‹ L'hystérie et son traitementChapitre 23 sur 62 · EXCITATIONS PSYCHIQUES · texte numérisé non relu

EXCITATIONS PSYCHIQUES

croissant. Puis au bout de quelque temps le gain se fait sentir dans les deux sens. •

Avec les diapasons, on a l'avantage de pouvoir faire une application directe sur le crâne au niveau des centres auditifs, et par là agir sur Técorce elle-même, quoiqu'il m'ait semblé que l'excitation par la périphérie des nerfs sensitifs était toujours le meilleur moyen d'atteindre le centre fonctionnel cortical .

Excitations psychiques.

Le cerveau étant non seulement l'organe du mouvement et de la sensation, mais celui de la pensée, il est naturel de se servir d'excitants psychiques, et cela d'autant plus que la région frontale antérieure, qui paraît particulièrement dévolue aux fonctions psychiques supérieures , mémoire, attention, personnalité, etc., peut être primitivement atteinte et rester seule atteinte ou d'une façon prédominante. J'ai rapporté des cas^ d'amnésie tenant uniquement à Tanesthésie frontale du cerveau, et le D*^ Gomar en a publié un exemple extrêmement remarquable et tout à fait démonstratif^.

L'influence des émotions et du moral sur le développement de l'hystérie, en provoquant l'épuisement des centres cérébraux dont l'état ne peut plus ensuite revenir à la normale, montre que ces moyens d'action peuvent agir également en sens inverse, si on se sert d'émotions excitantes, dynamogènes, au lieu d'émotions dépressives, inhibitrlces. La conscience étant plus ou moins diminuée dans l'hystérie, tout ce qui pourra la réveiller réveillera aussi du même coup les centres cérébraux et pourra ainsi faire disparaître les accidents.

On peut employer deux ordres d'excitants : des excitants intellectuels proprement dits — c'est le traitement

* Le problème de la mémoire, F. Alcan, 1900. — Cénesthésie cérébrale et mémoire. Revue Philosophique, 1899.

• Comar. Cénesthésie cérébrale et Amnésie hystéHque^ Revue Neurologique, 1900.

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psychologique ; et des excitants moraux — c'est le traite^ ment moral. Tous deux n'ont qu'un but unique, forcer le sujet à prendre conscience des impressions qui viennent le frapper.

Traitement psychologique.

M. Pierre Janet insiste avec raison sur le traitement psychologique de l'hystérie qu,'il considère, en vertu de sa théorie psychologique, comme le plus important^ sinon le seul. Il avance cependant une assertion que je dois relever^ quand il dit^ : « Dans les hôpitaux ou dans les maisons de santé où Ton place les hystériques, on se préoccupe de leurs médicaments et de leurs douches, mais on néglige absolument tout ce qui concerne leurs occupations et leur travail. Des établissements de ce genre devraient être avant tout, à mon avis, des maisons d'éducation. » Je ne sais quelles maisons de santé M. Pierre Janet a vu fonctionner. Je sais seulement que pour mon compte je mène toujours de front le traitement physiologique avec le traitement psychologique et moral, en vertu même de ma théorie de l'hystérie.

Etant donné que je considère l'hystérie comme produite par l'engourdissement des centres cérébraux , engourdissement progressif et envahissant qui amène un arrêt dans l'évolution de la personnalité, et que j'ai montré que, pour recouvrer leur état normal, les hystériques devaient d'abord repasser par tous leurs états de personnalité antérieurs jusqu'à celui à partir duquel elles sont devenues malades, il est évident que lorsque cette personnalité se reconstitue ensuite normalement il devient indispensable de l'éduquer. A partir du moment où le sujet commence cette reconstitution, comme nous le verrons plus loin, le traitement psychologique et moral, c'est-à-dire l'éducation psychologique et la direction morale passent au premier plan dans le traitement. Dès le début du traitement les procédés physiologiques et psy-

• P. Janet. Traitement psychologique de l'hystérie, in Traité de Thérapeutique de Â. Robin, p. 203,

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