‹ L'hystérie et son traitementChapitre 19 sur 62 · HYDROTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

HYDROTHÉRAPIE

environ, je préfère un jet de 8 millimètres seulement avec une pression de 20 à 25 mètres. En écrasant bien ce jet on obtient des gouttelettes très fines en éventail, qui sont animées d'une vitesse et d'une puissance de percussion assez grandes et qui, grâce à cela, le malade étant placé à environ trois mètres du doucheur, viennent piquer en quelque sorte la peau sans donner cependant une sensation de choc. L'excitation est donc beaucoup plus marquée qu'avec les grosses gouttes qui s'échappent d'un orifice de 10 millimètres sous une pression de 10 à 12 mètres seulement.

Pour que la réaction se fasse facilement, comme on ne peut pas, chez beaucoup de malades, ou l'hiver, la développer par la marche^ il faut trouver le moyen de l'obtenir sur place. Cette réaction tenant surtout à la différence de température entre l'eau de la douche et celle de l'atmosphère, on doit d'abord, autant que possible, avoir une eau à température constante. Il n'est pas nécessaire qu'elle soit très froide, comme le préconisent certains médecins qui sont dans des stations où elle n'a pas plus de 5<* à. 6°, même en été, parce qu'ils n'en ont pas d'autre à leur disposition; 10** en été, 12° à 14^ en hiver sont des températures parfaitement suffisantes. En second lieu, il faut que la température de l'atmosphère de la salle où se donne la douche et des cabinets déshabilloirs soitconâtante, et présente avec celle de l'eau un écart toujours le même quelle que soit la saison. Un écart de 10° à 12° assure une réaction sur place excellente; la salle d'hydrothérapie et d'attente ayant 20° à 23° en été, 22° à 25° en hiver, les malades peuvent y faire leur réaction sans exercice musculaire.

La douche froide, dans ces conditions, paraît surtout applicable à des cas très légers, où il n'y a par exemple que des crises de nerfs légères, sans stigmates permanents, ou très peu marqués encore, dans les cas particulièrement qui s'accompagnent de chlorose.

Elle peut être essayée dans les cas plus sérieux où il existe des stigmates permanents, mais il faut alors exa-

miner avec soin si la réaction se* fait bien. Quand il y ji anesthésie généralisée en effet, il y a soit de fa vaso-constriction, soit de la vaso-dilatation, suivant les points considérés. En tout cas les vaso-moteurs ne fonctionnent plus normalement, de sorte que, sous Tinfluence de Texcitation cutanée par la douche, la vaso-constriction ou la vasodilatation peuvent être augmentées au lieu d*être combat* tues. Dans le premier cas le sujet se sent cojitracté, grelotte, a de la peine à se réchauffer ; dans le second, après avoir paru réagir d'abord, quoique faiblement, il se refroidit progressivement, surtout aux extrémités. Dans l'un et l'autre cas la douche froide doit être abandonnée.

On peut cependant favoriser la réaction en administrant immédiatement après le jet froid le jet chaud à 40° au moins. C'est ce que j'appelle la douche écossaise invertie* La vaso-constriction produite par la douche- froide se trouve alors combattue par la dilatation qu'amène ki douche chaude. Mais alors on ne voit pas' trop où est l'avantage de la douche froide, si on n'arrive qu'à remettre les choses en l'état après les avoir aggravées.

J'ai vu plus d'une fois des hystériques se trouver beaucoup plus mal après qu'avant la douche. Certaines sont prises de suffocations, et quelquefois de crises, si surtout elles ont dès points douloureux hystérogènes. Elles sont alors plus anesthésiées par le froid, et par conséquent leur état hystérique est aggravé. Je crois donc qu'on doit être d'une grande prudence dans l'emplpi de l'hydrothérapie froide, même avec le palliatif de la douche écossaise, invertie (jet chaud succédant au froid), chez les hystériques à stigmates permanents et à anesthésie plus ou moins généralisée, car on risque toujours d'augmenter leur anesthésie, que le traitement a précisément pour but de faire disparaître.

J'ai eu dans ces cas de bien meilleurs résultats de la douche chaude à 40° ou 42°. Elle fait beaucoup mieux fonctionner la peau, stimule davantage la circulation périphérique sans risquer d'épuiser l'élasticité vaso-motrice, si je puis dire, qui est très faible déjà et qui ne supporte

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