‹ L'hysterie de Sainte Therese. --Chapitre 5 sur 29 · ÉCOLE DE LA SALPETRIÈRE · texte numérisé non relu

ÉCOLE DE LA SALPETRIÈRE

Discours prononcé le 30 juillet 1898.

Mesdames, Messieurs,

h'Ecole de la Salpêtrière termine aujourd'hui la vingtet-iinième année de sou existence. De même que les dcoles de Bicêtre et de Lariboisière, elle comprend une école primaire annexée à V école professionnelle.

h'école primaire est dirigée par M""^ Gillot, institutrice de l'Ecole des enfants, pourvue du brevet de capacité. Elle est assistée de M'"" Destable, Foncier, sous-surveillantes, de M'"^* RosEL, CoRBON, Patouielle, suppléantes. M""" Destable et M"^' Rosel et Patoueille ont le brevet élémentaire, M"^ Corbon le brevet supérieur.

Le nombre des élèves pour les cours primaires a été en octobre de 104 et en juillet de 97 ; ce chitïre est peu élevé par rapport à celui des infirmières de cette maison qui est de 307. Nous exprimons de nouveau le désir que M. le Directeur de l'Assistance publique donne des instructions pour que, à la rentrée d'octobre, toutes les infirmières ettoutes les sous-employées de la Salpêtrière, âgées de moins de 45 ans, non pourvues du diplôme et du certificat d'études, soient astreintes, sans exception, à se rendre assidûment aux cours primaires et aux cours professionnels.

h'école primaire est divisée en deux cours, partagés en plusieurs divisions. En 1892, trois infirmières du premier cours, en 1894, sept; en 1895, six ; en 1896, neuf; en 1897, neuf et cette année 10 ont obtenu le certificat d'études. Ces résultats témoignent du zèle de M'"^ Gillot et de ses collaboratrices ; nous les en félicitons.

Si les élèves du premier cours ont, en général, une instruction primaire convenable, il est loin d'en être de même de celles du second cours. Parmi celles-ci, il en

est d'anciennes très-méritantes : telle a été M"*^ Ouman- CEV qui, après de nombreuses années d'efforts, a eu le certificat d'études et le diplôme d'indrmière ; telle est M""" Petit-Bau.vt, à la Salpêtrière depuis huit ans. Elle vient à l'école primaire depuis sept ans : au début, absolument illettrée, aujourd'hui elle sait lire, faire des exercices de grammaire et connaît les quatre règles. Il est probable qu'elle pourra commencer à faire l'an prochain les compositions professionnelles. Le cours auquel elle appartient comprend une cinquantaine d'élèves, plus ou moins semblables à elle. On voit par ces exemples que nous sommes loin de la possibilité d'exiger le certificat d'études à l'arrivée dans l'hospice. Rappelons qu'il y a deux ans M'"^ Petit-Barat s'est signalée par un acte de sauvetage ({ui lui a valu une médaille d'honneur et le grade, de l'"*^ infirmière.

Ce n'est pas seulement aux écoles primaires de Bicétre, Lariboisière et La Salpêtrière qu'est donnée l'instruction primaice. Elle l'est aussi aux Enfants-Assistés dont nous avons parlé l'autre jour à la Pitié. Elle l'est aussi à l'hôpital Tenon dont les infirmières viennent suivre les cours professionnels de la Salpêtrière : c'est ce qui nous incite à fournir, ici, des renseignements sur son fonctionnement. Nous les devons à M. Amauuv, directeur de l'hôpital Tenon.

« Notre école, dit-il, se divise en deux parties. L'une dirigée ])ar M'"° Marque qui dégrossit les élèves et ensuite les passe à M"« Amice qui, elle, les prépare; au certificat d'études. M'"° ilarquo, qui a le brevet de capacité, a débuté avec 28 élèves (19 infirmières et 9 infirmiers) et a terminé avec 7 élèves ((j infirmiers et t infirmière). Le déchet consiste en découragés qui n'ont pas continué, ou bien en infirmières ayant quitté la maison et aussi en ([uelques élèves passées dans le cours de M"« Aniice. M"" Amice, pourvue du brevet supérieur, a commencé sou cours avec 22 élèves [Ih infirmières et 7 infirmiers) et a terminé avec 25. Sur 25 candidats au certificat f9 ont été reçus. Cette année 2 suppléants et 2 premières infirmières ont suivi les cours. Les deux suppléants et une première infirmière ont eu leur certificat.

. « La municipalité a sur la proposition d'un des membres de.

la dùlécation cantonale, M. Thomas, voté une certaine somme qui nous permettra de donner à nos élèves une médailleen araent et deux en bronze, dans le but de les encoura^-er. Le commis de la Direction (M. Mathis) donne aussi une mé-' daille de bronze (1).

l^' enseignement professionnel a été fait avec le zèle etle dévouement habituels par tous vos maîtres qui sont restés les mêmes.

Les exercices praticiues ont été faits à l'Infirmerie générale par M'"^Eydt, surveillante, M"''Dumont, sous-surveillante diplômée et M'"® Héloïse Bautier, sous-surveillante diplômée. Il ont été complétés par des leçons sur les bains et les douches par M""" Béranger, sous-surveillante baigneuse, diplômée, et sur la pose des ventouses par M"* Maistre, première infirmière diplômée. Les leçons de bains et de douches ont eu lieu aux heures où le service est en pleine activité. Les élèves infirmières volantes y ont assisté à tour de rôle, tous les jours de l'année scolaire. Tous les jours aussi, depuis le mois d'octobre, la ventouseuse a été accompagnée dans sa tournée pour la pose des ventouses sèches ou scarifiées par quatre infirmières renouvelées chaque jour.

Les examens praticiues, qui ont pris près de 7 heures, ont été subis par 12G élèves (2) ainsi réparties :

Boursières 4

l"-"» infirmières 3

Infirmières 74

Infirmiers 2

Hôpitaux : Infirmières 21

Elèves libres 22

(1) Il existe également une école primaire à l'hùpital de Berck, où Mlle Jeanne Guillemin, sous-surveillante diplômée, ayant le brevet de capacité et le certificat d'aptitudes à la direction des Ecoles maternelles, fait l'école primaire aux infirmières dont 6 ont eu cette année le certificat d'études, au total 36 depuis 1803; — à Trousseau où Mlle Colders a eu 14 élèves avec 2 certificats d'études ; aux Enfants malades Mlle[Edé a eu sur 30 élèves 11 certificats.

(2) En outre 7 élèves de la Pitié ont également passé leurs examens pratiques à la Salpêtrière (4 hommes et 3 femmes).

Parmi les élèves qui ont pris part à ces examens, une a le brevet supérieur (1), deux le ])revet élémentaire (2) ; une le certificat d'études primaires supérieures (3) ; — deux le diplôme d'herboriste (4) ; — une le diplôme de sagefemme (5); — 31 le certificat d'études primaires (6).

09 diplômes ont été conquis cette année. Ils se répartissent ainsi :

I Boursières 4

Premières infirmières 1

Infirmières 33

Infirmiers 2

Hôpitaux: Infirmière? 21

Élèves libres 11

Total 69

De 1883 (7) à ce jour l'Ecole de la Salpêtrière a eu 764 diplômes.

Les -promwtions suivantes ont eu lieu durant l'année scolaire (du 1" juillet 1897 au 30 juin 1898) :

1 sous-surveillante a été nommée surveillante.

G suppléantes ont été nommées sous-surveillantes.

1 premier infirmier a été nommé suppléant.

3 premières infirmières ont été nommées suppléantes.

1 infirmier a été nommé suppléant.

1 infirmier a été nommé !•■■ infirmier.

7 infirmières ont été nommées l'"* infirmières.

Toutes ces promotions, c'est la première fois à la Salpêtrière, ont été faites exclusivement au bénéfice de personnes diplômées.

(1) Mme Chevreau, élève libre. — (2) Mme Tourte, infirmière et Mme Sourbadère, élève libre. —(3) Mlle Soyer boursière. (4) Mmes Fouet élèves librei, — (y) Mlle Sornet élève libre. — (0) Mmes Brunet et Pigny, boursières, Renard, 1'° infirmière ; — Bertin, Chailloux, Descargues, Donzel, Leymet, Le Blévennec, Léon, Nicolas, Hopers, Voisin et Vincler, infirmières. — Duval et Giet, journalières à la Salpêtrière ; — Mme Laveissière, infirmière à Trousseau ; — Gazaretl), infirmière à Debrousse ; — Champoudry, infirmière au Magasin Central; — Josse, infirmière à la Maternité; Landes, infirmière à la Cliarité ; — Micliel, infirmière à Baudeloc(jue ; — Despains, Fouet, M. Lévi rPovault (B.), Provault (L), Perciot, Sornet, élèves libres.

(7) L'école de la Salpêtrière a été ouverte le i"' avril, celle de Bicêtre le 20 mai 1878, de la Pit:é le 24 mai 1881 . Mais ce n'est qu'à partir de 1883 que l'Administrution d'alors s'est décidée à donner des diplômes.

Au point de vue de vos habitations, vous êtes ici moins mal partagées que dans beaucoup d'établissements. Vos dortoirs ont été lessivés et repeints. Votre directeur a étudié un projet pour l'organisation de 4 grandes chambres destinées aux infirmiers mariés qui n'ont pas droit à un logement. Ainsi se trouvera réalisée ici, mais en partie seulement, une amélioration que nous avons si souvent réclamée à l'Administration.

Votre règiine alimentaire, si défectueux, moins par la qualité que par sa préparation culinaire et son uniformité, a été sérieusement amendé (1). Espérons que partout les directeurs et les économes imiteront et perfectionneront môme ce qui a été fait à la Salpôtrière.

Nous avons à enregistrer cette année l'hommage éclatant rendu au personnel laïque des hôpitaux dans la personne de la vénérée M"^ Bottard, nommée chevalière de la Légion d'honneur. Vous avez toutes applaudi, de tout cœur, à cette récompense si bien méritée. L'exemple de M"*^ Bottard doit toujours être présent à votre esprit. Imitez-la, c'est-à-dire faites votre devoir, soyez bonnes, actives et dévouées comme elle.

Nous en avons fini avec l'histoire de la dernière année scolaire de la Salpétrière. Aussi nous arrêterions là si cette cérémonie ne comportait, outre la distribution des prix aux élèves de cette école, la distribution des diplômes aux lauréats des quatre Ecoles municipales. Leur réunion dans cette enceinte nous amène à présenter quel-

(1) Plus de variété dans le menu; c'est ainsi, par exemple, que nous voyons pour le mois d'avril 1898 comparé à celui de 1897.

1 service de lapins 0 4 services de charcuterie 2

3 services de triperie 2

2 services de poissons frais 3

4 services d'œufs 3

La pomme de terre de Hollande compte dans le roulement avec la pomme de terre ronde ; avant, la Hollande comptait avec les légumes de saisons d'où parfois deux services similaires. De même pour la salade.

ques considérations d'ordi^c général qui, malheureusement ne sont pas inédites.

1° Ainsi que l'on commence à s'en rendre compte, Venseignement professionnel a déjà profondément changé à son avantage le personnel hospitalier. Les a servantes » et les <■< serviteurs « sont devenus des infirmières et des infirmiers. De moins en moins, pour beaucoup, ils ne viennent plus dans les établissements hospitaliers en passant, en attendant mieux; ils cherchent à apprendre leur profession avec le désir de s'y fixer. Autrefois la Salpètrière était un peu une sorte d'auberge où les bretonnes se rendaient pour la f{uitter dès qu'elles avaient trouvé une place en ville. Toutefois, nous sommes encore loin d'une véritable stabilité dans le personnel. En effet, si le chiffre des mutations est insignifiant pour les sous-employées^ c'est-à-dire les surveillantes, sous- surveillantes, suppléantes, qui répondent exactement par leurs fonctions aux religieuses, elles restent au contraire assez nombreuses, et il en a été ainsi de tout temps et àun plus haut degré, pour les infirmières et surtout les infirmiers. Pour remédier à un mal, il faut le bien connaître et pour cela nous préciserons en donnant la statistique des mutations \:>o\iv quatre établissements laïques : Bicêtre, Lariboisière, la Pitié et la Salpétrière et pour un hôpital religieux, THôtel-Dieu.

Hospice de Bicétre.

Partis par permutation

Renvoyés pour ivresse

Renvoyés pour refus de service, négligence, paresse

— par démission

Partis sur leur demande

Décès

Hommes. Femmes.

lOG

Totaux 276 02

Hôpital Lariboisière.

Hommes. Femmes.

Sortis sur leur demande

Partis dans d'autres hôpitaux

— par démission

— refusés par l'Assistance publiiiue

— renvoyés pour ivresse

— renvoyés pour négligence

— renvoyés pour insubordination, abaii-

— don de service

Décédés

Ti'tau.x

Hôpital de la Pitié.

Par permutation à la suite des diplômes.

Partis sur leur demande

Refusés par l'Administration

Refusés à la visite médicale

Partis au service militaire

Renvoyés pour refus de service, négligence, paresse, ivresse, etc ,

Partis pour maladie

Totaux

Hommes. Femmes.

Hospice de la Salpètrière.

Partis sur leur demande

Partis dans d'autres hôpitaux.

Partis pour avancement

— pour service militaire . . .

Refusés par l'Administration .

Admis au repos

Passage aux administrés

Décès

Totaux . . . .

Hommes. Femmes.

(1) « Les serviteurs, dit M. .Toly, acceptent de moins en moins les observations des 8ou--employés cliargés de leur donner des ordres ; sans souci du lendemain, ils discutent entre eux. complotent et préfèrent quitter, souvent à la minute, l'Etablissement plutôt que de suliir une punition méritée, ou changer ds service selon que les circonstances le commandent : en un mot, on veut plus que jamais fîiire ce qui plaît, et se jugeant ou plutôt feignant de se croire toujours innocent, l'on a vite posé la question de cabinet et lancé en se retirant la simpiternelle menace de l'Ad-mi-nis-tra-tion. Combien en voyons-nous, qui eussent pu faire d'excellents serviteurs, partir brusquement pour un motif futile, revenir 15 jours après dans une alïreuse misère, redemander l'emploi qu'ils ont si naïvement abandonné, poussés par un fol orgueil ou les excitations d'esprits forts, camarades inintelligents et maladroits !»

Nous avons dit que ce^ mutations des infirmiers et infirmières (Hait un mal chroni({uo, (}ui existait avant ([u'il ne fut question de laïcisation. Il sévit, en effet, aujourd'hui comme autrefois, sur les établissements qui restent entre les mains des religieuses. Le tal)lcau des mutations de rriôtel-Dieu, depuis le 1" juillet 18'J7 jus(iu'au 30 juin 1898 en est la preuve.

HOTEL-DiEU.

Hommes. Femmes Refus de service. Mauvais service et

abandon de service 1 »

Légèreté de conduite » 1

Intempérance 0 »

Service militaire 2 »

Partis sur leur demande 15 4

Décès 1 »

Refusés par l'administration 0 »

Partis pour maladie 3 »

Totaux 34 û (l)

(1) Depuis deux ou trois ans les mutations ont diuiiuuô à THôtel-Dieu. Reaucoup s'imaginent que dans cet hôpital les religieuses font tout, voici por leur édification la liste du personnel lai'iue de cette maison.

GRADES

CO

Tl

Surveillants

Surveillantes

Sous-surveillants

Sous-surveillantes

Suppléants

Suppléantes

Premiers infirmiers

Premières infirmières

Panseurs

Panseuses

Garçone d'amphithéâtre

Infirmiers et Garçons de service...

Infirmières et Filles de service

Personnel j;rofessionnel permanent

Totaux

Total.

L'ensemble de ces statistiques nous conduit à répéter ce que nous avons dit souvent :

« Quand vous avez une place gardez-la. Si elle est très fatiguante, très pénible, — c'est naturellement la règle au débuts — patientez. Au bout de quelques mois, faites valoir vos raisons à l'appui de votre changement de poste. Vos directeurs y feront droit, si vous vous êtes montrées dévouées, si vous n'avez encouru ni consigne, ni réprimandes. S'il y a des obstacles et si, pour les vaincre, vous croyez devoir faire intervenir vos chefs, faites-le avant d'avoir donné vos huit jours comme de vulgaires domestiques qui menacent sans cesse de rendre leur tablier. L'Administration et vos chefs ne s'intéresseront à vous que s'ils voient que vous n'avez pas embrassé la carrière d'hospitalière comime un pisaller, faute d'ouvrage, mais que vous voulez en faire l'occupation de toute votre vie. »

Empressons-nous de dire que ces critiques s'adressent surtout aux absents, c'est-à-dire aux infirmiers et infirmières qui ne suivent pas les cours ou ne les suivent que par intermittences. II est juste de reconnaître que les mutations non motivées sont plus rares parmi les infirmières et les infirmiers diplômés : ceux-ci ne veulent pas, d'ordinaire perdre le fruit de leur labeur. Aussi convient-il de la part del'Admistration de ne point s'en séparer sans des motifs tout à fait sérieux. Et, à ce propos, souhaitons que, dans son propre intérêt, l'Administration reprenne, pour combler les vides quotidiens, ses anciennes infirmières diplômées, qui l'ont quittée pour des motifs plausibles et demandent à rentrer, de préférence aux inconnues qui ne savent rien et ne lui ont encore rendu aucun service.

2" Parmi les mutations, il en est que l'on doit défalquer, nous voulons parler des viutations par diplôme, c'est-à-dire dues à l'envoi des infirmiers et infirmières diplômés des quatre écoles dans les autres maisons. Nous demandons à M. Napias d'y faire procéder avant le 1*>octobre, époque de la réouverture des cours, et d'adresser à ses directeurs des instructions : a) pour que les diplômés

soient remplacés par les meilleurs infirmiers et infirmières des hôpitaux, afin de leur fournir le moyen d'avoir le dijjlôme ; b) pour que les diplômés soient placés dans des services actifs, auprès des malades, et non pas dans les postes de début, dans les postes les plus défavorables ; — c) pour (jue les diplômés conservent leurs mômes droits h l'avancement que s'ils étaient restés dans les maisons qu'ils quittent.

Nous voyons venir à l'école de la Pitié, par exemple des infirmiers et infirmières de l'hospice des INIénages ou de l'hôpital Boucicaut. Ce long trajet leur occasionne fatigue et perte do temps. Ils ne peuvent non plus être très assidus. Ne serait-il pas plus pratique, plus humain, de faire venir, au mois d'octobre, les infirmiers et infirmières non diplômés des Ménages à la i itié ou à Lariboisière, etc., et de les remplacer par des diplômés de cette année. Et ce procédé devrait être appliqué à tous les établisse-' ments. Rien n'empêcherait aussi, quand ceux-là auront leur diplôme, de les rediriger, s'ils y tiennent, et si leur directeur y consent, sur l'établissement où ils étaient î^u par avant.

3° La question de l'avancement est une de celles qui vous préoccupe naturellement. Vous savez que nous avons toujours réclamé pour les infirmiers et infirmières diplômés toutes les places créées qui relèvent de l'Assistance, aussi bien dans les hôpitaux, les dispensaires, les maisons de secours, que dans les crèches, les ambulances urbaines, les orphelinats, les asiles de convalescence, etc. Vous n'avez pas oublié que M. Peyron était entré franchement dans cette voie que, pour lui, la première recommandation, c'était le diplôme. Il en sera de même, nous en avons la ferme conviction, avec notre ami le D"" Napi.\s. Pour l'avancement, la condition du diplôme étant remplie, jamais il ne devrait y avoir d'autres considérations que le nombre d'années de bons et dévoués services, affirmées ])ar le^ médecins et les directeurs. Les interventions

extérieures, non compétentes, devraient être rejetées. II devrait en être de même des considérations tirées des charges de famille. En pareil cas, si une famille d'infirmiers ou de sous-employés se trouve dans une situation fâcheuse, ce n'est pas par une nomination non justifiée que l'Administration doit leur venir en aide, mais par un secours. Agir autrement est contraire à l'équité, suscite des réclamations justifiées, détruit la confiance qu'on doit avoir dans l'Administration. Ce n'est pas seulement les postes dont nous venons de parler que nous demandons pour vous, nous voudrions aussi que l'Administration réservât à ses sous-employés les places vacantes au cheflieu et dans les bureaux de bienfaisance : elle connaît mieux les sous-employés des hôpitaux que les protégés de toutes provenances qui ne lui ont jamais rendu de services.

Vous vous plaignez de la lenteur de Vavancomentl II tient à la rareté des vacances ; vous avez tort aussi de limiter votre horizon aux seuls hôpitaux de Paris. Nous croyons donc devoir vous renouveler un conseil que nous vous avons souvent donné et que vous ne suivez que rarement.

« Le nombre des infirmières diplômées des hôpitaux, avons-nous dit, augmente heureusement et dans des proportions honorables, à la fin de chaque année scolaire, mais le nombre des places de sous-employées étant limité, il en résulte que l'avancement ne peut s'effectuer que d'un^ manière très lente. Aussi, serait-il sage de votre part de ne pas borner votre liorizon aux hôpitaux de Paris. Dans votre intérêt même, il serait bon que vous vous mettiez sans hésitation à la disposition des villes de province qui veulent laïciser leurs établissements hospitaliers ; à la disposition des administrations départementales qui ont des asiles et des orphelinats à laïciser et môme à la disposition des maisons particulières. Si les laïques veulent remplacer définitivement les religieuses, il faut qu'elles soient prêtes à aller rendre des services partout, à faire voir partout, en province aux colonies, qu'elles sont instruites, capables, obéissantes et dévouées. » ■ - -

Vous êtes renseignés, réfléchissez et agissez en conséquence,

hes examens pratiques ont été sul)is cette année par 522 élèves. Pour chacune des quatre écoles nous avons dressé la liste de ceux qui possèdent un hrevet, un diplôme, un certificat d'étude. En voici la statistique générale :

Statistique des élèves.

rï S

CO

•Si

os

IGl)

liaccalaiiic'yt

Brevet supérieur

Brevet élémentaire

Certificat d'études primaires supérieures

Certificat d'aptitude pédagopique

Certificat de grammaire

Certificat d'études primaires

Diplôme d'herboristes

Diplôme de sage-femme

Total général

Ces brevets, diplômes et certificats se répartissent de la façon suivante pour l'année 1897-1898 : Bicêtre : 49 ; — Pitié, 60; — Lariboisière, 52 ; — Salpétrière, 38; soit : 199. — En 1894 les infirmiers et infirmières qui offraient les mêmes preuves de leur instruction étaient de 93 ; en 1895, de 136; en 1896, de 137; en 1897, de 181. Cette statistique confirme ce que nous avons dit ailleurs, à savoir que d'année en année le recrutement du personnel s'opère, malgré tout, parmi des personnes de plus en plus instruites.

Les diplômes d'infirmiers et d'infirmières qui vont être distril)ués tout à l'heure sont au nombre de 76 pour Bicêtre, de 108 pour la Pitié, de 105 pour Lariboisière et de 69 pour la Salpétrière, soit 358 diplômes.

Si l'on ajoute ces 358 nouveaux diplômes aux 3.070 diplômes antérieurs, le total général, après cette cérémonie, sera de 3.428, dont la plus grande partie a été attribuée au personnel hospitalier.

La situation du personnel des sous-employés des établissements-écoles mérite d'être relevée, au point de vue du diplôme. Tous, depuis longtemps, devraient le posséder. En est-il ainsi ?

A Bicêtre, nous avons :

Sur 10 surveillants 8 diplômés.

— 13 surveillantes 12 —

— 16 sous-surveillants 13 —

— 20 sous-surveillantes 12 —

— 21 suppléants 19 —

— 14 suppléantes 12 —

— Spanseurs 3 —

— 1 garçon d'amphithéâtre 1 —

— 17 premiers infirmiers 17 —

— 11 premières infirmières 10 —

A la Piiié, nous avons

3 surveillants 0 diplômés.

7 surveillantes 6 —

3 sous-surveillants 1 —

13 sous-surveillantes 10 —

2 suppléants 2 —

9 suppléante? 9 —

3 l"^ infirmiers 3 —

6 1"= infirmières 9 —

2 infirmiers panseurs fi —

1 garçon d'amphithéâtre ..." 1 —

A la Salpêirière, nous avons :

Sur 4 surveillants 0 diplômés

— 21 surveillantes 10 —

— 6 sous-surveillants 3 —

— 73 sous-sui-veillantes 47 —

— 5 suppléants 4 —

— 29 suppléantes 2ti —

— 1 !«■• infirmier 1 —

— 41 l"' infirmières 22 —

— 1 Garçon d'amphithéâtre 0 —

— 27 Infirmiers et garçons de service 11 —

— 280 Infirmières et filles de service. . 47 —

— 18 Pesrsonnel professionnel 9 —

A ï^afihoisière, nous avons :

Avant la A la fin

réouverture de cette année des cours scolaire

Sur 3 surveillants i 3

— 7 surveillantes 7 7

— 3 sous-surveillants 2 2 (1)

— 27 sous-surveillantes 27 26 (2)

— 7 suppléants 7 7

— 15 suppléantes lô 15

— 7 1"" infirmiers G G (3)

— 20 K»' infirmières 20 20

— G infirmiers panseurs f, 6

— 87 garçons et infirmiers 17 21

— 82 filles et infirmières 17 29

— 2 personnel professionnel . . 0 1 (4)

Nous voyons qu'à Bicêtre, à la Pilié et; à Larilsoisière , la très-grande majorité des sous-employés possède le diplôme professionnel, tandis qu'à la Salpêtrière la proportion des sous-employées non diplômées est; considérable, G8 sur 81. 11 ne devrait; pas en être ainsi après 2! années d'enseignement.

Nous compléterons ces renseignements par Vétat numérique des agents de tous grades des hôpitaux qui, avant la fin de cette année scolaire, étaient déjà pourvus du diplôme professionnel.

(1) Le 3° âgé de 60 ans est à la veille de prendre sa retraite.

(2) La 27" sous-surveillante a plus de 50 ans.

(3) Le 7° est àgé'de plus de 50 ans.

(4) Un charretier a été remplacé par un infirmier diplômé.

Personnel secondaire attaché aux divers Etablissements au U'-- juillet 189G.

GRADES

Surveillants

Surveillantes

Sous-surveillants

Sous-surveillantes

Suppléants

Suppléantes

Premiers infirmiers

Premières infirmières

Panseurs

Panseuses

Garçons d'amphithéâtre

Infirmiers et garç. de service.

Infirmer et filles de service..

Personnel professionnel permanent et ouvrières du Magasin central

Nombre d'agents.

— &. en

Total.

Totaux I 1.688

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