‹ L'hystérie et son traitementChapitre 44 sur 62 · PARALYSIE · texte numérisé non relu

PARALYSIE

ment^ au lieu de respecter, comme on a tendance à le faire, la douleur qui les accompagne, en évitant de mouvoir les membres contractures. Elles cèdent plus vite que les autres, car le sujet a un plus grand désir de s'en délivrer que lorsqu'elles ne lui causent aucune gêne autre que l'impotence fonctionnelle.

Paralysie.

La paralysie hystérique plus ou moins complète, jusqu'à flaccidité absolue, tient à une anesthésie plus profonde encore que celle qui permet la contracture. Gomme pour les contractures il faut distinguer deux cas : celui où elle est primitive, mais s'accompagne d'autres mani*festations hystériques, et celui où elle survient à titre secondaire au cours d'une grande hystérie. Si on peut intervenir tout de suite après son apparition, comme dans le cas où elle est produite par un traumatisme, ou une émotion violente et brusque, c'est à' la mécanothérapie, aux mouvements passifs forcés, jusqu'à ce qu'on obtienne une sensation douloureuse d'une articidation quelconque du membre intéressé, qu'on doit avoir recours, puis à tous les exercices que nous avons indiqués dans la seconde partie, et enfin à la rééducation des mouvements.

Je dois signaler un petit fait intéressant à ce propos, tant au point de vue clinique qu'au point de vue thérapeutique, c'est le suivant : Quand la sensibilité commence à revenir dans le membre paralysé et anesthésie, le malade éprouve le besoin instinctif de faire les mouvements qu'on lui fait exécuter pendant les séances de mécanothérapie, et particulièrement de s'étirer, comme lorsqu'on a une crampe ou des fourmillements dans un bras ou une jambe. Il a l'impression que quelque chose l'enserre, le limite dans ses mouvements, et il cherche instinctivement à s'en débarrasser. C'est sur cette remarque que je me suis basé pour pratiquer certaines manœuvres mécanothérapiques, qui ne font en réalité que reproduire ce que la nature à tendance à faire spontanément. D'ailleurs la clef du traitement de l'hystérie est de favoriser toutes les réactions qui accompagnent normalement le retour des fonc-

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lions et de les provoquer sous la même forme qu*elles se produisent spontanément.

Mais le plus souvent le choc, physique ou moral, qui a été assez violent pour déterminer une paralysie flasque, a inhibé plus ou moins les autres régions du cerveau et l'on se trouve en présence d'une hystérie généralisée constituée d'emblée. Il est rare alors qu'on puisse en venir à bout par un traitement local de la paralysie. Si elle persiste, comme c'est le cas le plus ordinaire, ou si, à la suite d'une amélioration de la paralysie, on constate la permanence des autres troubles, il faut se décider à la cure d'isolement avec le ti*aitement d'ensemble. Celui-ci s'impose dans le cas où la paralysie est secondaire.

Nous examinerons plus loin les divers moyens de rééducation employés suivant la localisation de la paralysie, moyens adjuvants seulement dans un grand nombre de cas, où la guérison serait partielle si on s'en tenait à celle de la paralysie, et qu'on n'obtient qiie par la restauration de la sensibilité et même le réveil cérébral.

B, — Troubles sensitifs.

Nous serons assez bref sur le traitement spécial dirigé contre les troubles sensitifs, ces troubles n'étant que la traduction de l'état d'engourdissement des centres cérébraux, et leurs diverses variétés ne représentant que des degrés de cet engourdissement. Nous les passerons néanmoins rapidement en revue pour signaler les quelques particularités que certains d'entre eux peuvent présenter au point de vue de la conduite à tenir.

Anesthésie. — Hémianesthésie.

L'anesthésie est le symptôme obligatoire de l'hystérie. La traiter c'est donc traiter l'hystérie elle-même, et les procédés à employer sont ceux du traitement général. Suivant son degré, suivant sa distribution, suivant sa généralisation, on s'adressera à tel ou tel des moyens que nous avons examinés dans' la seconde partie.

En présence d'une hémianesthésie on pourrait être

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tenté d'essayer des procédés locaux d'esthésiogéaie. Mais une simple remarque montre que ce serait insuffisant et qu'il faut agir comme dans le cas précédent, c'est la suivante : l'hémianesthésie n'est jamais que l'exagération sur un des côtés du corps d'une anesthésie généralisée ; le côté qui paraît non anesthésique ne Test pas en réalité ; il le paraît seulement par contraste avec l'autre, et la preuve c'est que, lorsque le sujet guérit et recouvre sa sensibilité normale, le côté qui semblait indemne récupère lui aussi une sensibilité beaucoup plus vive, ce qui prouve qu'elle était en réalité altérée auparavant.

Lorsqu'on constate une anesthésie généralisée, avec prédominance ou non d'un côté du corps, on n'a qu'à examiner soigneusement toutes les fonctions organiques et psychiques pour reconnaître qu'elles sont toutes plus ou moins troublées.

Le sujet ^e trouve par conséquent exposé à présenter à la moindre occasion des accidents quelconques suivant le& circonstances. Il y a donc lieu d'instituer un traitement énergique, que ces accidents soient sur le point d'éclater ou qu'ils existent déjà. C'est l'isolement avec tout ce qu'il comporte.

Troubles du sens musculaire.

Il n'est pas rare de voir des troubles du sens musculaire coïncider avec une sensibilité tactile en apparence normale. 11 faut les rechercher en faisant exécuter au sujet différents actes au cours desquels on s'aperçoit que certains mouvements ne peuvent s'accompïïr normalement, ou provoquent une gêne, un peu douloureuse même parfois. Je les ai déjà signalés à propos des troubles moteurs. Je n'y reviens donc pas et me borne à rappeler que la mécanothérapie constitue le procédé de choix pour les faire disparaître.

Hyperesthésie. — Points douloureux,

Uhyperesthésie hystérique n'est jamais, à mon avis, une véritable exagération de la sensibilité. Elle accompagne des degrés relativement légers d'aneslhésie ou elle con-

■■'il

siste ea de Tanesthésie douloureuse, par dissociatioa de la sensibilité.

La preuve de cette manière de voir réside dans ce fait que, lorsqu'on restaure la sensibilité, Thyperesthésie se montre quand on approche de la normale : c'est une sensation d'énervement superficiel, accompagnée souvent de démangeaison, et le moindre attouchement cause un agacement général qui est différent du chatouillement, lequel ne reparaît qu*avec la sensibilité normale. On peut observer, et j'en ai eu moi-même l'occasion, des cas où cette forme d'hyperesthésie existe seule comme manifestation apparente de Thystérie. Quant à la seconde forme d'hyperesthésie, celle où la douleur est provoquée par le frôlement superflciel et disparaît avec des pressions profondes, il est facile de constater que la sensibilité tactile est toujours plus ou moins abolie et que la sensibilité douloureuse persiste seule.

Dans tous les cas d'hypereslhésie hystérique il y a donc en réalité non une exagération, mais une diminution de la sensibilité^ soit dans son ensemble, soit dans un de ses modes seulement. Mais, du moment que Ton se trouve en présence d'un trouble par diminution, il est nécessaire de réveiller la sensibilité, au lieu de chercher, comme on a Thabitude de le faire en présence de l'hyperesthésie, à la calmer. On ne la fait disparaître, en effet, que de deux façons : ou en amenant une anesthésie plus profonde et par conséquent en aggravant l'hystérie, ou en réveillant la sensibilité normale par les moyens déjà signalés.

La glace, les pulvérisations d'éther, les compresses chloroformées, les badigeonnages de cocaïne, tous les anesthésiques en un mot que Ton emploie quelquefois, vont donc à l'encontre du but qu'on se propose et doivent être absolument rejetés. Il en est de même, bien entendu, des médicaments calmants donnés à l'intérieur, particulièrement les bromures et surtout la morphine. Administrer la morphine dans les troubles douloureux, quels qu'ils soient, de l'hystérie, c'est plus qu'une faute thérapeutique, c'est une action coupable.

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