PSEUDO-MAL DE POTT
surtout OU exclusivement les articulations. C'est donc aux exercices mécaaothérapiques et à la rééducation de la marche qu'il convient tout naturellement d'avoir recours. Les mouvements passifs imprimés à l'articulation du genou et à la tibio-tarsienne, même étendus, n'étant pas perçus, c'est la torsion qu'il faut employer pour réveiller la sensibilité, qui se manifeste d'abord par la doXileur. Celle-ci étant provoquée de la même façon dans les diverses articulations du membre inférieur, et au pied en particulier par l'extension forcée sur la jambe, on procède aux exercices de rééducation delà marche, en suivant le même ordre que pour la paraplégie. On doit surtout accorder de l'importance aux exercices de station debout, /d'abord contre un mur en soutenant le malade. Une fois qu'on est arrivé à le faire tenir accoté sans fléchir les genoux, on lui fait lever un pied en fléchissant le genou, puis l'autre pied, puis on lui fait marquer le pas. Quand il y est arrivé, on peut le détacher du mur et le faire avancer en le soutenant comme dans la paraplégie. Les résultats sont beaucoup plus rapides d'ailleurs, et il n'est pas rare de voir guérir le malade en quelques séances relativement courtes. Toutefois, dans des cas très anciens, la rééducation demande un plus longtemps et, par suite, une grande patience. Dans un cas par exemple^ datant de vingt ans, et. survenu à l'âge de douze ans, je n'ai obtenu la guérison complète — qui s'est maintenue depuis sept ans — qu'au bout de dix mois.
Pseudo-mal de Pott.
Quand la rachialgie est très intense et accompagne une paraplégie des membres inférieurs, on peut croire à un mal de Pott. Je n'ai pas à examiner ici les éléments du diagnostic différentiel. Un des caractères du pseudo-mal de Pott hystérique est l'intensité très grande de la douleur lombaire et sa localisation au niveau du renflement lombaire de la moelle, les points douloureux siégeant à la moelle comme au cerveau au niveau même des centres sensitivo-moteurs. Il sufflt souvent d'appuyer sur ce point douloureux pour voir des secousses se produire dans les
membres inférieurs, et quelquefois une attaque survenir si on persiste. Un bon moyen, lorsqu'il y a flexion des cuisses sur le bassjn, est d'étendre le sujet sur le dos et de faire Textensioa forcée manuelle des membres inférieurs, en même temps qu'un aide maintient les épaules du malade pour l'empêcher de se redresser, comme il le ferait pour éviter la douleur que cette extension provoque. Il n'est pas rare de voir dès la première séance le redressement du tronc sur les cuisses se produire, et la marche reparaître, non pas complètement, mais sufûsamment pour que, dans quelques séances, on arrive à la rétablir.
On s'aidera aussi de tous les autres procédés que nous avons examinés tout à l'heure, et s'il existe un état d'hystérie généralisée, comme c'est le cas ordinaire, il faudra recourir à l'isolement comme première mesure.
Coxalgie.
Le diagnostic de la coxalgie hystérique est un des plus délicats à faire. Pour peu que le sujet soit un peu névropathe, ou, du fait de la douleur, présente quelques troubles nerveux, on prend souvent une coxalgie vraie pour une coxalgie hystérique. Ce qui rend surtout le diagnostic difficile, c'est que la coxalgie hystérique peut être primitive. Comme le traitement applicable à la coxalgie hystérique serait très préjudiciable à la coxalgie vraie, il faut, avant de l'instituer, s'assurer du diagnostic, et pour cela chloroformer le malade.
Si la contracture de la cuisse sur le bassin cède, c'est qu'il s'agit d'hystérie et on peut agir sans crainte. On doit prendre cette précaution dans tous les cas, et même lorsque le sujet a d'autres manifestations hystériques franches. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de voir des contractures de la hanche prises pour des coxalgies hystériques, s'améliorant même dans une certaine mesure sous l'influence du traitement général de l'hystérie, et qui, quelque temps après, s'accompagnaient d'un abcès froid qui levait tous les doutes sur la nature de la coxalgie. Il s'agissait tout simplement de jeunes sujets névropathes, dont le nervosisme se développait sous l'influence de la douleur