‹ L'hystérie et son traitementChapitre 42 sur 62 · HALLUCINATIONS, DÉLIRE, FOLIE · texte numérisé non relu

HALLUCINATIONS, DÉLIRE, FOLIE

de reviviscence complète, de scènes anciennes et réelles : par conséquent des souvenirs objectivés comme on. en voit au cours de la grande attaque. Gela se rencontre surtout chez les malades qui, à Tétat ordinaire, c|nt l'imagination très vive. Cela n*a pas grande importance et cède au traitement général.

Où cela devient plus grave, c'est lorsque l'hystérique interprète ses hallucinations, y croit par conséquent, et en a d'autres que des visuelles.

Nous nous trouvons ici aux confins de Taliénation mentale et on peut y voir tomber définitivement le malade.

Mais il est permis de se demander, dans le cas où les choses se passent d'emblée de cette façon, si on est bieil en face d'hystérie ou si, au contraire, ce n'est pas une aliénation causée par un trouble cérébral différent dans sa nature, mais qui, affectant les mêmes centres corticaux, et empêchant leur fonctionnement normal, se manifeste par les mêmes désordres apparents. On peut encore penser que beaucoup d'aliénations mentales ont le même mécanisme que l'hystérie, mais que ce qui diffère c'est la faiblesse d'esprit du sujet, grâce à laquelle il interprète faussement ses sensations et ses accidents. Suivant ses tendances naturelles, un sujet peut être indifférent à des sensations de fourmillements, d'élancements, de tiraillements dans les membres , comme les hystériques qui se bornent à les constater et les décrire, ou les prendre pour des effluves démoniaques, comme les mystiques possédés du diable, ou croire qu'elles sont provoquées par des ennemis, comme les persécutés, ou encore qu'elles sont symptomatiques d'une maladie grave^ comme les hypochondriaques.

Ce n'est pas ici le lieu de discuter cette question^ si grosse d'intérêt théorique et pratique des rapports de l'hystérie avec l'aliénation mentale. Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'en présence de formes apparemment hystériques , mais dans lesquelles interviennent des hallucinations autres que des visuelles, et des interprétations délirantes, l'isolement s'impose, non pas dans un établis-

sèment hydrothérapique^ mais dans une maison d'aliénés.

TROUBLES GÉNÉRAUX LOCALISABLES

A, — Troubles moteurs.

Amyosthénie,

La force dynamométrique est toujours diminuée chez les hystériques. Mais tous les muscles ne se prêtent pas à l'examen au dynanomëtre. C'est alors par la résistance qu'ils opposent aux mouvements passifs qu'on peut en juger^ comme par exemple pour les membres inférieurs. Pour les muscles dii tronc et de l'abdomen il suffit de faire exécuter au sujet des mouvements de flexion, d'extension, ou de latéralité^ pour constater que certains de ces mouvements ne peuvent être que faiblement réalisés, quoique le sujet ne s'en doute pas. C'est ainsi que certains malades sont incapables, étant sur le dos, dans leur lit, de se relever sur le séant, et sont obligés de se mettre d'abord sur le côté, puis sur les genoux, pour se lever.

Cette amyosthénie qui, suivant les cas, peut être localisée ou généralisée, tient à un affaiblissement du sens stéréognostique et du sens musculaire, avec une diminution plus ou moins nette de la sensibilité cutanée, diminution dont on ne se rend bien compte que lorsque la sensibilité est redevenue normale. C'est donc à la sensibilité musculaire et cutanée qu'il faut s'adresser pour faire disparaître l'amyosthénie : le procédé de choix est ici la mécanothérapie par la méthode des mouvements forcés passifs, puis des mouvements d'opposition, puis de ceux de résistance et enfin des mouvements volontaires.

Tremblement.

Le tremblement hystérique peut afTecter diverses

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