‹ L'hystérie et son traitementChapitre 36 sur 62 · ATTAQUES · texte numérisé non relu

ATTAQUES

vielle trempée d'eau froide a souvent de bons effels, surloul quand elle est accompagnée de quelque injonction énergique d'en finir, formulée par le médecin. La compression de points hystérogènes, soit aux ovaires, soit aux seins, soit à la tête, et qu'on doit chercher toujours, suffit aussi dans un certain nombre de cas. Mais ils n'existent pas toujours, et s'il sont hystérogènes ils ne sont pas toujours frénateurs. Enfin il est des cas où, malgré tout, la crise continue. Le mieux est alors de lais* ser la malade sous la surveillance d'une seule personne^ qui évite qu'elle abîme rien dans la pièce où elle se trouve. 11 est inutile, et souvent même cela ne fait qu'exagérer les choses, de chercher à empêcher les mouvements convulsifs.

On peut encdre, dans un moment d'accalmie, essayer d'obtenir l'hypnose par compression oculaire, et arrêter ensuite la crise par injonction.

Mais il y a souvent utilité à laisser la crise évoluer. Ainsi que nous l'avons dit, les réactions motrices et psychiques qui la constituent ne sont en réalité que celles qui accompagnent le retour de la sensibilité générale et cérébrale, que celles qu'on provoque partiellement, puis dans l'ensemble, dans ce que j'ai appelé le « travail » du réveil des grandes hystériques.

Si ce retour de la sensibilité dans l'attaque va jusqu'au réveil complet, les accidents que présentait la malade disparaissent à sa suite. Il y a donc intérêt à laisser ces réactions se développer complètement. Malheureusement, si cela arrive quelquefois — ainsi s'expliquent ces cas de guérison brusque à la suite d'une grande attaque complète — , il s'en faut que ce soit la règle, loin de là, de même qu'il est rare qu'on puisse obtenir le réveil cérébral en une seule séance. D'où la persistance de l'état hystérique" et des attaques.

Il faut alors recourir au traitement général, car cela prouve que malgré la tendance du système nerveux, du cerveau, à recouvrer son activité, il est incapable de le faire spontanément et a besoin d'excitations spéciales.

Les attaques convulsives partielles — épileptiformes — indiquent, comme les précédentes, un retour de la sensibilité après une disparition récente, en général. II faut donc aider à ce retour, et les tractions, les torsions, les frictions du membre qui est le siège des convulsions, ont une assez grande utilité. Mais il est difficile d'en prévoir la réapparition et il est souvent nécessaire, si elles se reproduisent périodiquement d'une façon trop fréquente, si elles laissent à leur suite des anesthésies permanentes et envahissantes, de recourir au traitenient général pour enrayer les progrès du sommeil, de l'engourdissement cérébral.

Il en est de même à fortiori lorsque ces attaques à forme d'épilepsie partielle prennent le caractère subintrant de Vétat de mal hystérique, qui se reconnaît surtout k l'absence de fièvre et de changement de coloration du visage. Cet accident laisse ordinairement à sa suite un grand épuisement cérébral qui favorise singulièrement le développement de la névrose.

Si ces attaques à réactions motrices prouvent que le cerveau a de la tendance à se réveiller, il n'en est pas de même des attaques syncopales et apoplecti formes. Cellesci sont dues au contraire à l'arrêt brusque de tout où partie des centres cérébraux, et à leur suite on observe soit une anesthésie profonde et généralisée, soit des accidents paralytiques, le plus souvent à forme hémiplégique. L'hystérie se trouve quelquefois constituée ainsi d'emblée et très profondément enracinée. Pour être d'apparence beaucoup moins tapageuse que les grandes atta* ques, elles sont en réalité beaucoup plus graves et nécessitent un traitement général d'urgence.

Troubles du sommeil.

Le sommeil est constamment diminué dans l'hystérie, nous avons vu pourquoi. Il y a en effet balancement entre le sommeil naturel et l'engourdissement cérébral. Plus celui-ci est prononcé, plus le sommeil naturel est de courte durée et de faible profondeur. Quaqd l'engourdissement a envahi tout le cerveau, le sommeil naturel est complète-

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