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ÉLECTRICITÉ

Electricité,

L'électricité n'a que peu d'importance et ne s'applique qu'à certains cas déterminés. La seule forme à employer est d'ailleurs la faradisation. « C'est sans doute, disait Duchenne de Boulogne , en allant exciter les centres nerveux par une sorte d'action réflexe, que la faradisation cutanée rappelle les mouvements dans les paralysies hystériques. Il est même des cas où elle semble mieux réussir que la faradisation musculaire. » Duchenne, avec son génie, avait donc compris que les troubles hystériques ne dépendaient que du défaut de fonctionnement des centres nerveux. Il n'avait pas imaginé, comme on l'a fait depuis, que c'était un trouble psychique qui disparaissait par la faradisation. .

A la vérité, si la faradisation peut avoir une action esthésiogène, elle est assez limitée. Ce n'est guère que dans les cas d'aphonie nerveuse qu'elle a du succès. Là elle agit à la fois sur la peau et les muscles délicats sous-jacents, et on obtient quelquefois des résultats merveilleux. Mais lorsqu'il s'agit de paralysie de tout un membre, ses effets sont beaucoup moins appréciables et le plus souvent jiuls.

Même en généralisant son action par l'emploi du bain hydroélectrique on n'obtient pas grand chose, car la faradisation musculaire ne modifie pas la sensibilité cutanée.

V électricité ^a^vamgwe trouve encore moins son emploi dans l'hystérie. Elle peut quelquefois, avec des intermittences, provoquer des mouvements dans des membres contractures ou paralysés^ et réveiller ainsi momentanément quelques sensations, car la sensibilité électrique est un des modes qui persiste le plus longtemps dans l'anesthésie. Mais elle est absolument insuffisante pour rétablir les fonctions motrices.

Quant à Vélectricité statique^ que certains auteurs vantent, il est possible que, sur des esprits peu cultivés, l'appareil exerce une certaine action morale. £n ce qui con-

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cerne Taction physiologique, je Tai toujours vue mauvaise, les malades éprouvant souvent une sorte d'engourdissement et de sommeil sous Tinfluence du bain statique. Même en se servant des étincelles et des frictions comme excitants, les bénéfices ne compensent certainement pas les inconvénients de son emploi. Restent les courants de haute fréquence sur lesquels on n'a aucune donnée précise encore.

Métallothérapie.

On a fait beaucoup de bruit avec cette méthode, il y a une vingtaine d'années. 11 n'est pas douteux que sous l'influence de l'application de certains métaux des hystériques éprouvent des sensations particulières, et que dans certains cas on voit reparaître la sensibilité de la peau à l'endroit où on a fait l'application. Mais outre que ces phénomènes ne sont pas durables, il faut remarquer que les sensations éprouvées ne sont pas les mêmes pour le même métal chez plusieurs hystériques; sans compter que chez le plus grand nombre il ne se produit rien avec les divers métaux, ou qu'on pourrait obtenir des impressions analogues avec des corps autres que les métaux, comme je m'en suis assuré plusieurs fois.

Cela n'a d'intérêt qu'au point de vue de la dissociation singulière qu'on peut rencontrer pour la sensibilité cutanée chez les hystériques anesthésiques, mais ne saurait constituer une méthode applicable à tous les cas en général^ ni même à certains accidents déterminés. L'abandon dans lequel est tombée cette méthode montre bien d'ailleurs que les résultats proclamés par Burq étaient peu constants, et tenaient peut-être à des causes autres que l'application des métaux elle-même.

Burq avait remarqué d'ailleurs que la disparition des accidents accompagnait le retour des diverses sensibilités, ce qui confirme notre théorie. Quaat à la durée' de ce résultat elle était souvent fort courte et, malgré la répétition des séances, on n'arrivait que rarement à la permanence du rétablissement des fonctions normales.

AIMANTS — TBANSFERTS 12^

Aimants. — Transfert.

Je ne parlerai* que pour mémoire des aimants comme moyen esthésiogène. Il est permis de se demander quel est leur véritable mode d'action quand on les voit agir ou rester inefficaces sur le même sujet, suivant qu'il les voit ou ignore leur présence près de lui.

Mais en admettant même leur action efficace sur la sensibilité^ il est également permis de se demander quel avantage on y trouve, puisque leur effet serait de faire changer Tanesthésie de côté, quand elle est unilatérale. J'avoue ne pas bien comprendre quel bénéfice il peut y avoir pour une hystérique à être hémi-anesthésique à droite au lieu de l'être à gauche, surtout si on ajoute que ce transfert n'est généralement pas permanent, et que Tanesthésie finit par réoccuper le côté qu'elle occupait primitivement.

Certains auteurs ont proposé aussi le moyen suivant, dont la simplicité admirable permettrait de faire avec la plus grande facilité disparaître tous les accidents hystériques : c'est le transfert d'un sujet à un autre. On persuade.au malade qu'en endormant un sujet en contact avec lui, ce sujet va prendre sa maladie, laquelle disparaîtra au fur et à mesure que l'autre la prendra. On suggère d'autre part au sujet hypnotisé de présenter tel ou tel accident. Il arrive que le malade, suggestionné à son tour par la vue de cet accident qui se développe chez le sujet mis en contact avec lui, cesse d'en souffrir et en guérit. On n'a plus alors qu'à l'enlever par suggestion au sujet hypnotisé et le tour est joué. Il réussit quelquefois comme n'importe quoi, comme l'eau magnétisée. Lourdes ou une simple injonction faite avec une grande autorité. Mais, même quand cela réussit, la guérison du symptôme est obtenue, mais non celle de la maladie. C'est un point qu'on ne saurait trop faire remarquer pour mettre en garde contre des enthousiasmes illégitimes. C'est de la thaumaturgie plus que de la médecine, et il est toujours imprudent pour un médecin sérieux de s'engager dans cette voie.

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]Bxcitations sensorielles.

Les excitations seDsitives que nous venons de passer en revue n'ont en réalité d'autre but que de réveiller les fonctions diminuées ou suspendues. Quand je dis réveiller la sensibilité, il faut entendre réveiller la fonction de Torgane ou de l'appareil qui présente de la diminution ou de l'abolition de la sensibilité. Celle-ci n'est en efifetque le signe objectif auquel on reconnaît que la fonction est troublée ; elle n'est que la conséquence immédiate et facilement constatable de l'inhibition des centres corticaux commandant la fonction considérée.

Les troubles de la sensibilité doivent d'ailleurs être distingués en deux groupes dans les maladies fonctionnelles d'origine centrale et dans l'hystérie en particulier : des signes objectifs plus ou moins grossiers qui sont la preuve d'un trouble central plus ou moins profond, et des lignes subjectifs qui correspondent à ce trouble, s'il est plus léger, ou à un trouble sans signes objectifs, et que les sujets décrivent toujours dans des termes analogues, sinon même identiques, qui prouvent bien qu'il y a là un substratum réel, et non point un simple produit de leur imagination. Gela est d'autant moins vraisemblable d'ailleurs que, la plupart du temps, les sujets n'avouent pas ces troubles subjectifs dans la crainte de paraître ridicules ou absurdes.

Ce que l'on fait pour la sensibilité générale et pour la sensibilité viscérale, on peut également le faire pour les sensibilités spéciales, la vue, l'ouïe, le goût et l'odorat. Mais il faut reconnaître qu'ici nos moyens d'action sont beaucoup plus limités, et ne sont guère que des adjuvants, mais ne suffisent guère à eux seuls à rétablir des désordres qui tiennent en général à des troubles centraux assez profonds. C'est le traitement général qui prend ici le pas sur le traitement local, comme d'ailleurs dans tous les accidents de l'hystérie, mais d'une manière peut-être plus marquée que dans beaucoup d'autres manifestations.

EXCITATIONS SENSORIELLES |3l

Goût et odoj^at.

L'anosmie et Tagustie ne gêneat pas beaucoup les malades en général et on les relate plutôt pour être complet que pour instituer contre elles un traitement spécial. Ces troubles disparaissent d'ailleurs tout naturellement, entraînés en quelque sorte dans le réveil général des fonctions cérébrales. On peut cependant y aider en se servant d'excitations gustatives et olfactives graduées, dans un ordre d'intensité décroissante. Avec des dilutions de plus en plus étendues par exemple, en ayant soin de supprimer les excitations qui pourraient frapper la vue et l'ouïe^ et en soutenant parla parole l'attention du sujet, on arrive dans certains cas à obtenir une amélioration de ces sensibilités spéciales. Mais il faut avouer que pratiquement le temps employé à ces exercices n'est pas compensé par le résultat qu'on en obtient.

Vision»

Les troubles de la vision méritent au contraire plus d'attention. Je ne parle pas du rétrécissement du champ visuel, qui disparaît naturellement avec le traitement général de même que l'achromatopsie qui l'accompagne généralement. Cependant on peut, par des exercices appropriés, avoir une certaine influence sur eux. Il convient d'exercer successivement les deux yeux, qui présentent généralement une différence plus ou moins marquée, et en commençant toujours par celui qui est le moins atteint. En faisant regarder une image, une figure, sur laquelle on a tracé des cercles concentriques au centre desquels on fait fixer l'œil droit, par exemple, le moins malade, on constate facilement quels sont les détails que l'œil ne perçoit pas, et par conséquent l'étendue de son champ visuel. Procédant alors avec l'autre œil, dont le champ visuel est plus rétréci, le sujet, qui connaît déjà les détails que l'œil droit a pu percevoir en plus que lui, et en a conservé la représentation mentale, cherche avec plus d'attention et fait plus d'efforts pour les retrouver. La simple constatation de la différence

entre ses deux yeux, qu'il n'a jamais remarquée dans la vision ' binoculaire, le frappe et devient ainsi un excitant psychique qui a son importance.

Pour les couleurs les exercices sont plus variés. On peut en eflFet se servir de verres colorés placés alternativement devant chaque œil, l'autre étant fermé, jusqu'à ce que les deux perçoivent de la même façon. On peut mettre à profit le phénomène des sensations consécutives pour faire reconnaître deux couleurs complémentaires dont Tœil ne perçoit habituellement qu'une.

J'ai montré * que Tordre de réapparition des couleurs par le procédé du réveil cérébral que nous allons décrire tout à rheure était le suivant : rouge, vert, jaune ou bleu (et réciproquement) orangé, violet. C'est donc dans cet ordre qu'on devra procéder pour les excitations lumi* neuses colorées.

Au lieu de verres colorés oa peut employer des papiers de couleur, ou mieux des écheveaux de laines dont on a des gammes de nuances très variées. On commence alors par les tons les plus tranchés pour en arriver ensuite aux nuances plus délicates.

Dans les cas d'amblyopie ou d'amiaurose, uni ou bilatérale, je me sers d'excitations lumineuses aussi intenses que possible, qu'on réalise facilement avec une lampe électrique. Le sujet étant dans une chambre noire en face du foyer lumineux, placé si Ton veut à une extrémité d'un tube noirci intérieurement et à l'autre bout duquel l'œil atteint est appliqué, tandis que l'autre est recouvert d'un bandeau, on fait des intermittences de lumière^ d'abord courtes et espacées de deux ou trois secondes, puis plus longues et plus rapprochées.

On peut se servir d'un procédé analogue pour les couleurs en munissant l'extrémité du tube de verres de couleur qu'on change, et derrière lesquels la lampe électrique s'allume par intermittences.

Il peut être avantageux de faire précéder cet exercice avec le seul œil malade du même exercice avec les deux

* Genèse et nature de V hystérie, p. 243 et suiv.

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