EXCITATIONS SENSORIELLES
yeux. On constate en effet que le réflexe lumineux qui est plus ou moins affaibli du côté de Tœil atteint, quand on le provoque seul, devient presque égal des deux côtés dans la vision binoculaire. L'excitation de l'œil sain retentit donc sur Tœil malade, et peut par conséquent aider au réveil du centre cérébral.
Gomme d*autre part on sait que la vision peut se ifaire d'une manière inconsciente avec l'œil atteint d'amblyopie, on peut, quand celle-ci n'est pas trop prononcée, favoriser le réveil de la fonction visuelle de cet œil en supprimant avec un bandeau l'œil normal.
Le sujet est alors obligé de faire instinctivement des efforts pour distinguer les objets autour de lui, et s'entraîne ainsi tout naturellement, et sans ie secours de personne, pendant aussi longtemps qu'il veut ou qu'on veut.
Ce que nous avons dit tout à l'heure du réflexe lumineux s'applique également au réflexe d'accommodation. Quand le sujet, amblyope d'un œil, regarde avec les deux yeux, ses pupilles se contractent ou se dilatent d'une façon sensiblement égale des deux côtés; lorsqu'il regarde avec l'œil malade, le réflexe d'accommodation ne se produit plus. On doit donc procéder d'abord, dans les exercices d'accommodation qu'on fait, avec des textes de caractères gradués, et avec des gammes de nuances du blanc au noir foncé, pour faire fonctionner les deux yeux en même temps. Puis on exerce le sujet à lire alternativement avec chaque œil le même texte, très net à la distance choisie pour l'œil sain, vague au contraire pour l'œl malade, jusqu'à ce qu'il y ait égalité de vision. Dans ce cas on commence, contrairement à ce qu'on fait pour les intermittences lumineuses, par des alternatives assez rapides, puis de plus en plus lentes et prolongées. On constate en effet que le sujet s'épuise assez vite, et que, s'il lit assez facilement le texte qu'on lui présente aussitôt après l'avoir lu avec le bon œil, il cesse assez vite de le distinguer avec la même netteté et est obligé de s'en rapprocher.
Tous ces exercices doivent donc être faits sous la direc-
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tion du médecin traitant. Ils s'appliquent surtout aux cas où le trouble visuel est l'accident primitif ou principal. Si^ au contraire^ il est secondaire ou associé à un plus ou moins grand nombre d'autres dénotant un état de sommeil cérébral profond et étendu, il faut d'abord procéder au traitement d'ensemble de la névrose sans trop s*en inquiéter, car il y a bien des chances pour qu'il disparaisse à la faveur du réveil général.
Cette remarque s'applique d'ailleurs à tous les accidents de l'hystérie. S'ils sont primitifs, on doit s'attaquer à eux d'abord ; s'ils sont secondaires, c'est au traitement d'ensemble qu'il faut donner le pas sur les procédés particuliers.
Audition.
On peut, lorsqu'il y a des troubles auditifs — lesquels consistent surtout en diminution ou plus rarement abolition de l'ouïe — procéder à certains exercices analogues pour réveiller la perception centrale, qui est seule atteinte. J'ai fréquemment observé que cette diminution de l'acuité auditive doit être recherchée, les malades ne s'en apercevant pas, comme le font ceux qui sont atteints de troubles organiques parce qu'ils sont, comme on dit, plus durs d'oreille. Les hystériques continuent à entendre très bien la parole, ou du moins à y répondre avec la même facilité et on est étonné, en examinant ensuite l'acuité auditive, de constater qu'elle est quelquefois affaiblie au point que le bruit de la montre appliquée sur l'oreille n'est pas perçu. Ce contraste, que je n'ai guère vu signalé, je crois, me paraît un bon signe diagnostique de la nature hystérique des troubles auditifs.
Quoi qu'il en soit d'ailleurs, voici quels sont les exercices qu'on peut faire. Avec une série de clochettes, de timbres ou de diapasons, on émet des sons de plus en plus forts jusqu'à ce qu'ils soient perçus, puis on procède en sens inverse, et il n'est pas rare que dans l'ordre décroissant on observe assez vite que l'on a gagné, et que le son minimum perçu est plus faible que dans l'ordre