COXALGIE
provoquée par les premières lésions articulaires ou périarticulaires, et imprimait un caractère d'intensité particulière k la contracture qui en résultait et à la douleur qui raccompagnait. J*ai toujours .remarqué que dans ces cas les troubles de la sensibilité étaient très légers et non en rapport avec l'intensité des manifestations fonctionnelles. Cet état de la sensibilité doit donc être soigneusement recherché, et la théorie physiologique de l'hystérie que nous avons donnée montre qu'il n'en saurait être autrement.
En présence d'une coxalgie hystérique, c'est la mécanothérapie qui doit tenir la première place et leâ manœuvres de réduction de la contracture sont analogues k celles que nous avons indiquées pour les contractures en général et pour le pseudo-mal de Pott.
C'est dans ces cas qu'il est particulièrement interdit d'appliquer des appareils d'immobilisation ou d'extension continue. Nous avons vu qu'à la suite d'immobilisation les contractures se reproduisent ou changent simplement d'attitude, la flexion devenant de l'extension et réciproquement. Mais Textension continue elle-même ne se justiQe pas, malgré son apparence plus logique. En effet, ce qu'il faut déterminer dans un cas de contracture, où tous les muscles sont auesthésiés et immobilisés par suite de cette anesthésie dans leur état de contraction, c'est une réaction vive , capable d'atteindre les centres corticaux eux-mêmes. Or, les manœuvres douces et continues sont incapables de provoquer l'ébranlement désiré. Ou la contracture résiste à cette action continue et se reproduit aussitôt qu'elle cesse, ou, plus souvent, comme dans le cas précédent, elle se transforme, et de contracture en flexion elle devient contracture eu extension.
Les difficultés qu'on a à bien mobiliser l'articulation de la hanche, à mettre en jeu les muscles lombaires et pelviens, et k s'assurer qu'ils fonctionnent tout à fait normalement, rendent le traitement de la coxalgie hystérique assez difficile. Aussi, lorsqu'elle survient à titre secondaire, comme épisode d'une grande hystérie ancienne, profonde, est-il avantageux de pratiquer d'abord l'isolement, et une
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254 TRAITEMENT SPÉCIAL DE l'hYSTÊRIE
fois qu'on a obtenu un certain résultat, une amélioration grossière, de procéder par restauration de la sensibilité et réveil cérébral, s'il y a lieu.
Arthr algies.
Même traitement que pour les contractures douloureuses et les hyperestbésies.
Troubles moteurs de la face.
Paralysie faciale.
Longtemps considérée comme ne se rencontrant jamais dans l'hystérie, elle est admise aujourd'hui par tous les observateurs. Elle s'accompagne ordinairement d'un spasme glosso-labié du côté opposé, qui l'accentue encore. Gomme tous les troubles hystériques, elle est due à des troubles de la sensibilité. C'est donc à eux qu'il faut s'attaquer. La superficialité des muscles, leur union assez intime avec la peau de la face, font qu'en agissant sur l'une on agit très facilement sur les autres. La faradisation au pinceau, les frictions, sont tout indiquées et suffisent souvent à la faire disparaître, si elle existe à l'état isolé. Il faut seulement se garder de faradiser les muscles atteints.de spasme, car on ne ferait que l'augmenter.
Les exercices mimiques sont aussi d'un emploi très précieux, et il est bon de les faire exécuter au sujet devant une glace, surtout si c'est une femme.
Spasmes de la face.
C'est presque exclusivement à ces exercices mimiques bilatéraux, puis unilatéraux alternés, qu'on peut recourir, ainsi qu'au massage et aux mouvements maximum. C'est ainsi que pour la contracture des masséters il faut ouvrir la bouche du sujet aussi grande que possible, et la maintenir ainsi pendant quelque temps, jusqu'à ce que le spasme soit rompu. On fait ensuite exécuter des mouvements de mastication de haut en bas, et latéraux, d'abord très faibles, puis d'une amplitude de plus en plus grande.
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TROUBLES ifOTEURS DU COU 255
Pour le blépharospasme on peut employer les mouvements de clignement forcé, et d'ouverture maxima des yeux, exécutés au commandement et de façon à rompre le rythme ordinaire de ces spasmes. Les froncements des sourcils et du front sont d'utiles adjuvants aussi.
Il est bon de faire remarquer que le traitement de ces petits accidents est souvent beaucoup plus difficile que celui des grands et que leurguérison est souvent moindre. C'est d'ailleurs une remarque générale que, plus l'hystérie est localisée, plus elle est difficile à traiter et par conséquent à guérir, à cause des moyens d'action très limités qu'on a pour atteindre le centre malade.
Névralgie faciale.
Si j'en parle ici, c'est qu'elle accompagne souvent les troubles précédents. D'ailleurs, isolée, il est bien exceptionnel qu'on puisse faire le diagnostic de sa nature, quand elle est hystérique. Combinée à d'autres manifestations, elle relève du traitement général. S'abstenir en tout cas de toute intervention chirurgicale.
Troubles moteurs du cou.
TojHicolis.
Le traitement du torticolis hystérique — contracture du sterno-mastoïdien, ou pour mieux dire des muscles du cou d'une façon générale — n'est autre que celui des contractures en général. Mais il est bon de savoir que son application est plus difficile et ses résultats moins immédiats que pour les autres contractures, comme celles des membres. On a moins de prise dessus ; dans les manœuvres qu'on exerce sur les muscles contractures, les mouvements de défense, faisant fuir sous la main la région malade, sont moins aisés à combattre. Le malade manque lui-même de contrôle et de point d'appui pour lutter contre la tendance de la contracture à se reproduire. Dans les mouvements forcés qu'on fait exécuter au cou on a d'autre part à craindre de dépasser les limites phy-
Biologiques, ce qui pourrait avoir les plus graves conséquences dans cette région cervicale. On ne doit donc s'y risquer qu*avec prudence et lorsqu'on en a une assez grande expérience. Aussi, lorsqu'il y a un état d'hystérie généralisé, est-il préférable de recourir à la restauration de la sensibilité dans l'hypnose, où c'est le malade luimême qui exécute les mouvements d'une façon toute spontanée. Là encore nous devons nous élever énergiquement contre toute intervention chirurgicale, section ou élongation du spinal^ par exemple, qui a été employée dans certains cas, application de carcans, etc.
Troubles moteurs du tronc.
Contracture et paralysie des muscles du tronc
et de V abdomen.
C'est un accident moins rare qu'on ne pense, mais qu'il faut souvent rechercher. Il en résulte en effet certains troubles de la marche et de la station debout, ainsi que de la respiration. La démarche peut être raide, guindée; il y a de la difficulté à fléchir le tronc, soit en avant, soit en arrière, ou latéralement, dans la contracture ; la démarche est au contraire balancée, inégale, dans la paralysie ou mieux la parésie, qui est plus commune ; les yeux fermés le suj et oscille et présente souvent le signe de Romberg ; il écarte instinctivement sa base de sustentation; couché sur le dos ou à plat ventre, il est obligé de se mettre sur le côté, de s'aider des mains pour se relever; il a souvent l'attitude d'un pseudo-hypertrophique en se relevant. Dans les deux cas la respiration abdominale est modifiée et c'est le type costal supérieur qui remplace le type abdominal.
C'est la mécano thérapie, les exercices progressifs, tant des mouvements du tronc sur le bassin que la gymnastique respiratoire, qui sont indiqués ici.
Sacrodynie.
C'est un trouble assez tenace quand il est léger. Quand il est très développé, et que la station assise détermine