TROUBLES DIT SOMMEIL
ment supprimé. Il ne faut pas, en effet, le confondre avec les états quasi léthargiques ou cataleptiques, dans lesquels tombent un certain nombre de malades une fois qu'elles sont au repos au lit, condamnées à l'immobilité, et plongées dans l'obscurité — dont elles ont presque toutes peur — ou dans la demi-obscurité d'une lampe ou d'une veilleuse» Il est facile de s'assurer que ce sommeil, dans lequel elles paraissent tomber, n'est pas autre chose qu'une aggravation de leur engourdissement cérébral, provoquée par la suppression des excitations motrices et sensorielles.
Lorsque Thystérie est à son début, le sommeil n'est que troublé par des rêves, dans lesquels les malades parlent tout haut, puis par des cauchemars effrayants dans lesquels ils voient du ôang, des animaux, des figures variées de couleur, grimaçantes et menaçantes. Il y a souvent des réveils en «ursaut avec des peurs — peurs nocturnes des enfants—* et parfois le rêve continue éveillé. De là au noctambulisme il n'y qu'un pas, qui est assez souvent franchi. Ces troubles du sommeil se voient chez presque toutes les hystériques et surtout chez les enfants.
Chez les grandes hystériques, complètement vigilambules, il y a insomnie absolue, et l'état de sommeil cérébral de la nuit est le même, avec seulement un degré de plus, que celui de la journée.
Que faire contre cette insomnie ? La cause même, son mécanisme, interdisent l'emploi des narcotiques qui seraient un non-sens, puisqu'ils ne feraient que provoquer une diminution plus considérable encore de l'activité cérébrale, c'est-à-dire une aggravation de l'hystérie. Nous avons vu d'ailleurs, à propos des médicaments, combien l'usage de ces narcotiques était inutile toujours, et dangereux souvent, dans ce cas d'ensemble.
L'insomnie étant en raison directe de l'état d'engourdissement du cerveau, c'est à lui qu'on doit s attaquer, mais quand il est assez complet pour que l'insomnie soit absolue, il ne va pas sans une foule d'autres manifestations plus ou moins apparentes, qui nécessitent le traitement d'ensemble. Traiter l'insomnie des hystériques, et en général tous les troubles du sommeil chez les hystériques,
c'est en somme traiter Thystérie, dont ils ne sont que l'expression à des degrés divers.
Sommeils pathologiques.
A côté des troubles par diminution de quantité et de qualité du sommeil naturel, il y a des troubles qui consistent au contraire dans des attaques plus ou moins prolongées de sommeil pathologique. Depuis les attaques de sommeil légères, dans lesquelles les sujets ferment tout à coup les yeux au milieu de leurs occupatiotis et présentent les attitudes d'un dormeur naturel, ou se mettent à parler à voix basse, comme s'ils rêvaient — ce qui est en réalité — jusqu'à ces cas célèbres mais rares, dans lesquels le sommeil pathologique se prolonge pendant des mois et des années, il n'y a que des différences de degré avec le vigilambulisme qui résulte de l'engourdissement cérébral et qui est l'élat ordinaire des hystériques. Ce vigilambulisme n'est lui-même que le degré supérieur du sommeil de l'écorce cérébrale, car il n'est constitué complètement que lorsque l'engourdissement a envahi toute l'écorce.
Depuis l'engourdissement léger et localisé à un seul centre cortical jusqu'à la léthargie prolongée, on a donc toutes les nuances possibles, qu'il est facile de reproduire artificiellement par l'hypnotisme, et qui montrent qu'entre la petite hystérie, comme l'on dit, et la grande hystérie, il n'y a qu'une question de degré et non de nature, ni même de mécanisme. C'est le même trouble fondamental, plus ou moins étendu, plus ou moins profond, plus ou moins permanent.
Tous -ces différents degrés d'un même trouble sont donc justiciables en somme du même procédé, et c'est au réveil du cerveau par les divers moyens que nous avons examinés dans le traitement général qu'il convient d'avoir recours. C'est à la méthode du réveil cérébral général dans l'hypnose qu'il faut s'adresser quand il s'agit d'attaques de sommeil somnambulique, cataleptique, léthargique, longues et profondes. Dès que ces manifestations s'installent elles ne font que croître, et l'hystérie se développe de
VERTIGES — CEPHALEE 209
plus en plus. Le traitement général, avec Tisolement à la base, s*impose immédiatement.
\ Vertiges,
Le vertige est moins rare qu'on ne croit chez les hystériques, mais il est en général peu marqué et surtout peu apparent. Il accompagne toujours des modifications, soit en plus soit en moins, de Tengourdissement cérébral. C'est ainsi qu'on le voit se produire au moment de son augmen* tation lorsque le malade se couche et se plonge dans la demi-obscurité, ou au contraire lorsqu'il en sort brusquement. Les malades l'éprouvent surtout quand ils sont couchés ; il leur semble qu'ils s'enfoncent. Il se produit encore lorsque le cerveau recouvre sa sensibilité dans le lobe frontal ; il s'y mêle alors une certaine co'tifusion des idées, une incertitude dans les perceptions : c'est une sorte de vertige intellectuel plutôt que physique. Plusieurs malades m'ont traduit la sensation qui l'accompagne de la façon suivante : (c J'ai mal au cœur dans la tète. »
C'est en tout cas un phénomène accessoire, qui ne se montre guère à l'état isolé — je ne l'ai jamais rencontré du moins — et qui, par conséquent, ne mérite pas un traitement particulier.
Céphalée.
Elle est pour ainsi dire constante, et c'est souvent la première manifestation de l'hystérie, surtout chez les adolescents. Les médicaments dirigés ordinairement contre les douleurs de tête, antipyrine^ phénacétine, acétanilide, aconitine, etc., les bromures, sont absolument sans Qffet, pour cette simple raison que ces médicaments agissent surtout sur la circulation cérébrale, alors qu'ici la douleur provient de l'état de diminution fonctionnelle de la cellule nerveuse elle-même. C'est donc à ce qui peut réveiller cette activité fonctionnelle qu'il faut avoir recours. Parmi les procédés que nous avons examinés dans la seconde partie, l'hydrothérapie sous forme de douches froides ou écossaises, une alimentation plus fortifiante, la régularisation des fonctions intestinales/ soixt souvent suffisantes. On
SoLUER. — L'hystério et son traitement, 14
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obtient quelquefois de bons effets de la douche statique ou du souffle, mais cela n*est pas durable. Le repos, la vie à la campagne, la cessation de tout travail intellectuel, la suppression de toute préoccupation morale, sont des conditions indispensables à remplir dès le début. EnGn, si tout cela ne suffit pas, Tisolemeut devient nécessaire, dès qu'on constate quelques manifestations plus nettes de rhystérie : modiflcations du caractère, difficultés de la mémoire, fatigue rapide des organes des sens, troubles de la sensibilité musculaire, du sens stéréognost'ique, toutes manifestations qu'il faut rechercher soigneusement et que le sujet ne signale jamais, pour ainsi dire, de luimême.
Quant à la céphalée, accompagnée d*hyperesthésie et de points douloureux disséminés du cuir chevelu, elle ne va pas sans un état hystérique généralisé qui nécessite le traitement par Tisolement et ce qu'il comporte ensuite comme procédés généraux.
La céphalée peut revêtir une grande intensité et faire croire à une méningite. Les moyens employés dans la méningite vraie, et en particulier l'application de la glace sur la tête, en anesthésiant davantage la tête et le cerveau, ne font qu'augmenter la douleur. Ils doivent donc être rejetés. Du reste, en règle générale, comme je l'ai déjà dit, tout procédé qui a pour but de calmer la douleur dans les maladies organiques est inefficace quand il s'agit d'une manifestation hystérique et souvent même l'aggrave, la douleur étant liée au.moindre fonctionnement de l'organe, — que ce soit un viscère quelconque ou le cerveau — , et tout ce qui la sidère sans réveiller en même temps l'activité fonctionnelle ne le faisant qu'au prix d'une diminution plus grande encore que cette activité.
La pseudo-méningite hystérique réclame d'abord l'emploi des moyens hydrothérapiques les plus simples, ceux qu'on peut avoir à sa portée chez soi, à savoir les lotions froides, ou le drap mouillé. Mais si l'état se prolonge, si l'alimentation devient difficile, s'il survient des vomissements ou des contractures, si, d'autre part, la pseudo-mé*
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