‹ L'hystérie et son traitementChapitre 38 sur 62 · PSEUDO-MÉNINGITE · texte numérisé non relu

PSEUDO-MÉNINGITE

ningite n*est qu'un accident nouveau au cours d'une grande hystérie constituée depuis plus ou moins longtemps, il faut recourir à l'isolement.

On peut se demander comment l'isolement peut agir, puisque le sujet paraît plongé dans un état d'inconscience complète. Mais en réalité son inconscience n'est pas aussi absolue qu'on le croit, et, pour subconscientes qu'elles sont, les impressions n'en pénètrent pas moins dans le cerveau et y déterminent des réactions plus lentes, mais de même genre que si l'état de subconscience était moins profond. Il n'y a qu'une question de degré toujours entre l'état de vigilambulisme, laissant aux grandes hystériques l'apparence de la veille complète, et tous les états divers, léthargiques, cataleptiques, méningitiques, etc., où leur obnubilation de la conscience est plus grande. Il faut donc se comporter vis à vis de ces derniers comme vis à vis du premier, et, lorsqu'on est bien sûr qu'il s'agit de pseudo-méningite, transporter la malade dans un établissement spécial et l'y isoler.

Mais une question ne manque jamais d'être posée : celle du moyen de transport et des conséquences de ce transport. '

Elle se pose d'ailleurs à propos de bien d'autres cas où se fait chez les parents ce raisonnement contradictoire : « Ma fllk ne peut, nous affirme-t-on, guérir que si on l'isole; mais le voyage nous efiraie; attendons qu'elle soit mieux pour la transporter. » Si vraiment il est urgent de l'isoler, c'est que son état peut s'aggraver si on ne le fait pas; comment alors espérer et attendre qu'elle soit mieux pour faire le nécessaire ?

Le médecin ne doit pas manquer de relever cette contradiction, le caractère inconciliable de ces deux manières de voir. Il peut, sans crainte d'être démenti par les événements, affirmer que la malade supportera parfaitement le transport, et même, s'il s'agit d'un long voyage, qu'elle le supportera avec moins de fatigue que les personnes qui l'accompagnent. Cette remarque, que nous avons déjà signalée à propos de l'isolement, a d'ailleurs une application générale*

212 TRAITEMENT SPECIAL DE l'hïSTÉRIE

Fièv7*e.

La fièvre hystérique, pour rare qu'elle soit, n* existe pas moins d'une façon certaine et peut compliquer le diagnostic, en même temps que faire hésiter sur le traitement. Isolée, comme seule manifestation hystérique, si tant est qu'on l'ait jamais observée et qu'on ait fait le diagnostic, ou à titre épisodique au cours d'une grande hystérie, avec manifestations multiples et surtout viscérales, il n'y a pas lieu d'y rien opposer. D'abord nous ignorons son mécanisme, sa cause réelle, et ce qu'on ferait risquerait d'aller à rencontre du but qu'on se propose; ensuite parce que l'expérience montre que les fébrifuges ordinaires restent sans action sur elle. Il est donc inutile d'administrer de la quinine ou de l'antipyrine, si ce n'est à titre de contrôle pour le diagnostic. Mais il est une précaution à prendre, c'est de ne pas laisser connaître à la malade sa température, et de lui annoncer au contraire que, malgré la chaleur apparente de la peau, la température centrale est normale. Cette fièvre cède d'ailleurs au traitement général, et le plus sage est de ne lui appliquer aucun procédé spécial.

B. — Troubles généraux psychiques.

Idées fixes n

Nous avons déjà examiné le soi«disant rôle des idées ûxes dans l'hystérie; nous avons vu que l'idée n*est persistante que parce que l'état sensitif et cénesthésique qui en a été contemporain est lui-même permanent, le cerveau qui a subi l'impression qui les a déterminés n'ayant pas eu le pouvoir de réaction suffisant pour reprendre son état habituel^ sinon normal. Il faut remarquer en effet que, si une nouvelle impression violente vient provoquer dans le cerveau déjà engourdi de nouvelles modifications qui s'accompagnent d'un état sensitif et cénesthésique spécial et d'idées en rapport avec cet état, ces modifications persistent comme précédemment et que les idées qui y sont

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