HYDROTHÉRAPIE
pas de grands écarts, comme ceux que détermine la réaction à la douche froide quand elle se fait bien.
Enfin chez les grandes hystériques, complètement vîgilambules, anesthésiques totales, avec des manifestations multiples, viscérales et autres, j'ai complètement renoncé à rhydrothérapie froide dans tous les cas, et même chaude daas la majorité des cas. J'ai constaté en effet maintes fois qu'elle augmentait Tanesthésie , et que, lorsque celle-ci avait tendance à disparaître, elle la provoquait de nouveau. C'est là une expérience facile à faire au moment delà convalescence, quand la sensibilité est presque revenue à la normale, mais est encore instçible : dès qu'on administre une douche froide, elle disparaît aussitôt et il n'est pas rare de voir reparaître des troubles qui avaient cessé depuis longtemps. Je ne puis attribuer ce résultat qu'à la vas.o-constriction produite par le froid et le saisissement de là douche. Or, j'ai dit plus haut combien le froid était défavorable aux hystériques à cause de son action anesthésiante et ^paralysante. A aucun moment donc, et moins dans la convalescence que jamais, on ne doit adininistrer la douche froide, et même chaude, aux grandes hystériques yigilambules complètes, sous peine de voir s'aggraver leur état.
Je suis donc bien loin d'être de l'avis de ceux .qui regardent l'eau froide comme un excellent jesthésiogène. Elle ne l'est qu'à la condition que la réaction se fasse, c'est-à-dire qu'à la constriction et à l'anémie de la peau, et peut-être des parties sous-jacentes, succède la dilatation réflexe des petits vaisseaux sanguins. OrJ'ai observé qu'à un certain degré de l'hys.térie, la constriction ainsi obtenue n'est pas suivie de la dilatation et que les troubles vasomoteurs, et par conséquent aussi les troubles sensitifs, sur lesquels repose toute l'hystérie, sont augmentés.
Je ferai les mêmes remarques en ce qui concerne le drap mouillé qu'on substitue quelquefois à la douche, quand on n'a pas cette dernière à sa disposition. Dans ce dernier cas on pourra se trouver bien du simple tub appliqué de la manière suivante : Le sujet, placé dans sa
126 TRAITEMENT GÉNÉRAL DE l'hYSTÉRIE
chambre chauflFée à une bonne température, 18*» à 20® environ, est lotîonné avec une grosse éponge imbibée seulement dans de Teau aromatisée avec du vinaigra de toilette sur tout le corps, pendant trente à quarante secondes. Il est alors enveloppé dans un peignoir en tissu éponge bien chaud et se remet ainsi dans son lit, sous des couvertures de laine ou un édredon. Il fait alors sa réaction très facilement et, au bout de dix à quinze minutes, lorsqu'il sent une détente générale et de la chaleur à la peau, on procède à Tessuyage dans le peignoir et à une friction sèche, puis on le laisse reposer au lit, oii fréquemment il s'endort.
Quant aux bains chauds^ ils doivent être très courts, de cinq à dix minutes au plus, et ils ne constituent d'ailleurs pas un moyen thérapeutique, non plus que les bains froids, qui ne sont pas à recommander.
En résumé l'hydrothérapie, soit sous forme de douches froides, soit sous forme de douches écossaises inverties (froides, puis chaudes), est loin de s'appliquer à la majorité des cas d'hystérie. Elle ne convient guère qu'aux formes légères, au début, dans les cas où il n'y a que des accidents paroxystiques sans stigmates permanents, et dans ceux où il y a de la chlorose. Mais elle n'a que des inconvénients dans les cas graves, invétérés, de grande hystérie, où la douche chaude peut rendre quelques services, mais doit être elle-même employée avec circonspection.
L'hydrothérapie qui, pour beaucoup de personnes et même de médecins, constitue en quelque sorte la base, ou tout au moins un procédé thérapeutique indispensable dans l'hystérie, me paraît au contraire ne devoir occuper qu'un rang très secondaire et n'avoir qu'un rôle accessoire, qu'on doit constamment surveiller. Dans aucun cas du reste, elle ne saurait à elle seule réparer les troubles hystériques, sauf peut-être tout à fait au début ou dans les cas très légers, où tout autre procédé aurait souvent le' même effet. Elle n'est donc nullement un spécifique de l'hystérie.