purifiée par le passage du Dieu-Hostie avait comme une atmosphère de piété et le visage de la convertie rayonnait. On pouvait croire qu'une nouvelle vie l'animait. — Comme tu parais contente ! fit son mari, très frappé par cette expression. — Je le suis en effet. Il me semble que j'ai un poids de moins sur mon pauvre corps. Le soir même, elle mourait. Et ce qui navra pardessus tout le franc-maçon, ce fut d'apprendre que sa femme
s'était réconciliée avec Dieu Au moins, conclut
le sectaire, vous n'aurez pas son cadavre! — L'âme est sauvée, répondit notre sœur, c'est l'essentiel »
Ce fait, dont personne ne peut contester l'authenticité, est donné comme exemple. La conduite de la religieuse qui a violé d'une façon si odieuse, et en usant de procédés aussi abomina])les que jésuitiques, la confiance d'une famille, est signalée comme méritant d'être imitée. On no saurait justifier plus pleinement la laïcisation des hôpitaux qui assure le respect de la liberté de conscience. La Religieuse, infirmière de l'âme, est l'auxiliaire du Prêtre ; l'infirmière laïque, soignante du corps, est l'auxiliaire du médecin. Dans ce cas, et nous ne saurions l'en blâmer, la sœur s'est conformée aux statuts de sa congrégation : sauver l'âme d'abord, viendra ensuite le salut du corps, s'il en est temps encore (1).
Où ouest la réforme? Un grand pas a été fait cette
(1) Chacun sait (dans les hôpitaux) et que lorsqu'il y a imminence de mort, les sœurs font prévenir d'abord le prêtre, puis le médecin ou l'interne de aarde.
année. Sisi-nalons la laïcisation par M. Conihcs, des Quin/,('-\'ingls et la Maison de Charenton; — ■ i)ar notre ami Camille Pcdleiande tous les hôpitaux delà Marine; — • par M. le général Andrcdctousles hôpitaux militaires, y compris le Val de Grâce (1), — enjin la laïcisation de quelques hôpitauxde province, l'hospice de Luvcy-Lé\ y (Allier), de Ijéziers (Hérault), de Toulon, etc.
I'"t Paris et l'Assistance puldique vous demandereznousV Pour achever la réforme commencée, il reste encore à Paris à la'iciser cinc[ maisons de secours (2), deux étahlissements nationaux de bienfaisance, l'Inlirmerie du Dépôt de la Préfecture de police, la maison de Saint-Lazare, l'Ilôtcl-Dieu et Saint-Louis, lesinlirmeries des grandes écoles et des lycées. Piien ne s'oppose à la substitution d'un personnel la'ique au personnel religieux dans ces établissements saufdans les deux hôpitaux pourlesquelles une loi est peut-être nécessaire.
Il appartient au nouveau conseil municipal, représenté ici, aujourd'hui, par son président, M. Desplas, par plusieurs de ses membres, MM. Brousse, Brenot, Lampué, Piperaud, Weber, et dont la majorité est franchement républicaine, do réaliser définitivement, à courte échéance, piiis(iiu' le personnel hihiuc néces-
(1) Au Val (le (Iràco. il y avait '^.j religieuses qui n'élaient là que pour la figuration, car lnui le service était fait par les infirmiers militaires. I^a laïcisaiiun n'a pas lirevé le budget. Mêmes obscrvatiniis ixiur les autres lin|Miau\ militaires.
ri, 1" arniiiiiisscmenl. 17 rue ilc l'Arbre Sec; 8' arroiulissemenl, IJ, rue ^btiiieau: 10" arrondissement. 72 rue Lauriston et (J8 rue du P»anelagli, -2:) rue .louvenet. — Les Fondations ouvertes depuis le \-' Janvier li)03 sont on l',K):5 : la Fondai ion-ouv)'oir Bouciraul de liollômo (Orne), nrcc personnel congrégnniste (clause testamentaire et la l'iiiKJation Gréban de l'ontourny-Laborie et Daru de Kroide-fonds. Asib; >:ainl Josepli- à Jieaumont-en-Vayen (Luir-cl- Clier). avec pcrsonncd laïc.
saire existe, \ci laïcisation de tous les services d'assistance, inlerronipue parledernier Conseildont lamajorité réactionnaire et cléricale a essayé de détruire les Ecoles d'infirmières, sauvées g'râce à l'intervention de M. Waldeck-Rousseau.
Nos amis peuvent d'autant plus insister que chaque année voit diminuer les résistances de lapartdes chefs de service qui en voyant à l'œuvre leur personnel laïque, de plus en plus expérimenté, plein de bonne volonté, obéissant, collaborent maintenant à votre enseignement en vous ouvrant leurs salles, et vous encouragent par des récompenses qui s'ajoutent à celles de l'Administration.
Grâce au concours de tous, nous ferons de vous des infirmiers et inlirmières instruits, dévoués, fraternels, désintéressés et cela pour le plus grand bien des malades. En suivant nos conseils, vous contribuerez puissamment au développement, à l'achèvement delà laïcisation et vous rendrez service à la République dont vous devez être de fidèles et d'actifs serviteurs.
En remettant un prix à M"'' de St-Roman, M. Bour- NEViLLE s'est exprimé ainsi :
Mademoiselle, je vous félicite, je vous remercie.
.Je vous félicite parce que, rien ne vous y obligeant, pouvant suivre les cours, les exercices pratiques, même la visite des chefs de service, vous avez voulu faire plus, vous avez voulu exercer de la façon la plus complète la profession d'infirmière, en remplir toutes les obligations, soigner les malades de la tête aux pieds.
Je vous remercie parce que vou^; avez donné un
l)cl cx('ni})le. Déjà nous avons eu des élèves libres, il y en a eu encore cette année, ici, ailleurs, qui ont fait en partie le métier d'inlirmière, vous, vous l'avez l'ait complètement, vous avez vécu de la vie de vos camarades, vous avez participé à leurs repas, A'ous connaissez bien leurs ([ualilés, leurs d<''t"auts. Sachant, pour l'avoir accomplie, quelle est leur lourde et pénible ])esog"ne, vous oubliez leurs défauts et ne voyez que leur zèle, leur dévouement.
L'exemple de vos compagnes, élèves libres, le vôtre, montre que la fréquentation des hôpitaux de Londres, 'que l'on cite, par des femmes de situation élevée, d'éducation distinguée, existe également chez nous, ce que l'on ignore. Vous m'avez fourni l'occasion de le proclamer publiquement. Encore une fois, merci !
Discours prononcé à la distribution des prix et des diplômes de l'Ecole de la Salpêtrière.
(30 juillet 11104.)
Monsieur LE Président, Mesdames, Messieurs,
De même que les années précédentes, après avoir tracé l'histoire de l'École de la Salpêtrière durant l'année scolaire, résumé les travaux des quatre écoles, nous exposerons quelques considérations g-énérales sur les améliorations réalisées ou à réaliser dans l'enseignement et dans la situation du personnel secondaire.
Ici, comme à Bicêtre, à Lari])oisière et à la Pitié, par suite de l'insufTisance de l'instruction primaire d'une partie encore trop considérable des infirmières, insulïisance et parfois nullité à l'entrée, est annexée une école priinsiire.
Les cours y sont faits par des institutrices brevetées : M'""' RosEL (1), CoRBON, Patoueille, Tourte et Mercier, assistées de M'"" Imbert, surveillante. Le nombre des élèves était de 133 en octobre 1903 et de
(1) Nous avons énuniéré leurs titres universitaires dans le Palmarès de 190-MOti;5, p. 139.
103 en juin 1904. Les cours ont commencé le 5 octobre. 8 clcvcsont obtenu on mars le certificat d'études primaires (1), ce qui porte à lO't le cbiffre de ces certiiicats depuis 1895. La classe des illettrées compte encore 12 élèves, dont 7 arrivées cette année à l'école.
(irâce à l'application vigoureuse de la loi sur les associations, laite par M. Combes, président du Conseil, qui entraine le remplacement des institutrices cong'réganistes par des institutrices la'iques, il est à espérer que, dans quelques années, les illettrées auront complètement disparu et que l'Administration pourra exiger des candidates infirmières, à leur arrivée, le certilicat d'études. Tous les ans les instituteurs et institutrices des cours primaires des établissementsécoles et ceux des cours primaires qui fonctionnent dans trois autres hôpitaux présentent des candidats à l'examen du certitieat d'études. En voici la statistique.
Établissements.
Certificats d'études.
Total
DES CEnTUaCATS
d'études
DE l'école.
Bicrtrc
Salpèli'iùre
Pitié
Lariboisiére
Enfants-Assistés
Tenou .
Bcrck
Totaux
- (l) Mlles Bourlat, Gouédo. Lamé, Le Bihan. Loborgnc, Pincéti-e, Saimé, Stennon.
Nous avons introduit dans ces cours V enseignement professionnel sous différentes formes : lecture du Manuel de Vinfirmiëre, lecture de la traduction de l'anglais du Manuel do Vinfirmière de Domville, copiée par les enfants des écoles do Bicêtre et de la Salpêtrière, remplaçant la lecture d'un manuscrit quelconque, lecture do la traduction du Manuel de l'Association médico-psychologique d'Angleterre sur les soins à donner aux aliénés, dictées professionnelles, dont nous remettons chaque année un exemplaire à M. le Directeur de l'Assistance publique. Nous préparons ainsi, des l'école primaire, les infirmières peu instruites à recevoir efficacement, le moment venu, l'enseignement professionnel. Coinme on le voit, par tous les moyens possibles, nous essayons de faire pénétrer l'enseignement professionnel dans l'esprit des élèves de l'école primaire. Même procédé dans les autres écoles.
h'enseignonent professionnel a été fait conformément au programme adopté par l'Administration, révisé chaque année par nous et vos professevu^s. Par suite du départ de M. le D'" J. B. CHARCOTpourle pôle sud, M. MoREL, qui vous était connu déjà par ses conférences des années passées, a été chargé du cours sur les notions élémentaires d'anatomie.
Les exercices pratiques ont été faits par M™^' Bois- SIÈRE et Jannon avec l'aide de M'*'''' Dumont et de
M"^" Nény.
Tous les mois, M™"' BoissiÈREetJANNON nous adressent un rapport détaillé sur leurs cours qui ont lieu tous les jours, du commencement à la fin de l'année scolaire. Nous en indiquerons de nouveau les grandes lignes parce qu'il est encore trop fréquent d'entendre
Écoles cV Infirmières, 1903-190i. 32
dire ([ue l'enseig-nement des écoles n'est pas pratique. Rappelons donc qu'aux cours pratiques, les élèves viennent par séries; que ces cours portent sur tous les o])jets de pansement, sur les instruments de chirurg'ie, sur les médicaments usuels, avec l'indication des précautions minutieuses à prendre pour éviter les accidents, sur toutes les petites opérations confiées aux infirmières; qu'ils sont complétés par des pansements au lit des malades faits par les élèves sous l'œil des surveillantes (pose des ventouses, des sangsues, prise de la température, injections sous-cutanées, application des vésicatoires, etc.); que toutes les élèves sont interrogées à chaque séance ; qu'elles pré- .parent les bains, donnent des douches. Nous ajouterons encore que les élèves infirmières, à tour de rôle, passent un certain nombre de jours à l'Infirmerie générale, à la cuisine, à la lingerie, car nous avons toujours pensé qu'une infirmière parfaite devait connaître tous les services d'un hôpital. Cet enseignement méthodique, fait par des femmes expérimentées, complète l'instruction professionnelle que les infirmières acquièrent chaque jour, d'ailleurs, dans leurs salles, sous la direction de leurs surveillantes. Nos critiques oublient que nos élèves, du matin au soir, font métier d'infirmières, sont en contact permanent avec les malades et les blessés.
Vous-même, M. le Directeur, avec la Commission de Surveillance des Asiles d'aliénés, lors de sa visite annuelle à la Salpêtrière, les fonctionnaires qui l'accompagnaient, avez constaté le caractère incontestablement pratique de cet enseignement. Les membres de la Commission ont, en outre, assisté aux pansevients faits à l'Infirmerie générale et dans les salles des incurables, assisté à une leçon de M. le D"" Virox sur la petite pharmacie, dont ils ont reconnu aussi le caractère vraiment pratique.
Cette année, comme auparavant, nous avons fait venir aux cours pratiques de la Salpêtrière les maîtresses des cours des autres écoles et des cours auxiliaires afin de donner une plus grande uniformité à cet enseignement. Nous vous demandons, dès maintetenant, M. le Directeur, de nous autorisera renouveler cette expérience. Toutes les maîtresses, les élèves et les professeurs, — qui ont bien voulu y assister — • n'ont eu qu'à se louer de ces répétitions générales. Signalons aussi la venue à ces cours des surveillants et surveillantes chargés des exercices pratiques dans les cinq écoles départementales, annexées aux asiles de la Seine.
Parmi les ressources susceptibles d'être utilisées pour les élèves libres figurent les dispensaires où se donnent des consultations très suivies et où se font un grand nombre de pansements. Depuis plusieurs années les élèves de la Salpêtrière ont à leur disposition le dispensaire de la rue Jenner, dont M. le D*" Mallet est le médecin. Plusieurs élèves y sont allées assidûment et sont capables de faire tous les pansements possibles. M"'" Renaud, surveillante, et M'"® BoiLEAU (1), infirmière du dispensaire, les ont guidées et conseillées avec la plus grande complaisance. A elles et au D*" Mallet, nous adressons nos remerciements et nous invitons les élèves libres qui vont être diplômées à profiter de la faculté de compléter leur instruction que leur offre M. le D"" Mallet. Nous demandons à M. le Directeur de donner des instructions dans les dispensaires pour étendre l'heureuse expérience qui est faite au dispensaire de la rue Jenner. Les Ecoles cV infirmières constituent une oeuvre démocratique et sont ouvertes à tout le monde. Elles
(1) Toutes deux .sont diplômées.
doivent avoir à leur disposition toutes les ressources d'enseignement do l'Assistance pul)lique.
Pour compléter ce qui a trait à l'cnseig-nement dans cette écolC; rappelons que M'"" Graby, surveillante, ancienne maîtresse des cours pratiques de l'Ecole de la Pitié, est chargée do la surveillance des élèves pendant les cours à l'amplii théâtre et les compositions, ainsi que des relevés des présences et des absences. Elle s'acquitte de sa mission délicate avec un grand tact et une rigoureuse exactitude.
Ici, comme dans les autres écoles, nos internes et quelques-uns de vos professeurs font chaque année un certain nombre de con févences sur des sujets d'ordre professionnel ou se rapportant à des questions d'hygiène. Citons entre nutresle 2)é)'ilde la tuberculose, le péril alcoolique, le péril vénérien, les parasites du corps humain, etc. (1).
Les examens pratifines ont étésubispar 1 48 élèves.
Infirmières de la Salpèfrière 59
Infirmières des Hôpitaux 36
Elèves libres 53
Total T48
Parmi ces élèves, 5 ont le Ijrevet supérieur (2^t, 8 ont le lirevet simj)lc(3', 45 ontlecertilicat d'études (4).
(l)Voir p. 'il 3. i-21.
(2) M"" Aul)éry, Bouy:ctte, Colin. Cliappcllo. Valladicr. (élèves libres).
(3) M'"" Baugé, Badochc, Culaud. Degaïul, Evrard. Fouchè, Filliozot, (élèves libres).
(4) M'"" Besnier, Déchaml. Duval. Fréli)n. r.illjcrt Giiibard. Jali-
Nous avons toujours cherché à provoquer la présence à ces examens de ceux qui critiquent les écoles sans les avoirjamais visitées ; aucun d'eux n'a répondu à notre invitation. Tous les ans nous adressons à l'Administration l'horaire de ces examens. Cette année nous avons eu le plaisir d'y voir assister M. le Directeur u'énéral, M. Lampué, conseiller municipal, M. André Mesureur, plusieurs autres personnes. Tous ont pu apprécier les connaissances pratiques des élèves et l'importance de ces examens.
109 diplômes ont été conquis cette année :
Salpêtrière -28
Hôpitaux 31
ijlèves libres 50
Total TÔ9
Ce qui porte à 1242 le chiffre total des diplômées de cette école.
Nous manquerions à notre devoir si nous ne proclamions publiquement la part qui revient à votre directeur, M. Montreuil, dans ces résultats.
Jeudi dernier, à la Pitié, M. Desplas, président du Conseil municipal^ insistait avec vigueur et avec l'autorité légitime qui lui appartient pour qu'aucune des places des personnes en contact avec les malades, dames visiteuses, surveillantes des dispensaires, etc. ; pour qu'aucune nomination ou promotion de sous-
nier, Lamé, Leboi'gae, l'Hotellier, Lavigne, Le Conniat, Lozahic, Mnraz, Pettsot. Panard, Dolphin, Panard Louise, Parisot, Stenna, Schircr, Tliibaud, Tissicr, Vannercau (Salpêtrière). Dalle, Billot, Boulard, Blanchetière.Favard, .Javelle, Jubin, Prugnand, (Hôpitaux) Bourdin, Briére, Paulon, Piron, Prodet, Fanny, Thomas, Monfort (élèves libres).
employées n'ait lieu en faveur do non diplômées (1). C'est parce qu'il se produisait... quelquefois des nominations ou des promotions ne remplissant pas cette condition ([ue nous avons pris rhal)itudc de consigner dans notre discours à chac[ue école la liste des promotions avec l'indication des diplômées et des non diplômées.
Les promotions, à la Salpêtrière, depuis le 1*'' juillet 1903 jusqu'au 30 juin 1904 ont été les suivantes :
i surveillant de 2*= classe 2 a été promu de l""^ classe.
1 surveillant de 3"^ classe a été promu de 2'='"« classe.
4 surveillantes de 3*= classe ont été promues de 2"™« classe.
6 surveillantes de 4« classe ont été promues de 3""'" classe.
3 surveillantes de 5*^ classe ont été promues de 4''"^^ classe.
1 surveillant de 5« classe a été promu de 4'^™<= classe.
Toutes ces promotions, nous a assuré M. ^Iqn- TREUiL, ont été accordées, sans exception, à des diplômées. Il en a été de même à Bicetre, à la Pitié et à la Salpêtrière.
Tels sont les faits principaux do la vingt-septième année scolaire do l'École do la Salpêtrière.
Vous savez que cette cérémonie comporte en outre de la distribution des prix aux élèves de cette école, la distribution des diplômes aux élèves des quatre écoles et que nous avons l'habitude de profiter de la réunion des nouveaux diplômés pour leur donner des conseils et pour demander à l'Administration de nouvelles améliorations.
(1) Voir p. 439, ce que nous avons dit sur ce point à Lariljoisièrc, répétition de ce que nous réclamons depuis si longtemps.
Nous n'avons jamais dissimulé les défauts du personnel hospitalier. C'est parce que nous les connaissions à fond, que nous savions combien était grande l'ig-norance de ce personnel aussi bien les religieuses que les laïques, leurs servantes, au point de vue primaire et professionnel, que nous avons entrepris, avec l'appui du Conseil municipal et la collaboration de l'Administration, d'y remédier en provoquant il y a 27 ans la création des écoles. Tout le corps médico-chirurgical des hôpitaux reconnaît les progrès considérables qui ont été réalisés. Il se félicite de ses surveillantes de toute classe. Malheureusement les infirmiers et les infirmières — ^ à cause surtout du recrutement — laissent encore à désirer par leur instahilité, leurs mutations fréquentes. Pour voir s'il y a une amélioration de ce côté, nous avons l'habitude de donner la statisque de ces mutations dans les quatre établissements-écoles et, par comparaison, de l'Hôtel Dieu, confié aux religieuses Augustines. Cette statistique s'étend du 1" juillet 1903 au 30 juin 1904.
Hospice de Bicêtre
Sortis sur leur demande 66 13
Passés dans d'autres hôpitaux 19 8
Refusés par l'Administration » »
Admis au repos « 2
Renvoyés pour ivresse 35 »
Abandon de service 29 19
Mauvais service 15 3
Causes diverses » »
Total 164 45
Hospice de la Salpètière
Partis sur leur demande 2 36
Partis dans d'autres hôpitaux 1 48
Partis par avancement
Refusés par l'Administration
Passés dans le service des malades externes
Admis au repos
Total
Hôpital de la Pitié
Ivresse
Négligence ou incapacité
Grossièreté envers les malades
Mauvaise conduite
Sur leur demandH", bon^ serviteurs . .
Abandon de service
Partis dans d'autres établissements..
Refus de service
Total
Hôpital de la Lariboisière
Refusés par l'Administration G »
Ivresse 10 »
Négligence ou incapacité l't 3
Grossièreté envers les malades 8 6
Mauvaise conduite 4 4
Sur leur demande. Bons serviteurs 38 8
Abandon de service 16 G
Indiscipline 14 12
Vol . .' » I
Partis dans d'autres établissements 36 29
Total m 69
Hôtel-Dieu
Refus de service, mauvais services,
abandon de service 31 6
Légèreté de conduite
Intempérance
Service militaire
Partis sur leur demande
Suppressions d'emplois
Décédés
Admis au repos
Passages dans d'autres hôpitaux.
Refusés par l'Administration....
Malades
C'est àriIôtel-Dicu, hôpital religieux, que les mutations sont, avec Lariboisière, les plus nombreuses. 56 ont été motivées par des excès de boisson. Médecins et administrateurs devraient intervenir énergiquement et à chaque instant pour réprimer ces habitudes d'intempérance, dégradantes pour ceux qui s'y abandonnent, dangereuses pour sa descendance, pour les malades qui sont mal soignés, pour les médecins qui sont mal renseignés.
Les mutations qui avaient été en bloc de 609 en 1901-1902, de 540 en i90?-1903, ont été, cette année, de 751. Cela tient-il au mode de recrutement centralisé à la Salpêtrière, imaginé par M. Mourier, nous inclinerions à le croire. Elles sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes. Nous avons remarqué aussi que les diplômées devenaient de plus en plus stables. Elles le deviendront encore davantage si elles voient qu'il ne se fait aucune promotion au bénéfice de personnes non diplômées.
Les e,va)ne?is jjratiques ont été subis cette année par 481 élèves: Bicetre, 38; Pitié, 183; Salpêtrière, 148; Laril)oisière, 112. Pour chacune de ces quatre écoles, nous avons dressé la liste des élèves qui pos-
sèdentiin diplôme, iin/>re):ef ou le certifient d'études. La voici :
Baccalauréat
Brevet supérieiu'
Brevet élémentaire
('ertificat d'études primaires sup'"*'^ Certiiicat d'aptitude pédagogique..
Certificat de grammaire
Certificat d'études primaires
Certificat d'études langue russe. . . .
Diplôme d'herboriste
Diplôme de sage-femme
Total ffénéral 32
Ces diplômes, brevets, certificats, se répartissent de la façon suivante pour l'année 1 903-190 i : Bicêtre 32, la Salpètrière 58, la Pitié 102,Lariboisière 14,soit206 pour les qitatre écoles.
Les diplôines d'infirmières et d'infirmiers, qui vont être distribués à la fin de cette cérémonie, sont au noml)re de : 34 pour Bicétre ; — 97 pour Lariboisière; — 150 pour la Pitié; — 109 pour la Salpètrière, soit 390 diplômes. Si l'on ajoute ces 390 nouveaux diplômes, en aug'mentation de 60 sur l'an passé, aux 4.911 diplômes antérieurs, le tofaJ général h ce jour sera donc de 5.301 dont la plus g-rande partie a été attribuée au personnel bospitalier (1).
(1) Le diplôme n'a été institué qivh la fin do l'année scolaire
Pendant long-temps le personnel g-radé des établissements-écoles comprenait une proportion notable de non-diplômés, les unes, trop âgées pour suivre les cours — et pourtant il y en a eu — d'autres n'en comprenant pas l'importance. Nous ne parlons que du personnel des établissements- écoles qui avait cependant toutes les facilités v^oulues. C'est afin de constater l'amélioration du personnel à cet égard que nous faisons la statistique du personnel gradé diplômé dans ces établissements. Voici sa situation actuelle :
Hospice de Bicètre
Sur 81 surveillants et surveillantes 76 sont diplômés.
— 1 garçon d'amphithéâtre 1 —
Hospice de la Salpètrière
Sur 18 Surveillants Il
— 110 Surveillantes 93
— 1 Garçon d'amphithéâtre 1
— 12 Personnel professionnel 12
741 Total 117
Hôpital de la Pitié .
Sur 9 surveillants G
— .% surveillantes 24 ,
— 1 Garçon d'amphithéâtre 1
"iÔ Total 31
Hôpital de Lariboisière.
Avant la A la fin de réouverture cette année des cours. scolaire.
Sur 14 surveillants 12 13
1883-1884, alors que les Écoles fonctionnaient depuis le !"■ avril 1878. — Tous les ans des diplômes abandonnent l'Administration pour scmarier, s'établir gardes-malades ou aller dans les hôpitaux qu'on aïcise en province, ou dans les Maisons de santé.
— 53 surveillantes 53 52
— 1 garçon d'amphithéâtre 1 1
— 90 garçons de service » 9
— 1 personnel professionnel 1 1
09 5 'i "si
Soit 228 gTadés diplômés sur 332 grades, proportion supérieure aux 3/4 de l'effectif.
En résumé, la proportion des g-radés non diplômés se réduit de plus en plus ; il ne reste i)lus que des agents qui a])prochent de l'heure de la retraite. Aussi pourrons-nous nous dispenser de revenir sur ce point.
Cette année, il y a eu une reviviscence, une recrudescence d'attaques contre les écoles d'infirmières, contre l'enseig'nement professionnel, contre le personnel. L'auteur d'un pamphlet de \aRei:ue des Deux- Mondes^ élève libre de la IMtié, a vu surtout les lacunes, et s'est attachée à relever les défauts des uns et des autres, oubliant que toutes ses critiques avaient été faites avant elle, non pas par esprit de dénigrement mais dans le but plus élevé de faire disparaitre ces défauts. Sa diatribe, à laquelle nous aurions voulu répondre, ce que les circonstances ne nous ont pas permis, a fourni l'occasion au Journal des Débats, au Gaulois et à d'autres journaux de renouveler leurs violentes critiques contre les Écoles. Aussi devons-nous, de nouveau, insister sur les résultats considéra])les réalisés grâce à elles , par nos collaborateurs, par nos collaboratrices, par nous. Ces résultats sont mis en relief, en premier lieu, par Y élut numérique des agents de tout grade des hôjjitaux qui, avant la (in de cette année scolaire,
étaient pourvus cUi diplôme professionnel.
GRADES
Surveillants
Surveillantes
Infirmiers
Infirmières
Garçons de service
Filles de service
Garçons d'amphithéàlre
Personnel professionnel permanent et ouvrières du Maga sin Central
Totax
Nombre d'agents.
lO'i
ns
Total.
Si à ce total de 2.151, on ajoute les diplômés do cette année appartenant aux hôpitaux, soit 254, on voit que, après la délivrance des diplômés qui va avoir lieu tout à l'heure, le nomhre des diplômés s'élèvera à 2.i05, sur le total général de (3.124 ag'ents de tous g-rades et de toutes catégories.
Sur les non diplômés, il y en a, répétons-le, qui étaient trop âgés pour suivre les cours ou ne se ren-
(1) Dans ce uoml)rc ne sont pas compris les diplômés de la promotion de 190i.
daicnt pas un compte exact des avantages qu'ils pouvaient en retirer; beaucoup ont été mis à la retraite; d'autres, et ceux-là sont nombreux, ont suivi les cours de de 1878 à 1884, et possèdent parconscquent une instruction professionnelle sérieuse, mais n'ont pas le diplôme qui n'a été décerné, malgré nos réclamations, qu'à la fin de l'année scolaire 1883-
Nous voudrions que tous les agents du personnel secondaire — y compris ceux du personnel professionnel, soient diplômés, car presque tous, à un moment donné, peuvent être appelés à intervenir auprès des malades. Beaucoup parmi le& hommes sont astreints au service militaire et durant leurs périodes d'exercice ou en cas de guerre seraient d'une grande utilité. Comment, alors qu'à Paris, dans un grand nombre de villes do province, on a organisé des cours d'ambulanciers et d'ambulancières, qu'on s'efforce d'enseigner les prompts secours, dans les hôpitaux, là où il y a des Écoles, tout le personnelno serait pas astreint à suivre les cours, à apprendre ce qu'on essaie d'enseigner à tous? Poser la question, c'est la résoudre et nous comptons pour cela sur le dévouement de M. Mesureur à l'instruction professionnelle, à la chose publique.
Les services rendus par les Ecoles professionnelles telles que nous avons pu les organiser en dépit d'obstacles innombrables qui n'ont pas tout à fait disparu, nous en avons eu un exemple hier, déjà mis en évidence par le tableau que nous venons de donner, sont encore démontrés par la statistique des sousemployés, infirmiers et infirmières ayant les brevets et les certificats relatifs à l'instruction primaire.
Voici cette statistique telle qu'elle nous a été fournie par l'Administration.
Nombre.
d'agents pourvus.
s^.ii
GRADES
CJ +i
ce c«
o. 1 ^ se
Surveillants
Infirmiers
Infirmières
SU
Garçons de service
Filles de service
Garçons d'ampbitliéàtre. .
Personnel prof"' l'xe
Totaux
Si, à CCS 1367 agents, on ajoute les 206 de cette année, on voit qu'il y a aujourd'hui 1.573 agents de tous grades pourvus d'un titre démontrant qu'ils ont une bonne instruction primaire.
Il est encore un autre groupe appartenant à la profession qui a bénéficié de l'enseignement professionnel : ce sont les gardes-malades de la ville, mises par les Écoles en mesure de mieux remplir leurs fonctions auprès des malades de la Ville. Malheureusement, il est dithcile d'en établir la proportion.
Certains journalistes . .. de province ontdit, parlant de la création de l'école d'infirmières de Bordeaux, que c'était la première école d'infirmières en France.
« Quand il y aura une école d'infirmières à Paris, a entendu dire un de nos amis par un fonctionnaire éminant, mais mal renscig-né, sur ce qui se fait dans les Écoles de Paris et de la Seine, nous pourrons rivaliser avec l'étranu-er. »
A les en croire tout ce qui a été fait depuis 27 ans ne compte pas. Vous, les diplômés de cette année, et les diplômés des années antérieures, vous êtes les ombres d'écoles fnnlômôs. La plaisanterie ou l'ignorance dépassent vraiment la mesure.
Il y a quelques années un administrateur d'un grade élevé a découvert miss Florence Nigthing-ale, les personnes dont nous venons de parler découvriront sans doute un de ces jours les quatre écoles d'infirmières des hôpitaux de Paris, les cinq écoles départementales de la Seine, les écoles de Lyon, du Havre, de Reims, etc., et les écoles dues à l'initiative privée.
Ce sont ces Écoles- fantômes qui ont servi dé modèle aux premières écoles de province, déjà anciennes. M. Sabran, président de la Commission des hospices de Lyon, fondateur de l'École d'infirmièresde cette ville, l'a maintes fois proclamé.
C'est un de nos anciens internes, le D'' R. Sorel, ancien professeur à l'École de Bicêtre, qui a été le promoteur de l'école d'infirmières du Havre. C'est encore un de nos anciens internes, le D"" Chapotin, qui organise actuellement l'école d'infirmières de Lorient.
C'est presque toujours à nous qu'on s'est adressé pour avoir des rcnscig-nemcnts sur l'organisation des écoles en province.
Ce sont des élèves diplômés de ces écoles qui ont fourni le personnel nécessaire à la laïcisation des hôpitaux d'Auxerre, Beaucaire, Montrcuil-Bellay, St-Pons, Tarascon, Reims, à la plupart des établissements
nationnaux de bienfaisance, etc., etc., sans compter le grand asile d'aliénés de Rio de Janeiro.
Au personnel antérieur à 1878, c'est-à-dire antérieur aux écoles, dont l'instruction primaire était très souvent nulle dont l'instruction professionnelle consistait en une routine plus ou moins ignorante, disions-nous l'an dernier, les écoles ont permis de substituer un personnel possédant, dans une proportion qui va croissant d'année en année, une instruction primaire sérieuse et une instruction professionnelle de plus en plus complète. Les statistiques que nous avons données le démontrent sans qu'on puisse le contester. Ces résultats ont été reconnus pul^liquement dans un rapport à la Société médicale des hôpitaux. Ils sont confirmés par ce fait que le personnel médico-chirurgical des établissements-écoles témoigne de plus en plus d'intérêt à l'enseignement professionnel, en autorisant libéralement les élèves libres à assister à leurs visites (1) et en participant généreusement aux récompenses qui sont données aux élèves infirmiers et infirmières. L'opposition d'autrefois a fait place à une collaboration que nous voudrions voir encore plus active . Nous serions heureux de voir nos collègues participer à l'enseignement par des conseils, au cours de leurs visites, à nos élèves, leurs infirmiers et infirmières. Nous voudrions les entendre faire chaque année des conférences sur des sujets à leur choix. Ce beau jour viendra sans doute. Souhaitons-le prochain.
En même temps que nous perfectionnions régulière-
(1) Il en a été de même dans quelques autres hôpitaux, Beaujon, Laënnec, etc.
Écoles d'infirmières, 1903-1904. 33
mont, avec nos amis, vos professeurs, renseignement professionnel, essentielleinent iJvatique^ nous avons poursuivi Vamélioration matérielle du personnel secondaire des hôpitaux. Nous avons signalé, môme avant les écoles, Yinscilabrité des habilalions, réclamé des chambres particulières, demandé une a.m,élioration de la nourrilnre, la modification de V habillement des infirmiers en été, le relèvement des salaires et des pensions de repos, dont nous avons pris l'iniliative dès 1877 au Conseil municipal, une transformation radicale du service de veille, le roulement de service en service, la créa,tion dans tous les établissements-écoles d'abord, d'une salle de réunion, d'une bibliothèque et d'un musée professionnel. Aujourd'hui, (;e programme que nous défendons depuis 26 ans est en voie de réalisation grâce à M. Mesureur, ainsi que nous l'avons dit l'autre jour à la distribution des prix de la Pitié.
Nous avons signalé à cette même cérémonie les progrès de la laïcisation, réclamé l'achèvement de cette réforme à Paris ; signalé surtout la laïcisation des Quinze-Vingts, de la Maison nationale de Charenton, de tous les hôpitaux militaires et de la marine et cité des laïcisations de moindre importance en province. Ainsi que nous l'avons dit à Bicétre, à LariiDoisière, à la Pitié, plusieurs villes Dijon, Grenoble, Carcassonne, Salins, Narbonne, etc., veulent laïciser leurs établissements hospitaliers et font appel à vous, infirmières diplômées. Dans nos réponses à ces demandes d'infirmières laïques, défendant vos intérêts, nous conseillons d'accorder des salaires analogues à ceux des hôpitaux de Paris, des chambres particu-
lières,rinstitutionde pensions de repos ou de retraites. Nous voudrions aussi que l'Administration facilite les laïcisations accordant à celles d'entre vous qui consentiraient à aller en province, uncong'éde quelques mois et de vous réincorporer dans son personnel au cas où vous ne pourriez pas rester dans vos nouveaux services. Ces conditions étant réalisées, nul doute que, en peu de temps, la création de nouvelles écoles y aidant, on ne parvienne à accomplir complètement la laïcisation de tous les établissements hospitaliers de France.
L'année scolaire 1903-1904 n'a pas été moins bonne pour Y enseignement professionnel. L'impulsion donnée par M. Combes a été fructueuse. En effet, depuis sa circulaire du 28 oct. 1903, 26 écoles d'infirmières, ont été créées à : Angers, Arras, Avignon, Béziers, Bordeaux, Bourges, Brest, Caen, Chauteau-Gonthier, Dieppe, Dijon, Elbeuf, Fécamp, Grenoble, Lillebonne, Lorient, Le Mans, Marseille, Nantes. Nice, Niort, Perpignan, Rodez, Rochefort, Tours, Troyes.
A cette liste, que nous devons à M. Monod, il convient d'ajouter celle des écoles plus ou moins anciennes : d'abord les quatre écoles municipales de Paris (1878), les cinq écoles départementales de la Seine, les cours de l'Union des femmes de France, des Dames françaises de Y École professionnelle d'assistance aux malades, de la rue Amyot, l'école libre de Bordeaux, les écoles de Lyon, du Havre, de Reims, de Besançon, Toulouse, Montpellier, St-Étienne, Nancy, Lille, Rouen, Clermont-Ferrand, Limoges, Nimes, soit, à notre connaissance cinquante écoles cV infirTuières municipales.
Ces écoles, ces cours professionnels, à leur début, sont assurément d'inégale valeur. Quelque incomplets
qu'ils soient, ils rendent dos services et, personnellement, nous sommes heureux de leur création.
Ils s'amélioreront progTessivcment, marchant vers l'idéal qu'il faut poursuivre : Programme minimun commun, soit le programme des écoles do Paris, soit le proti:ramme du Conseil supérieur de l'assistance publique, analogue au précédent à part quelques détails ; conditions identiques pour le diplôme afin qu'ayant la même valeur, les infirmiers et infirmières diplômés puissent être acceptés partout; établissement de pensions de repos ou de retraites pour lesquelles compteront les années passées dans les établissements municipaux, départementaux et nationaux, comme cela est admis pour les employés et les fonctionnaires.
A vous de bien vous pénétrer des idées émises dans ce trop long discours, dans les discours de MM. Desplas et Mesureur, de faire une active propagandcpour leur réalisation.
Remplissez tous vos devoirs envers les malades, et les infirmes, donnez leur les soins les plus minutieux; soyez toujours avec eux désintéressés, d'égale humeur. En couragcz-les à supporter leur souffrance en leur laissant toujours espérer une amélioration prochaine, remontez leur le moral. Ne faites jamais allusion à la gravité do leur mal. En un mot, mettez rigoureusement en pratique les devises inscrites sur votre diplôme : Fais
ce que dois, Sais bonne, dévouée et courageuse. En
vous conformant à nos conseils vous serez des infirmiers et des infirmières modèles, vous ferez honneur â vos maîtres, à l'Administration, à la Ville de Paris. Enfin n'oubliez pas que vous devez toutes les améliorations matérielles, intellectuelles et morales, qui ont été accomplies pour vous, à laRépublique. Soyez lui en reconnaissants en demeurant ses plus fidèles serviteurs.