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TROUBLES VASO-MOTEURS ET TROPHIQÙES

général à la faveur duquel elles ont pu survenir et nous rentrons alors dans les indications générales.

Nous devons signaler encore une forme de troubles vasomoteurs d'un certain intérêt, c'est Vœdème bleUy qui accompagne quelquefois des paralysies, surtout aux extrémités des doigts, aux mains, aux pieds. Les frictions, les mouvements passifs, sont utiles et s'adressent à la fois à, la paralysie et à l'œdème.

On voit souvent survenir de l'œdème — ordinaire cette fois comme coloration — en dehors de toute paralysie, chez les anorexiques arrivées à un grand degré d'émaciation, ou chez certains paralytiques quand ils recommen* cent à marcher. Chez les premières, l'apparition de ces oedèmes, qui peuvent atteindre toutes les régions du corps, indique un état de cachexie contre lequel il faut se hâter de prendre des mesures — isolement absolu et alimentation forcée — si on ne veut pas voir survenir la mort par cachexie ou par tuberculose aiguë. Dans le second cas, il n'y a pas à s'en occuper ; c'est l'analogue de l'œdème des convalescents, qui disparaît spontanément avec la reprise des forces.

On ne saurait passer sous silence, à l'occasion des troubles vaso-moteurs, le refroidissement et les phénomènes de cyanose des extrémités — allant quelquefois jusqu'à V asphyxie locale des doigts — qui sont presque de règle chez les hystériques, et qui s'accompagnent de moiteur de la paume des mains et de la plante des pieds. Il est indispensable en effet, au point de vue du traitement, de parer le plus possible à cet effet d'une mauvaise circulation en tenant les malades chaudement, et en veillant à ce que leur circulation périphérique soit aussi active que possible.

En outre de la moiteur qui accompagne ces troubles vaso-moteurs des extrémités, il est fréquent de rencontrer des sueurs, localisées quelquefois à tout un côté du corps, celui qui est le plus anesthésié ordinairement, ou à certaines régions seulement, et présentant dans certains cas un caractère paroxystique. Le traitement général et l'hy-

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drothérapie froide sont particulièrement indiqués contre ces sueurs.

Parmi les troubles trophiques il en est deux qui méritent une mention particulière : l'atrophie musculaire et les rétroactions flbro-tendineuses. La première se produit surtout dans les paralysies et les arthralgies, les secondes dans les contractures.

Contre V atrophie musculaire on doit, en dehors du traitement général de l'hystérie et local de la paralysie ou de Tarthralgie, employer Télectrisation comme dans les polynévrites. La pathogénie de cette atrophie musculaire dans l'hystérie est assez obscure d'ailleurs, et ce trouble doit toujours éveiller l'attention et mettre en garde contre l'existence de quelque lésion, à laquelle l'hystérie n'est que surajoutée. On devra être très circonspect sur le pronostic thérapeutique dans ces cas, surtout quand il y aura de l'arthralgie. J'en ai vu plus d'une fois, associées à de soidisant arthralgie^ ou coxalgies hystériques, à cause de l'existence d'autres manifestations hystériques ou hystériformes manifestes, et qui ont abouti à des abcès^ mon trant ainsi que l'on avait eu affaire en réalité à une véritable lésion, à laquelle l'hystérie du sujet avait imprimé seulement un caractère un peu particulier. Avant d'instituer le traitement dans ces cas, l'examen sous le chloroforme s'impose donc toujours.

On voit quelquefois s'ajouter à cette atrophie des muscles des troubles trophiques des os, et j'ai vu plusieurs cas de fractures spontanées, indolores, et qui ne se révélaient que par l'impotence fonctionnelle qu'elles entraînaient.

J'ai signalé aussi ^ une altération spéciale des dents qu'on rencontre chez les anorexiques anciennes, surtout chez les vomisseuses, et qui amène leur chute par atrophie et désagrégation.

Les sels de chaux, glycérophosphates, phosphates, carbonates, trouvent ainsi leur emploi tout indiqué, mais il

* Congrès des médecins aliénisles et neurologisles de Nancy, 189i

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