SUGGESTION INDIRECTE
sur leur maladie, de se monter la tête sur le traitement qu'on leur applique^ de se donner le genre, vis-à-vis des autres, de n'obéir à personne, etc. ; et à la condition sur^ tout que le médecin soit toujours là à portée, prêt à paraître à tout moment et à remettre d'un mot toute chose à sa place.
Cela n'exclut nullement de rafTabilité et de la cordialité de sa part, ixiais il ne doit jamais laisser mettre son autorité en défaut, ni oublier, quand il s'adresse à une malade, qu'il parle pour toutes. Rien, en effet, de ce qu'il fait ou dit n'est perdu pour elles ; la graine qu'il a semée d'une manière indifférente et avec une négligence voulue, germe tôt ou tard et porte ses fruits. Telle est la vraie suggestion indirecte, celle qui agit le plus efficacement, celle aussi, il faut bien le dire, qui demande de la part du médecin qui Texerce, le plus de perspicacité, de suite dans les idées et d'à propos.
Une autre façon de la pratiquer est d'employer en quelque sorte la méthode socratique, de questionner le sujet sur un point quelconque, de lui faire donner les raisons de sa manière de penser et d'agir, et de lui demander ensuite ce qu'il pense de certains cas analogues qu'on lui cite et où son jugement se trouve mis en contradiction avec ses premières affirmations. C'est ce qu'on pourrait appeler la suggestion dialectique. Avec les sujets intelligents, elle a souvent une grande influence.
Bien entendu, la suggestion indirecte, qui ne se fait guère qu'à l'état de veille, ou soi-disant tel, plutôt que dans l'hypnose, ne saurait prétendre à co;istituer un traitement général de l'hystérie, mais c'est un procédé excellent et précieux pour la direction intellectuelle et morale des hystériques, dès le début du traitement, et de plus en plus à mesure que, les accidents et les troubles somatiques étant disparus, c'est à la restauration de la personnalité et des fonctions psychiques qu'il faut s'attacher. C'est un puissant moyen de traitement moral sur lequel je ne saurais trop attirer l'attention, mais qui n'est applicable dans toute son étendue, et avec tous les bénéfices qu'il comporte, que dans un établissement spécial de traitement, et
encore seulement dans ceux où le médecin peut constamment se mêler à la vie de ses malades.
Hypnotisme.
La suggestion nous amène tout naturellement à Thypnotisme, car c'est le plus souvent dans le sommeil hypnotique qu'on se sert d» la méthode des suggestions. Il n'y a, en effet, que chez des sujets très particulièrement doués et profondément atteints, qu'on peut provoquer à l'état de veille des suggestions. Nous avons d'ailleurs vu tout à l'heure que cet état de veille chez le» grandes hystériques n'était qu'apparent, et n'était en réalité que du vigilambulisme, c'est-à-dire un état absolument analogue à celui du somnambulisme nocturne.
L'hypnotisme dans ces cas n'est qu'une aggravation de cet état de sommeil, avec cette différence que, les yeux étant fermés, le sujet perd tout contrôle sur ses actes, et que, le sens musculaire étant aboli, il est incapable de se mouvoir avec la même facilité ou même de se mouvoir du tout. La suppression de la vue atténue d'ailleurs tous les autres sens, et le sommeil cérébral en est augmenté d'autant.
L'hypnose n'est donc qu'un degré plus marqué de l'état hystérique et n'en diffère en rien d'essentiel. Aussi est-elle extrêmement facile à provoquer chez les grands hystériques : il sufflt de leur fermer les yeux et de les maintenir clos pendant un certain temps, quelquefois très court. Quelques mouvements d'abaissement et de relèvement des^ paupières produisent le même effet.
Quand l'hystérie est moins développée, il faut en général un plus long temps. Il devient en effet nécessaire de produire une certaine fatigue, un certain épuisement, un arrêt des centres cérébraux. C'est dans le silence, dans l'immobilité, qu'il vaut le mieux agir. C'est encore à l'occlusion des yeux maintenus par deux doigts et aux ordres de dormir, donnés d'une voix ferme et un peu basse, que je crois^ préférable de recourir pour obtenir l'hypnose. Fréquemment aussi, il suffit d'appliquer le pouce sur le milieu du
front entre les deux yeux pour provoquer le sommeil. Le sujet éprouve sous cette pression des sensations très particulières : il lui semble que des courants électriques ou des effluves pénètrent dans son cerveau et rendorment. Je me sers même, comme nous le verrons plus loin, de celte remarque pour apprécier le réveil complet du cerveau employé comme- méthode curative de l'hystérie.
Le procédé par fixation d*un objet brillant, ou du regard, me semble bien moins bon, car dès que le sujet commence à fermer les yeux, il échappe à ces moyens d'action et il devient nécessaire d'employer les précédents. Aiftant commencer par eux, outre que la fatigue est beaucoup moindre pour le sujet et pour l'opérateur que si on se sert du regard. C'est d'ailleurs une très mauvaise chose que d'habituer un hystérique à s'endormir en regardant des points brillants, car il n'est pas rare d'en voir qui s'endorment ensuite dès qu'ils en rencontrent n'importe où, ou qui s'amusent à s'endormir eux-mêmes.
Enfin, chez les hystériques au début, l'hypnose est beaucoup plus difficile à provoquer, et on n'arrive souvent qu'à des états de sommeil très incomplet. Il faut un entraînement qui a les pires inconvénients, puisqu'il développe en somme dans le cerveau l'état hystérique.
Si je ne considère pas l'hypnose comme un phénomène hystérique, à proprement parler, je le regarde comme étant intimement lié à l'hystérie, provoquant le même état cérébral, et l'augmentant quand il existe.
On ne doit donc jamais chercher à entraîner des hystériques peu marqués à l'hypnotisme, sous peine de développer leur maladie. Les seuls cas oii il puisse avoir sa raison d'être, c'est lorsque l'état d'engourdissement, de sommeil cérébral, est tel que l'hypnose n'est plus qu'une variété de ce sommeil, grâce à laquelle on peut agir par des procédés divers sur les accidents hystériques. Il est évident qu'il ne peut y avoir aucun inconvénient à la provoquer quand il suffît de fermer les yeux au sujet pour le voir y tomber immédiatement, et qu'il suffit également de
les lui rouvrir en soufflant dessus pour qu'il revienne à son état antérieur.
Mais c'est là précisément le danger de l'hypnose, c'est le réveil. J'ai eu à plusieurs reprises l'occasion de voir rhystérie développée à la suite de pratiques hypnotiques nconsidérées, avec ou sans suggestion, faites soit par des particuliers, soit par des médecins. Tout le mal venait de ce que, après avoir endormi plus ou moins profondément le sujet, l'opérateur le réveillait insuffisamment. Le sujet se réveillait la tète un peu lourde, les paupières pesantes, avec quelquefois un peu de vertige. Puis tout paraissait se dissiper. Mais au bout de quelques séances,» le réveil était de moins en moins complet, le sujet n'étant jamais ramené exactement à l'état où il était au moment de s'endormir, et on voyait alors survenir des anesthésies permanentes, puis des troubles divers liés à ces anesthésies.
L'hystérie était désormais constituée par suite du sommeil cérébral ainsi provoqué et augmentant à chaque séance. J'en ai cité ailleurs^ des exemples démonstratifs. J'en ai encore récemment observé un cas chez une fillette de seize ans, que son médecin avait endormie pour lui enlever par suggestion une contracture du trapèze. Au lieu de la réveiller complètement, il la laissait se réveiller seule et lui avait même appris à s'endormir elle-même en fixant un objet brillant. Le résultat de pareilles pratiques ne fut pas long à se manifester : anesthésie généralisée, insomnie complète, attaques de sommeil, de somnambulisme, et enfin attaques convulsives. 11 suffît de la réveiller complètement pour faire cesser ces accidents.
On doit donc s'assurer avec grand soin que le réveil est absolument complet après une séance d'hypnotisme. On le reconnaîtra à ce que le sujet n'éprouve aucun malaise, aucun vertige, aucune somnolence, et que l'état de sa sensibilité est normal, ou égal ou même meilleur qu'avant la séance. C'est là une question capitale.
Un des inconvénients de l'hypnotisme est l'accoutu-
* Genèse et nature de l'hystérie, t. II.
mance des malades et le goût même qu'ils ont quelquefois à être endormis. Ce goût provient, à mon avis et d'après mon expérience, du bien-être éprouvé par les malades pendant le fommeil somnambulique, bien-être d'autant plus grand que ce sommeil est plus profond. Quant à l'accoutumance, elle s'explique assez facilement par la tendance des hystériques à l'automatisme cérébral. Mais ces inconvénients, qui ne se produisent que lorsque le traitement exige des séances assez fréquentes d'hypno-, tisme, sont relativement assez faciles à éviter quand on les reconnaît et qu'on sait résister aux sollicitations des malades, espacer les séances à mesure des progrès, et ne les employer que lorsque les malades ne peuvent plus lutter seuls contre l'envahissement de l'engourdissement cérébral. Il n'est pas rare d'ailleurs de voir des sujets devenir, une fois guéris, et après être restés un assez long temps sans être endormis, réfractaires à l'hypnotisme, comme ils cessent d'être suggestibles.
M. Pierre Janet^ a insisté avec beaucoup de justesse sur ce besoin du somnambulisme que présentent ainsi certains sujets et sur leur soumission exagérée à leur hypnotiseur. Celui-ci doit donc se mettre en garde contre ce double écueil et c'est pour cela que, comme nous l'avons dit à propos du traitement moral, il doit s'efforcer de laisser de plus en plus d'initiative aux malades à mesurç que leur personnalité se reconstitue et leur apprendre à se diriger eux-mêmes. Quant à l'attachement très particulier que les hystériques — hommes ou femmes — ont pour le médecin qui les a guéris, avec ou sans hypnotisme, je crois qu'il provient chez beaucoup de la constatation de sa supériorité, vis-à-vis d'eux-mêmes tout au moins. Chez ceux qui ont présenté les phénomènes de la régression de la personnalité, sous la forme de reviviscence complète de leur vie antérieure dépuis le début de l'hystérie, j'estime qu'il tient à ce que le médecin se trouve seul lié à tous ces états de personnalité antérieurs et mêlé par conséquent à toute
* L'influence somnambulique et le besoin de direction, Revue J*hilosophique, fév. 1897, p. 113.
SoLLiBR. — L'hystérie et son traitement. 11
leur vie, qu'il a en quelque sorte dirigée et fait surgir de Toubli où ils la tenaient. J'ai cité de nombreux cas où les malades me faisaient cette réflexion au "moment de leur guérison : « C'est singulier, je ne vous connais que depuis quelques mois et il me semble que je vous connais depuis des années (époque du début de l'hystérie) ; vous êtes mêlé à tous les événements de mon existence ».
En résumé, au point de vue de l'application de l'hypnotisme, on doit le repousser quand il s'agit d'un cas d'hystérie légère, ou quand l'hypnose est difficile à obtenir et nécessite un apprentissage et un entraînement. On peut l'employer quand, divers procédés ayant échoué, et les accidents étant tenaces, on n'a plus que cette ressource. Enfln il est tout à fait justifié lorsque, le sujet étant dans un état de vigilambulisme plus ou moins profond, l'hypnotisme ne peut pas le développer davantage, et permet au contraire d'agir plus efficacement sur les troubles nerveux, de rencontrer moins de résistance pour faire exécuter au sujet les exercices nécessaires au rétablissement de ses fonctions, et, si on se sert de suggestions — ce que je réprouve absolument — de les faire accepter plus facilement.
Précautions à pi^endre.
Il y a deux principes qu'on doit autant que possible observer, quand on juge qu'il y a lieu d'employer l'hypnotisme. Le premier est de ne pas le faire sans le consentement du sujet; le second est de faire les séances devant témoins.
En ccqui concerne le premier principe, il me paraît d'autant plus évident qu'il est très difficile d'endormir une personne qui s'y refuse. Mais il est fréquent, lorsqu'il s'agit de grandes hystériques, de les endormir en quelque sorte malgré soi, et sans qu'on ait eu à leur demander leur consentement par conséquent. J'en ai vu plus d'une fois s'endormir au cours d'un examen des yeux, alors que je ne pensais nullement à déterminer l'hypnose; chez d'autres le sommeil survient spontanément sous l'influence d'exer-
UXPJl
HYPNOTISME lô3
cices respiratoires ou de mécanothérapie. J'ai publié* Tobservation d'un abbé qui s'est endormi ainsi au cours d'exercices que je lui faisais faire pour guérir une paraplégie double dès membres inférieurs, et qui s'endormait chaque fois que je le mettais en «travail », expression dont nous verrons plus loin la signification. Les lois canoniques lui défendant de se laisser hypnotiser, je ne lui ai jamais dit qu'il s'était endormi, et il ne s'en est jamais douté. Il est du reste parfaitement guéri.
Pareil cas s'est présenté maintes fois, et Ton n'a alors qu'à tirer profit des circonstances qui impliquent évidemment le consentement du sujet.
Quant au second principe, qui consiste à ne pas pratiquer de séance d'hypnotisme sans témoins, il soulève beaucoup plus de difficultés. La première vient du sujet luimême qui ne se soucie pas de se donner en spectacle à d'autres qu'au médecin à qui il se confie. J'ai vu plus d'une fois des hystériques cesser complètement de répondre, ou d'exécuter les exercices que je voulais leur faire faire, dès qu'elles sentaient la présence d'un tiers.
Une question d'amour-propre s'en mêle souvent, et elles ne veulent pas avoir Tair de céder devant des personnes qui n'ont jamais pu obtenir d'elles ce que le médecin exige, et qu'elles se sont souvent vantées de lui refuser aussi.
D'autres fois c'est la crainte de faire des confidences, des aveux, qui doivent rester sous le sceau du secret professionnel. Il est certain que celui-ci n'est pas respecté quand il y a un témoin, et que de graves inconvénients peuvent en résulter. M. Pierre Janet cite ainsi deux cas où des femmes ont avoué, sans qu'il ait pu l'empêcher, l'une devant son mari, que l'enfant qu'elle portait n'était pas de lui, l'autre, devant sa sœur, qu'elle avait eu autrefois des relations avec son père.
Ce sont là des cas exceptionnels, dira-t-on. Pas tant qu'on le croit, et lorsqu'on ne sait pas exactement à la suite de quelle émotion ou de quelle circonstance l'hys-
* Genèse et nature de Vhystérie, t. II, obs. XX.
térie a débuté, on doit être très circonspect, surtout si le malade a l'air de craindre qu'on ne le fasse causer pendant son sommeil.
Une jeune fille de dix-sept ans, paraplégique, d'excellente famille, m'avoue un jour pendant son sommeil qu'elle a eu un amant depuis un an et que c'est à la suite de sa rupture avec lui qu'elle s'est paralysée; une autre, ayant une contracture d'une jambe, avec douleur très vive à l'ovaire correspondant, me confesse, dans les mêmes conditions, que cette douleur d'abord, puis la contracture, se sont développées à la suite d'une tentative de viol dont elle a été victime de la part d'un ami de sa famille en qui on avait une entière confiance. Quelles conséquences auraient eues ces aveux formulés devant la mère ou un parent quelconque de ces jeunes filles !
D'autre part, en présence de tiers, le médecin est moins à son aise pour interroger les malades; certaines réponses peuvent provoquer des réflexions inopportunes de la famille, et le médecin peut se trouver ainsi dans des situations très délicates et très gênantes pour tout le monde. L'insistance des parents à être présents prouve du reste qu'ils n'ont pas une confiance absolue dans le médecin, et celui-ci est en droit de se refuser à une pareille suspicion. Mais elle prouve souvent aussi qu'ils craignent que leur malade ne dise quelque chose de secret qu'ils ne se soucient pas de divulguer même à leur médecin, et dans de telles conditions il y a bien des chances pour que l'on n'obtienne rien de ce qui serait précisément le plus important à connaître pour la direction à donner au malade.
Ce qui est difficile à réaliser dans la famille devient au contraire aisé dans un établissement spécial. Toutefois, le médecin fera bien d'agir avec prudence et de ne pas s'exposer à ce que certaines hystériques portent contre lui des accusations mensongères, en particulier au sujet d'attouchements indécents ou de véritables attentats à la pudeur. Ce sont en eff'et les accusations le plus souvent formulées par des hystériques, aussi bien contre des médecins que contre d'autres hommes avec lesquels elles peuvent se
trouver seules. Mais on doit faire observer que les hystériques qui sont ainsi sujettes au mensonge, n'ont pas besoin d'avoir été endormies pour les porter contre un lîiédecin. II leur suffît de s'être trouvées seules dans, son cabinet pour l'accuser des pires attentats. Dans une maison de santé une pareille calomnie est plus difficile, à cause de la présence presque constante des infirmières placées auprès des malades, du passage fréquent des surveillants et des divers médecins de l'établissement, les portes des chambres ne devant jamais être fermées en dedans pour que la surveillance soit sûre et facile, et n'ayant d'ailleurs pas besoin de l'être dans des établissements où les deux sexes sont séparés, précaution indispensable, mais qui n'existe malheureusement que dans un très petit nombre d'établissements.
Néanmoins, pour couper court à toute supposition malveillante, le plus sage est de placer les malades qu'on traite par l'hypnotisme dans une salle où elles soient à la fois isolées et soustraites aux regards, et où cependant riei^ ne puisse se passer d'anormal sans pouvoir être entendu ou surpris. J'ai pour ma part réalisé ces desiderata, en aménageant un lit spécial, destiné aux exercices de mécanothérapie, derrière des rideaux dans la salle d'électrothérapie du Sanatorium dont je suis le médecin, et en procédant au réveil cérébral par la méthode que je vais exposer plus loin, en même temps que d'autres malades sont traitées électriquement par des aides. Les malades hypnotisées parlent généralement bas; elles savent qu'on ne les entend pas distinctement en tout cas, si elles viennent à élever un peu la voix; elles ne craigneni pas de répondre aux questions qu'on leur pose ou de dire malgré elles ce qu'elles ne voudraient pas qui fût entendu. A tout instant une surveillante ou un interne peut soulever le rideau pour parler au médecin, et dans ces conditions il est impossible qu'une hystérique, si perverse et si menteuse qu'elle soit, ait l'idée de porter contre celui qui l'hypnotise la moindre accusation d'inconvenance.
Du reste, ce qui peut être gênant, et pour la malade et
166 TRAITEMENT GÉNÉRAL DE l' HYSTÉRIE
pour le médecin, quand on emploie l'hypnotisme pour faire de la suggestion, ne l'est pas avec le réveil de la sensibilité suivant ma méthode. La malade est en effet prévenue d'avance que le médecin ne lui adressera aucune question, ne cherchera nullement à savoir ses pensées secrètes et ne pèsera en aucunç façon sur sa volonté par quelque moyen que ce soit; elle sait que Thypnose dans laquelle on la plonge n'a pour but que de fixer son attention sur les points du corps qiii ne fonctionnent pas convenablement, et de lui éviter la fatigue et la douleur que lui causeraient le retour, à Tétatde veille, de la sensibilité disparue et de la fonction perdue. Elle n'a donc pas plus de raison de repousser la présence d'un tiers que s'il s'agissait de simples exercices à l'état de veille.
Il en est de même du médecin dont le rôle, comme on le. verra plus loin^ est très simple, et consiste essentiellement à soutenir l'attention et à encourager les efforts du sujet, jusqu'à ce que le rétablissement de la sensibilité et de la fonction mise en jeu soit complet. Il n'a pas k craindre le ridicule que certains médecins éveillent ii\)rinciblement dans l'esprit des assistants quand ils prennent un ton autoritaire ou prophétique pour imposer leurs suggestions, ou exiger des aveux, et que le sujet s'y soustrait par le silence ou résiste avec opiniâtreté aux injonctions les plus véhémentes et y répond par un éclat de rire. Avec le procédé du réveil de la sensibilité, cette petite humiliation n'est jamais à craindre; si petit que soit le résultat qu'on obtienne la première fois, on est toujours certain d'en avoir un, et c'est déjà bien quelque chose.
L'hypnotisme n'est pas à proprement parler un procédé de traitement de l'hystérie. Il ne l'est que d'une façon indirecte en permettant l'emploi de la suggestion ou la restauration des sensibilités ou le réveil des centres corticaux.
Il est cependant un cas dans lequel il peut être utilisé directement, c'est celui où on prolonge le sommeil pendant assez longtemps, un ou plusieurs jours par exemple, et