‹ L'hystérie et son traitementChapitre 10 sur 62 · MEDICAMENTS · texte numérisé non relu

MEDICAMENTS

somnie : bromures, brômidia, chloral, trional, sulfonal, etc. Etant donné que Tinsomnie hystérique n'est rien autre chose qu'un état de vigilambulisme, on comprend que ces drogues restent sans effet, ou aggravent le sommeil cérébral. Aussi voit-on des doses quelquefois énormes rester complètement inefficaces au grand étonnement du médecin qui n'ose dépasser les doses maxima admises.

Médicaments excitants.

Ce devrait être à ceux-là qu'on ait cherché à s'adresser de préférence, mais en raison de la fausse conception qu'on avait jusqu'ici de l'hystérie, c'est presque exclusivement aux médicaments calmants qu'on avait recours. Il n'y a guère. à citer que la strychnine, soit sous forme de noix vomique, soit sous forme d'arséniate de strychnine, qui ait été employée couramment. Elle n'est pas mauvaise d'ailleurs, mais je ne saurais dire qu'elle soit nécessaire, ni même utile. Je n'ai jamais observé la moindre différence au point de vue du succès entre les malades qui en prenaient et celles qui n'en prenaient pas.

En résumé, tant pour les médicaments calmants que pour les excitants, je suis arrivé à cette conclusion pratique : c'est qu'ils étaient ou inutiles, ou inefficaces aux doses non nuisibles, ou dangereux quand ils pouvaient déterminer de l'accoutumance.

Médicaments tonifiants.

Ils n'ont pas grand inconvénient et peuvent même quelquefois être utiles. On ne saurait demander davantage à un médicament. On sait combien il est commun d'observer la chlorose associée ou comme phénomène primitif dans l'hystérie. Telle est cette chlorose brusque qui survient en même temps que d'autres troubles nerveux, et en particulier l'insomnie, à la suite d'une violente émotion. Sans * qu'on connaisse bien le mécanisme par lequel elle se produit, il est évident que le rôle du système nerveux y est considérable, essentiel et peut être unique.

Quel que soit son mécanisme, il paraît logique de chercher par les moyens ordinaires à réparer cet état chloro-

tique et à s'adresser aux médications martiales. Mais je dois dire qu'on aurait tort de faire trop fond dessus, et que rhydrothérapie — les douches froides en particulier — ont, comme on Ta reconnu depuis longtemps, une efficacité aussi grande sinon supérieure. J'aurai l'occasion d'y revenir plus loin. L'arsenic et les préparations cacodyliques, associées au fer et à la strychnine, peuvent,^à Certains moments, rendre quelques services aussi.

Mais d'une manière générale on ne doit jamais compter sur l'efficacité des médicaments dans l'hystérie, même quand ils s'appliquent à des manifestations qui paraissent d'ordre général et quelque peu indépendantes. On doit par contre tâter toujours la susceptibilité du sujet, car il n'est pas rare de la voir très exagérée pour certaines substances.

En somme la thérapeutique médicamenteuse de Thys* térie n'existe pas , et l'on n'en saurait être surpris quand on a étudié les diverses théories qui en sont proposées, qu'elles soient psychologiques ou physiologiques.

Intervention chirurgicale.

Mais si les effets des médicaments peuvent toujours être réparés, il n'en est malheureusement pas de même de ceux des opérations chirurgicales, que, soit par ignorance, soit par erreur de diagnotic, ou par erreur de la conception de l'hystérie, on voit encore trop souvent pratiquer aujourd'hui.

Quoique l'on sache parfaitement aujourd'hui que l'hystérie n'a rien à voir avec les organes utéro-ovariens, il se trouve encore des médecins pour faire des curetages d'abord, puis l'ovariotomie ou l'hystérectomie, pour des troubles nerveux, des points ovariens, des névralgies pelviennes, des métrorrhagies, etc. Certains invoquent comme raison de l'opération que cela fera une suggestion puissante à la malade. Malheureusement si la suggestion n'atteint pas le but désiré, et c'est le cas ordinaire, on n'a pas la ressource de remettre en place l'organe enlevé. Alors même que dans les premiers temps après

Page 1